Donilon donne quatre lignes directives : "Tout d'abord, la révolte arabe est un événement 'historique', comparable à la chute de l'empire ottoman ou de la décolonisation du Moyen Orient post-1945 ; deuxièmement, 'aucun pays n'est immunisé' contre le changement ; troisièmement, la révolution a des 'origines profondes' liées à une mauvaise gouvernance, à la démographie et aux nouvelles technologies de communication ; et quatrièmement, 'ces événements sont locaux' et ne peuvent être dictés par l'Amérique, l'Iran et d'autres puissances puissances extérieures."
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mercredi 27 avril 2011
Un bon cadre de pensée pour aborder les révoltes arabes
David Ignatius du Washington Post consacre son dernier édito à Tom Donilon, le conseiller en sécurité nationale de Barack Obama. Dans un entretien accordé au journaliste, Donilon explique le cadre de pensée que l'administration américaine a adopté pour aborder les révoltes arabes :
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mardi 26 avril 2011
La révolte en Syrie : inquiétante dynamique et moyens d'action réduits
Le régime syrien a donc décidé d'emprunter la voie de la force militaire pour mater la révolte. La révolte est problématique à plusieurs égards. Tout d'abord, elle n'est pas extrêmement visible. Ensuite, la question confessionnelle reste ouverte. Enfin, les pays occidentaux ne peuvent guère que taper du poing en espérant que les vibrations soient perçues en Syrie.
La révolte syrienne est finalement peu visible, car les manifestations n'ont majoritairement pas lieu à Damas, sont éclatés dans le pays, même si l'épicentre est Dera'a. Comme l'explique Ammal Abdulhamid sur la vidéo, la tactique maintenant est de faire grossir les manifestations à Homs dans l'espoir que ce soit le départ d'une propagation de grande envergure dans le pays. En outre, les correspondants sur place sont très rares, l'information est bien filtrée et les seuls témoignages obtenus émanent de témoins sur place dont la crédibilité certes est difficile à mettre en doute en raison des vidéos qui émergent sur Internet mais dont on ne connaît pas le degré de véracité, et des ONG qui, souvent, n'ont plus de pied à terre en Syrie. Bref, il est difficile d'obtenir des informations fiables. Néanmoins, le degré de médiatisation est beaucoup plus important que pour le Bahreïn par exemple, mais bien moins que la Libye, l'Egypte, la Tunisie ou le Yémen.
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mercredi 20 avril 2011
Un nouvel équilibre des forces au Moyen Orient ?
Je m'excuse pour l'intermittence de mon blogging. Je suis pris dans la rédaction d'un long papier sur la Politique Européenne de Voisinage, ce qui me laisse peu de temps pour maintenir ce blog. Pour info, je suis relativement actif sur Twitter, donc n'hésitez pas à me rejoindre pour voir ce que je lis et également à me faire partager vos lectures.
Au même titre que les régimes autoritaires de la région, les jeux d'influence étaient fondés sur un statu quo, des positions figées peu à même à évoluer. L'état de fait, de manière caricaturale, était assez simple. Les Etats-Unis étaient la seule puissance étrangère d'importance. Ils déployaient un parapluie de sécurité sur le Golfe que ces Etats étaient prêts à accepter et à entretenir. Washington pouvait compter sur plusieurs pays alliés de poids, l'Egypte, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, sans parler évidemment d'Israël.
Israël était le centre d'attention régional. L'Egypte et la Jordanie sont les deux seuls pays arabes de la région à reconnaître l'Etat hébreu et les pays du Golfe ont assoupli leur politique à son égard. De l'autre côté, les opposants à Israël sont très vocaux, notamment la Syrie et l'Iran. L'Iran d'ailleurs, dont l'avènement comme puissance régionale est plus un renouveau qu'une nouveauté. Sans évoquer le "croissant chiite" dont la pertinence est à nuancer, l'Iran pouvait compter sur des alliés solides à Damas et au Liban avec le Hezbollah. Dans le même temps, les relations avec les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) étaient mi-figue mi-raisin, alternant le cordial et l'inimitié.
Dans le Golfe, l'Arabie Saoudite possédait une position privilégiée. Hôtesse des deux sites les plus importants de l'islam, porte-drapeau des intérêts sunnites dans la région, l'Arabie Saoudite jouait sur une politique prudente mais ferme. Le Qatar est récemment devenu l'acteur qui monte, cherchant à être le médiateur de toutes les crises avec un succès mitigé, le seul fut l'accord pour le Liban en 2006. Sur la Libye, le Qatar s'est fortement engagé en faveur des rebelles, reconnaissant le Conseil national de transition comme l'autorité libyenne légitime.
Au même titre que les régimes autoritaires de la région, les jeux d'influence étaient fondés sur un statu quo, des positions figées peu à même à évoluer. L'état de fait, de manière caricaturale, était assez simple. Les Etats-Unis étaient la seule puissance étrangère d'importance. Ils déployaient un parapluie de sécurité sur le Golfe que ces Etats étaient prêts à accepter et à entretenir. Washington pouvait compter sur plusieurs pays alliés de poids, l'Egypte, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, sans parler évidemment d'Israël.
