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lundi 16 mars 2009

Eh si Netanyahu faisait de la provoc...

Bon, la rumeur est tenace. Avigdor Lieberman deviendrait Ministre des Affaires étrangères dans le prochain gouvernement de coalition israélien. Ce serait absolument catastrophique pour le processus de paix, mais également pour Israël. Déjà que les relations avec l'Union Européenne ne sont pas généralement pas faciles, mais avec "Bibi" comme Premier ministre et Lieberman comme Ministre des Affaires étrangère, ce serait catastrophique. Javier Solana a prévenu que le prochain gouvernement n'avait pas intérêt à se rétracter sur une solution à deux Etats, sinon l'UE prendrait des mesures. De quelle mesure parle-t-il?
Mais, la relation avec les Etats-Unis en patirait sérieusement également. Netanyahu avait déjà des problèmes avec le Démocrate Bill Clinton - mais un Congrès républicain -, il risque d'y avoir encore plus de frictions avec un Président démocrate Barack Obama et un Congrès démocrate. On imagine mal de bonnes relations avec Lieberman dans le lot.

Mais, cette coalion Likud-Israel Beiteinu serait ouverte à un changement si d'autres partis intégraient le gouvernement, comme Kadima par exemple. Lieberman renoncerait même à son poste si Kadima rentrait dans la coalition. Tzipi Livni n'a pas beaucoup bougé depuis la dernière fois que j'ai parlé des négociations. Pour intégrer le gouvernement, elle soumet deux conditions fondamentales :
* Une reconnaissance d'une solution à deux Etats de la part de Netanyahu
* Un partage de pouvoir avec une rotation du poste de Premier ministre

Eh si le bloc des droites faisait de la provoc ? Eh s'il savait que la solution de Lieberman aux Affaires étrangères n'était pas viable ? Eh si l'objectif était de forcer la main à Kadima en leur disant que s'il ne rejoigne la coalition, Israël va se retrouver complètement isoler diplomatiquement ?

vendredi 27 février 2009

Les uns semblent s'unir, les autres pas

Après des pourparlers sous les auspices du Caire, le Hamas et le Fatah ont annoncé, lors d'une conférence de presse conjointe, "la fin d'un chapitre noir dans notre histoire marqué par des divisions et nous sommes entrés dans une phase de réconciliation et d'unité".

La déclaration, lue par le porte-parole de l'Autorité palestinienne Ahmed Qurei, expose la volonté des treize groupes palestiniens inclus dans les négociations de former un gouvernement d'accord national. Petite note : on lira - et j'ai fait l'erreur - que les Palestiniens veulent former un gouvernement d'"unité nationale". En fait, Marc Lynch rectifie sur son blog. Qurei parle de gouvernement al-tawafuq al-watani, littéralement d'"accord national". Deux notions différentes, car s'il avait voulu parler de gouvernement d'"unité nationale", il aurait très probablement dit al-tawafuq al-wahdat - corrigez-moi si je me trompe.

En tout cas, Qurei a annoncé la création de cinq commissions chargées d'étudier les points de dissension actuels :
* Une pour la formation d'un gouvernement d'unité, les questions de sécurité et les statuts de l'OLP.
* Une sur les élections et la tenue d'un scrutin présidentiel et législatif
* Une sur la réconciliation nationale pour marquer l'entrée dans une phase de tolérance et mettre un terme aux divisions internes
* Une sur les institutions - si j'ai bien compris, mais je ne suis pas absolument sûr et je n'arrive pas à trouver de sources détaillant les cinq comités.
* Une sur la libération de prisonniers politiques retenus en Cisjordanie et à Gaza.

La déclaration annonce également la fin des campagnes médiatiques pour dénoncer l'autre. J'ai relaté l'une de ces nombreuses attaques il y a quelques jours à peine. Tout le monde va se mettre au travail à partir du 10 mars et devra avoir terminé à la fin du mois. Il va falloir s'attendre à beaucoup de négociations tant les divisions semblent profondes et les vues sur ces dossiers opposées. Mais, ils font l'effort...

