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mercredi 26 janvier 2011
Quand l'économie cherche à influencer la politique
La France n'a aucune chance de remporter un contrat de plusieurs milliards de dollars pour construire une centrale nucléaire sur les rives de la mer Noire. Le ministre turc de l'Energie, Taner Yildiz, a affirmé dans un quotidien national que le seul moyen pour que la proposition d'EDF, Suez et Areva soit considérée est que Paris lève son opposition à l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne.
vendredi 21 janvier 2011
Pourquoi les négociations sur le nucléaire iranien ont-elles lieu en Turquie ?
A une exception près en 2008, toutes les négociations en P5+1 avaient eu lieu à Genève, ou dans une moindre mesure à Vienne. Pourquoi un changement de lieu ? Il semblerait que les Turcs aient fait part de leur envie de faire partie des pays partis prenant à ces négociations, mais comme cela leur a été refusé, ils ont poussé pour qu'au moins les négociations aient lieu à Ankara.
Pour profiter du news cycle, la Turquie a affirmé hier qu'elle souhaitait "des garanties" de la part de l'Iran que le pays ne va pas construire d'armes nucléaires. Les négociations du P5+1 ont commencé aujourd'hui et s'achèveront demain.
Pour profiter du news cycle, la Turquie a affirmé hier qu'elle souhaitait "des garanties" de la part de l'Iran que le pays ne va pas construire d'armes nucléaires. Les négociations du P5+1 ont commencé aujourd'hui et s'achèveront demain.
mercredi 16 juin 2010
Un échec turco-brésilien sur l'Iran
Walter Russel Mead analyse, sur son blog, l'implication du couple turco-brésilien sur le dossier iranien comme un échec. Selon lui, les deux pays ont raté leur coup d'éclat.
Tout d'abord, leur petite échappée avec l'Iran pour faire émerger un accord qui reste très flou et que peu de partis acceptent à part les trois protagonistes. Mead considère que le Brésil et la Turquie auraient du au moins prendre le pouls du côté des Russes et des Chinois pour savoir si leur proposition pourrait être acceptée. S'ils l'ont fait, ils n'ont pas du prêter attention à ce qui s'est dit... Leur accord risque de rester lettre morte. Essayer de court-circuiter un processus enclenché est très mal accepté par les paries en négociation, mais en plus si l'accord trouvé ne satisfait personne à part celui qu'on essaie de contraindre à faire des compromis, c'est un échec.
Ensuite, Mead indique que cet échec a été d'autant plus patent que personne ne les a écoutés lors du vote au Conseil de sécurité la semaine dernière renforçant le régime de sanctions à l'encontre de Téhéran. Il reconnaît que les nombreux efforts des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne n'ont pu convaincre tous les membres de se rallier à leurs positions, outre les oppositions turque et brésilienne, le Liban s'est abstenu. A l'inverse, ce vote a tout autant indiqué l'échec de la prise de position turco-brésilienne de voter contre les sanctions. La résolution 1929 ne fait nulle mention de leur accord avec l'Iran et aucun autre membre non-permanent ne s'est rallié à leur cause.
Mead a raison d'insister sur ce point qu'on a finalement peu l'habitude d'entendre. D'un côté, le coup de poker des deux puissances émergentes a vraiment échoué, ne donnera rien et s'est révélé mal venu. De l'autre, c'est un indice que de nouvelles puissances sont prêtes à prendre de telles actions, ce qui était auparavant totalement inenvisageable. C'est la preuve de l'émergence de nouvelles voix qui veulent compter sur la scène internationale. Juste que cette fois, ils s'y sont vraiment mal pris...
Tout d'abord, leur petite échappée avec l'Iran pour faire émerger un accord qui reste très flou et que peu de partis acceptent à part les trois protagonistes. Mead considère que le Brésil et la Turquie auraient du au moins prendre le pouls du côté des Russes et des Chinois pour savoir si leur proposition pourrait être acceptée. S'ils l'ont fait, ils n'ont pas du prêter attention à ce qui s'est dit... Leur accord risque de rester lettre morte. Essayer de court-circuiter un processus enclenché est très mal accepté par les paries en négociation, mais en plus si l'accord trouvé ne satisfait personne à part celui qu'on essaie de contraindre à faire des compromis, c'est un échec.
Ensuite, Mead indique que cet échec a été d'autant plus patent que personne ne les a écoutés lors du vote au Conseil de sécurité la semaine dernière renforçant le régime de sanctions à l'encontre de Téhéran. Il reconnaît que les nombreux efforts des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne n'ont pu convaincre tous les membres de se rallier à leurs positions, outre les oppositions turque et brésilienne, le Liban s'est abstenu. A l'inverse, ce vote a tout autant indiqué l'échec de la prise de position turco-brésilienne de voter contre les sanctions. La résolution 1929 ne fait nulle mention de leur accord avec l'Iran et aucun autre membre non-permanent ne s'est rallié à leur cause.
Mead a raison d'insister sur ce point qu'on a finalement peu l'habitude d'entendre. D'un côté, le coup de poker des deux puissances émergentes a vraiment échoué, ne donnera rien et s'est révélé mal venu. De l'autre, c'est un indice que de nouvelles puissances sont prêtes à prendre de telles actions, ce qui était auparavant totalement inenvisageable. C'est la preuve de l'émergence de nouvelles voix qui veulent compter sur la scène internationale. Juste que cette fois, ils s'y sont vraiment mal pris...
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jeudi 4 mars 2010
La Chine a fourni à l'Iran du matériel nucléaire via Taïwan ou comment un scoop tombe au bon moment
On apprend dans Le Figaro comment la Chine a fourni du matériel nucléaire à l'Iran via Taïwan en 2009. Le mécanisme de diversion est assez classique, mais c'est le timing qui est intéressant.
