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vendredi 19 novembre 2010

L'Iraq dans l'attente

J'ai l'impression d'avoir toujours les mêmes titres sur l'Iraq : les avancées sont microscopiques et à chaque fois que quelque chose se fait, les promesses ne sont pas tenues.

Petit retour en arrière. Un accord pour la formation d'un gouvernement a été trouvé la semaine dernière. Deux piliers à cet accord :
- le retour de Nouri al Maliki comme Premier ministre et donc la possibilité de former un gouvernement
- la nomination d'Iyad Allawi à la tête d'une nouvelle institution, le Conseil National sur la Stratégie Politique.

Il y avait de quoi espérer. En outre, le bloc de coalition d'Allawi a vu la nomination d'un de ses représentants sunnites comme à la tête Parlement avec un député chiite et un autre kurde.

Toutefois, ce château de cartes semble en mauvaise passe.

mercredi 6 octobre 2010

30 ans après, quelques leçons sur la guerre Iran-Iraq

Dans une tribune accordée à Jane's Defence Weekly, Pierre Razoux, du collège de défense de l'OTAN, tire quelques leçons de la guerre Iran-Iraq peu après le 30e anniversaire du début de la guerre la plus sanglante du Moyen Orient.

1. Isolation de l'Iraq : L'Iraq est sorti relativement victorieux de la guerre contre l'Iran, mais cela a rapidement changé avec l'attaque contre le Koweït. La raison principale était de renverser la famille royale koweïtienne, qui persistait à maintenir les prix du pétrole bas et qui refusait d'annuler les dettes contractées par l'Iraq. D'autre part, cette isolation régionale a renforcé la présence iranienne au Moyen Orient ainsi que la crainte des pays du Golfe à l'égard de Téhéran.

mardi 24 août 2010

Les 5 mythes sur les Etats-Unis en Iraq (mise à jour)

J'ai peu de temps, mais je voulais écrire un petit post sur cette excellente tribune publiée par Kenneth Pollack de la Brookings Institution dans le Washington Post. Il s'attaque à cinq mythes concernant la politique américaine en Iraq :

1. Le départ des troupes de combat : Comme cela a déjà été dit et Pollack le répète, le départ des dites troupes de combat ne signifie que les militaires restants ne seront pas des troupes de combat. Il ne faut pas leurrer. Quand les soldats américains quittent leurs bases, ils sont en mode combat, ne serait-ce que pour se défendre. La différence, que Pollack évoque trop peu, est que les Américains seront en retrait et laisseront les Iraqiens prendre les devants dans les actions cinétiques, ce qui était déjà largement le cas. En outre, Pollack remarque avec justesse que les forces spéciales seront toujours en activité.

vendredi 20 août 2010

D'utiles statistiques sur l'engagement américain en Iraq

Stars and Stripes publie une série d'articles sur l'Iraq en ce moment. A cette occasion, ils ont compilé un certain nombre de statistiques utiles et intéressantes pour tirer un bilan de ces sept ans de guerre et ce 10 jours avant le retrait des dites troupes de combat.

mercredi 18 août 2010

OK Corral en Iraq

Je voulais poster avant le déjeuner sur les récents développements en Iraq et notamment la réaction d'Iyad Allawi suite à l'entretien de Nouri al-Maliki accordé à Alhurra. Un contre-temps m'en a empêché et que vois-je après ? Eh bien, une nouvelle excellente analyse de Reidar Visser (une de plus).

Une brève réaction donc. Le groupe Iraqqiya emmené par Allawi a suspendu les négociations avec le bloc d'al Maliki pour se mettre d'accord sur un nouveau gouvernement. La raison ? Al Maliki a affirmé dans une interview qu'Iraqqiya était "un bloc sunnite". Iraqqiya a sauté sur l'occasion pour exiger des excuses, car Iraqqiya est constitué de membres sunnites et chiites.    

Comme toujours, la pertinence de Visser permet de voir plus clair.

vendredi 30 juillet 2010

Dernier songe avant le weekend

Avant d'en rester pour le weekend, je vous livre une petite citation. Je suis en train de lire Dealing With Dictators: Dilemmas of U.S. Diplomacy And Intelligence Analysis, 1945-1990. Dans le chapitre consacré à la politique américaine à l'égard de l'Iraq entre 1988 et 1990, les auteurs citent un officiel haut placé au Département d'Etat de l'époque qui préfère rester anynonyme : "On percevait Saddam Hussein plus comme un Assad que comme un Khomeni".

