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mercredi 28 juillet 2010

Une proposition d'indépendance unilatérale malvenue pour la Palestine

Mon travail et divers engagements m'empêchent d'être aussi actif que je le souhaiterais et je vous prie de m'excuser pour mes longues absences.

Je viens de lire un article très intéressant avec lequel je suis d'accord sur beaucoup de points sauf un. Alon Ben-Meir de l'Université de New York, estime que les Palestiniens devraient préparer le terrain pour une déclaration d'indépendance au cas où les négociations pour une solution à deux Etats échouent. Certes, son propos reste vague. Il évoque plusieurs positions que les Palestiniens devraient prendre :
  • Travailler à mieux dynamiser l'économie palestinienne. Le Premier ministre Salem Fayyad a lancé de nombreux projets à cet effet.
  • Obtenir le soutien de la communauté internationale, notamment l'UE et la Ligue Arabe. C'est une idée qui se tient. Certains mouvements récents vont dans le sens que la communauté internationale soutient la création d'un Etat palestinien, peut-être dans des circonstances nouvelles. La mission palestinienne en France a désormais une Ambassadeur et non plus une Déléguée comme c'était le cas, ce qui est honorifique et symbolique, mais que les lettres de créances seront présentées à Nicolas Sarkozy. Les Etats-Unis autorisent l'ouverture d'une délégation générale aux Etats-Unis - au lieu d'une simple délégation -, ce qui signifie que le drapeau palestinien flottera à Washington.
  • Nommer un envoyé spécial destiné à cette tache. Soit.
  • Maintien d'un parfait calme et d'un état de non-violence. C'est évidemment essentiel sachant que c'est un point sur lequel Benjamin Netanyahu avait insisté précédemment dans le cas où un Etat palestinien était créé : il devait être démilitarisé.
Ces points sont positifs, mais c'est l'idée même qui pose problème.

mercredi 23 juin 2010

L'illusion du développement économique en Cisjordanie

Slate.fr publie un bon article remettant en cause l'idée reçue que la Cisjordanie connaît un fort développement économique. En effet, il est de bon ton d'entendre des dirigeants israéliens - et quelques autorités palestiniennes - affirmer que la Cisjordanie traverse une période de boom économique. Certains chiffres pourraient en effet abonder en ce sens. Une croissance économique de 7% du PIB palestinien et de 10% pour la Cisjordanie. Cela semble prometteur.

Oui, mais d'autres indicateurs pointent une réalité plus contrastée. Depuis 2000, le PIB a regressé de 13%. Les IDE diminuent. Ils étaient de 47 millions d'euros en 2005 et sont descendus à 21 millions en 2007. A défaut de développement économique, on devrait parler de développement de l'activité économique. L'impact sur la population palestinienne n'est pas aussi clair que cela.

Plusieurs points sont justement rappelés dans l'article. Tout d'abord, Ramallah est une bulle par rapport à la Cisjordanie. Je me souviens être arrivé à la même conclusion lorsque je m'y étais rendu. Ensuite, l'activité économique est affectée par les checkpoints - bien qu'ils aient été réduits de 20% l'an dernier - et le mur de séparation. Egalement, la Cisjordanie n'a ni port, ni aéroport. Enfin, un problème se présente pour les investisseurs étrangers. La France a ouvert en avril 2010 un parc industriel franco-palestinien, mais les visas sont délivrés par les autorités israéliennes, ce qui ne facilite pas la tâche.

Bref, la Cisjordanie ne va pas mal, mais elle ne connait pas un miracle économique non plus.

mercredi 3 mars 2010

Une bonne nouvelle #4

La Ligue arabe va annoncer aujourd'hui son soutien à une proposition américaine de négociations indirectes entre les Israéliens et les Palestiniens. Il est critique en effet que les pays arabes s'impliquent plus et de manière moins politisée dans le processus de paix. Leur proposition de paix est toujours sur un coin du bureau, mais ce processus nécessite de constants efforts, ce qui, bien évidemment est difficile pour une organisation où la majorité des Etats ne reconnaissent pas Israël.

vendredi 26 février 2010

Un peu de psycho pour résoudre le conflit israélo-palestinien


    retrouver ce média sur www.ina.fr


Carlo Strenger, le directeur du programme de psychologie à l'Université de Tel Aviv, promeut "la diplomatie thérapeutique" pour résoudre le conflit israélo-palestinien. C'est le point central d'une tribune qu'il a écrite pour le New York Times.
Le problème de départ est que l'administration Obama, tout comme Bill Clinton, croit que les deux parties sont essentiellement rationnelles, qu'elles agissent en accord avec leurs intérêts et que pour débloquer le processus, le médiateur doit simplement réduire leurs différences. En vérité, il est clair pour moi en tant que psychologue que les deux parties marinent dans un trauma collectif.
Pour lui, les Palestiniens n'arrivent toujours pas à passer outre la Nakba (la catastrophe en arabe) de 1948 où ils ont perdu leurs terres. Les Israéliens, de leur côté, vivent dans la peur constante de l'annihilation, ce qui occulte toute politique de compromis. Strenger recommande donc deux modifications dans les négociations. Il faut tout d'abord ne pas imposer de calendrier, mais autoriser un processus sans fin déterminée. Deuxièmement, il faut laisser la place aux émotions, qui, même si cela donnera des débats chargés, permettront à chacun de s'exprimer et d'extérioriser ses sentiments.

jeudi 21 janvier 2010

Obama parle du processus de paix

Dans une interview au TIME, Barack Obama consacre peu de temps à la politique étrangère - peut-être pas le thème de l'interview - mais évoque le processus de paix de manière assez franche.

