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mercredi 4 mai 2011

Après l'UE, quelle organisation va obtenir un nouveau statut à l'ONU ?

Certains diront que cette nouvelle est purement symbolique, d'autres insisteront sur le fait que c'est le premier pas vers une diplomatie plus structurée et unifiée. En tout cas, il est certain que c'est un succès diplomatique pour l'Union Européenne qui obtient un statut comparable à celui du Vatican et de l'Autorité Palestinienne à l'Assemblée générale de l'ONU. Seuls la Syrie - ce qui ne devrait pas faciliter les chances d'un accord d'association avec Damas, qui était déjà bien difficile à mettre en place et aujourd'hui est très compromis par les événements - et le Zimbabwe s'y sont opposés. Dix pays n'ont pas pris part au vote.

L'UE pourra désormais prendre la parole à l'Assemblée générale, faire circuler des documents, présenter des propositions et des amendements et exercer un droit de réponse. Auparavant, l'UE devait passer par le pays membre qui était à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE. Ces changements font suite au Traité de Lisbonne qui a signifié des avancées sur la politique extérieure de l'UE en lui donnant un statut légal, en créant les positions de Président du Conseil, aujourd'hui Herman Von Rompuy, et de Haute représentante pour la sécurité et la politique extérieure, Catherine Ashton. Une résolution allant dans ce sens avait déjà été présentée en septembre dernier, mais une majorité d'Etats s'était prononcée en faveur d'un différé du vote.

mercredi 16 mars 2011

Le CCG part en guerre : premières observations et implications



J'ai déjà écrit ailleurs que le Conseil de Coopération du Golfe avait davantage privilégier l'aspect économique de l'organisation plutôt que l'aspect sécuritaire. Les raisons sont bien connues, la principale étant l'incapacité à se faire confiance. Une autre raison était l'impossibilité à s'accorder sur la définition des menaces. On envisageait des scénarios où le CCG pourrait se positionner en Iraq, au Yémen, contre l'Iran, mais l'éventualité de lutter contre une menace intra-étatique nous avait échappé. Le recours à la force commune "Peninsula Shield" au Bahreïn est remarquable à plusieurs égards.

* C'est la première fois que le CCG agit seul. En 1990, lors de l'invasion du Koweït par l'Iraq, le CCG était resté impuissant. En 2003, il était resté à l'écart de l'intervention, mais avait déployé des hommes à la frontière avec le Koweït pour combattre toute attaque en provenance d'Iraq, mais ils n'ont jamais été mis à l'épreuve. Ce déploiement est donc la première vraie intervention décidée par le CCG pour venir en soutien d'un de ses membres. A l'échelle internationale, c'est un fait extrêmement important. Si l'OTAN, l'UE, l'UA ont pu se déployer, elles se sont toujours efforcées de le faire dans le cadre d'un mandat de l'ONU.

mercredi 6 octobre 2010

30 ans après, quelques leçons sur la guerre Iran-Iraq

Dans une tribune accordée à Jane's Defence Weekly, Pierre Razoux, du collège de défense de l'OTAN, tire quelques leçons de la guerre Iran-Iraq peu après le 30e anniversaire du début de la guerre la plus sanglante du Moyen Orient.

1. Isolation de l'Iraq : L'Iraq est sorti relativement victorieux de la guerre contre l'Iran, mais cela a rapidement changé avec l'attaque contre le Koweït. La raison principale était de renverser la famille royale koweïtienne, qui persistait à maintenir les prix du pétrole bas et qui refusait d'annuler les dettes contractées par l'Iraq. D'autre part, cette isolation régionale a renforcé la présence iranienne au Moyen Orient ainsi que la crainte des pays du Golfe à l'égard de Téhéran.

mardi 2 mars 2010

Yémen: aide-toi et les donateurs t'aideront

C'est bien beau de demander 44 milliards de dollars pour se reconstruire, mais encore faut-il pouvoir s'assurer qu'une telle somme pourra être intelligemment gérée. C'est le constat qu'on retient d'un article du quotidien émirati The National. Le Conseil de Coopération du Golfe s'est réuni hier et avant-hier pour identifier les problèmes de distribution de l'aide internationale. En novembre 2006, une conférence des donateurs s'est tenue à Londres lors de laquelle 4,7 milliards de dollars ont été promis au Yémen. Cette somme a été révisé à 5,5 milliards de dollars. Les pays du CGG ont contribué à hauteur de 3,7 milliards.