Israël était le centre d'attention régional. L'Egypte et la Jordanie sont les deux seuls pays arabes de la région à reconnaître l'Etat hébreu et les pays du Golfe ont assoupli leur politique à son égard. De l'autre côté, les opposants à Israël sont très vocaux, notamment la Syrie et l'Iran. L'Iran d'ailleurs, dont l'avènement comme puissance régionale est plus un renouveau qu'une nouveauté. Sans évoquer le "croissant chiite" dont la pertinence est à nuancer, l'Iran pouvait compter sur des alliés solides à Damas et au Liban avec le Hezbollah. Dans le même temps, les relations avec les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) étaient mi-figue mi-raisin, alternant le cordial et l'inimitié.
Dans le Golfe, l'Arabie Saoudite possédait une position privilégiée. Hôtesse des deux sites les plus importants de l'islam, porte-drapeau des intérêts sunnites dans la région, l'Arabie Saoudite jouait sur une politique prudente mais ferme. Le Qatar est récemment devenu l'acteur qui monte, cherchant à être le médiateur de toutes les crises avec un succès mitigé, le seul fut l'accord pour le Liban en 2006. Sur la Libye, le Qatar s'est fortement engagé en faveur des rebelles, reconnaissant le Conseil national de transition comme l'autorité libyenne légitime.
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vendredi 8 avril 2011
La politique des bases militaires : le cas américain au Bahreïn
Alexander Cooley and Daniel Nexon ont publié un excellent article dans Foreign Affairs sur la politique des bases militaires américaines. Le contexte évidemment appelle à une attention toute particulière à la 5e flotte qui se trouve à Bahreïn. Par ailleurs, ce petit Etat du Golfe accueille NAVCENT, la composante maritime de CENTCOM, et offre la base d'Isa pour l'Air Force. Aujourd'hui, avec les soulèvements dans les pays arabes, les Etats-Unis se retrouvent dans une position délicate. Vocaux sur la Libye, ils l'ont beaucoup moins été sur le Bahreïn - mais ils sont loin d'être les seuls. Les deux auteurs analysent cette position d'équilibriste et offrent quelques recommandations.
Tout d'abord, petit retour historique. La présence américaine à Bahreïn précède l'indépendance du pays en 1971. En effet, déjà sous le protectorat britannique, la marine américaine était sur place. Au moment de l'indépendance, les Etats-Unis ont offert quatre millions de dollars à Manama pour conserver la présence d'une base. A la suite de la guerre du Kippour en 1973, la relation s'est tendue et même si les Américains et les Bahreïnis ont trouvé un compromis, les premiers n'ont pas fait de vague. Cette base s'est avérée particulièrement utile lors de la Guerre du Golfe en 1990 pour accueillir 20000 militaires. A la suite de la guerre en 1991, les deux parties ont signé un accord sur dix ans ; quatre ans plus tard, la présence américaine s'est renforcée avec l'installation du siège de la 5e flotte et de NAVCENT. L'accord a été renouvelé en 2001.
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mercredi 9 février 2011
En Egypte, le paradoxe de la transition
Les événements en Egypte présentent un étonnant paradoxe. La mobilisation est organisée par la foule, mais la transition est gérée par les Etats-Unis et dans une moindre mesure l'Union Européenne. Comment en est-on arrivé à ce que Washington et Bruxelles s'arrogent ce rôle que les Egyptiens ne leur ont jamais attribué ? Il semble que l'absence de leader médiatique crée un besoin d'étincelles pour maintenir une mobilisation massive. En outre, l'Egypte expose le dilemme consistant à être une révolte sans leader et à rejeter ceux qui pourraient être à sa tête, ce qui ne permet pas de faire avancer les demandes formulées. Ainsi les puissances étrangères se sont-elles mobilisées pour jouer les médiateurs.
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mercredi 29 décembre 2010
Les Etats-Unis potentiellement dans l'embarras à l'ONU sur une résolution palestinienne
Les Palestiniens devraient demander au Conseil de sécurité des Nations Unies de condamner les colonies. On peut lire quelques extraits du premier draft de la résolution sur Internet, comme sur le Washington Post ici. J'imagine que la délégation palestinienne est à l'origine de la fuite et la tactique est très habile. En effet, ce premier jet condamne les colonies "comme illégales et constituant un obstacle majeur pour arriver à une paix juste, durable et globale". La résolution demande le retrait israélien, mais sans appliquer de sanctions, ce qui forcément pose la question de la position américaine.