Je reparlerai plus tard de ce chapitre, mais pour un bref contexte, le chapitre montre comment les Etats-Unis étaient extrêmement mal informés sur les intentions de Saddam Hussein - ça ne changera pas trop d'ailleurs. Une des principales sources d'information étaient les perceptions des voisins du Golfe qui disaient aux Etats-Unis que Saddam Hussein s'appaisait. Bien entendu, cela est faux, mais avec les informations disponibles à l'époque, ou le manque plutôt, c'est ce que les Etats-Unis estimaient quelques mois encore avant l'invastion du Koweït. Je reviendrai plus tard sur cet excellent chapitre.

Bagdad naissait il y a 1248 ans

Le 30 juillet 762, le caliphe al Mansour crééait Bagdad. Le nom de la ville est sujet à débat, mais l'explication la plus convaincante est que le nom signifie "don de Dieu" en farsi, bag voulant dire "dieu" et dad "donnant".

Al Mansour estimait que la ville possédait toutes les caractéristiques (localisation géographique, abondance d'eau etc.) pour être le coeur de l'empire islamique sous la dynastie des Abassides. La capitale est rapidement devenue un centre d'enseignement d'excellence qui attirait tous les intellectuels de la région, ce qui a facilité la diffusion des sciences grecques et indiennes dans le monde arabo-musulman. Jusque dans les années 930, Bagdad était très probablement la plus grande ville du monde.

Les Abbasides ont dominé Bagdad d'une manière ou d'une autre jusqu'à l'invasion des Mongoles en 1258. D'une certaine manière, car le caliphe a du se déplacer à Samarra à plusieurs reprises au IXe siècle et la ville a été dominée par les Iraniens Bouwahidis entre 945 et 1055, puis par les Turcs Seljuk de 1055 à 1135. Ces derniers gouvernaient la ville en tant que sultans au nom des caliphes abbasides, dont ils se sentaient les protecteurs.

En 1258, la ville fut capturée et sacagée par les Mongols, ce qui marqua la fin de la dynastie des caliphes abbasides et la fin d'une ère vertueuse et riche pour la ville. Elle n'a jamais récupéré un tel prestige dans le monde arabo-musulman par la suite. 

Photo : Suq al-Ghazel, le plus vieux minaret de Bagdad datant du Xe siècle.

mardi 8 juin 2010

Un point sur la situation politique en Iraq

Mon blogging allégé m'a empêché de traiter la situation politique en Iraq. Bien que le temps me manque pour rentrer dans tous les détails nécessaires, voici quelques points pour s'y retrouver.

A la suite des élections du 7 mars dernier, nous sommes toujours dans une phase de tractations pour la formation d'un gouvernement. La principale raison est qu'aucun parti n'a obtenu une majorité suffisamment franche pour en constituer un. En outre, il y a eu un nombre incalculable de négociations pour créer des alliances, ce qui a donné lieu à un rapprochement entre la liste de l'actuel Premier ministre Nouri al-Maliki et les partisans de Moqtada al-Sadr. Cela s'est plus fait pour des raisons religieuses que politiques. Les Sadristes veulent s'assurer que le Premier ministre sera toujours un Chiite ; cela constituait un réel obstacle qu'il y ait autant de Sunnites dans la liste Iraqiyya d'Iyad Allawi. Toutefois, les Sadristes ne veulent pas d'un nouveau mandat de Maliki.

dimanche 4 avril 2010

La démocratie à l'Iraqienne

Je suis resté assez silencieux sur les résultats en Iraq, parce qu'il est assez difficile de prendre du recul par rapport aux différentes querelles, coups de poker et autres démarches farfelues de ces dernières semaines. La palme revient tout de même à Moqtada al-Sadr qui, avec ses 40 sièges, risque de jouer un rôle proéminent dans le choix du prochain Premier ministre iraqien, comme je l'avais envisagé. Pour déterminer qui il soutiendra, il a décidé d'organiser un référendum ouvert à tous les Iraqiens pour qu'ils choisissent leur Premier ministre préféré. Un référendum dans le désordre et la précipitation, mais l'initiative est juste tellement bluffante qu'on ne peut que la saluer. A l'opposé, la commission électorale continue de défavoriser l'alliance Iraqiyya menée par Iyad Allawi, qui a remporté 91 sièges, soit deux de plus que Nouri al-Maliki. Et quand même, un prix spécial au Premier ministre qui, alors qu'il est en charge de toutes les institutions, affirme qu'il y a eu des fraudes électorales à son encontre !