The other area which I think is worth noting is that the Middle East peace process has not moved forward. And I think it's fair to say that for all our efforts at early engagement, it is not where I want it to be.

Why is that? My sense of it is that [U.S. special envoy to the Middle East George] Mitchell spent a number of months negotiating a settlement deal and saw some progress from the Israelis and kind of got blinded by that, because he didn't see that it wasn't sufficient progress for the Palestinians.

I'll be honest with you. A) This is just really hard. Even for a guy like George Mitchell, who helped bring about the peace in Northern Ireland. This is as intractable a problem as you get. B) Both sides — the Israelis and the Palestinians — have found that the political environment, the nature of their coalitions or the divisions within their societies, were such that it was very hard for them to start engaging in a meaningful conversation. And I think that we overestimated our ability to persuade them to do so when their politics ran contrary to that. From [Palestinian Authority President Mahmoud] Abbas' perspective, he's got Hamas looking over his shoulder and, I think, an environment generally within the Arab world that feels impatient with any process.

And on the Israeli front — although the Israelis, I think, after a lot of time showed a willingness to make some modifications in their policies, they still found it very hard to move with any bold gestures. And so what we're going to have to do — I think it is absolutely true that what we did this year didn't produce the kind of breakthrough that we wanted, and if we had anticipated some of these political problems on both sides earlier, we might not have raised expectations as high. Moving forward, though, we are going to continue to work with both parties to recognize what I think is ultimately their deep-seated interest in a two-state solution in which Israel is secure and the Palestinians have sovereignty and can start focusing on developing their economy and improving the lives of their children and grandchildren.

C'est intéressant de voir l'impuissance qu'il avoue sur l'influence que les Etats-Unis ont sur les politiques intérieures d'Israël et de l'Autorité palestinienne. On peut effectivement le contredire en disant que non, les Etats-Unis n'ont pas tout fait pour que ça marche, ils n'ont pas fait pression sur Israël en brandissant la menace de réduire l'aide financière et militaire ; ils ont décidé de ne pas dialoguer officiellement avec le Hamas et de soutenir un dirigeant faible, Abu Mazen.

C'est vrai! Mais, pourquoi les Etats-Unis iraient-ils aussi loin dans leurs démarches diplomatiques à l'égard d'Israël quant ils ne le font déjà pas pour l'Egypte, loin d'être un modèle de démocratie et de respect des droits de l'homme ? Cela serait présenté comme une sanction, type d'action que l'on applique contre des pays avec lesquelles les relations sont tendues, voire tempétueuses, voire inexistantes. Les Etats-Unis et Israël partagent un lien qui va au-delà de la politique d'intérêts, c'est une relation fondée sur la perception d'un destin et d'une histoire aux ressemblances troublantes. C'est souvent difficile à comprendre et à accepter, car ce type de relation ne doit pas exister dans un monde où chaque Etat fonde sa relation avant tout selon ses intérêts et s'il advient qu'un autre pays le trahit, la relation en pâtit. Il faut bien se rendre compte qu'Obama adopte une position que très peu de présidents américains ont osé en début de mandat. J'espère qu'il va continuer à consacrer de nombreux efforts sur ce dossier, car seul les Etats-Unis sont perçus dans la région comme un arbitre capable de régler la situation. On sait qu'un parti tiers est nécessaire dans l'histoire.

De même, pourquoi les Etats-Unis parleraient-ils avec le Hamas ? Ils classifient le groupe comme une organisation terroriste, ils n'ont absolument pas l'impression que le groupe - la branche armée tout particulièrement - soit enclin à négocier et ils ne voient pas en quoi ce serait à eux de faire le premier pas quand de toute évidence c'est une responsabilité qui incombe au gouvernement israélien et palestinien. Pourquoi soutenir Abbas ? Une solution radicale serait de ne plus le soutenir, mais à l'heure actuelle, personne, libre, n'est en mesure de le remplacer en ayant un soupçon de légitimité auprès des Palestiniens et de l'opinion internationale. A défaut de mieux, on évite le pire.

lundi 4 janvier 2010

Le guide des élections au Moyen Orient en 2010

Alors quelles seront les élections au Moyen Orient en 2010 ? Petit tour d'horizon grâce au Election Guide. Bien entendu, plusieurs sont sujettes à d'éventuels reports et sait-on jamais on pourrait avoir des élections anticipées :

* Bahreïn :
Elections parlementaires : elles se tiendront en novembre.

* Egypte :
Elections de la Shura : elles auront lieu en mai.
Elections parlementaires : elles auront lieu en novembre.