La Chine passe commande auprès d'un agent taïwanais de 108 jauges de pression que ce dernier demande à un fabrican suisse Inficon Holding. En fait, la facture est antidatée et indique une adresse de livraison à Téhéran pour l'entreprise Moshever Sanat Moaser, qui sans nulle doute tombera dans le filet des entreprises avec qui il ne faut pas faire d'affaires. L'entreprise suisse pensant que la livraison était pour les Chinois ne s'est pas offusquée avant qu'elle n'apprenne que finalement les jauges étaient en partance pour Téhéran. Sur le certificat d'usager final, l'Iran n'était pas mentionné. Logique, puisque ces jauges rentrent dans le cadre du matériel qu'il est interdit de vendre à Téhéran. Les matériaux prohibés sont inscrits sur la liste du Nuclear Suppliers Group, dont la Suisse et la Chine font partie, mais pas Taïwan. Apparemment, l'agent taïwanais se serait alerté de la situation, mais l'entreprise chinoise Roc Master lui aurait indiqué que la filière nucléaire n'était pas concernée.
La Chine passe commande auprès d'un agent taïwanais de 108 jauges de pression que ce dernier demande à un fabrican suisse Inficon Holding. En fait, la facture est antidatée et indique une adresse de livraison à Téhéran pour l'entreprise Moshever Sanat Moaser, qui sans nulle doute tombera dans le filet des entreprises avec qui il ne faut pas faire d'affaires. L'entreprise suisse pensant que la livraison était pour les Chinois ne s'est pas offusquée avant qu'elle n'apprenne que finalement les jauges étaient en partance pour Téhéran. Sur le certificat d'usager final, l'Iran n'était pas mentionné. Logique, puisque ces jauges rentrent dans le cadre du matériel qu'il est interdit de vendre à Téhéran. Les matériaux prohibés sont inscrits sur la liste du Nuclear Suppliers Group, dont la Suisse et la Chine font partie, mais pas Taïwan. Apparemment, l'agent taïwanais se serait alerté de la situation, mais l'entreprise chinoise Roc Master lui aurait indiqué que la filière nucléaire n'était pas concernée.
jeudi 25 février 2010
Eisenhower se lance dans la musique
Ce n'est pas lié au Moyen Orient, mais je ne pouvais pas laisser passer cette histoire. Thom Yorke, le chanteur et guitariste de Radiohead, se lance dans un nouveau projet sobrement intitulé Atoms for Peace.
Il fallait oser. Atoms for Peace est un programme lancé par le Président américain Dwight Eisenhower en 1953. L'objectif était de promouvoir le nucléaire civil et les Etats-Unis étaient prêts à coopérer avec n'importe quel pays enclin à se lancer dans l'aventure. C'était un moyen de contrer la prolifération nucléaire, l'ancêtre du TNP d'une certaine manière. Thom Yorke est un récidiviste, puisqu'en 2006, il avait déjà intitulé une chanson de la sorte pour son album solo The Eraser, un projet aussi hybride que génial.
Il fallait oser. Atoms for Peace est un programme lancé par le Président américain Dwight Eisenhower en 1953. L'objectif était de promouvoir le nucléaire civil et les Etats-Unis étaient prêts à coopérer avec n'importe quel pays enclin à se lancer dans l'aventure. C'était un moyen de contrer la prolifération nucléaire, l'ancêtre du TNP d'une certaine manière. Thom Yorke est un récidiviste, puisqu'en 2006, il avait déjà intitulé une chanson de la sorte pour son album solo The Eraser, un projet aussi hybride que génial.
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dimanche 21 février 2010
Etre prêt à utiliser la force contre l'Iran
Cette tribune me laisse perplexe tant elle montre que les réflexions sur l'Iran sont de plus en plus agressives. Après l'appel au changement de régime de Richard Haass du CFR, ce sont James Lindsay et Ray Takeyh, tous deux du CFR aussi, qui en appellent à une politique plus ferme à l'égard de Téhéran. Dans une tribune au Washington Post, ils estiment que les Etats-Unis ne peuvent pas attendre qu'une politique d'endiguement fonctionne si un recours à la force n'est pas envisagé dans le cas où le processus ne fonctionne pas ou est violé par l'Iran :
Il est vrai que pour contenir un adversaire le pouvoir diplomatique ne peut fonctionner que par la dissuasion que s'il se désengage ou faillit à ses engagements, l'épée de Damoclès lui tombera dessus. Pour autant, les Etats-Unis peuvent-ils se permettre de promouvoir une telle politique, alors qu'ils sont engagés en Iraq et en Afghanistan ? Que dans le premier pays notamment, Téhéran joue un rôle crucial ; que l'Iran peut pousser ses groupes proxy du Hamas et du Hezbollah à frapper Israël et à déstabiliser le Liban - même si je pense que ces deux groupes ne sont pas autant que cela aux ordres de Téhéran.
En outre, les informations concernant les infrastructures iraniennes sont trop floues et le danger d'échec trop grand pour prendre le risque de frappes aériennes ciblées qui ne feront que renforcer la conviction iranienne à poursuivre son programme et annihilerait l'opinion publique arabe - mais pas les dirigeants - car même si les Iraniens ne sont pas des Arabes, la population arabe ne perçoit pas de menace iranienne. Washington ne peut pas se permettre de se mettre encore plus à dos l'opinion arabe. Bref, une telle politique est peu réaliste dans le contexte actuel et est potentiellement dangereuse.
Il semblerait en plus que l'enrichissement se fasse très lentement et que plus l'Iran sera financièrement isolé et dépourvu de ressources et plus le programme sera ralenti et Téhéran potentiellement prêt à accepter les offres occidentales jusqu'alors rejetées. Il faudra voir ce que donne les prochaines sanctions. Les négociations avancent, la Russie pourrait être de la partie cette fois-ci, la Chine demeure réticente (je vais lire le nouveau rapport du Crisis Group à ce sujet). Il y a même un débat au Liban sur son éventuel vote au Conseil de sécurité, car ce serait à Beyrouth de représenter la voix arabe pour ce vote ; même si elle est consultative, elle pourrait être symboliquement cruciale si tous les P5 s'accordaient pour des sanctions.
Washington devrait affirmer clairement les lignes rouges : aucune amorce de combat conventionnel contre d'autres pays ; aucune utilisation ou transfert d'armes, de matériels ou de technologies nucléaires ; pas de renforcement de soutien à des activités subversives ou terroristes. Washington devrait être tout aussi clair sur les conséquences si l'Iran franchissait ces lignes : des représailles militaires américaines par tous les moyens nécessaires.