En tous cas, cette élection a révélé de nombreux points intéressants sur le fonctionnement du processus électoral en Iraq. Rod Nordland du New York Times nous détaille plusieurs aspects qui méritent d'être remarqués :

mercredi 10 mars 2010

En Iraq : les élections n'étaient qu'une première étape

Le taux de participation aux élections s'est élevé à 62,4%. C'est sensiblement inférieur aux précédentes élections parlementaires de décembre 2005 où le taux était de 76%, mais c'est supérieur aux élections provinciales de 2009 où le taux de participation était de 51%. Reidar Visser détaille les résultats dans un tableau région par région.

Plusieurs points sont intéressants. Les Kurdes restent très prompts à aller voter. Les provinces sunnites se sont également bien déplacées pour éviter le même sort qu'en 2005 où les Sunnites avaient boycotté les élections. Au sud de Baghdad, les taux chutent, ce qui, pour Visser, est la preuve d'une désillusion grandissante à l'égard du pouvoir. A Baghdad, le taux a été le plus faible du pays. C'est la seule "réussite" d'AQI qui a attaqué la capitale dimanche à coups de mortiers faisant des dizaines de morts. Comme je le disais précédemment, l'influence d'AQI est faible. Certes, ils ont interféré dans le bon déroulement du scrutin à Baghdad, mais ils n'avaient pas les moyens de mener de telles campagnes dans toutes les grandes villes, ni même dans les zones où ils étaient un temps beaucoup plus présents.

dimanche 7 mars 2010

Al Qa'ida en Iraq n'a plus de poids (mis à jour)



Je viens d'écouter le journal de RFI. Qu'entends-je ? Plusieurs tirs de mortiers à Baghdad et Baqouba ont troublé l'ouverture du vote ce matin. Ces actions ont été revendiquées par Al Qa'ida, qui après "avoir gâché" (mot de la journaliste) feront tout pour mettre à mal les élections.

Remettons quelques points au clair. Vu le peu d'intérêt des médias français à l'égard de l'Iraq, il n'est pas étonnant que ce type d'analyses puisse avoir cours. Pour autant, c'est faux !

En premier lieu, et c'est presque un détail mais caractéristique de la situation aujourd'hui, aucun attentat à la voiture piégée - bien plus sanglant et donc dans l'idéologie de chaos du mouvement - n'a eu lieu et il y a de fortes chances pour qu'il n'y en ait pas. En effet, il est interdit d'utiliser sa voiture ! Si vraiment AQ avait foi en ses capacités à frapper férocement le processus électoral, elle ne s'arrêterait pas à un tel contre-temps.

samedi 6 mars 2010

Un commentaire parmi tant d'autres sur les élections en Iraq

Il y a des dizaines de tribunes ces jours-ci sur l'Iraq et les enjeux des élections qui se déroulent ce moment. Les quelques mots de Fareed Zakaria sur CNN valent ce qu'ils valent, mais ils sont clairs :
[Il y a deux raisons qui justifient de s'intéresser à ces élections] : En premier lieu, si l'Iraq est capable d'atteindre un certain degré de consolidation sur le plan démocratique, cela renforcera clairement la stabilité politique du pays, qui est évidemment la condition la plus importante qui permettra aux forces américaines de continuer leur retrait jusqu'au dernier soldat de combat ou presque, comme l'espère le Président Obama.

Et la seconde raison est que si l'Iraq est capable de se consolider comme démocratie, cela servira à montrer que l'on peut revendiquer une forme de succès en Iraq que l'on pourra présenter en contrepartie de l'important investissement et du coût important en vies et en finances. Je ne dis pas que l'on pourra faire une déclaration facile pour justifier l'invasion, je dis juste qu'il y aura un résultat très positif en Iraq qui pourra au moins être apposé au coût. 

Et ce résultat positif est que l'Iraq sera le premier pays arabe à posséder un système véritablement démocratique et fonctionnel avec une presse libre, une économie ouverte, tout cela apparaitrait presque comme une révolution au Moyen Orient.

mercredi 3 mars 2010

Karl Rove sur l'Iraq, fidèle à lui-même...