* Iraq :
Elections parlementaires : après plusieurs reports, elles devraient avoir lieu le 7 mars.
Référendum : le même jour, les Iraqiens voteront sur le Status Of Forces Agreement (SOFA). Le vote était initialement prévu fin juillet 2009.

* Territoires palestiniens :
Elections législatives et présidentielles : elles devaient se tenir le 24 janvier, mais en raison des fortes tensions entre le Fatah et le Hamas, elles pourraient au plus tôt se tenir en juin, ce qui n'est toutefois pas encore certain.

mardi 22 décembre 2009

L'autorité étatique a tendance à être contestée au Moyen Orient

Gregory Gause a publié un papier intelligent dans le quotidien émirati The National. Il se penche sur la nouvelle montée en puissance des acteurs non-étatiques au Moyen Orient. En effet, il montre que la légitimité de l'Etat est de plus en plus remise en question dans plusieurs pays de la régione et que cela les déstabilise durablement.

Le phénomène n'est pas nouveau, puisque les Frères musulmans en Égypte ou les Baasistes ont joué un rôle de premier plan depuis des décennies. Cela étant, cela se fondait dans une vague pan-arabiste très forte menée de front par Gamal Nasser. De même, cette tendance a décru au fur et à mesure que les Etats sont devenus forts et se sont appropriés leur territoire. Cela ne s'est souvent pas fait dans les circonstances les plus réjouissantes.

Aujourd'hui, plusieurs pays sont touchés par ces forces extra-gouvernementales qui s'opposent à l'autorité du gouvernement et imposent leurs propres structures et leur propre appartenance identitaire. Quatre pays sont particulièrement touchés par ce phénomène : l'Iraq, le Liban, les Territoires palestiniens et le Yémen. Dans chacun, un ou plusieurs groupes armés non-étatiques empêchent l'autorité centrale de gouverner sur tout le territoire. Gause note que le risque de voir les États aujourd'hui forts s'écrouler sont réduits, car les islamistes ont été domptés, l'influence de l'Iran est réduite et il n'y a pas d'intervention militaire extérieure. C'est en effet ce dernier facteur qui mérite notre intérêt. Des quatre pays cités, tous souffrent (ou ont souffert) d'intervention militaire ou de présence de groupes étrangers, que ce soit les forces de coalition en Iraq, Israël dans les Territoires palestiniens et au Liban, et Al Qa'ida au Yémen. Aujourd'hui, l'Iraq n'arrive toujours pas à rompre avec les oppositions entre Sunnites et Chiites - sans parler des autres minorités -, le Liban essaie tant bien que mal de gérer le Hezbollah qui conserve son pouvoir de violence, puisqu'il n'est pas prêt à déposer les armes, le Hamas continue d'être un élément perturbateur dans la politique intra-palestinienne et le gouvernement central yéménite doit faire face à une multitude de crises intérieures.

Bref, rien de bien beau dans ces pays. Diane Davis dans le dernier numéro de Contemporary Security Policy pourrait être en accord avec cet état de fait. En effet, elle explique que le nombre de "communautés imaginées" (très bon concept de Benedict Anderson) a augmenté ces dernières années. La question qu'elle pose est intéressante : cela est-il du à l'affaiblissement des gouvernements centraux et à la puissance montante de ces acteurs armés non-étatiques (AANE) ou du au fait que les AANE alimentent la faiblesse du gouvernement central ? Une chose est certaine, c'est qu'ils représentent un défi pour le gouvernement, gardien unique de la notion weberienne de " violence légitime". Pour Davis, trois constats sont à tirer :
* la montée en puissance des AANE est une réponse à l'incapacité de l'Etat central à répondre aux préoccupations de certains citoyens, ce qui conduit certaines "communautés imaginées" à se doter de leur propre moyen de coercition. Le Hezbollah peut rentrer dans cette catégorie.
* les AANE ne sont pas nécessairement intéressés par la prise de pouvoir et peuvent être le porte-parole d'une cause économique, comme les Houthi par exemple, ou d'un sentiment d'insécurité grandissant, comme ce fut le cas de manière violente en Iraq entre 2004 et 2006 notamment.
* la création de cette multitude de "communautés imaginées" viennent se cogner avec la "communauté imaginée" nationale. On assiste donc à des affrontements entre différentes forces qui ont toutes développées leur pouvoir de coercition. Pour éviter cela, on arrive à des compromis comme au Liban où le Hezbollah est autorisé par le gouvernement à conserver ses armes.

vendredi 25 septembre 2009

Satisfaction / Sobriété / Circonspection -- Netanyahu / Obama / Abbas


Je prends un peu de temps pour dire quelques mots sur la rencontre trilatérale que Barack Obama a réussi à mettre en place avec lui-même, Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas à la Maison Blanche mardi. A vrai dire, il n'y a pas grand chose à dire.

Obama a dit qu'il fallait aller au-delà des mots et passer à l'action, qu'il y avait des obstacles et des différences de points de vue qu'il fallait dépasser. Son émissaire George Mitchell a essayé tant bien que mal de dire que le gel des colonies n'était qu'un des obstacles, alors que c'est le point focal des désaccords actuels.