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jeudi 7 octobre 2010
L'Iran ne chantera pas Rocket Man en russe
Le Président russe Dmitri Medvedev l'avait annoncé, la Russie ne vendra pas ses missiles sol-air S-300 à l'Iran, car cela violerait le régime de sanctions voté au Conseil de sécurité. Il y a probablement du y avoir de longues négociations à un quelconque niveau - les Israéliens et les Américains ont apparemment appliqué une énorme pression sur Moscou -, parce qu'en juin dernier, le discours russe signalait que la vente des missiles était épargnée.
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mercredi 6 octobre 2010
30 ans après, quelques leçons sur la guerre Iran-Iraq
Dans une tribune accordée à Jane's Defence Weekly, Pierre Razoux, du collège de défense de l'OTAN, tire quelques leçons de la guerre Iran-Iraq peu après le 30e anniversaire du début de la guerre la plus sanglante du Moyen Orient.
1. Isolation de l'Iraq : L'Iraq est sorti relativement victorieux de la guerre contre l'Iran, mais cela a rapidement changé avec l'attaque contre le Koweït. La raison principale était de renverser la famille royale koweïtienne, qui persistait à maintenir les prix du pétrole bas et qui refusait d'annuler les dettes contractées par l'Iraq. D'autre part, cette isolation régionale a renforcé la présence iranienne au Moyen Orient ainsi que la crainte des pays du Golfe à l'égard de Téhéran.
1. Isolation de l'Iraq : L'Iraq est sorti relativement victorieux de la guerre contre l'Iran, mais cela a rapidement changé avec l'attaque contre le Koweït. La raison principale était de renverser la famille royale koweïtienne, qui persistait à maintenir les prix du pétrole bas et qui refusait d'annuler les dettes contractées par l'Iraq. D'autre part, cette isolation régionale a renforcé la présence iranienne au Moyen Orient ainsi que la crainte des pays du Golfe à l'égard de Téhéran.
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dimanche 26 septembre 2010
Le Qatar joue à l'équilibriste
Le magazine américain The Atlantic consacre un article très intéressant au jeu d'équilibriste interprété par le Qatar, à la fois proche allié américain et proche de l'Iran.
En effet, le Qatar est clairement un allié pour Washington. Camp As Sayliyah, une partie du Central Command, y est installée depuis 2002, mais les Etats-Unis avaient déjà une présence en avant stratégique depuis 1996. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont amicales, au même titre que les relations personnelles entre Barack Obama et l'émir Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani.
Toutefois, le Qatar maintient de très bonnes relations avec l'Iran, les meilleures de tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). L'article ne détaille pas beaucoup les raisons de ces bonnes relations. Cela est dû au fait d'ententes commerciales, notamment concernant le gaz et le pétrole. Les relations diplomatiques et militaires sont également en croissance, avec des accords de coopération en matière de défense qui sont uniques entre l'Iran et un pays du CCG. En outre, 30% de la population qatarie est d'origine perse.
En effet, le Qatar est clairement un allié pour Washington. Camp As Sayliyah, une partie du Central Command, y est installée depuis 2002, mais les Etats-Unis avaient déjà une présence en avant stratégique depuis 1996. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont amicales, au même titre que les relations personnelles entre Barack Obama et l'émir Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani.
Toutefois, le Qatar maintient de très bonnes relations avec l'Iran, les meilleures de tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). L'article ne détaille pas beaucoup les raisons de ces bonnes relations. Cela est dû au fait d'ententes commerciales, notamment concernant le gaz et le pétrole. Les relations diplomatiques et militaires sont également en croissance, avec des accords de coopération en matière de défense qui sont uniques entre l'Iran et un pays du CCG. En outre, 30% de la population qatarie est d'origine perse.
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mardi 24 août 2010
Les 5 mythes sur les Etats-Unis en Iraq (mise à jour)
J'ai peu de temps, mais je voulais écrire un petit post sur cette excellente tribune publiée par Kenneth Pollack de la Brookings Institution dans le Washington Post. Il s'attaque à cinq mythes concernant la politique américaine en Iraq :
1. Le départ des troupes de combat : Comme cela a déjà été dit et Pollack le répète, le départ des dites troupes de combat ne signifie que les militaires restants ne seront pas des troupes de combat. Il ne faut pas leurrer. Quand les soldats américains quittent leurs bases, ils sont en mode combat, ne serait-ce que pour se défendre. La différence, que Pollack évoque trop peu, est que les Américains seront en retrait et laisseront les Iraqiens prendre les devants dans les actions cinétiques, ce qui était déjà largement le cas. En outre, Pollack remarque avec justesse que les forces spéciales seront toujours en activité.
1. Le départ des troupes de combat : Comme cela a déjà été dit et Pollack le répète, le départ des dites troupes de combat ne signifie que les militaires restants ne seront pas des troupes de combat. Il ne faut pas leurrer. Quand les soldats américains quittent leurs bases, ils sont en mode combat, ne serait-ce que pour se défendre. La différence, que Pollack évoque trop peu, est que les Américains seront en retrait et laisseront les Iraqiens prendre les devants dans les actions cinétiques, ce qui était déjà largement le cas. En outre, Pollack remarque avec justesse que les forces spéciales seront toujours en activité.