Karl Rove, le stratège du parti républicain, ancien sous-directeur de cabinet de la Maison Blanche sous l'ère Bush et un des plus fidèles conseillers de l'ancien Président américain, sort ses mémoires, Courage and Consequence. Au cas où son nom ne vous évoque pas grand chose, regardez W., son personnage est presque caricatural, mais on perçoit assez bien la malignité de l'homme. Selon lui, George Bush a pris la bonne décision de faire la guerre en Iraq. Et d'ajouter que les historiens verront d'un bon oeil les deux mandats de Bush, et plus particulièrement sa décision de partir en guerre.

Rove, naïf ? Non. N'exagérons pas, il reconnaît que l'absence d'armes de destruction massive en Iraq a fortement affecté la crédibilité de l'administration américaine ainsi que joué un rôle très important dans la chute de popularité de la guerre.

Heureusement pour le parti républicain qu'il était meilleur en communication politique qu'en politique étrangère...

lundi 1 mars 2010

Les vétérans d'Iraq désapprouvent Le Démineur / Les prochains films sur l'Iraq



La sortie du film The Hurt Locker (Le Démineur) en DVD soulève une petite polémique chez les vétérans de la guerre en Iraq au sujet de la véracité du film que ce soit sur le personnage principal ou plusieurs autres détails, tels que les vêtements portés qui n'étaient pas disponibles à l'époque où le film se déroule.

C'est toujours la même polémique à savoir si un film sur une guerre réelle doit être fidèle à la réalité ou s'il peut se permettre quelques arrangements. Tout est une question de choix du scénariste et du réalisateur.

Le (faux) coup politique de Maliki en Iraq

Très fort ce Maliki. Quelques jours avant les élections du 7 mars, il annonce qu'il va réembaucher 20 000 anciens officiers de l'armée qui avait été écartés en raison de leur appartenance au régime de Saddam Hussein.

Cette annonce contraste étrangement avec la rhétorique anti-baassiste de sa campagne. Il faudrait vérifier, mais je pense que ceci est une fausse nouvelle. Je me demande combien de ces 20 000 officiers sont des anciens membres des groupes Fils d'Iraq que le gouvernement avait de toute manière promis d'engager dans les forces de sécurité, mais ne l'avait toujours pas fait.

En outre, les relents d'opportunisme sont nauséabonds. Quelques jours avant les élections, un tel coup d'éclat n'est pas anodin. Il est tout à fait probable que Maliki ait annoncé cette nouvelle pour essayer de récupérer des votes sunnites dont il manque cruellement. Cela pourrait montrer qu'il a des craintes quant aux résultats de son autre opposition chiite Ayad Allawi, dont la liste est multi-sectaire et pourra donc attirer des votes chiites, sunnites et kurdes.

lundi 25 janvier 2010

Une (petite) bonne nouvelle #4

Une commission iraqienne a décidé d'enlever 59 personnes de la liste noire des 500 candidats interdits de se présenter. La décision de bannir ces candidats a fait couler beaucoup d'encre sur l'état de la démocratie dans le pays.

La réinsertion de ces candidats est officiellement liée à de nouvelles informations que la commission a obtenues. Il est important de noter que sur les 500 candidats bannis, seuls 150 auraient fait appel de la décision. Aucune information n'a été donnée sur les 91 candidats restants.

jeudi 14 janvier 2010

N'oublions pas l'Iraq (mise à jour)

Kenneth Pollack fait parmi des derniers analystes à s'intéresser à l'Iraq, quand toute l'attention est désormais tournée vers l'Afghanistan. Dans The Daily Beast, il explique que le risque aujourd'hui est que les Iraqiens aient l'impression que les Américains se "contrecagnent" de leur cas, alors même que les civils ne sont pas à la hauteur de la tâche pour prendre le relais des militaires.

Bien entendu, beaucoup d'efforts sont monopolisés par l'"Af-Pak", mais pour autant, Washington n'oublie pas que des dizaines de milliers de soldats sont toujours sur place. Ainsi, a-t-on appris que le VP Joe Biden allait diriger plusieurs réunions exclusivement consacrées à l'Iraq en amont des élections législatives du mois de mars. Biden est un peu le Monsieur Iraq au sein de l'administration américaine.