... au contraire des Israéliens. Tzipi Livni et Benjamin Netanyahu se sont de nouveau rencontrés aujourd'hui et sont ressortis sans trouver d'accord sur un gouvernement de coalition. Visiblement, c'était la dernière session. Un peu de spin pour Netanyahu qui considère avoir fait d'énormes compromis à la différence de sa collègue. Pour Livni, les différences sont simplement "trop grandes". On se dirige donc vers un gouvernement similaire à celui que "Bibi" a dirigé en 1996, c'est-à-dire une coalition des partis de droite, d'extrême droite et les partis religieux.

En plus des frictions déjà présentées entre le parti Shas et Israël Beiteinu, Haaretz rapporte la rivalité entre le parti Shas et Yahadut Hatorah, deux partis ultra-orthodoxes, pour le poste de ministre du Logement. C'est un porte-feuille crucial pour les deux, car leurs électeurs sont directement touchés par ces dossiers. L'un ou l'autre tiendra donc à s'assurer du confort et de l'extension des colonies...

samedi 21 février 2009

Pourquoi Netanyahu veut-il un gouvernement d'union nationale?

En anglais, on dirait Gideon Levy is in da house. La dernière chronique du très populaire journaliste israélien Gideon Levy dans Haaretz est un concentré d'acide porté par une plume provocatrice. Cet écrit intervient après l'officialisation, hier, de la demande de Shimon Peres à Benjamin Netanyahu pour former un gouvernement, suite à un nouvel échec de Tzip Livni dans cette mission malgré sa victoire électorale. "Bibi" a immédiatement appelé à un gouvernement d'unité nationale, urgeant le partis Kadima et Travailliste à rejoindre sa coalition. Appel entendu par Livni, mais qu'elle a rejeté. Ehud Barak a jusqu'à présent indiqué qu'il envisageait les Travaillistes dans l'opposition, non pas tant à cause du Likud, mais à cause de la présence de Israël Beiteinu.

La question que beaucoup se demandent, dont Levy, est de savoir pourquoi Netanyahu envisage une coalition centriste, alors qu'il a 65 sièges - donc une majorité à la Knesset - en formant un bloc avec les partis de droite et d'extrême droite. "Parce qu'il a peur, juge Levy. Maintenant, au moment de vérité, quand il a la possibilité d'appliquer son idéologie, il se montre frileux et veut diluer son gouvernement avec des éléments qui sont étrangers à sa doctrine."

Après une liste de scénarios aussi plausibles que dangereux avec une coalition de droite, Levy conclut que Netanyahu a peur de lui-même. "La vérité est que Netanyahu sait que cet horizon est horrible. Il veut Kadima et les Travaillistes dans son gouvernement pour le retenir, pour l'empêcher de mettre en pratique sa doctrine. C'est justement la raison pour laquelle ils ne doivent pas rejoindre sa coalition. Rendez à Netanyahu ce qui est à Netanyahu. Voyons voir comment cela se termine pour lui. Et pour nous."

Scénario toutefois dangereux à tant de niveaux, mais surtout pour le processus de paix. Le parti Shas, pourtant minoritaire dans la coalition d'Ehud Olmert, était suffisamment indispensable au maintien du gouvernement pour imposer des décisions mondialement condamnées d'étendre les colonies. Alors, on a du mal à imaginer ce à quoi ressemblerait une coalition où l'on met pêle-mêle tous les partis d'extrême droite et partis religieux.

N'oublions toutefois pas que tous ces partis ne s'apprécient pas forcément ; les relations sont notamment tendues entre le parti Shas et Avigdor Lieberman. Les premiers accusent Lieberman de vouloir institutionnaliser le mariage civil, actuellement interdit en Israël, et de vouloir autoriser la vente de porc, contraire à la religion juive. Lieberman remet en cause la citoyenneté des partisans ultra-orthodoxes du Shas qui ne font pas leur service militaire, symbole d'une citoyenneté pleine en Israël (il est d'ailleurs intéressant de voir que le slogan du Beiteinu "pas de loyauté, pas de citoyenneté" originellement dirigé contre les Arabes Israéliens s'adresse également aux ultra-orthodoxes).