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vendredi 20 août 2010
D'utiles statistiques sur l'engagement américain en Iraq
Stars and Stripes publie une série d'articles sur l'Iraq en ce moment. A cette occasion, ils ont compilé un certain nombre de statistiques utiles et intéressantes pour tirer un bilan de ces sept ans de guerre et ce 10 jours avant le retrait des dites troupes de combat.
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jeudi 29 juillet 2010
Prudence plutôt que précipitation pour des négociations directes entre Israël et l'Autorité palestinienne
Aaron David Miller, chercheur au Wilson International Center for Scholar, est devenu la figure de proue des sceptiques de l'évolution actuelle du processus de paix depuis son article coup de poing dans Foreign Policy il y a quelques mois. Dans un nouvel article pour ce magazine, il appelle Barack Obama à la prudence en ce qui concerne des négociations directes entre Israël et l'Autorité palestinienne. Son analyse intervient dans un contexte où la Ligue Arabe discute aujourd'hui d'éventuelles rencontres entre l'Autorité palestinienne et Israël.
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samedi 3 juillet 2010
Il y a 22 ans, les Etats-Unis détruisaient un avion iranien en Iran
Le 3 juillet 1988, le USS Vincennes lançait deux missiles sol-air sur un Airbus A300 de la compagnie Iran Air détruisant l'avion et ses 290 passagers à bord. Cet incident s'est déroulé dans les eaux territoriales iraniennes. Pour les Américains - qui étaient dans l'illégalité puisque le crusader était dans les eaux iraniennes - l'équipage a confondu l'Airbus avec un F-14 Tomcat. Pour les Iraniens, l'acte américain était délibéré.
Le Vincennes avait été appelé dans le Golfe persique pour pallier au manque d'AWACS dans la zone. Nous sommes encore pendant la guerre Iran-Iraq. Le vol 655 faisait le trajet Téhéran-Dubaï. Ce même jour, l'appareil américain revenait d'une patrouille d'escorte dans la zone. Un hélicoptère du Vincennes en observation se fait tirer dessus par des bateaux iraniens. Le Vincennes se lance alors à leur poursuite. Il se retrouve dans les eaux d'Oman, dont les autorités l'exigent d'en sortir. La course poursuite continue dans les eaux territoriales iraniennes. C'est à ce moment que le crusader a ouvert le feu sur l'Airbus, qui n'était qu'un vol commercial.
Cet incident a évidemment soulevé un haro de critiques à l'encontre des Etats-Unis et une action en justice a été ouverte devant la Cour Pénale Internationale qui s'est soldée en 1996 par des réparations aux familles des victimes d'une somme de 61.8 millions de dollars.
Jusqu'à ce jour, les Américains ont toujours nié le fait que ce soit un acte délibéré. Ils ont toujours plaidé l'accident. Les Iraniens de leur côté ont toujours prôné la théorie que les Américains ont agi en pleine conscience de leur erreur. D'après les sources et données révélées au travers des années suivant l'incident, la position américaine semble tenir même si de nombreux points demeurent problématiques. Le point le plus critique étant que le Vincennes a agi à l'intérieur des eaux territoriales iraniennes. Il semble avoir conduit cette opération sans en informer les autres crusaders dans les parages et surtout d'une manière quasi impulsive. Un acte irresponsable. De multiples raisons ont été avancées pour expliquer cet incident : la proximité d'un avion de renseignement iranien qui aurait porté à confusion, la mauvaise appréhension du changement de zones horaires, le stress lié à l'opération de poursuites contre les petits bateaux iraniens etc.
A la lumière des tensions entre Etats-Unis et Iran, se souvenir de la destruction du vol 655 nous permet de nous rappeler qu'un événement isolé suffit pour être l'allumette d'un conflit. A l'époque, le litige avait été réglé diplomatiquement en partie parce que l'Iran était très affaibli et encore en conflit contre l'Iraq. Aujourd'hui, qu'en serait-il ? J'ose imaginer qu'il y a eu un processus de retour d'expérience pour que ce type d'incident ne se reproduise pas. Néanmoins, nous ne sommes jamais à l'abri.
Le Vincennes avait été appelé dans le Golfe persique pour pallier au manque d'AWACS dans la zone. Nous sommes encore pendant la guerre Iran-Iraq. Le vol 655 faisait le trajet Téhéran-Dubaï. Ce même jour, l'appareil américain revenait d'une patrouille d'escorte dans la zone. Un hélicoptère du Vincennes en observation se fait tirer dessus par des bateaux iraniens. Le Vincennes se lance alors à leur poursuite. Il se retrouve dans les eaux d'Oman, dont les autorités l'exigent d'en sortir. La course poursuite continue dans les eaux territoriales iraniennes. C'est à ce moment que le crusader a ouvert le feu sur l'Airbus, qui n'était qu'un vol commercial.