L'Iraq reste fragile d'un point de vue sécuritaire, mais également politique. Même si les raisons légales sont peut-être tout à fait recevables, il est assez alarmant que 500 candidats aient été rayés des listes. Les élections du 7 mars vont véritablement être un tournant pour la stabilité du pays. Si elles se déroulent sans trop de heurts et de sectarisme, on peut penser que le pays ne replongera pas dans la guerre civile une fois les Américains partis.

***MISE A JOUR***

Deux mauvaises nouvelles pour l'Iraq. Hier, un attentat a été perpétré à Najaf, à quelques encablures de la mosquée qui est un des lieux les plus saints du chiisme. Selon le Washington Post, le nombre de morts varie selon les sources, allant d'une à deux douzaines de victimes.

En outre, je me suis rendu compte que les raisons pour rayer des listes plusieurs centaines de candidats est quelque peu troublant, car la base pour la disqualification se fonde sur des liens que les candidats entretenaient avec Saddam Hussein. Difficile de ne pas voir une attaque de la part du leadership chiite contre les Sunnites.

mercredi 13 janvier 2010

Alastair Campbell devant la commission sur l'Iraq (mise à jour)

Alastair Campbell, ancien directeur de communication de Tony Blair, a témoigné devant l'Iraq Inquiry hier. Je me suis lancé dans la lecture des débats. C'est absolument fascinant, mais également très long, donc, je vais faire cela en plusieurs posts.

Dans la première partie, jusqu'à la pause, Campbell présente plusieurs points intéressants :
* La politique de Tony Blair n'était pas le changement de régime en Iraq, mais le désarmement. Cela a toujours été le cas, avant et après la rencontre au ranch de Crawford en mars 2002, qui a souvent été présenté comme le moment où la position du Premier ministre britannique a changé.

I agreed with the Prime Minister's views, which were -- the Prime Minister was not saying at Crawford, "We now have a policy of regime change". The Prime Minister was absolutely clear, both before Crawford, at Crawford and subsequent to Crawford, that the policy of the British Government was to pursue disarmament of Saddam Hussein through the United Nations, and I think that was very, very clear in his public policy at the time.

So I don't really accept this analysis that at Crawford there was this fundamental shift of approach and policy by the Prime Minister. On your point about, did I support the Prime Minister in relation to his pursuit of disarmament of Saddam Hussein in the way that he did, yes, I did.
* Tony Blair n'était pas à la botte des Américains. Il partageait les mêmes vues que l'administration Bush sur le danger que représentait Saddam Hussein.

The Prime Minister, I think, on these fundamental strategic interest points, his instinct and his leadership would say we should be with the Americans. Does that mean that you tailor your policy to suit theirs? No. As I said to you earlier, he shared the analysis, he shared the concern, he shared the objectives of disarmament of Saddam Hussein.


* Tony Blair a convaincu Bush et son vice-Président Dick Cheney qu'avant d'envisager une action militaire, il fallait d'abord avoir épuisé tout le potentiel diplomatique.

BARONESS USHA PRASHAR: That is one thing, but I think --
MR ALASTAIR CAMPBELL: That is the key -- to my mind, that's what the key point was. That was the key point.
BARONESS USHA PRASHAR: No, I said: what were the rationales discussed for regime change? You know, what were the rationales for regime change?
MR ALASTAIR CAMPBELL: The history -- I don't think this had changed. Why was Iraq such an issue at that time? It is the history and the nature of the regime and the threat and the context of the threat post-September 11, and I think it was the Butler Report that quoted a JIC
paper that I hadn't seen at the time, but it had this phrase about the calculus of threat, and I think that is a very good way of putting how the analysis, the context of the analysis had changed.
So in a sense [U.S. and British senior officials] were discussing the best way to take forward and try to work towards this objective of disarmament of Saddam Hussein and force him to face up to his obligations under the UN. Obviously, you have heard from lots of different witnesses about the sense of tension within the American system and there is no point denying they were there.
There are tensions in any government and political system. But I think the significance of that meeting [in September 2002 at Camp David] was that George Bush came out of it and said we are going to the United Nations and we are not going there to look for a pretext for military action. That was a significant moment.