Il est vrai que pour contenir un adversaire le pouvoir diplomatique ne peut fonctionner que par la dissuasion que s'il se désengage ou faillit à ses engagements, l'épée de Damoclès lui tombera dessus. Pour autant, les Etats-Unis peuvent-ils se permettre de promouvoir une telle politique, alors qu'ils sont engagés en Iraq et en Afghanistan ? Que dans le premier pays notamment, Téhéran joue un rôle crucial ; que l'Iran peut pousser ses groupes proxy du Hamas et du Hezbollah à frapper Israël et à déstabiliser le Liban - même si je pense que ces deux groupes ne sont pas autant que cela aux ordres de Téhéran.
En outre, les informations concernant les infrastructures iraniennes sont trop floues et le danger d'échec trop grand pour prendre le risque de frappes aériennes ciblées qui ne feront que renforcer la conviction iranienne à poursuivre son programme et annihilerait l'opinion publique arabe - mais pas les dirigeants - car même si les Iraniens ne sont pas des Arabes, la population arabe ne perçoit pas de menace iranienne. Washington ne peut pas se permettre de se mettre encore plus à dos l'opinion arabe. Bref, une telle politique est peu réaliste dans le contexte actuel et est potentiellement dangereuse.
Il semblerait en plus que l'enrichissement se fasse très lentement et que plus l'Iran sera financièrement isolé et dépourvu de ressources et plus le programme sera ralenti et Téhéran potentiellement prêt à accepter les offres occidentales jusqu'alors rejetées. Il faudra voir ce que donne les prochaines sanctions. Les négociations avancent, la Russie pourrait être de la partie cette fois-ci, la Chine demeure réticente (je vais lire le nouveau rapport du Crisis Group à ce sujet). Il y a même un débat au Liban sur son éventuel vote au Conseil de sécurité, car ce serait à Beyrouth de représenter la voix arabe pour ce vote ; même si elle est consultative, elle pourrait être symboliquement cruciale si tous les P5 s'accordaient pour des sanctions.
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jeudi 5 novembre 2009
John LeCarré version israélo-syrienne
Un vrai roman d'espionnage. Der Spiegel a publié une longue enquête sur la politique israélienne à l'égard de la Syrie à l'occasion du bombardement de la centrale nucléaire syrienne en septembre 2007 et des deux assassinats d'Imad Mughniyah et du général Suleiman.
L'article est passionnant et on y apprend notamment plusieurs détails très intéressants qui éclairent un peu mieux les mystères qui ont entourés ce bombardement. Israël aurait bénéficié des informations d'un scientifique déserteur. Autre détail de roman, l'épisode de Londres. Un représentant du gouvernement syrien aurait été peu précautionneux avec son ordinateur portable que le Mossad aurait hacké en utilisant un cheval de Troie afin de récupérer les informations contenues sur l'ordinateur.
Autrement, il n'y a pas d'informations totalement inattendues et tant qu'il n'y a pas de confirmation officielle, il est envisageable que certaines parties soient erronées, manquantes ou inventées. Pour le moment, c'est l'analyse la plus complète sur ces dossiers entourés de secrets.
L'article est passionnant et on y apprend notamment plusieurs détails très intéressants qui éclairent un peu mieux les mystères qui ont entourés ce bombardement. Israël aurait bénéficié des informations d'un scientifique déserteur. Autre détail de roman, l'épisode de Londres. Un représentant du gouvernement syrien aurait été peu précautionneux avec son ordinateur portable que le Mossad aurait hacké en utilisant un cheval de Troie afin de récupérer les informations contenues sur l'ordinateur.
Autrement, il n'y a pas d'informations totalement inattendues et tant qu'il n'y a pas de confirmation officielle, il est envisageable que certaines parties soient erronées, manquantes ou inventées. Pour le moment, c'est l'analyse la plus complète sur ces dossiers entourés de secrets.
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mardi 22 septembre 2009
l'AIEA demande à Israël de rejoindre le TNP / l'Iran moqueur
Lors de la fermeture de la dernière assemblée générale de l'AIEA vendredi dernier, une majorité des participants a ratifié une résolution appelant Israël à rejoindre le TNP et à ouvrir sa centrale nucléaire à Dimona, dans le désert du Negev.
Bien que cette résolution ne soit pas contraignante, c'est la première fois que cette étape est franchie. Jusqu'à présent, les pays occidentaux avaient réussi à convaincre les pays en développement à ne pas s'aligner sur les pays de la Ligue Arabe. La résolution est passée à 4 voix près (49-45 et 16 abstentions) avec le soutien de la Chine et de la Russie.
Israël a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne coopérerait pas. Plusieurs occidentaux se sont plaints que cette résolution prenait à parti un pays et que cela était contre-productif. Les diplomaties arabes soulignent que le programme nucléaire israélien non-vérifié crée un déséquilibre dans la région. Officiellement, l'Etat hébreu n'est pas doté de l'arme nucléaire, mais il y a de grosses suspicions qui indiquent l'inverse. Israël fait partie de cette courte liste de pays nucléaires, avec le Pakistan et l'Inde, qui n'ont pas signé le TNP.
Les résolutions ne sont pas encore en ligne, donc je n'ai pas pu voir le langage utilisé.
L'Iran s'est précipitée sur cette opportunité pour annoncer qu'elle était prête à financer les visites des installations nucléaires israéliennes, si l'AIEA manquait de fonds. Ce serait bien ironique!
Bien que cette résolution ne soit pas contraignante, c'est la première fois que cette étape est franchie. Jusqu'à présent, les pays occidentaux avaient réussi à convaincre les pays en développement à ne pas s'aligner sur les pays de la Ligue Arabe. La résolution est passée à 4 voix près (49-45 et 16 abstentions) avec le soutien de la Chine et de la Russie.