Le plus intéressant peut-être est la photo retenue par la Maison Blanche. On y voit un Netanyahu satisfait, un Obama sobre et Abbas circonspect. Netanyahu a toutes les raisons d'être satisfait ; il n'a rien lâché aux requêtes du Président américain et pourtant il est couronné par cette victoire diplomatique. Obama est sobre, parce que même s'il a réussi à réunir les deux dirigeants, ce qui est une petite réussite sachant qu'une rencontre à ce niveau n'avait pas eu lieu depuis près d'un an, il reste beaucoup de travail. Abbas est dans une position difficile, car il est politiquement isolé et cette rencontre ne le renforce pas vraiment. Il ne sort pas mieux armé, aucune garantie n'a été donnée, aucun avancement tangible n'est à signaler. Bref, il ne peut qu'espérer que l'administration américaine arrive à faire pression sur les Israéliens. La route sera longue...

mercredi 26 août 2009

Qui est Valérie Hoffenberg?

Nicolas Sarkozy a envoyé à Valérie Hoffenberg sa lettre de mission concernant son nouveau rôle de Représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient. Sa mission est d'incarner l'aspect économique du processus de paix. Elle devra être force de proposition en s'appuyant sur les moyens de différents ministères - j'attends de voir s'il va y avoir un travail d'équipe à ce niveau. Elle sera mise sous l'autorité du ministère des Affaires étrangères.

Le descriptif reste assez sommaire, donc il faudra attendre quelques "actions concrètes" avant de se rendre bien compte de ce que cette mission sous-entend. Mais, avant cela qui donc est Valérie Hoffenberg? Elle est de formation juriste et a travaillé pendant de nombreuses années dans l'import-export jusqu'en 2000. Elle a ensuite intégré l'American Jewish Committee à Paris, dont elle est devenue la directrice en 2004. C'est loin d'être sa première action au sein d'une organisation juive, puisqu'elle a entre autres fait partie du CRIF, et elle semble bien connue dans la communauté juive de France.

Elle est proche de Nicolas Sarkozy qu'elle a fait venir à l'AJC à Washington, alors qu'il était encore Ministre de l'Intérieur. Elle l'a accompagné lors de son déplacement comme chef de l'Etat en Israël et a fait partie de la délégation qui est allée à Bethléem. Elle a été missionnée pour la mise en place d'un parc industriel là-bas. Depuis les dernières élections municipales, elle est devenue conseiller de la ville de Paris pour l'UMP.

Sur ses positions politiques concernant le conflit israélo-palestinien, je n'ai pas trouvé grand chose. Elle est sans grande surprise une grande partisane de l'anti-sémitisme. J'ai trouvé un article amusant, qui laisserait penser que Hoffenberg n'est pas une personnalité très appréciée des milieux trop pro-israéliens. Sa seule contribution récente est sur l'importance du développement économique dans ce dossier, mais elle était déjà missionnée sur le parc industriel, donc son avis est partial. Dans tous les cas de figure, son rôle politique risque d'être assez mineur. Son rôle, tout court, même? Ca reste à voir.

mercredi 12 août 2009

La solution à deux Etats, c'est bien, mais ce n'est pas tout














Je dois accorder un peu de crédit à Robert Malley et Hussein Agha. Outre le fait qu'ils n'écrivent quasiment jamais aucune tribune l'un sans l'autre, ils ont réussi à écrire quelque chose que je trouve vraiment pertinent, ce qui est loin d'être toujours le cas avec eux!

Dans une tribune pour le New York Times, ils jugent que le conflit israélo-palestinien ne peut se résumer à la solution à deux Etats. En effet, tant Benjamin Netanyahu que le Hamas s'accordent sur le concept de deux Etats même si les détails diffèrent amplement entre les deux camps. Certes, c'est une bonne chose, mais une telle déclaration n'a plus de sens, car dire oui n'engage plus à rien et dire non est politiquement trop coûteux.

Je ne suis pas d'accord avec cet argument. Dès lors que l'on modifie sa ligne politique et qu'on s'est soumis à des pressions extérieures, cela fait jurisprudence. Netanyahu a concédé face à la communauté internationale et en tête les Etats-Unis. Le Hamas en a fait autant. Il est vrai que cela est principalement symbolique, mais la symbolique est essentielle dans ce conflit, élément que Malley et Agha ignorent. De plus, travailler dans un cadre où tous les partis reconnaissent, même si ce n'est que publiquement, que la solution ultime est une solution à deux Etats est fondamentalement différent d'un cadre de travail où les acteurs estiment que deux Etats ne peuvent co-exister.

Le reste de l'article est plus intéressant. Les auteurs expliquent que les deux camps montrent des signes d'un retour aux racines du conflit. Le gouvernement israélien insiste que les Palestiniens reconnaissent le caractère juif de l'Etat d'Israël, ce que les Palestiniens rejettent fermement. Les Palestiniens, eux, mettent la pression pour que soit réglé le problème des réfugiés de 1948 pour mettre fin à ce qu'ils estiment être des déplacements de population injustes pendant la guerre qui a opposé plusieurs pays arabes à Israël.