La réunion à Riyadh avait donc pour but de comprendre pourquoi seuls 10% de cette somme ont été utilisés. Deux raisons principales : le manque de stabilité politique et le manque de compétences au sein du gouvernement yéménite pour absorber et gérer efficacement cet argent.

Visiblement, l'idée que les donateurs eux-mêmes ou via d'autres organismes mettent en place des projets a été évoquée, mais Mustafa Nasr, directeur de l'ONG Studies and Economic Media Center, est sceptique sur les chances de réussite. "Même si les donateurs montent leurs propres projets, le Yémen aura tout de même besoin d'une administration professionnelle et compétente capable d'identifier les priorités et établir de bons plans d'action ainsi que des études de faisabilité de projets qu'elle pourra présenter aux donateurs." En d'autres termes, avant de s'engager dans des projets extravagants ou de s'en prendre aux donateurs, le gouvernement yéménite a besoin de balayer devant sa porte.

dimanche 17 août 2008

Hostilité iranienne contre ses voisins du Golfe

Deux commentaires se sont récemment fait écho dans la presse arabe. Tareq Alhomayed dans Asharq Alawsat et Joseph Kechichian dans Gulf News. Le sujet : la méprise iranienne à l'égard de ses voisins du Golfe. Lors d'une récente conférence, Manuchehr Mohammadi, un ministre adjoint (difficile de savoir comment traduire "deputy foreign minister for education and research") a soulevé "la déception" des pays du Golfe en affirmant que la stabilité dans la région ne pouvait se faire tant que les royautés seraient au pouvoir.

Selon la presse iranienne, il aurait dit que "le Moyen Orient restera un centre de développement et de crises tant que les régimes royaux dans le Golfe restent en place, et les conflits ne seront pas résolus sans la disparition de ces régimes traditionnels". Il y a quelques jours, il a tenu, par voix de presse, à nier ces propos.

Le secrétaire général du Golf Cooperation Council, organisation qui réunit les pays du Golfe - à l'exception de l'Iran -, a fait part de sa "déception" à l'encontre de ces affirmations officielles. Alhomayed est déçu de la tiédeur de la réponse : "Quand les pays du Golfe ont-ils déjà cru que le régime iranien les percevait comme des voisins ou avec respect ?" Le rédacteur en chef de Asharq Alawsat rappelle que le GCC a été fondé justement pour lutter contre l'influence iranienne au moment du conflit Iran-Irak. Joseph Kechichian remarque que l'Iran n'a cessé d'interférer dans les affaires des pays du Golfe. Par exemple, en 1981, l'Iran a fomenté un coup d'Etat au Bahrein pour assassiner le Sheikh Eissa et instaurer une théocratie.

Les deux commentateurs expliquent qu'il fait partie des objectifs de la révolution iranienne d'étendre la ferveur révolutionnaire et d'installer des régimes théocratiques. Y renoncer signifierait un abandon de la révolution, ce qui est "impensable" pour Alhomayed.

Ils s'accordent également sur le manque d'engagement et de clarté dans les positions des pays du Golfe sur les affaires régionales, laissant carte blanche à l'Iran pour répandre sa présence au Moyen Orient, que ce soit en Irak, au Liban ou en Palestine.

Cela va de pair avec l'attitude à adopter face à Téhéran. "Les peuples du Golfe doivent déterminer s'ils sont des Arabes apeurés par l'Iran ou des Arabes dévoués à la stabilité de leur territoire et de leur peuple", juge Alhomayed. Kechichian abonde dans le même sens, conseillant aux pays du Golfe d'adopter une position forte et mettant des mesures de rétorsion contre des ingérences iraniennes, sans provoquer outre-mesure leur voisin. "L'Iran est une puissance importante qui mérite d'être traitée avec le plus grand respect, mais seulement si elle traite ses voisins arabes du Golfe dans le même sens", estime-t-il.


 

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