Israël a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne coopérerait pas. Plusieurs occidentaux se sont plaints que cette résolution prenait à parti un pays et que cela était contre-productif. Les diplomaties arabes soulignent que le programme nucléaire israélien non-vérifié crée un déséquilibre dans la région. Officiellement, l'Etat hébreu n'est pas doté de l'arme nucléaire, mais il y a de grosses suspicions qui indiquent l'inverse. Israël fait partie de cette courte liste de pays nucléaires, avec le Pakistan et l'Inde, qui n'ont pas signé le TNP.
Les résolutions ne sont pas encore en ligne, donc je n'ai pas pu voir le langage utilisé.
L'Iran s'est précipitée sur cette opportunité pour annoncer qu'elle était prête à financer les visites des installations nucléaires israéliennes, si l'AIEA manquait de fonds. Ce serait bien ironique!
jeudi 20 août 2009
Iran/nucléaire: le "screw-up" de la semaine
Avant hier, Ali Asghar Soltanieh, le représentant de l'Iran à l'AIEA, affirmait que l'Iran était prête à négocier sur son programme nucléaire sans précondition, mais sur la base du respect mutuel. Le même jour, la même chaîne de télévision gouvernementale iranienne rapportait que Soltanieh niait avoir donné une interview où il aurait tenu de tels propos. Il a affirmé que la politique iranienne n'avait pas changé et que le pays poursuivait son programme nucléaire civil.
En politique, on appelle ça un "screw-up". Est-ce que Soltanieh voulait implicitement indiquer une ouverture potentielle ? A-t-il fait passer ses rêves pour des réalités et on l'a remis à l'ordre ? Difficile à savoir.
En politique, on appelle ça un "screw-up". Est-ce que Soltanieh voulait implicitement indiquer une ouverture potentielle ? A-t-il fait passer ses rêves pour des réalités et on l'a remis à l'ordre ? Difficile à savoir.
dimanche 12 avril 2009
L'intrigue diplomatique de la semaine: un scénario kazakho-américano-japono-iranien
Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour blogger cette semaine et ça va continuer... donc je rattrape mon retard sur l'actualité diplomatique de la semaine. Et que vois-je? Un article d'Asia Times qui décrit un puzzle diplomatique aussi tordu qu'un roman bien complexe. Les Etats-Unis montrent de plus en plus de signes d'ouverture à l'égard de l'Iran. Washington a décidé qu'à partir de maintenant, les Etats-Unis feraient partie des discussions du P5+1 sur l'Iran, ce qui n'était en pratique pas le cas jusqu'à présent. Dans le même temps, le président kazakh Nurusultan Nazarbayev a dévoilé il y a quelques jours un plan très ambitieux de créer une banque mondiale d'uranium. Le Kazakhstan est le second producteur d'uranium au monde après l'Australie. Signataire du TNP, Astana a volontairement abandonné tout programme nucléaire en 1991 après la chute de l'Union Soviétique. Deux arguments que Nazarbayev met en avant pour justifier la pertinence de son pays à accueillir une telle banque.
L'ambitieux projet kazakh cache deux objectifs : le premier est d'affirmer le Kazakhstan comme un acteur géopolitique de premier plan et le second est de proposer une issue de sortie à l'imbroglio irano-américain sur le nucléaire. En effet, le Kazakhstan se propose de fournir en uranium tout pays qui souhaite développer l'énergie nucléaire, mais pas l'arme nucléaire. Ce projet a apparemment reçu le soutien de l'administration Obama et le Président américain pourrait même se rendre à Astana, une première pour un chef de l'exécutif américain.
Du côté de Téhéran, les réactions sont positives. Mahmoud Ahmadinejad a qualifié le projet de "bonne idée". Avant la rhétorique agressive de l'administration de George Bush, l'Iran avait déjà signalé son soutien a une telle initiative de mettre en place une banque d'uranium à l'étranger dans laquelle le pays puiserait. Mais, c'était avant Bush et surtout, c'était avant qu'Ahmadinejad s'enhardisse. Pour M K Bhadrakumar dans Asia Times, la position américaine évolue vers une nouvelle attitude sur le nucléaire iranien. Le message serait désormais "ne développez pas d'arme nucléaire". Cette supposition inciterait donc les Américains à activement soutenir le projet kazakh de telle sorte que l'Iran y adhère, développe l'énergie nucléaire, mais pas d'arme nucléaire. Ahmadinejad a d'ailleurs récemment affirmé qu'il ne fallait pas faire un amalgame entre énergie nucléaire et arme nucléaire.
L'intrigue diplomatique se poursuit avec l'entrée en piste du Japon. En effet, Tokyo a montré des signes positifs à l'égard de l'initiative d'Astana et est le troisième importateur d'uranium après les Etats-Unis et la France. De plus, le Japon entretient des relations cordiales avec l'Iran. Autre indicateur, plusieurs négociateurs japonais sur le Moyen Orient, dont un ancien ambassadeur en Iran, étaient récemment à Washington et ont discuté avec le Conseil de Sécurité Nationale. Bhadrakumar voit donc une coopération américano-japonaise où le Japon participe et légitimise le projet d'Astana et encourage l'Iran à y prendre également part.
Clairement, le scénario est idéaliste, mais potentiellement envisageable. Surtout, ce qui devient de plus en plus évident, c'est qu'en amont de l'élection présidentielle iranienne en juin, Washington multiplie les signes d'ouverture pour décrédibiliser la position dure d'Ahmadinejad. Forcément, l'administration Obama se trouve embarassée quand Téhéran se targue de ses avancées technologiques en matière de nucléaire, comme c'était encore le cas cette semaine.
L'ambitieux projet kazakh cache deux objectifs : le premier est d'affirmer le Kazakhstan comme un acteur géopolitique de premier plan et le second est de proposer une issue de sortie à l'imbroglio irano-américain sur le nucléaire. En effet, le Kazakhstan se propose de fournir en uranium tout pays qui souhaite développer l'énergie nucléaire, mais pas l'arme nucléaire. Ce projet a apparemment reçu le soutien de l'administration Obama et le Président américain pourrait même se rendre à Astana, une première pour un chef de l'exécutif américain.