Pour Levy, "Bibi" a peur. Peut-être, mais un autre aspect peut également jouer. Lorsqu'il était au pouvoir entre 1996 et 1999, il avait à faire, comme aujourd'hui, à un Président américain démocrate. Les relations avec Bill Clinton ont été particulièrement difficiles, tant le Premier ministre israélien de l'époque était réticent à accéder aux demandes de la Maison Blanche sur le processus de paix. Mais, le chef du Likud pouvait jouer sur une autre stratégie. A l'époque, le Congrès était Républicain et Netanyahu savait le Congrès beaucoup plus favorable à sa cause que la Maison Blanche. Le contexte a changé, car la Maison Blanche comme le Capitole sont Démocrates. Il sera donc bien plus difficile pour le prochain Premier ministre israélien de faire fi des demandes de Barack Obama.

On peut envisager que Netanyahu prenne ce détail en compte et mesure ses options. Il sait à quel point la relation avec les Etats-Unis est cruciale pour Israël et il sait également qu'elle serait exténuante avec une coalition de droite. Il a d'ailleurs répété pendant la campagne qu'un de ses principaux regrets lorsqu'il était Premier ministre était de ne pas avoir formé une coalition centriste. Même si Livni et Barak ont refusé de le rejoindre pour le moment, l'issue des négociations pourrait indiquer un rassemblement du centre, indique Gerald Steinberg, de l'Université Bar-Ilan en Israël, au Council on Foreign Relations. Il rappelle pertinemment que si Kadima rejoint le Likud, à deux, ils ont 59 sièges et qu'ils pourraient très bien prendre quelques sièges chez les Travaillistes pour obtenir la majorité de 60 sièges, zappant donc l'influence conquise par Lieberman lors du dernier scrutin avec ses 15 sièges.

Est-ce envisageable ? C'est difficile à dire. Est-ce souhaitable ? Plus qu'une coalition de droite en tout cas. Steinberg reste toutefois prudent. Kadima comme les Travaillistes font également leur calcul politique et n'ont pas forcément un intérêt électoral à se lancer dans un tel périple. Selon Steinberg, les deux partis parient sur un gouvernement de droite incapable de durer, miné par une crise économique rampante en Israël, par de pressions de plus en plus fortes des Etats-Unis et de l'Europe. A la suite de quoi ils pourront revenir renforcés par les déboires du gouvernement. Est-ce envisageable ? Oui. Est-ce souhaitable ? Non, car pendant que le gouvernement se casse la figure, le processus de paix s'enlise irrémédiablement.

Le meilleur scénario serait que Kadima et les Travaillistes dans leur ensemble rejoignent une coalition menée par le Likud. En effet, les deux partis se retrouveraient avec 43 voix dans la coalition contre 29 pour le Likud, une certaine position de force qui pourrait jouer à l'avantage du processus de paix et de décisions de politique interne, comme sur les colonies. Aussi favorable que serait ce scénario, il est illusoire, car Netanyahu ne se laisserait jamais duper à ce point.

vendredi 13 février 2009

La saga des élections israéliennes...

Le vote des militaires et des diplomates à l’étranger n’a pas changé les résultats des élections parlementaires israéliennes. Le parti Kadima emmené par la Ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni remporte 28 des 120 sièges de la Knesset, un siège de plus que les seconds du Likud dirigé par Benjamin Netanyahu. Un siège qui fait une différence de principe, mais qui plonge Israël dans une complète incertitude sur le prochain gouvernement.

Livni a désormais un mois pour former un gouvernement de coalition capable de réunir au moins 61 voix à la Knesset, sans quoi le Président peut demander à un autre candidat de se pourvoir de cette mission. Le problème est que les résultats ne donnent pas de majorité à la Ministre. A la suite de l’annonce de la démission d’Ehud Olmert en novembre dernier, elle était chargée de réunir un nouveau gouvernement, ce qu’elle n’a pas été capable de réaliser. Cette fois-ci, elle bénéficie de la légitimité des urnes, mais il n’est pas certain que cela suffise.

En théorie, une coalition de partis de droite pourrait réunir 65 sièges contre 55 pour une alliance de partis du centre et de la gauche. Le score élevé d’Avigdor Lieberman, leader du parti d’extrême droite Israël Beiteinu et qui bénéficiera de 15 sièges, conjugué au score très raisonnable du parti religieux Shas qui prend 11 sièges font peser la balance à droite. Les Travaillistes ont souffert le plus gros revers de l’histoire, ne remportant que 13 sièges.

