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jeudi 16 juin 2011

Nouvelle publication : UE-OTAN : Même voisinage, pourtant l’indifférence prévaut

Je tenais à vous faire partager mon dernier papier publié il y a quelques jours dans le bulletin Europe, Diplomatie & Défense de l'Agence Europe. Comme il n'est pas disponible en ligne, je vous le fais parvenir en intégralité. Bonne lecture !


Les pays de la PEV - quasiment les mêmes à l'OTAN


UE-OTAN : Même voisinage, pourtant l’indifférence prévaut


L’OTAN et l’Union européenne ont leurs sièges à Bruxelles, mais un mur les sépare. Les partenariats n’y échappent pas et sont les oubliés de cette absence de coopération. Pourtant, le champ des possibles est important, davantage que sur d’ambitieux volets, tels que les opérations. Les deux organisations viennent de publier, de manière isolée et à un mois d’intervalle, leur nouvelle approche vis-à-vis des partenariats. Il est temps de se pencher sur l’indifférence mutuelle qui prévaut à l’égard des politiques de voisinage. Si une stratégie commune est irréaliste, il est pertinent que les deux administrations chargées des partenariats initient un dialogue informel.

La fin de la guerre froide a permis une nouvelle dynamique à l’égard du pourtour européen. En 1994, l’OTAN lance le Partenariat pour la Paix (PpP) à l’est et le Dialogue méditerranéen (DM) au sud. L’UE crée le processus de Barcelone en 1995 et développe des relations avec les pays nouvellement indépendants à l’est. En 2003, l’UE instaure la Politique européenne de Voisinage (PEV), un cadre commun pour tous les partenaires.

lundi 30 mai 2011

Mon premier papier sur l'UE et l'Egypte pour la Carnegie

Ce n'est pas sans bomber un peu le torse que je vous annonce la publication de mon premier article pour la Carnegie. Il traite de la réponse de l'Union Européenne aux révoltes en Egypte. Je vous donne un premier aperçu ci-dessous, la suite vous attend sur le site de la Carnegie Europe. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.

The European Union’s (EU) response to the dramatic events in Egypt has been rather weak and belated, showing that in a fast-moving environment the Union has difficulty reacting in the way required of a serious global player. Despite a flurry of high-level meetings in Brussels, the EU has thus far taken only light-weight positions and actions.

The limits of Brussels’ foreign policy have been particularly salient. Because of its incapacity to influence events in Egypt, it swiftly shifted the focus of the debate to the EU-Egypt partnership, a more institutionally-oriented and slow-developing approach.

With the review of the European Neighborhood Policy (ENP) now out, the Union needs to develop a clear idea of how it can deliver and how it can build ownership on the Egyptian side. Given that Cairo has never demonstrated a strong interest in partnership with Brussels, relations with Egypt will be a valuable test case of how the EU can revamp its strategy with its neighbors.

[LIRE LA SUITE]

mercredi 25 mai 2011

La nouvelle politique européenne de voisinage est disponible

J'étais en séminaire toute la journée et je n'ai pas eu le temps de la lire, mais pour information la très attendue et maintes fois reportée nouvelle Politique Européenne de Voisinage est désormais disponible.

Commentaires à suivre sous peu.

mercredi 18 mai 2011

C'est trop facile de critiquer l'Union Européenne

La lecture d'une analyse publiée sur Affaires Stratégiques critiquant l'Union Européenne pour son inaction dans la région MENA me pousse à réagir tant elle manque de profondeur. Ce post sera donc plus un commentaire à l'article - d'ailleurs, c'est ce que j'ai fait sur la page de l'article.

Cette analyse me laisse pantois. Outre les fautes (la Libye, pas la Lybie), les raccourcis (le débat européen ne se résume qu'à l'immigration, ce qui est faux, mais seule une analyse plus fine aurait permis de faire ressortir la tension qui existe entre ce débat sur l'immigration et sur la Politique Européenne de Voisinage), les clichés (l'UE est cantonnée à des missions humanitaires, quid des missions CSDP Artemis et Atalanta par exemple ?) et les attaques faciles, la question qui vient en tête est : et donc ?

mercredi 4 mai 2011

Après l'UE, quelle organisation va obtenir un nouveau statut à l'ONU ?

Certains diront que cette nouvelle est purement symbolique, d'autres insisteront sur le fait que c'est le premier pas vers une diplomatie plus structurée et unifiée. En tout cas, il est certain que c'est un succès diplomatique pour l'Union Européenne qui obtient un statut comparable à celui du Vatican et de l'Autorité Palestinienne à l'Assemblée générale de l'ONU. Seuls la Syrie - ce qui ne devrait pas faciliter les chances d'un accord d'association avec Damas, qui était déjà bien difficile à mettre en place et aujourd'hui est très compromis par les événements - et le Zimbabwe s'y sont opposés. Dix pays n'ont pas pris part au vote.

L'UE pourra désormais prendre la parole à l'Assemblée générale, faire circuler des documents, présenter des propositions et des amendements et exercer un droit de réponse. Auparavant, l'UE devait passer par le pays membre qui était à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE. Ces changements font suite au Traité de Lisbonne qui a signifié des avancées sur la politique extérieure de l'UE en lui donnant un statut légal, en créant les positions de Président du Conseil, aujourd'hui Herman Von Rompuy, et de Haute représentante pour la sécurité et la politique extérieure, Catherine Ashton. Une résolution allant dans ce sens avait déjà été présentée en septembre dernier, mais une majorité d'Etats s'était prononcée en faveur d'un différé du vote.

mardi 26 avril 2011

La révolte en Syrie : inquiétante dynamique et moyens d'action réduits



Le régime syrien a donc décidé d'emprunter la voie de la force militaire pour mater la révolte. La révolte est problématique à plusieurs égards. Tout d'abord, elle n'est pas extrêmement visible. Ensuite, la question confessionnelle reste ouverte. Enfin, les pays occidentaux ne peuvent guère que taper du poing en espérant que les vibrations soient perçues en Syrie.