Du côté de Téhéran, les réactions sont positives. Mahmoud Ahmadinejad a qualifié le projet de "bonne idée". Avant la rhétorique agressive de l'administration de George Bush, l'Iran avait déjà signalé son soutien a une telle initiative de mettre en place une banque d'uranium à l'étranger dans laquelle le pays puiserait. Mais, c'était avant Bush et surtout, c'était avant qu'Ahmadinejad s'enhardisse. Pour M K Bhadrakumar dans Asia Times, la position américaine évolue vers une nouvelle attitude sur le nucléaire iranien. Le message serait désormais "ne développez pas d'arme nucléaire". Cette supposition inciterait donc les Américains à activement soutenir le projet kazakh de telle sorte que l'Iran y adhère, développe l'énergie nucléaire, mais pas d'arme nucléaire. Ahmadinejad a d'ailleurs récemment affirmé qu'il ne fallait pas faire un amalgame entre énergie nucléaire et arme nucléaire.
L'intrigue diplomatique se poursuit avec l'entrée en piste du Japon. En effet, Tokyo a montré des signes positifs à l'égard de l'initiative d'Astana et est le troisième importateur d'uranium après les Etats-Unis et la France. De plus, le Japon entretient des relations cordiales avec l'Iran. Autre indicateur, plusieurs négociateurs japonais sur le Moyen Orient, dont un ancien ambassadeur en Iran, étaient récemment à Washington et ont discuté avec le Conseil de Sécurité Nationale. Bhadrakumar voit donc une coopération américano-japonaise où le Japon participe et légitimise le projet d'Astana et encourage l'Iran à y prendre également part.
Clairement, le scénario est idéaliste, mais potentiellement envisageable. Surtout, ce qui devient de plus en plus évident, c'est qu'en amont de l'élection présidentielle iranienne en juin, Washington multiplie les signes d'ouverture pour décrédibiliser la position dure d'Ahmadinejad. Forcément, l'administration Obama se trouve embarassée quand Téhéran se targue de ses avancées technologiques en matière de nucléaire, comme c'était encore le cas cette semaine.
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lundi 2 février 2009
Vers le "grand bargain" en Iran? (suite)
En échos, le New York Times et sa version européenne International Herald Tribune ont publié hier une tribune chacun d'observateurs plutôt sceptiques des éventuels pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran.
Dans le Times, Stephen Rademaker, ancien assistant du Secrétaire d'Etat pour le contrôle des armes et la non-prolifération, évoque plusieurs craintes. Il y a fort à parier que l'auteur soit un Républicain, ayant travaillé à un haut poste au Département d'Etat sous George Bush. Rademaker s'inquiète des risques de prolifération nucléaire au Moyen Orient. Son souci, écrit-il, est de savoir ce qui se passerait si l'Iran refusait de négocier, parce qu'il n'envisage pas que Téhéran plonge à bras le corps sur une initiative américaine. Jusqu'où les Etats-Unis seraient-ils prêts à faire des compromis ? Selon lui, on en arriverait probablement à : plus de programme nucléaire à but militaire et autorisation de l'enrichissement de l'uranium, mais uniquement si l'effort est géré par un consortium de multinationales. Une proposition formulée notamment par le populaire diplomate Thomas Pickering. Le problème serait alors que d'autres pays de la région pourraient demander le même traitement, notamment l'Egypte et l'Arabie Saoudite. Une spirale dangereuse, donc!
Dans le IHT, Sir Malcolm Rifkind, ancien Ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous John Major, est moins pessimiste, mais reste prudent. "Il faut être deux pour danser le tango", prévient-il. Il prend l'exemple du dégel des relations entre les Etats-Unis et la Libye, en expliquant que Mouammar Kadhafi avait tout intérêt à renouer des contacts avec Washington, car il était très isolé, ce qui n'est pas le cas de l'Iran. Autre volet sur lequel Rifkind est prudent : les Iraniens peuvent accepter de discuter tout en faisant trainer les négociations et en poursuivant leur programme nucléaire.
Il fait part de plusieurs options. Tout d'abord, les Etats-Unis devraient clairement indiquer à Téhéran que l'accord américain de négocier sans précondition fonctionne dans les deux sens, c'est-à-dire que l'Iran ne doit pas espérer que les Etats-Unis mettent un terme aux sanctions simplement sur l'accord de négociations directes. Les Américains devraient signifier également qu'ils ne cherchent pas à déstabiliser le régime. Pour Rifkind, les Iraniens poursuivent leur programme en partie à cause d'un sentiment d'insécurité lié à l'antagonisme américain (théorie très discutable). Enfin, plus les pourparlers seront fructueux, plus il sera envisageable pour Téhéran de suspendre son programme sans avoir l'impression d'avoir trop perdu la face, ce qui serait le cas à l'heure actuelle.
Dans le Times, Stephen Rademaker, ancien assistant du Secrétaire d'Etat pour le contrôle des armes et la non-prolifération, évoque plusieurs craintes. Il y a fort à parier que l'auteur soit un Républicain, ayant travaillé à un haut poste au Département d'Etat sous George Bush. Rademaker s'inquiète des risques de prolifération nucléaire au Moyen Orient. Son souci, écrit-il, est de savoir ce qui se passerait si l'Iran refusait de négocier, parce qu'il n'envisage pas que Téhéran plonge à bras le corps sur une initiative américaine. Jusqu'où les Etats-Unis seraient-ils prêts à faire des compromis ? Selon lui, on en arriverait probablement à : plus de programme nucléaire à but militaire et autorisation de l'enrichissement de l'uranium, mais uniquement si l'effort est géré par un consortium de multinationales. Une proposition formulée notamment par le populaire diplomate Thomas Pickering. Le problème serait alors que d'autres pays de la région pourraient demander le même traitement, notamment l'Egypte et l'Arabie Saoudite. Une spirale dangereuse, donc!
Dans le IHT, Sir Malcolm Rifkind, ancien Ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous John Major, est moins pessimiste, mais reste prudent. "Il faut être deux pour danser le tango", prévient-il. Il prend l'exemple du dégel des relations entre les Etats-Unis et la Libye, en expliquant que Mouammar Kadhafi avait tout intérêt à renouer des contacts avec Washington, car il était très isolé, ce qui n'est pas le cas de l'Iran. Autre volet sur lequel Rifkind est prudent : les Iraniens peuvent accepter de discuter tout en faisant trainer les négociations et en poursuivant leur programme nucléaire.