La mission pour Livni va désormais être de convaincre Lieberman. Pour beaucoup, il est perçu comme extrémiste et opposé au processus de paix comme l’envisage Livni, mais dans un souci de calcul politique, Kadima se lance dans une opération de spins pour tenter de convaincre que Lieberman est avant tout un pragmatique. Sans une présence du chef du Beiteinu, aucune coalition n’est possible. Livni avait refusé que le Shas fasse partie du gouvernement qu’elle était censée mettre sur pied ; certes, Shaul Mofaz, Ministre des Transports et faucon du Kadima, a rencontré le parti Shas, mais le symbole était fort que cette rencontre n’ait pas eu lieu avec Livni.

Lieberman est un homme courtisé ces jours-ci. Rencontré par la candidate vainqueur, il a reçu Netanyahu plus tard dans la journée d’hier. Le calcul de « Bibi » est de former une contre-coalition pour que Shimon Peres, actuel Président israélien, soit contraint dans un mois de lui demander de former un gouvernement. En théorie, il en a plus les moyens que sa rivale.

Situation incongrue qui a amené les deux candidats à crier victoire après les résultats. Officiellement, Tzipi Livni a gagné les élections et appelle Netanyahu à se rallier à sa coalition. En pratique, il est tout à fait envisageable que le leader du Likud devienne le prochain Premier ministre. Cela étant, jusqu’aux derniers sondages, il était donné gagnant et pourtant il n’a pas gagné ; peut-être en sera-t-il autant dans les complexes tractations politiques qui s’engagent en ce moment en Israël.

jeudi 8 janvier 2009

Un calcul Barak-Livni pour gagner les élections ?

Cette idée m'a déjà effleuré l'esprit, mais je ne sais pas dans quelle mesure elle est envisageable et même réaliste. Jim Arkedis, directeur du Progressive Policy Institute, détaille dans The Huffington Post le calcul potentiel que Ehud Barak et Tzipi Livni auraient (pu) faire pour contrecarrer une victoire de Benjamin Netanyahu aux élections du 10 février.

Voici le schéma de pensée :
* Livni est aux Affaires étrangères et tête de liste du parti Kadima. Barak est à la Défense et chef de file des Travaillistes. Les deux sont menés dans les sondages par le Likoud emmené par Benjamin Netanyahu.
* Livni et Barak sont tout deux partisans d'une solution à deux Etats. Le Likoud, comme l'indique sa plate-forme, est opposé "à l'établissement d'un Etat arabe palestinien à l'ouest du Jourdain".
* le conflit à Gaza bénéficie politiquement à Barak sans que les sondages n'affectent les positions du Likoud et du Kadima.
* La théorie de l'article serait que Livni et Barak profitent de leur position de pouvoir pour influencer les évènements en leur faveur. De la sorte, ils seraient prêts à sacrifier des centaines de vies, être élus et travailler sur une solution à deux Etats plutôt que de voir Netanyahu l'emporter au détriment d'un Etat palestinien.

samedi 27 décembre 2008

Raids aériens à Gaza : réponse disproportionnée et spirale de violence à cadenasser



C'est la réponse disproportionnée par excellence. Certes, Israël a le droit de se défendre, comme l'a répété Tzipi Livni, mais les bombardements d'aujourd'hui sont terriblement violents. L'opération israélienne est une des plus sanglantes depuis des décennies, lit-on, et à ma connaissance, je ne sais pas jusqu'à quand il faut remonter pour trouver un raid aérien tuant plus de 195 personnes en Territoires Palestiniens. (Certains rapports de presse font même état de plus de 200 personnes)

La position israélienne peut se justifier. La trêve est officiellement terminée, le Hamas a clairement annoncé qu'il n'avait pas l'intention de la prolonger (et menace d'attentats suicides) ; Israël s'est prononcée pour sa continuation mais a ajouté qu'il fallait être deux pour cela. Les tirs de roquette Qassam ont repris de plus belle sur les villes israéliennes et les raids israéliens ont suivi. La même sérénade. Mais, ce raid brutal change la donne. C'est exactement le genre d'opération de grande ampleur qui finit dans le sang et par un tollé général dans l'opinion internationale. C'est exactement le genre d'opération qui discrédite les intentions israéliennes d'aboutir à la paix. Et pourtant, les dirigeants israéliens veulent la paix !