Ce retour aux sources du problème ne doit pas être balayé. Au contraire, estiment les deux auteurs, pendant trop longtemps, l'attention s'est portée sur les contentieux du moment et chaque camp se contentait des petites avancées qu'il pouvait obtenir. Mais, plus central, ils estiment que ce n'est pas de l'Etat palestinien qu'il faut parler et qu'il faut définir, c'est Israël.

En d'autres termes, si je vais au-delà de l'article, selon eux, mieux définir l'Etat hébreu reviendrait à clarifier le champ pour avancer dans le processus de paix, une clarification qui nécessite des compromis dans tous les camps.

Illustration: Patrick Thomas/New York Times

vendredi 31 juillet 2009

La peur, un facteur-clé du conflit israélo-palestinien

Paul Scham, professeur à l'Université de Maryland à College Park, estime que la principale cause de tension entre les Israéliens et les Palestiniens est la peur. Peur, que chaque camp personnalise, et peur que chaque camp ne reconnait pas à l'autre :

Les deux camps entretiennent l'image qu'ils ont de l'autre comme sans coeur, amoral et immunisé des sentiments humains communs. Ce mécanisme est essentiel pour maintenir la perception mutuelle que "la force est la seule chose qu'ils comprennent". De plus, l'image de la victime innocente est une composante essentielle des idées respectives des deux côtés. Reconnaître la peur de l'autre camp remet en question le processus de diabolisation et d'affirmation de l'illégitimité de "l'autre" dans lequel que les deux camps s'engagent de manière routinière.


Cette attitude est, selon Scham, un facteur de continuité de la dispute. Modifier ce type de comportement est particulièrement difficile, car il sous-entend que les deux camps reconnaissent qu'ils sont en partie responsables de ce qui se passe et que l'autre a peut-être de bonnes raisons d'agir comme il le fait. De plus, autant chez les Palestiniens que chez les Israéliens, ce sentiment passe de génération en génération.

C'est effectivement un facteur qu'on sous-estime souvent, du moins pour les Israéliens. C'est reconnu sans aucun souci pour les Palestiniens, mais on n'admet pas que les Israéliens, en position de supériorité, puissent avoir peur. Pourtant, c'est bien le cas, notamment, car les Palestiniens sont beaucoup plus nombreux, sans parler des Arabes du Moyen Orient. Même si Israël a l'armée la plus puissante de la région, il n'y a pas grand chose à faire contre les attentats-suicides. Stephen Humphreys développe une rhétorique similaire dans Between Memory and Desire: The Middle East in a Troubled Age.

dimanche 26 avril 2009

Le roi de Jordanie : résoudre le conflit israélo-palestinien est la clé



Je viens de découvrir que CNBC retransmettait l'émission Meet the Press de NBC le dimanche soir. Grand amateur de l'émission, cela a été une excellente découverte. J'en sors donc. En plus, David Gregory - qui remplace avec brio, je trouve, feu Tim Russert - accueillait le roi Abdallah de Jordanie. Le dirigeant jordanien a passé la semaine aux Etats-Unis à enchaîner les entretiens et rencontres avec différentes délégations politiques et militaires.

Plusieurs points m'ont marqué dans l'interview du roi Abdallah. A toute question sur le Moyen Orient, la solution est dans la résolution du conflit israélo-palestinien, auquel il a souvent fait référence en l'appelant "la Palestine et Jérusalem". Que ce soit le terrorisme, Al Qaïda ou l'Iran. Le roi Abdallah le reconnaît d'ailleurs volontiers. Un systématisme qui se justifie parfois, mais sur l'Iran, cela me parait caduc. Selon lui, si le dossier israélo-palestinien était résolu, les Iraniens recalculeraient leur choix de poursuivre un programme nucléaire! Cela me parait étrangement optimiste. Certes, le leadership iranien est devenu le champion de la cause palestinienne dans la région, mais de là à penser qu'une résolution du conflit lui ferait revoir ses plans, c'est un pas que je ne vois pas les Iraniens franchir si mécaniquement.

En effet, le roi Abdallah a fait référence à un document signé par les 57 nations dans le monde qui n'ont pas de relations diplomatiques avec Israël. Ce document indique que si Israël fait la paix avec les Palestiniens et autorise la création d'un Etat palestinien, ces pays reconnaitront l'Etat hébreu. Il a tenu le même discours à David Ignatius du Washington Post, la paix pour Israël est une paix avec 57 Etats. Et pour lui, une résolution du conflit israélo-palestinien ne peut se faire sans un engagement déterminant des Etats-Unis.

Le roi Abdallah a également indiqué qu'il écrivait ses mémoires, dont le titre pour le moment est The Last Best Chance. Elles sortiront apparemment en mai 2010. Son objectif avec cet ouvrage est de dire que c'est maintenant ou jamais qu'il faut arriver à un accord de paix, parce que le temps joue en notre défaveur. Selon lui, si rien n'est fait, rien n'est annoncé, d'ici "18 mois, il y aura un nouveau conflit entre Israël et un autre protagoniste". Je ne sais pas qui il vise précisément par "protagoniste". Pour appuyer cette hypothèse, il s'appuie sur le fait qu'il avait prédit la guerre au Liban en 2006 et celle de Gaza au début de l'année.