Il fait part de plusieurs options. Tout d'abord, les Etats-Unis devraient clairement indiquer à Téhéran que l'accord américain de négocier sans précondition fonctionne dans les deux sens, c'est-à-dire que l'Iran ne doit pas espérer que les Etats-Unis mettent un terme aux sanctions simplement sur l'accord de négociations directes. Les Américains devraient signifier également qu'ils ne cherchent pas à déstabiliser le régime. Pour Rifkind, les Iraniens poursuivent leur programme en partie à cause d'un sentiment d'insécurité lié à l'antagonisme américain (théorie très discutable). Enfin, plus les pourparlers seront fructueux, plus il sera envisageable pour Téhéran de suspendre son programme sans avoir l'impression d'avoir trop perdu la face, ce qui serait le cas à l'heure actuelle.
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samedi 24 janvier 2009
Les Emirats sur la route du nucléaire civil
Avec l'effervescence de l'élection de Barack Obama et le conflit à Gaza, la posture nucléaire des Emirats Arabes Unis est passée en arrière-plan et pourtant, c'est d'une grande importance. En janvier 2008, l'EAU signait un partenariat sur le nucléaire civil avec la France. En mai, c'était avec le Royaume-Uni. Il y a une dizaine de jours, Abu Dhabi s'est mis d'accord avec les Etats-Unis sur un accord du même type. Accord suivi de quelques jours par un autre avec le Japon. Quatre accords donc pour s'engager dans la voie du nucléaire civil.
L'EAU est signataire du Traité de Non-Prolifération depuis 1995, donc tout programme sera encadré par l'AIEA. Selon un rapport détaillé par Abu Dhabi en avril dernier, il n'y a aucune intention d'enrichir l'uranium et de développer un programme nucléaire. Six points-clés sont présentés :
1. Une totale transparence opérationnelle
2. Les plus hauts standards de non-prolifération
3. Les plus hauts standards de sécurité
4. Une coordination rapprochée avec l'AIEA
5. Une coopération avec les gouvernements et les entreprises des pays fournisseurs
6. Un engagement sur le long terme.
Howard Berman, représentant démocrate de Californie et président de la commission des relations internationales de la Chambre des Représentants, se félicite de l'accord avec les Etats-Unis, mais tempère son enthousiasme en affirmant que le Congrès devra examiner cet accord à la lumière des questions de non-prolifération. Elles sont particulièrement pregnantes au Moyen-Orient, en raison principalement de la politique ambigue de Téhéran sur le nucléaire.
Le New York Times a consacré un édito à l'accord UAE-USA. Selon eux, c'est une étape importante, car Abu Dhabi est le premier pays de la région à signer un accord avec Washington tout en excluant les procédés servant à développant des armes nucléaires. Pour le Times, cet accord est très intéressant, car il peut servir de modèle pour les autres pays de la région et potentiellement sur l'Iran.
L'EAU est signataire du Traité de Non-Prolifération depuis 1995, donc tout programme sera encadré par l'AIEA. Selon un rapport détaillé par Abu Dhabi en avril dernier, il n'y a aucune intention d'enrichir l'uranium et de développer un programme nucléaire. Six points-clés sont présentés :
1. Une totale transparence opérationnelle
2. Les plus hauts standards de non-prolifération
3. Les plus hauts standards de sécurité
4. Une coordination rapprochée avec l'AIEA
5. Une coopération avec les gouvernements et les entreprises des pays fournisseurs
6. Un engagement sur le long terme.
Howard Berman, représentant démocrate de Californie et président de la commission des relations internationales de la Chambre des Représentants, se félicite de l'accord avec les Etats-Unis, mais tempère son enthousiasme en affirmant que le Congrès devra examiner cet accord à la lumière des questions de non-prolifération. Elles sont particulièrement pregnantes au Moyen-Orient, en raison principalement de la politique ambigue de Téhéran sur le nucléaire.
Le New York Times a consacré un édito à l'accord UAE-USA. Selon eux, c'est une étape importante, car Abu Dhabi est le premier pays de la région à signer un accord avec Washington tout en excluant les procédés servant à développant des armes nucléaires. Pour le Times, cet accord est très intéressant, car il peut servir de modèle pour les autres pays de la région et potentiellement sur l'Iran.
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lundi 12 janvier 2009
Obama récupère-t-il une Baie des Cochons?
David Sanger a sorti le scoop du weekend dans le New York Times. Le Président américain George Bush a rejeté une demande des Israéliens pour la fourniture de bombes à charge pénétrante tout en leur annonçant qu'il avait lancé un ensemble d'opérations secrètes pour saboter le programme nucléaire iranien.
Les deux informations sont particulièrement intéressantes, car elles démontrent à quel point la National Intelligence Estimate de fin 2007 sur le nucléaire iranien a eu un impact sur la politique américaine. Pour rappel, cette NIE déclarait que l'Iran avait arrêté son programme nucléaire militaire en 2003. Certes, d'autres éléments indiquaient que les agences de renseignements américaines ne pouvaient pas confirmer qu'il n'en existait pas un aujourd'hui, mais cette information est passée en arrière-plan. Des dires d'un haut responsable américain sous couvert d'anonymat, jamais une NIE n'avait eu tant d'impact sur la diplomatie américaine. A la suite de la publication des conclusions non-classées du rapport, l'option militaire était écartée.
L'article vient ici confirmer ce que les Israéliens avaient affirmé plusieurs mois après, notamment par la voix d'Ehud Barak, sur le fait que les Américains ne les suivraient pas dans un raid aérien. La position américaine a convaincu les Israéliens que sans eux, une option militaire n'était pas envisageable.
