Affichage des articles dont le libellé est raid aérien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est raid aérien. Afficher tous les articles

lundi 12 janvier 2009

Obama récupère-t-il une Baie des Cochons?

David Sanger a sorti le scoop du weekend dans le New York Times. Le Président américain George Bush a rejeté une demande des Israéliens pour la fourniture de bombes à charge pénétrante tout en leur annonçant qu'il avait lancé un ensemble d'opérations secrètes pour saboter le programme nucléaire iranien.

Les deux informations sont particulièrement intéressantes, car elles démontrent à quel point la National Intelligence Estimate de fin 2007 sur le nucléaire iranien a eu un impact sur la politique américaine. Pour rappel, cette NIE déclarait que l'Iran avait arrêté son programme nucléaire militaire en 2003. Certes, d'autres éléments indiquaient que les agences de renseignements américaines ne pouvaient pas confirmer qu'il n'en existait pas un aujourd'hui, mais cette information est passée en arrière-plan. Des dires d'un haut responsable américain sous couvert d'anonymat, jamais une NIE n'avait eu tant d'impact sur la diplomatie américaine. A la suite de la publication des conclusions non-classées du rapport, l'option militaire était écartée.

L'article vient ici confirmer ce que les Israéliens avaient affirmé plusieurs mois après, notamment par la voix d'Ehud Barak, sur le fait que les Américains ne les suivraient pas dans un raid aérien. La position américaine a convaincu les Israéliens que sans eux, une option militaire n'était pas envisageable.

Sur ce qui est des opérations secrètes, l'article donne peu de détails, car elles sont en cours et donc aucun élément n'a été publié, mais quelques pistes sont données. On sait que les Américains ont utilisé un scientifique pakistanais qui a travaillé avec les Iraniens pour leur fournir des documents erronés. James Risen, également du Times, avait expliqué une opération du même style dans State of War (Etat de Guerre en français). On sait également que les conclusions de la NIE ont été tirées selon des informations récoltées en piratant des ordinateurs iraniens, donc les attaques informatiques sont probables. Rien n'indique de pénétrations humaines. David Sanger rapporte que les efforts actuels pourraient au mieux retarder le processus, mais pas plus, car les Iraniens ont découvert la plupart des manœuvres engagées.

L'enquête de Sanger indique également que le Président-élu Barak Obama a été briefé sur ces opérations. Reste à savoir s'il les poursuivra ou pas. Si elles sont déjà bien engagées, il y a peu de chances qu'ils les arrêtent en cours, mais dans quelle mesure elles peuvent déboucher sur une débâcle diplomatique reste un mystère. On se souvient que John Kennedy s'était laissé convaincre de la viabilité des plans pour la Baie des Cochons par l'administration sortant de Dwight Eisenhower...

samedi 27 décembre 2008

Raids aériens à Gaza : réponse disproportionnée et spirale de violence à cadenasser



C'est la réponse disproportionnée par excellence. Certes, Israël a le droit de se défendre, comme l'a répété Tzipi Livni, mais les bombardements d'aujourd'hui sont terriblement violents. L'opération israélienne est une des plus sanglantes depuis des décennies, lit-on, et à ma connaissance, je ne sais pas jusqu'à quand il faut remonter pour trouver un raid aérien tuant plus de 195 personnes en Territoires Palestiniens. (Certains rapports de presse font même état de plus de 200 personnes)

La position israélienne peut se justifier. La trêve est officiellement terminée, le Hamas a clairement annoncé qu'il n'avait pas l'intention de la prolonger (et menace d'attentats suicides) ; Israël s'est prononcée pour sa continuation mais a ajouté qu'il fallait être deux pour cela. Les tirs de roquette Qassam ont repris de plus belle sur les villes israéliennes et les raids israéliens ont suivi. La même sérénade. Mais, ce raid brutal change la donne. C'est exactement le genre d'opération de grande ampleur qui finit dans le sang et par un tollé général dans l'opinion internationale. C'est exactement le genre d'opération qui discrédite les intentions israéliennes d'aboutir à la paix. Et pourtant, les dirigeants israéliens veulent la paix !