Autre volet intéressant de l'entretien, le présentateur a cuisiné le roi jordanien sur la torture. C'était caustique de voir le dirigeant jordanien faire des pieds et des mains pour ne pas affirmer publiquement que les Etats-Unis avaient commis des actes de torture - venant d'un pays qui en fait voir de bien pires à ses prisonniers serait un peu fort de café -, tout en essayant de ne pas froisser les bonnes relations qu'il a avec Washington et tout en ne niant pas que les Américains avaient commis des actes de torture, parce qu'il ne pouvait pas apparaître comme un vendu dans la presse arabe du lendemain.

Mais mieux encore, David Gregory a osé lui poser la question frontalement : "Est-ce que la Jordanie commet des actes de torture?" Bien entendu, le roi Abdallah a répondu que non. Quand Gregory lui a sorti le rapport de Human Rights Watch d'avril 2008 sur le fait que les Jordaniens avaient torturé des prisonniers que la CIA leur avait confié, le roi jordanien a dit qu'il avait demandé à son chef des renseignements à l'époque qui avait rejeté toute accusation de recours de la torture et donc il lui faisait confiance. Visiblement, la Jordanie est "intelligente" avec les terroristes et arrivent à les convaincre de travailler pour elle plutôt que contre.

Il était intéressant de voir que le roi Abdallah ne s'est pas lancé dans une diatribe contre Abou Ghraib ou Guantanamo et qu'il a reconnu que les situations de guerre nécessitent des choix parfois difficiles.

vendredi 24 avril 2009

Et si les Palestiniens ne voulaient pas d'Etat (mis à jour)

Je profite d'une petite accalmie avec les problèmes de clavier de mon ordinateur pour me pencher sur un article quelque peu polémique publié par Robert Kaplan dans sa dernière chronique pour The Atlantic. Il s'interroge sur les raisons qui font que les Palestiniens n'ont toujours pas d'Etat.

Il explique que certes, les Israéliens et les Palestiniens ne sont toujours pas arrivés à un accord diplomatique et politique et que l'on peut trouver des torts chez les uns et les autres pour ces échecs répétés. Mais, avance Kaplan, il y a peut-être une autre raison. Peut-être que les Palestiniens ne veulent pas d'un Etat. En effet, il s'inspire d'un article de Jakub Grygiel, un prof de la Johns Hopkins, publié dans la revue universitaire Policy Review. Ce dernier explique que le fait de ne pas avoir d'Etat a de nombreux avantages. Grygiel ne se penche pas sur le cas palestinien, mais Kaplan reprend le modèle pour l'appliquer à la situation proche-orientale.

De nombreux groupes n'aspirent plus à avoir un Etat aujourd'hui, "car ils sont capables d'atteindre leurs objectifs sans". Avec les nouveaux moyens de communication, il est tout à fait possible d'unifier un peuple autrement que par la création d'un Etat. En reprenant la ligne de Grygiel, Kaplan avance qu'il est même parfois très préférable que ces groupes n'aient pas d'Etat.

Un Etat devient une cible qu'on peut abattre. Kaplan estime que l'Etat de demi-Etat créé par le Hamas à Gaza a permis à l'aviation israélienne de pilonner la zone. De plus, un Etat engendre des responsabilités. Le Hezbollah pourrait prendre le pouvoir au Liban, mais à quoi bon cela lui servirait-il puisqu'il peut atteindre ses objectifs sans? "Le fait de ne pas avoir d'Etat (statelessness) offre un niveau 'd'impunité' face aux représailles", écrit Kaplan.

Au-delà de cet état de fait, le gros avantage de ne pas avoir d'Etat est que l'on peut répandre un extrémisme religieux sans avoir à se préoccuper de frontières géographiques, sans avoir à faire de compromis. Kaplan prévient que cette théorie, si elle s'avère juste, ne touche pas tous les Palestiniens, mais suffisamment pour empêcher la création de la Palestine :
Avoir un Etat signifierait faire ouvertement un compromis avec Israël, et, en raison des diktats de la géographie, entretenir une relation politiquement et économiquement intime avec lui. Mieux vaut la gloire de la victime en combinaison avec le pouvoir d'abstraction radicales! En tant que peuple sans Etat, les Palestiniens peuvent lancer des roquettes sur Israël, mais ne pas être complètement blâmés aux yeux de la communauté internationale. Avoir un Etat mettrait nécessairement fin à ce permis.


Kaplan indique que les Etats-Unis doivent tout de même continuer à s'impliquer dans la résolution du dossier et faire pression sur le gouvernement israélien pour faire des compromis avec les Palestiniens, car cela permettrait à l'administration de redorer son blason auprès de la communauté musulmane. Dans le même temps, les Etats-Unis doivent considérer l'hypothèse que ce conflit est sans fin, "parce que les Palestiniens ont peut-être déjà ce qu'ils veulent".

***UPDATE***

Je viens de lire la conférence de presse conjointe que Barack Obama et le Roi Abdallah de Jordanie ont donnée mardi du Bureau Oval. Un petit point intéressant, le dirigeant jordanien est le premier dirigeant de la région à être accueilli à Washington avant Israël notamment.