La révolte syrienne est finalement peu visible, car les manifestations n'ont majoritairement pas lieu à Damas, sont éclatés dans le pays, même si l'épicentre est Dera'a. Comme l'explique Ammal Abdulhamid sur la vidéo, la tactique maintenant est de faire grossir les manifestations à Homs dans l'espoir que ce soit le départ d'une propagation de grande envergure dans le pays. En outre, les correspondants sur place sont très rares, l'information est bien filtrée et les seuls témoignages obtenus émanent de témoins sur place dont la crédibilité certes est difficile à mettre en doute en raison des vidéos qui émergent sur Internet mais dont on ne connaît pas le degré de véracité, et des ONG qui, souvent, n'ont plus de pied à terre en Syrie. Bref, il est difficile d'obtenir des informations fiables. Néanmoins, le degré de médiatisation est beaucoup plus important que pour le Bahreïn par exemple, mais bien moins que la Libye, l'Egypte, la Tunisie ou le Yémen.

mercredi 20 avril 2011

Un nouvel équilibre des forces au Moyen Orient ?

Je m'excuse pour l'intermittence de mon blogging. Je suis pris dans la rédaction d'un long papier sur la Politique Européenne de Voisinage, ce qui me laisse peu de temps pour maintenir ce blog. Pour info, je suis relativement actif sur Twitter, donc n'hésitez pas à me rejoindre pour voir ce que je lis et également à me faire partager vos lectures. 

Au même titre que les régimes autoritaires de la région, les jeux d'influence étaient fondés sur un statu quo, des positions figées peu à même à évoluer. L'état de fait, de manière caricaturale, était assez simple. Les Etats-Unis étaient la seule puissance étrangère d'importance. Ils déployaient un parapluie de sécurité sur le Golfe que ces Etats étaient prêts à accepter et à entretenir. Washington pouvait compter sur plusieurs pays alliés de poids, l'Egypte, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, sans parler évidemment d'Israël.

Israël était le centre d'attention régional. L'Egypte et la Jordanie sont les deux seuls pays arabes de la région à reconnaître l'Etat hébreu et les pays du Golfe ont assoupli leur politique à son égard. De l'autre côté, les opposants à Israël sont très vocaux, notamment la Syrie et l'Iran. L'Iran d'ailleurs, dont l'avènement comme puissance régionale est plus un renouveau qu'une nouveauté. Sans évoquer le "croissant chiite" dont la pertinence est à nuancer, l'Iran pouvait compter sur des alliés solides à Damas et au Liban avec le Hezbollah. Dans le même temps, les relations avec les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) étaient mi-figue mi-raisin, alternant le cordial et l'inimitié.

Dans le Golfe, l'Arabie Saoudite possédait une position privilégiée. Hôtesse des deux sites les plus importants de l'islam, porte-drapeau des intérêts sunnites dans la région, l'Arabie Saoudite jouait sur une politique prudente mais ferme. Le Qatar est récemment devenu l'acteur qui monte, cherchant à être le médiateur de toutes les crises avec un succès mitigé, le seul fut l'accord pour le Liban en 2006. Sur la Libye, le Qatar s'est fortement engagé en faveur des rebelles, reconnaissant le Conseil national de transition comme l'autorité libyenne légitime.

vendredi 18 mars 2011

L'ONU autorise l'usage de la force en Libye : implications et questions importantes

Le Conseil de sécurité a approuvé la résolution 1973 ouvrant la porte à l'implémentation d'une zone d'exclusion aérienne (NFZ) et à des frappes ciblées. Pour la France, c'est un succès diplomatique après une difficile campagne, mais un succès mi-figue mi-raisin, car cinq grosses puissances se sont abstenues (Russie, Chine, Allemagne, Brésil et Inde). En outre, beaucoup de questions demeurent d'un point de vue opératif, mais également stratégique.

Au niveau opératif, plusieurs questions devront trouver une réponse rapidement. La première est de connaître les pays qui prendront part à l'opération de NFZ. Les informations semblent se recouper à ce sujet. La France et la Grande-Bretagne seront à la tête des opérations. Les Etats-Unis - dont l'engagement reste à clarifier -, le Canada, le Danemark et la Norvège fourniront du potentiel de frappe. Plusieurs pays européens fourniront des moyens logistiques : l'Italie avec sa base en Sicile - il semblerait qu'elle fournirait également des avions de combat -, la Grèce avec sa base à Souba et la Pologne avec des avions de transport. On peut envisager d'autres pays. De toute manière, maintenant que la résolution est passée, il semble très probable que les positions européennes s'affirment plus clairement. Catherine Ashton a déclaré que l'UE agirait dans la limite du mandat de la résolution et de ses compétences. Compétences qui devraient être clarifiées la semaine prochaine. Pour le moment, deux Etats-membres s'opposent à une intervention militaire, l'Allemagne et la République Tchèque - on parle également de la Bulgarie, de la Hongrie et de la Suède. Au niveau otanien, la Turquie a également fait savoir qu'elle ne soutenait pas cette action. Cinq de ses pays étant membres de l'OTAN, il est dès lors peu probable que l'Alliance soit impliquée directement dans les actions menées. Il semblerait que quelques pays arabes participent à l'opération, mais on ignore qui - les noms de la Jordanie, des Emirats Arabes Unis et du Qatar circulent - et avec quels moyens. Quelques analyses indiquent que la participation arabe est envisagée par certains pays. 
 

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