Sur ce qui est des opérations secrètes, l'article donne peu de détails, car elles sont en cours et donc aucun élément n'a été publié, mais quelques pistes sont données. On sait que les Américains ont utilisé un scientifique pakistanais qui a travaillé avec les Iraniens pour leur fournir des documents erronés. James Risen, également du Times, avait expliqué une opération du même style dans State of War (Etat de Guerre en français). On sait également que les conclusions de la NIE ont été tirées selon des informations récoltées en piratant des ordinateurs iraniens, donc les attaques informatiques sont probables. Rien n'indique de pénétrations humaines. David Sanger rapporte que les efforts actuels pourraient au mieux retarder le processus, mais pas plus, car les Iraniens ont découvert la plupart des manœuvres engagées.
L'enquête de Sanger indique également que le Président-élu Barak Obama a été briefé sur ces opérations. Reste à savoir s'il les poursuivra ou pas. Si elles sont déjà bien engagées, il y a peu de chances qu'ils les arrêtent en cours, mais dans quelle mesure elles peuvent déboucher sur une débâcle diplomatique reste un mystère. On se souvient que John Kennedy s'était laissé convaincre de la viabilité des plans pour la Baie des Cochons par l'administration sortant de Dwight Eisenhower...
Les deux informations sont particulièrement intéressantes, car elles démontrent à quel point la National Intelligence Estimate de fin 2007 sur le nucléaire iranien a eu un impact sur la politique américaine. Pour rappel, cette NIE déclarait que l'Iran avait arrêté son programme nucléaire militaire en 2003. Certes, d'autres éléments indiquaient que les agences de renseignements américaines ne pouvaient pas confirmer qu'il n'en existait pas un aujourd'hui, mais cette information est passée en arrière-plan. Des dires d'un haut responsable américain sous couvert d'anonymat, jamais une NIE n'avait eu tant d'impact sur la diplomatie américaine. A la suite de la publication des conclusions non-classées du rapport, l'option militaire était écartée.
L'article vient ici confirmer ce que les Israéliens avaient affirmé plusieurs mois après, notamment par la voix d'Ehud Barak, sur le fait que les Américains ne les suivraient pas dans un raid aérien. La position américaine a convaincu les Israéliens que sans eux, une option militaire n'était pas envisageable.
Sur ce qui est des opérations secrètes, l'article donne peu de détails, car elles sont en cours et donc aucun élément n'a été publié, mais quelques pistes sont données. On sait que les Américains ont utilisé un scientifique pakistanais qui a travaillé avec les Iraniens pour leur fournir des documents erronés. James Risen, également du Times, avait expliqué une opération du même style dans State of War (Etat de Guerre en français). On sait également que les conclusions de la NIE ont été tirées selon des informations récoltées en piratant des ordinateurs iraniens, donc les attaques informatiques sont probables. Rien n'indique de pénétrations humaines. David Sanger rapporte que les efforts actuels pourraient au mieux retarder le processus, mais pas plus, car les Iraniens ont découvert la plupart des manœuvres engagées.
L'enquête de Sanger indique également que le Président-élu Barak Obama a été briefé sur ces opérations. Reste à savoir s'il les poursuivra ou pas. Si elles sont déjà bien engagées, il y a peu de chances qu'ils les arrêtent en cours, mais dans quelle mesure elles peuvent déboucher sur une débâcle diplomatique reste un mystère. On se souvient que John Kennedy s'était laissé convaincre de la viabilité des plans pour la Baie des Cochons par l'administration sortant de Dwight Eisenhower...
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dimanche 4 janvier 2009
Eh si le Hamas avait les roquettes pour frapper le programme nucléaire israélien...

En faisant quelques recherches par rapport à ce dont je parlais dans l'article précédent, j'ai cherché à savoir pourquoi Paul Beaver faisait référence à une menace contre les infrastructures nucléaires israéliennes. Je suis tombé sur un article de The Times quelque peu catastrophiste.
Il semblerait que le Hamas ait mis la main sur des missiles Fajr-3 de fabrication iranienne. Selon les informations de Wikipedia au sujet de ce missile, il a une portée estimée à 45km, ce qui exclut encore Dimona, le cœur probable du programme nucléaire israélien, mais pas Beersheba, ville de 160,000 habitants.
La crainte est que le Hamas n'acquière des armes plus sophistiquées. Les Iraniens ont produit un Fajr-5 d'une portée estimée à 75km qui mettrait Dimona dans les cibles potentielles. Cela pourrait être une catastrophe.
Mais, l'article va plus loin encore. "Le pire cauchemar d'Israël est que bientôt les villes seront à portée soit des Katyushas parés sur la frontière libanaise au nord soit des missiles de plus en plus sophistiqués accumulés par le Hamas au sud", lit-on. "Les deux groupes ayant des liens avec l'ennemi numéro un d'Israël l'Iran."
L'article de The Times n'est pas le seul à jouer dans cet alarmisme qu'il est bon de relativiser. Sur le blog Israeli Jewish News, un post explique que le réacteur Dimona a été construit pour résister à de multiples attaques de missiles. Il y a fort à penser que le Hamas n'a pas des hangars entiers de roquettes Fajr-3. Il n'en a utilisé aucune pour le moment, mais l'auteur du post pense que le groupe attend l'offensive terrestre (le post date d'il y a quelques jours) et qu'il cherchera des cibles qu'il peut détruire, comme l'aéroport de Tel Aviv par exemple. Pas moins alarmiste, mais on devrait être assez rapidement fixé...
mardi 26 août 2008
Peut-on croire à un bombardement israélien en Iran?
C'est la question sur toutes les lèvres des analystes du Moyen Orient. En effet, une intervention aérienne américaine à court terme semble une option rayée de la liste et les Américains sont opposés à une attaque israélienne.
Pour autant, Israël n'a pas besoin du feu vert américain si elle estime que le temps est venu. Différents membres du gouvernement ne cessent de répéter que l'heure tourne. Lors d'une récente conférence donnée au Washington Institute for Near East Policy, Shaul Mofaz, premier ministre adjoint et ministre des transports israélien, n'a cessé de répéter que l'Iran ne cherchait qu'à gagner du temps.