Cet incident a évidemment soulevé un haro de critiques à l'encontre des Etats-Unis et une action en justice a été ouverte devant la Cour Pénale Internationale qui s'est soldée en 1996 par des réparations aux familles des victimes d'une somme de 61.8 millions de dollars.
Jusqu'à ce jour, les Américains ont toujours nié le fait que ce soit un acte délibéré. Ils ont toujours plaidé l'accident. Les Iraniens de leur côté ont toujours prôné la théorie que les Américains ont agi en pleine conscience de leur erreur. D'après les sources et données révélées au travers des années suivant l'incident, la position américaine semble tenir même si de nombreux points demeurent problématiques. Le point le plus critique étant que le Vincennes a agi à l'intérieur des eaux territoriales iraniennes. Il semble avoir conduit cette opération sans en informer les autres crusaders dans les parages et surtout d'une manière quasi impulsive. Un acte irresponsable. De multiples raisons ont été avancées pour expliquer cet incident : la proximité d'un avion de renseignement iranien qui aurait porté à confusion, la mauvaise appréhension du changement de zones horaires, le stress lié à l'opération de poursuites contre les petits bateaux iraniens etc.
A la lumière des tensions entre Etats-Unis et Iran, se souvenir de la destruction du vol 655 nous permet de nous rappeler qu'un événement isolé suffit pour être l'allumette d'un conflit. A l'époque, le litige avait été réglé diplomatiquement en partie parce que l'Iran était très affaibli et encore en conflit contre l'Iraq. Aujourd'hui, qu'en serait-il ? J'ose imaginer qu'il y a eu un processus de retour d'expérience pour que ce type d'incident ne se reproduise pas. Néanmoins, nous ne sommes jamais à l'abri.
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jeudi 3 juin 2010
La Turquie : la nouvelle concurrente des Etats-Unis au Moyen Orient
Steven Cook, du Council on Foreign Relations, se révèle de nouveau très pertinent quant à son interprétation des événements qui impliquent la Turquie. Dans un article publié sur le site de Foreign Policy, il explique comment la Turquie est devenue en peu de temps la principale concurrente des Etats-Unis. Notamment depuis l'accession au pouvoir de l'AKP, le gouvernement turc a indiqué, parfois très vocalement, sur le devant de la scène internationale. Cela s'est fait remarquer en Asie Centrale, mais surtout au Moyen Orient, où elle vient concurrencer les Etats-Unis, jusqu'alors principale puissance dans la région. Les positions prises par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan à l'encontre d'Israël en sont une preuve qui ne cessent de se répéter depuis l'incident médiatique début 2009 entre Shimon Peres et Erdogan au sommet de Davos. Quand ce ne sont pas les Turcs qui enfoncent le couteau dans la plaie, ce sont les Israéliens. La Turquie a désormais choisi son camp dans ce conflit et elle a décidé de le faire savoir haut et fort. Ankara appuie plus ou moins ouvertement le Hamas dans ses démarches politiques.
Autant dire que cela n'aide ni les relations stratégiques avec Israël ni celles avec les Etats-Unis. De plus, Washington et Ankara risquent de se retrouver de nouveau en opposition sur le régime syrien. La Turquie a essuyé de nombreuses critiques américaines pour ses accointances avec la Syrie. Certes, les Etats-Unis, sous l'impulsion de l'administration actuelle, tente de resserrer les liens avec Damas. Toutefois, la Turquie est restée silencieuse sur les accusations adressées à l'encontre du régime de Bachar al-Assad concernant les missiles Scud fournis au Hezbollah.
Autant dire que cela n'aide ni les relations stratégiques avec Israël ni celles avec les Etats-Unis. De plus, Washington et Ankara risquent de se retrouver de nouveau en opposition sur le régime syrien. La Turquie a essuyé de nombreuses critiques américaines pour ses accointances avec la Syrie. Certes, les Etats-Unis, sous l'impulsion de l'administration actuelle, tente de resserrer les liens avec Damas. Toutefois, la Turquie est restée silencieuse sur les accusations adressées à l'encontre du régime de Bachar al-Assad concernant les missiles Scud fournis au Hezbollah.
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dimanche 4 avril 2010
Petraeus n'est pas le premier à critiquer Israël...
Mark Perry revient sur les critiques (démenties) du général David Petraeus quant à l'attitude d'Israël dans la résolution du conflit israélo-palestinien. Il explique que le général en charge de CENTCOM n'est pas le premier à avoir émis des doutes sur Israël. En effet, un peu avant la création de l'Etat hébreu, le général George Marshall - l'auteur du plan - s'opposait férocement à la reconnaissance d'Israël. A l'époque, le Secrétaire d'Etat avait fart de ses réserves auprès du Président Harry Truman dans une conversation rentrée dans l'histoire le 12 mai 1948.
Je suis d'accord avec Perry sur le fait que Petraeus n'est pas le premier haut gradé à faire des reproches à Israël. Il faut déjà se souvenir qu'avant la guerre des Six Jours, c'était la France et non les Etats-Unis, les plus proches alliés de Tel Aviv. Gary Bass de Princeton le rappelle d'ailleurs justement dans une tribune au New York Times il y a quelques jours.