Voyons un peu l'attitude qu'il compte adopter dans le processus de paix:

Je suis un fervent partisan d'une solution à deux Etats. (...) Et je pense qu'il y a beaucoup d'Israéliens qui croient également en une solution à deux Etats. Malheureusement, ce que nous avons vu non seulement en Israël mais également dans les Territoires palestiniens, dans les Etats arabes, dans le monde, est un profond cynisme à l'égard de la possibilité qu'un quelconque progrès puisse prendre forme.

Ce que nous voulons est sortir de l'abysse, dire qu'aussi difficile que ce soit, l'idée de paix existe toujours - mais, elle va requérir des choix difficiles, elle va requérir une résolution de la part de tous les acteurs impliqués, et elle va requérir que nous mettions en place des étapes concrètes que toutes les parties peuvent adopter et qui démontrent cette attitude résolue. Et les Etats-Unis vont être profondément engagés dans ce processus pour voir si nous pouvons faire des progrès.

Maintenant, au bout du compte, ni la Jordanie, ni les Etats-Unis ne peuvent le faire pour les Israéliens et les Palestiniens. Ce que nous pouvons faire est créer les conditions et l'environnement et fournir notre aide et notre assistance pour faciliter un accord.

lundi 9 mars 2009

Le Maroc coupe les ponts avec l'Iran

La démarche est quelque peu surprenante. Vendredi, le Maroc a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran. La raison ? Le ministre de l'Intérieur iranien a déclaré que le Bahreïn fut un temps la 14e province de l'Iran et que ce royaume avait toujours un siège au Parlement iranien. Cela a provoqué un éclat de colère dans le monde arabe sunnite, qui a condamné ses propos. Le Maroc a poussé la rhétorique en prenant des actions radicales.

En fait, il faut aller un peu plus loin pour trouver la raison de cette décision. Le Maroc accuse l'ambassade chiite iranienne à Rabat de vouloir "modifier les fondamentaux religieux du royaume" et donc met en danger l'unité du pays. En d'autres termes, le Maroc sunnite et très attaché à l'aspect religieux du royaume comme facteur de stabilité (les dirigeants marocains se réclament descendants directs du Prophète Mohammed) accuse les Iraniens chiites et apparemment à la recherche d'une plus large diffusion de leur courant de l'islam de prosélytisme.

Un article d'Associated Press cite Anthony Cordesman du CSIS expliquant que cette décision peut indiquer que les pays arabes sont prêts à tenir tête à l'Iran... du moins ceux qui ne sont pas directement menacés. En effet, les pays du Golfe essaient de trouver un équilibre, même de façade, avec Téhéran. Sans être directement lié, les Enjeux Internationaux sur France Culture traitaient il y a quelques jours des possibles implications d'un rapprochement irano-américain pour les pays du Golfe.

Le Maroc étant bien éloigné de l'Iran, une telle démarche est beaucoup moins problématique. Pour autant, et comme l'explique Cordesman, on peut voir ici une quasi-polarisation des pays arabes, entre ceux qui sont limitrophes de l'Iran et donc cherchent à amadouer la bête et les pays plus éloignés, de plus en plus inquiets de l'influence apparemment sans limite que Téhéran acquiert dans la région.

La réaction de Téhéran est très intéressante. L'Iran fait patte blanche en affirmant ne pas comprendre cette décision et la jugeant "sans fondement". La République islamique en appelle à l'unité des Musulmans, unité nécessaire pour faire face aux conspirations sionistes, peut-on lire dans le Tehran Times. Cette déclaration converge avec la position adoptée par l'Iran notamment depuis le début de l'opération Plomb Durci. Pendant que les pays arabes se montraient hésitants à se positionner très clairement et à prendre des mesures contre Israël, l'Iran s'est engouffré dans la brèche et s'est affirmé comme le leader de la cause palestinienne, au point que les dirigeants iraniens peuvent se targuer de sortir renforcés après l'offensive israélienne.

jeudi 29 janvier 2009

Les conseils de Brent Scowcroft

Brent Scowcroft est vraiment un des meilleurs stratégistes en politique extérieure que les Etats-Unis. Il a encore fait preuve de clarté et de perspicacité dans un entretien accordé à The National Interest. Quelques extraits du dernier numéro :

Nous avons besoin d'évaluations réalistes sur l'acceptation éventuelle de nos politiques par le monde avant que nous n'offrions notre aide.

Le processus de paix palestinien est un cas d'étude. Bien que l'administration Bush ait cherché à trouver une résolution, notre approche a été de demander aux Israéliens et aux Palestiniens de s'asseoir ensemble, en espérant qu'ils arrivent à un accord. Mais, les deux camps sont trop faibles une telle approche américaine. Une résolution requiert l'attention personnelle du président. Washington devra mener le jeu avec un plan américain fondé sur les conclusions des accords de Taba. (...)