En plus, la situation à Gaza est complexe pour les militaires israéliens. Certes, ils ont des outils d'une précision chirurgicale, mais ils ne sont pas infaillibles. De plus, la densité de population est telle à Gaza (4270 hab/km²) que les cibles militaires se trouvent très généralement dans des zones résidentielles.

J'ai envie de penser que cette attaque n'avait aucun objectif politique, que Ehud Barak, ministre de la Défense et candidat du Parti travailliste aux prochaines élections législatives, et Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères et candidate du Parti Kadima aux élections, n'ont pas cherché à prouver aux Israéliens qu'ils sont sans compromis sur la sécurité du territoire. Tout cela pour tenter de convaincre l'opinion israélienne que Benjamin Netanyahu, candidat du Likoud, n'est pas le seul homme-sécurité qu'Israël peut trouver. Ce serait une stratégie perverse et terriblement dangereuse. Il faut tout faire pour limiter la spirale de violence. Elle ne peut effectivement que servir les intérêts du Hamas - donc pas un bon choix - et de Benjamin Netanyahu - pas un bon choix non plus.

lundi 27 octobre 2008

Le raid américain en Syrie est entouré de mystères

Hier dans la soirée, un raid américain a tué huit personnes à la frontière entre la Syrie et l'Irak. Qualifié de "succès" par les Américains et de "crime de guerre" par les Syriens, l'objectif de l'armée américaine était d'arrêter des "combattants étrangers" entrant en Irak. Du côté du site d'analyses Stratfor (plus accessible librement) comme chez Joshua Landis sur Syria Comment, le raid s'explique mal.

Selon Stratfor, ce n'est pas la première fois que les Etats-Unis mènent des raids à la frontière, mais c'est la première fois que la Syrie est aussi bruyante. Pourquoi ? La question reste en suspens. Selon Joshua Landis, spécialiste de la Syrie, les relations entre les Etats-Unis et la Syrie sont tendues, mais beaucoup moins qu'à une certaine époque. En décembre dernier, alors qu'il commandait l'armée américaine en Irak, le général Petraeus soulignait les améliorations à la frontière entre la Syrie et l'Irak, perçue auparavant comme un gruyère où passaient des centaines d'insurgés sunnites.

Autre souci. Pourquoi maintenant ? Les combats d'insurgés ont largement diminué. Selon des sources anonymes américaines citées dans la presse, les personnes visées étaient des membres d'Al Qaïda. Peut-être était-ce l'objectif, mais une fois encore, les combattants d'Al Qaïda sont beaucoup moins nombreux qu'il y a deux ans. Landis pense que l'opération émane non pas de la Maison Blanche mais de l'état major. Petraeus était certes prêt à se rendre à Damas pour négocier une meilleure coopération sur le renseignement entre Américains et Syriens, mais le refus persistant de Damas pourrait être à l'origine de cette attaque. Autre hypothèse envisagée par le retraité colonel Lang sur son blog : le Pentagon laisse un grand champ d'action aux forces spéciales en charge du contre-terrorisme et il est possible qu'ils aient obtenu des renseignements suffisants (acting intelligence en anglais) pour mener une action contre le suspect-terroriste.

Il ne faut pas oublier que l'armée américaine a conduit le même type d'opérations au Pakistan contre des combattants ennemis réfugiés de l'autre côté de la frontière. Cela provoque la rage d'Islamabad, car les Etats-Unis agissent contre l'accord du gouvernement pakistanais. Il est tout à fait envisageable que les Américains aient agi de la sorte en Syrie. N'ayant plus grand chose à perdre et ne voyant pas les régimes voisins prendre les mesures nécessaires, les Etats-Unis décident unilatéralement de prendre les opérations en main.

Pourquoi maintenant ? Pour une raison de timing assez simple. Damas ne va rien promettre à Washington avant l'arrivée d'une nouvelle administration, donc il n'y a rien à gagner dans de sempiternelles négociations. Autant frapper pour montrer que les Etats-Unis ne sont pas prêts à ménager le régime syrien s'il entrave les intérêts américains.

Décidément, la Syrie a un talent pour que les opérations étrangères (ou peut-être pas) soient enveloppées d'une épaisse couche de secrets.
 

blogger templates | Make Money Online