Je suis d'accord avec Perry sur le fait que Petraeus n'est pas le premier haut gradé à faire des reproches à Israël. Il faut déjà se souvenir qu'avant la guerre des Six Jours, c'était la France et non les Etats-Unis, les plus proches alliés de Tel Aviv. Gary Bass de Princeton le rappelle d'ailleurs justement dans une tribune au New York Times il y a quelques jours.
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mercredi 31 mars 2010
Etats-Unis/Israël : vers un changement de donne ?
Me voici de retour. Je m'accoutume petit à petit à Bruxelles.
Cette absence de blogging m'a permis de prendre un peu de recul sur les derniers événements et notamment sur les tensions israélo-américaines qui ont rythmé le mois de mars depuis la visite de Joe Biden début mars. Quelle lecture peut-on faire de cette série de désaveux publics ? Y a-t-il des risques d'orage entre Washington et Tel Aviv ou n'était-ce que les giboulées de mars ?
Avant toute chose, il faut balayer l'idée qu'Israël est en train de perdre son meilleur allié, les Etats-Unis. Cela n'a aucun fondement et il serait ridicule de penser que la relation spéciale entre les deux pays va prendre fin incessamment sous peu. Le lien est beaucoup plus qu'un simple partenariat stratégique. Il y a une proximité de destins (les deux se perçoivent comme le peuple élu), des valeurs et des idéaux communs, des perspectives politiques proches et certains pourront même souligner un lien religieux, car la religion protestante accorde une place privilégiée à Israël.
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mercredi 10 mars 2010
A lire absolument
J'ai terminé Treacherous Alliance: The Secret Dealings of Israel, Iran, and the United States de Trita Parsi. Ruez-vous dessus! Cet ouvrage est tout bonnement essentiel. Il se fonde en grande partie sur des entretiens avec des Israéliens, des Iraniens et des Américains, ce qui lui donne un côté exclusif remarquable. J'étais familier avec la politique de périphérie que les Israéliens ont mené pendant longtemps tentant de nouer de proches relations avec l'Ethiopie, l'Iran et la Turquie pour passer au-delà de l'encerclement des pays arabes. J'avais lu quelques bons papiers sur les relations irano-israéliennes avant la chute du Shah. Cet ouvrage va beaucoup plus loin et montre comment elles ont continué même après la révolution de 1979 et cela n'impliquait pas seulement l'affaire Iran-Contra où les Israéliens ont joué un rôle crucial. On apprend également que Benyamin Netanyahu, aujourd'hui farouchement opposé à l'Iran, voulait renouer avec la politique de périphérie lorsqu'il a été Premier ministre au milieu dans la deuxième moitié des années 1990.
Quelques points centraux de l'ouvrage :
* Des années 1950 aux années 1970, le partenariat stratégique entre l'Iran et Israël n'a jamais effacé une certaine ambivalence quant à la politique régionale. Israël voulait empêcher que l'Iran se rapproche des pays arabes pour qu'elle maintienne ses relations avec Tel Aviv et l'Iran ne voulait pas trop montrer ses liens avec l'Etat hébreu par crainte d'aliéner l'opinion arabe.
* Après la Révolution islamique, les contacts entre l'Iran et Israël ont toujours été guidés par une volonté de l'Iran de se rapprocher de Washington en passant par l'intermédiaire de Tel Aviv, ce qui a souvent irrité les Israéliens qui avaient l'impression d'être abusés.
* Les Israéliens ont souvent bloqué les efforts américains de rapprochement avec l'Iran après 1979, car si les Etats-Unis et l'Iran se réconciliaient, ils craignaient que l'importance de l'Etat hébreu à Washington diminuerait en conséquence.
* L'ouvrage revient également sur le processus qui a amené les Etats-Unis à se préoccuper très sérieusement du programme nucléaire iranien. Entre alliances de circonstances, pressions de lobbies israéliens et iraniens et contexte favorable, on revoit tout le fil historique qui permet d'avoir une meilleure compréhension des enjeux actuels.
Quelques points centraux de l'ouvrage :
* Des années 1950 aux années 1970, le partenariat stratégique entre l'Iran et Israël n'a jamais effacé une certaine ambivalence quant à la politique régionale. Israël voulait empêcher que l'Iran se rapproche des pays arabes pour qu'elle maintienne ses relations avec Tel Aviv et l'Iran ne voulait pas trop montrer ses liens avec l'Etat hébreu par crainte d'aliéner l'opinion arabe.
* Après la Révolution islamique, les contacts entre l'Iran et Israël ont toujours été guidés par une volonté de l'Iran de se rapprocher de Washington en passant par l'intermédiaire de Tel Aviv, ce qui a souvent irrité les Israéliens qui avaient l'impression d'être abusés.