Ses propos étaient particulièrement aventureux et reflétaient des positions obtuses sur la question. En effet, début juillet, il affirmait que les sanctions diplomatiques étaient inefficaces et qu'in fine "attaquer l'Iran, pour stopper ses projets nucléaires, allait être inévitable". Ses déclarations avaient été largement condamnées au sein même du gouvernement israélien.
Time Magazine publie dans son nouveau numéro un article relatant les réflexions qui parcourent les esprits décisionnaires israéliens à ce sujet. L'enquête explique que les Israéliens comptent sur un succès diplomatique des efforts menés par les Européens, mais "que la diplomatie peut échouer" avec cette question centrale : "Si les Européens échouent et les Américains demeurent réticents à déclencher une nouvelle guerre au Moyen Orient, Israël doit-elle attaquer seule l'Iran ?"
Le Time raconte que les Israéliens ont été complètement pris au dépourvu par la décision américaine d'envoyer un représentant à Genève pour participer aux pourparlers avec les Européens et l'Iran et d'offrir un renouveau des relations diplomatiques.
Toutefois, l'Etat hébreu est bien conscient qu'il ne peut pas attaquer l'Iran sans prendre en considération le contexte national américain. En effet, des frappes aériennes contre les installations nucléaires iraniennes pourraient être néfastes pour la candidature du Républicain John McCain (les Américains ne sont pas en faveur de frappes) et comme l'explique un ancien officier du Mossad, "aucun dirigeant israélien ne veut être réprimandé pour avoir détruit les chances républicaines". McCain est en effet plus apprécié en Israël qu'Obama. Une mince "fenêtre d'opportunité" pourrait alors s'ouvrir entre les résultats de l'élection et l'inauguration du prochain président américain. Pour autant, les analystes israéliens reconnaissent qu'une attaque ne retarderait le programme nucléaire que d'un ou deux ans au plus en raison de la multiplicité et du secret des sites.
Ephraim Halevy, ancien directeur du Mossad et auteur de Mémoires d'un homme de l'ombre, quant à lui, estime que les Israéliens détruiraient instantanément tout missile en provenance d'Iran en représailles. Il poursuit en considérant que Téhéran ne forcerait pas le Hezbollah dans une hypothétique campagne de vengeance à l'encontre d'Israël. Toutefois, il reconnaît qu'à long terme, des frappes aériennes peuvent dramatiquement endommager la position israélienne dans la région, car cela renforcerait le sentiment anti-israélien déjà omnipotent.
De plus, Meir Javedanfar, spécialiste des relations irano-israéliennes, pense qu'une attaque israélienne renforcerait la stature du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à la veille des élections présidentielles qui se tiennent en 2009.
L'analyse du Time se veut prudente, mais optimiste :
Pour autant, Israël n'a pas besoin du feu vert américain si elle estime que le temps est venu. Différents membres du gouvernement ne cessent de répéter que l'heure tourne. Lors d'une récente conférence donnée au Washington Institute for Near East Policy, Shaul Mofaz, premier ministre adjoint et ministre des transports israélien, n'a cessé de répéter que l'Iran ne cherchait qu'à gagner du temps.
Ses propos étaient particulièrement aventureux et reflétaient des positions obtuses sur la question. En effet, début juillet, il affirmait que les sanctions diplomatiques étaient inefficaces et qu'in fine "attaquer l'Iran, pour stopper ses projets nucléaires, allait être inévitable". Ses déclarations avaient été largement condamnées au sein même du gouvernement israélien.
Time Magazine publie dans son nouveau numéro un article relatant les réflexions qui parcourent les esprits décisionnaires israéliens à ce sujet. L'enquête explique que les Israéliens comptent sur un succès diplomatique des efforts menés par les Européens, mais "que la diplomatie peut échouer" avec cette question centrale : "Si les Européens échouent et les Américains demeurent réticents à déclencher une nouvelle guerre au Moyen Orient, Israël doit-elle attaquer seule l'Iran ?"
Le Time raconte que les Israéliens ont été complètement pris au dépourvu par la décision américaine d'envoyer un représentant à Genève pour participer aux pourparlers avec les Européens et l'Iran et d'offrir un renouveau des relations diplomatiques.
Toutefois, l'Etat hébreu est bien conscient qu'il ne peut pas attaquer l'Iran sans prendre en considération le contexte national américain. En effet, des frappes aériennes contre les installations nucléaires iraniennes pourraient être néfastes pour la candidature du Républicain John McCain (les Américains ne sont pas en faveur de frappes) et comme l'explique un ancien officier du Mossad, "aucun dirigeant israélien ne veut être réprimandé pour avoir détruit les chances républicaines". McCain est en effet plus apprécié en Israël qu'Obama. Une mince "fenêtre d'opportunité" pourrait alors s'ouvrir entre les résultats de l'élection et l'inauguration du prochain président américain. Pour autant, les analystes israéliens reconnaissent qu'une attaque ne retarderait le programme nucléaire que d'un ou deux ans au plus en raison de la multiplicité et du secret des sites.
Ephraim Halevy, ancien directeur du Mossad et auteur de Mémoires d'un homme de l'ombre, quant à lui, estime que les Israéliens détruiraient instantanément tout missile en provenance d'Iran en représailles. Il poursuit en considérant que Téhéran ne forcerait pas le Hezbollah dans une hypothétique campagne de vengeance à l'encontre d'Israël. Toutefois, il reconnaît qu'à long terme, des frappes aériennes peuvent dramatiquement endommager la position israélienne dans la région, car cela renforcerait le sentiment anti-israélien déjà omnipotent.
De plus, Meir Javedanfar, spécialiste des relations irano-israéliennes, pense qu'une attaque israélienne renforcerait la stature du président iranien Mahmoud Ahmadinejad à la veille des élections présidentielles qui se tiennent en 2009.
L'analyse du Time se veut prudente, mais optimiste :
Le danger demeure dans ce jeu à hauts risques de jouer sur la corde raide qu'Israël ou l'Iran pousse l'autre trop loin. Mais, la soudaine ouverture de l'administration Bush envers l'Iran et ces gestes envers un engagement diplomatique à la recherche d'une solution à l'impasse nucléaire augmente les chances qu'Israël suive Washington plutôt qu'elle n'attaque seule.
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