Si le processus de paix est abandonné, ce sera perçu par le monde musulman comme une autre indication que les Etats-Unis ne s'intéressent pas trop à leurs intérêts. Et tandis que le dossier palestinien n'est pas dans les esprits de tous les Musulmans, il fait office de symbole de l'injustice. Ce symbole d'injustice, et notre réticence ou incapacité à faire quoique ce soit amenuit tout ce que l'Amérique essaie de faire dans cette région. (...)

Un processus de paix palestinien dynamique pourrait aider à changer le climat psychologique. Cela pourrait un peu prendre un peu de vent des voiles du Hezbollah et du Hamas. Les Etats du Moyen Orient seraient alors peut-être enclins à utiliser de leur influence pour amoindrir le pouvoir de l'Iran. Cela pourrait pousser l'Iran de nouveau sur la défensive. Après tout, les actions américaines en Irak et en Afghanistan ont détruit les principaux adversaires iraniens, et d'une certaine manière, a renforcé le leadership à Téhéran. Un processus de paix soutenu pourrait aider les pays arabes à se libérer, ce qui pourrait déboucher sur une assistance dans la réhabilitation de l'Irak.

Thomas Friedman et "la solution à cinq Etats"

Ah, Thomas Friedman. C'est un peu grâce à lui qu'est né mon intérêt pour le Proche Orient, à la lecture de From Beirut to Jerusalem (un peu daté aujourd'hui, mais très intéressant). Dans sa dernière chronique pour le New York Times, Friedman nous présente une lettre fictive qu'enverrait le roi Abdallah d'Arabie Saoudite à Barack Obama pour lui proposer un plan de paix. Il est en quatre points et Friedman l'intitule "la solution à cinq Etats".

1. Retrait complet d'Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-est. Tout territoire gardé pour les colons (settlers) sera compensé au centimètre près.

2. Le Hamas et le Fatah forment un gouvernement d'unité nationale. Ce dernier accepte la présence de forces de police égyptiennes pour Gaza et jordaniennes pour la Cisjordanie en vue de sécuriser les frontières. La Palestine signera un programme d'assistance de sécurité de 5 ans avec l'Egypte et la Jordanie.

3. Le retrait israélien se fera sur cette période de cinq ans, à la même vitesse que les Palestiniens parviennent aux standards politiques et sécuritaires acceptés par tous les parties. Les Etats-Unis joueront le rôle de juge.

4. L'Arabie Saoudite prendra à sa charge la totalité du programme agrémenté d'un milliard de dollars à l'Egypte et à la Jordanie en échange de leur engagement dans le programme de sécurisation des frontières. Riyad prendrait également la charge des besoins budgétaires de l'Autorité palestinienne.

Friedman ajoute que le plan se ferait en conformité des résolutions 242 et 338. L'idée est que l'Egypte et la Jordanie étant les deux seuls pays de la région à reconnaître Israël, ils sont le mieux placés pour avoir un rôle dans cette phase de transition. Participation qui permettrait aux Israéliens et aux Palestiniens d'atteindre leurs objectifs respectifs. Ce plan s'inscrit en rupture avec la solution à deux Etats, considérée comme moribonde, car les deux camps n'ont plus confiance.

Il y a intérêt à ce que le prix du pétrole remonte, parce qu'une telle participation financière serait conséquente même pour un pays riche comme l'Arabie Saoudite. La lettre ne fait pas mention du retour des Palestiniens, ni du dossier sur Jérusalem (même si c'est implicite dans le retrait israélien). Plan certes intéressant, mais très utopique, car il faudrait imaginer une distribution des rôles et des pouvoirs complètement différente dans les Territoires palestiniens et en Israël.

jeudi 18 décembre 2008

le Washington Institute donne son avis

Le Washington Institute for Near East Policy a sorti un nouveau rapport sur les options américaines en matière de sécurité dans le conflit israélo-palestinienne. L'étude a été co-écrite par trois anciens officiels américains, dont un général à la retraite. Clairement, quand on regarde un peu le parcours des trois, les prises de positions sont plutôt républicaines.

Ils arrivent à trois conclusions dans leur étude :
* Pour avancer, il faut des forces de sécurité prête à lutter contre le terrorisme de telle sorte qu'Israël sente qu'elle peut se retirer de la Cisjordanie.
* Les efforts américains de promotion de la paix doivent comprendre un investissement conséquent dans l'entraînement et l'équipement de ces forces palestiniennes.
* Le déploiement de troupes étrangères, type OTAN, ne soulagera pas les Palestiniens dans leur tache de sécurité du territoire.

La question de la formation des troupes palestiniennes est centrale dans ce rapport. Les auteurs estiment que sans une sécurisation du territoire, le processus ne peut aller nulle part. Ils conseillent un transfert de compétences du Département d'Etat à la Défense et un investissement financier et humain de différentes agences gouvernementales pour aider à l'entraînement des forces palestiniennes. De leur côté, les Palestiniens doivent réformer leur système de sécurité en particulier, et la plupart des institutions en général. Les Israéliens devraient laisser plus de liberté aux Palestiniens pour agir.

Le développement de ces forces de sécurité servirait certes au contrôle du territoire, mais cela suppose également qu'elles soient en mesure d'éradiquer la menace terroriste. C'est une tâche qu'un parti-tiers ne peut prendre en charge.
 

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