* Les Israéliens ont souvent bloqué les efforts américains de rapprochement avec l'Iran après 1979, car si les Etats-Unis et l'Iran se réconciliaient, ils craignaient que l'importance de l'Etat hébreu à Washington diminuerait en conséquence.
* L'ouvrage revient également sur le processus qui a amené les Etats-Unis à se préoccuper très sérieusement du programme nucléaire iranien. Entre alliances de circonstances, pressions de lobbies israéliens et iraniens et contexte favorable, on revoit tout le fil historique qui permet d'avoir une meilleure compréhension des enjeux actuels.
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mercredi 3 mars 2010
Karl Rove sur l'Iraq, fidèle à lui-même...
Karl Rove, le stratège du parti républicain, ancien sous-directeur de cabinet de la Maison Blanche sous l'ère Bush et un des plus fidèles conseillers de l'ancien Président américain, sort ses mémoires, Courage and Consequence. Au cas où son nom ne vous évoque pas grand chose, regardez W., son personnage est presque caricatural, mais on perçoit assez bien la malignité de l'homme. Selon lui, George Bush a pris la bonne décision de faire la guerre en Iraq. Et d'ajouter que les historiens verront d'un bon oeil les deux mandats de Bush, et plus particulièrement sa décision de partir en guerre.
Rove, naïf ? Non. N'exagérons pas, il reconnaît que l'absence d'armes de destruction massive en Iraq a fortement affecté la crédibilité de l'administration américaine ainsi que joué un rôle très important dans la chute de popularité de la guerre.
Heureusement pour le parti républicain qu'il était meilleur en communication politique qu'en politique étrangère...
Rove, naïf ? Non. N'exagérons pas, il reconnaît que l'absence d'armes de destruction massive en Iraq a fortement affecté la crédibilité de l'administration américaine ainsi que joué un rôle très important dans la chute de popularité de la guerre.
Heureusement pour le parti républicain qu'il était meilleur en communication politique qu'en politique étrangère...
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dimanche 21 février 2010
Etre prêt à utiliser la force contre l'Iran
Cette tribune me laisse perplexe tant elle montre que les réflexions sur l'Iran sont de plus en plus agressives. Après l'appel au changement de régime de Richard Haass du CFR, ce sont James Lindsay et Ray Takeyh, tous deux du CFR aussi, qui en appellent à une politique plus ferme à l'égard de Téhéran. Dans une tribune au Washington Post, ils estiment que les Etats-Unis ne peuvent pas attendre qu'une politique d'endiguement fonctionne si un recours à la force n'est pas envisagé dans le cas où le processus ne fonctionne pas ou est violé par l'Iran :
Il est vrai que pour contenir un adversaire le pouvoir diplomatique ne peut fonctionner que par la dissuasion que s'il se désengage ou faillit à ses engagements, l'épée de Damoclès lui tombera dessus. Pour autant, les Etats-Unis peuvent-ils se permettre de promouvoir une telle politique, alors qu'ils sont engagés en Iraq et en Afghanistan ? Que dans le premier pays notamment, Téhéran joue un rôle crucial ; que l'Iran peut pousser ses groupes proxy du Hamas et du Hezbollah à frapper Israël et à déstabiliser le Liban - même si je pense que ces deux groupes ne sont pas autant que cela aux ordres de Téhéran.
En outre, les informations concernant les infrastructures iraniennes sont trop floues et le danger d'échec trop grand pour prendre le risque de frappes aériennes ciblées qui ne feront que renforcer la conviction iranienne à poursuivre son programme et annihilerait l'opinion publique arabe - mais pas les dirigeants - car même si les Iraniens ne sont pas des Arabes, la population arabe ne perçoit pas de menace iranienne. Washington ne peut pas se permettre de se mettre encore plus à dos l'opinion arabe. Bref, une telle politique est peu réaliste dans le contexte actuel et est potentiellement dangereuse.
Il semblerait en plus que l'enrichissement se fasse très lentement et que plus l'Iran sera financièrement isolé et dépourvu de ressources et plus le programme sera ralenti et Téhéran potentiellement prêt à accepter les offres occidentales jusqu'alors rejetées. Il faudra voir ce que donne les prochaines sanctions. Les négociations avancent, la Russie pourrait être de la partie cette fois-ci, la Chine demeure réticente (je vais lire le nouveau rapport du Crisis Group à ce sujet). Il y a même un débat au Liban sur son éventuel vote au Conseil de sécurité, car ce serait à Beyrouth de représenter la voix arabe pour ce vote ; même si elle est consultative, elle pourrait être symboliquement cruciale si tous les P5 s'accordaient pour des sanctions.
Washington devrait affirmer clairement les lignes rouges : aucune amorce de combat conventionnel contre d'autres pays ; aucune utilisation ou transfert d'armes, de matériels ou de technologies nucléaires ; pas de renforcement de soutien à des activités subversives ou terroristes. Washington devrait être tout aussi clair sur les conséquences si l'Iran franchissait ces lignes : des représailles militaires américaines par tous les moyens nécessaires.