Avant de balayer du revers de la main les positions de Campbell en criant que l'Iraq n'avait pas d'ADM et que cette guerre était une farce, il faut remettre cela dans un contexte clair : en 2002, les services de renseignements était presque tous convaincus que l'Iraq possédait encore un arsenal nucléaire. Cela n'enlève rien au fait que cette guerre est une débâcle et que même si les Britanniques avaient réussi à convaincre les Américains d'attendre un peu plus longtemps avant de lancer l'offensive que les inspecteurs de l'ONU aient terminé leurs inspections et établi leurs résultats indiquant que l'Iraq n'avait plus d'ADM, Washington n'aurait pas quand même attaqué, car tout le dispositif militaire était déjà déployé et qu'il était trop tard pour reculer. Comme le rappelle Cameron, la politique de Washington, depuis Bill Clinton, était le changement de régime.

Certains pourront dire que les Américains avaient déjà décidé de partir en guerre au mois de septembre. Peut-être, mais, dans le cas présent, cela importe assez peu, car c'est du rôle des Britanniques dont il s'agit. Cameron le concède, rien n'exclut que les militaires aient dressé des plans d'attaque en 2002, mais, comme trop peu de gens l'acceptent, il est du devoir des militaires de présenter toutes les options, militaires ou non. Ensuite, le leadership politique fait son choix.

La suite à venir.

***MISE A JOUR***

Cela peut jouer des tours de publier des morceaux. La preuve. Après la pause du matin, Alastair Campbell a tenu à préciser que lorsqu'il parlait de Camp David, il faisait mention de la réunion de septembre 2001 et non septembre 2002.

lundi 4 janvier 2010

Le guide des élections au Moyen Orient en 2010

Alors quelles seront les élections au Moyen Orient en 2010 ? Petit tour d'horizon grâce au Election Guide. Bien entendu, plusieurs sont sujettes à d'éventuels reports et sait-on jamais on pourrait avoir des élections anticipées :

* Bahreïn :
Elections parlementaires : elles se tiendront en novembre.

* Egypte :
Elections de la Shura : elles auront lieu en mai.
Elections parlementaires : elles auront lieu en novembre.

* Iraq :
Elections parlementaires : après plusieurs reports, elles devraient avoir lieu le 7 mars.
Référendum : le même jour, les Iraqiens voteront sur le Status Of Forces Agreement (SOFA). Le vote était initialement prévu fin juillet 2009.

* Territoires palestiniens :
Elections législatives et présidentielles : elles devaient se tenir le 24 janvier, mais en raison des fortes tensions entre le Fatah et le Hamas, elles pourraient au plus tôt se tenir en juin, ce qui n'est toutefois pas encore certain.

samedi 2 janvier 2010

Petraeus sur l'Iraq


Les fêtes et autres engagements m'ont obligé à stocker des articles avant de me replonger dans tous les derniers développements. Dans une interview de Fareed Zakaria pour Newsweek publiée un peu avant Noël, le général David Petraeus parle de l'Afghanistan et de l'Iraq. Voici une analyse très sagace sur l'Iraq:

ZAKARIA: J'ai été surpris par la manière dont les choses ont été prises en main en Iraq, car les Etats-Unis n'ont pas seulement de faire du nation-building, mais également de s'engager dans un très vaste projet de construction sociale. Le nouveau régime iraqien, avec notre accord tacite, a dépossédé l'élite sunnite de tout pouvoir. Cette élite avait dirigé l'armée, la bureaucratie, les industries nationales et nous étions en train de créer l'impression au sein des Sunnites qu'ils n'avaient aucun rôle à jouer dans le nouvel Iraq.

PETRAEUS : Ce n'était pas qu'une impression ; il est vrai qu'ils ont été affectés de manière disproportionnée par la "débaassification", surtout dans les zones sunnites. Nous avons essayé d'établir une distinction entre les pro-Saddam et ceux qui faisaient partie du parti Baas à un niveau intermédiaire avant tout pour avoir un travail ou une éducation, [mais le processus n'a pas accompli sa mission]. Ironiquement, beaucoup des Sunnites ayant été écartés ont été éduqués en Occident. C'était vraiment eux que nous voulions aider à diriger le pays ; ils comprenaient comment fonctionnait le pays, ils parlaient anglais et ils étaient souvent plus séculaires. Et non seulement nous les avons perdus, mais en plus, nous en avons jeté une partie dans les bras de l'insurrection, parce que leur motivation était de s'opposer au nouvel Iraq et non de le soutenir. En finir avec une insurrection ou l'empêcher de commencer implique de donner une responsabilité dans le succès du nouvel Iraq à autant de personnes que possible.
 

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