Il est vrai que pour contenir un adversaire le pouvoir diplomatique ne peut fonctionner que par la dissuasion que s'il se désengage ou faillit à ses engagements, l'épée de Damoclès lui tombera dessus. Pour autant, les Etats-Unis peuvent-ils se permettre de promouvoir une telle politique, alors qu'ils sont engagés en Iraq et en Afghanistan ? Que dans le premier pays notamment, Téhéran joue un rôle crucial ; que l'Iran peut pousser ses groupes proxy du Hamas et du Hezbollah à frapper Israël et à déstabiliser le Liban - même si je pense que ces deux groupes ne sont pas autant que cela aux ordres de Téhéran.
En outre, les informations concernant les infrastructures iraniennes sont trop floues et le danger d'échec trop grand pour prendre le risque de frappes aériennes ciblées qui ne feront que renforcer la conviction iranienne à poursuivre son programme et annihilerait l'opinion publique arabe - mais pas les dirigeants - car même si les Iraniens ne sont pas des Arabes, la population arabe ne perçoit pas de menace iranienne. Washington ne peut pas se permettre de se mettre encore plus à dos l'opinion arabe. Bref, une telle politique est peu réaliste dans le contexte actuel et est potentiellement dangereuse.
Il semblerait en plus que l'enrichissement se fasse très lentement et que plus l'Iran sera financièrement isolé et dépourvu de ressources et plus le programme sera ralenti et Téhéran potentiellement prêt à accepter les offres occidentales jusqu'alors rejetées. Il faudra voir ce que donne les prochaines sanctions. Les négociations avancent, la Russie pourrait être de la partie cette fois-ci, la Chine demeure réticente (je vais lire le nouveau rapport du Crisis Group à ce sujet). Il y a même un débat au Liban sur son éventuel vote au Conseil de sécurité, car ce serait à Beyrouth de représenter la voix arabe pour ce vote ; même si elle est consultative, elle pourrait être symboliquement cruciale si tous les P5 s'accordaient pour des sanctions.
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jeudi 28 janvier 2010
La réflexion du matin : des CEMA marins, c'est pas commun (mise à jour)
Je viens de voir que le nouveau Chef d'Etat-Major des Armées (CEMA) était l'amiral Edouard Guillaud. Jean-Dominique Merchet lui consacre un petit profil sur son blog, Secret Défense. Et je me suis dit que cela faisait longtemps que le CEMA n'était pas un marin. En effet, le dernier est l'amiral Jacques Lanxade de 1991 à 1995.
Mais, ma réflexion du matin est allée un chouïa plus loin. Cela doit faire longtemps que la France et les Etats-Unis n'ont pas eu en même temps des CEMA marins. Et oui, Mike Mullen est également amiral. J'ai donc vérifié et étrangement, le dernier amiral américain à avoir été CEMA est l'amiral David Jeremiah en 1993, donc en même temps que Lanxade. On l'oublie souvent, parce qu'il était en poste entre deux poids lourds charismatiques de l'histoire militaire américaine du XXe siècle, Colin Powell et John Shalikashvili, mais surtout, parce qu'il n'a jamais été nommé à ce poste et n'était en fonction qu'en attendant l'arrivée de Shalikashvili.
Conclusion : c'est la première fois que deux amiraux, en France et aux Etats-Unis, se retrouvent en même temps nommés au poste suprême pour un militaire. Pour les pékins comme nous, cela ne veut pas dire grand chose, mais les marins sont une race à part dans les armées et donc avoir deux marins à ce poste pourra peut-être faciliter une bonne communication et compréhension.
*** MISE A JOUR ***
Et j'oubliais que le SACEUR était également un marin, l'amiral James Stavridis. Décidément!
Mais, ma réflexion du matin est allée un chouïa plus loin. Cela doit faire longtemps que la France et les Etats-Unis n'ont pas eu en même temps des CEMA marins. Et oui, Mike Mullen est également amiral. J'ai donc vérifié et étrangement, le dernier amiral américain à avoir été CEMA est l'amiral David Jeremiah en 1993, donc en même temps que Lanxade. On l'oublie souvent, parce qu'il était en poste entre deux poids lourds charismatiques de l'histoire militaire américaine du XXe siècle, Colin Powell et John Shalikashvili, mais surtout, parce qu'il n'a jamais été nommé à ce poste et n'était en fonction qu'en attendant l'arrivée de Shalikashvili.
Conclusion : c'est la première fois que deux amiraux, en France et aux Etats-Unis, se retrouvent en même temps nommés au poste suprême pour un militaire. Pour les pékins comme nous, cela ne veut pas dire grand chose, mais les marins sont une race à part dans les armées et donc avoir deux marins à ce poste pourra peut-être faciliter une bonne communication et compréhension.
*** MISE A JOUR ***
Et j'oubliais que le SACEUR était également un marin, l'amiral James Stavridis. Décidément!
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