En plus, la situation à Gaza est complexe pour les militaires israéliens. Certes, ils ont des outils d'une précision chirurgicale, mais ils ne sont pas infaillibles. De plus, la densité de population est telle à Gaza (4270 hab/km²) que les cibles militaires se trouvent très généralement dans des zones résidentielles.

J'ai envie de penser que cette attaque n'avait aucun objectif politique, que Ehud Barak, ministre de la Défense et candidat du Parti travailliste aux prochaines élections législatives, et Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères et candidate du Parti Kadima aux élections, n'ont pas cherché à prouver aux Israéliens qu'ils sont sans compromis sur la sécurité du territoire. Tout cela pour tenter de convaincre l'opinion israélienne que Benjamin Netanyahu, candidat du Likoud, n'est pas le seul homme-sécurité qu'Israël peut trouver. Ce serait une stratégie perverse et terriblement dangereuse. Il faut tout faire pour limiter la spirale de violence. Elle ne peut effectivement que servir les intérêts du Hamas - donc pas un bon choix - et de Benjamin Netanyahu - pas un bon choix non plus.

dimanche 26 octobre 2008

Vers des élections anticipées en Israël : bonne ou mauvaise nouvelle ?

Tzipi Livni a appelé aujourd'hui à la tenue d'élections législatives anticipées. Elle n'a pas réussi à former une coalition gouvernementale qu'elle pouvait confirmer devant la Knesset. Les élections ne devraient pas se tenir avant la mi-février. La grande question désormais est de savoir si c'est une bonne ou une mauvaise décision.

Soyons partisans et ne prenons en compte qu'une chose : une solution de paix et la création d'un Etat palestinien. C'est clairement biaisé, car la vie israélienne est bien plus complexe que cela et c'est d'ailleurs bien là tout le problème. Néanmoins, aucun candidat sérieux ne peut se présenter sans qu'un plan de paix ne soit au goût du jour.

Cette nouvelle a un aspect positif : la coalition gouvernementale ne sera pas amenée à être tellement écartelée qu'elle piochera très à gauche avec le parti Meretz, qui avait donné son accord, et un parti religieux, le parti Shas ou Yahadut Hatorah, tous deux ont refusé de s'allier avec Livni. C'est une bonne nouvelle, car le parti Shas, dans la coalition d'Olmert, a été un des poisons des négociations sur le dossier palestinien, refusant systématiquement de négocier sur Jérusalem et menaçant de se retirer de la coalition (et donc de l'exploser) si jamais ses demandes n'étaient pas entendues - d'où de malvenus plans d'extensions de colonies.

Toutefois, cette nouvelle peut être problématique. Si l'élection devait se tenir aujourd'hui, à en croire les sondages, le vainqueur serait Benjamin Netanyahu du Likoud. Quand il était premier ministre, il n'a pas insufflé un grand vent de confiance pour la résolution du dossier israélo-palestinien. Autre contexte, autre approche ? Peut-être, mais c'est incertain.

Nous nous retrouverons donc aujourd'hui confronter à une élection à trois : Ehoud Barak pour les Travaillistes, Tzipi Livni pour Kadima et Benjamin Netanyahu pour le Likoud. Les chances de Barak sont très minces ; Livni peut gagner, mais elle devra attirer l'électorat de Netanyahu, ce qui ne sera pas chose aisée. Elle a toutefois l'avantage de posséder une tribune non négligeable pendant encore quelques temps, ce qui lui permettra sans doute de bénéficier de plus de couverture médiatique que son rival. A suivre ...

jeudi 25 septembre 2008

le triumvirat féminin en Israël


Alors que je terminais la lecture d'un post sur les primaires au sein de Kadima et l'avenir du centre en Israël sur le blog Middle East Strategy at Harvard, Alan Dowty concluait sur une note que j'ignorais.

Si Tzipi Livni venait à devenir Premier ministre - pour le moment, elle essaie de constituer un gouvernement éligible devant la Knesset - Israël serait le premier pays à avoir les trois branches du gouvernement - exécutive, législative et judiciaire - dirigées par des femmes.


Dalia Itzik (à gauche) est la présidente de la Knesset et Dorit Beinisch (à droite) préside la Cour Suprême.

lundi 1 septembre 2008

Rice et Livni sur les colonies



Extraits (vidéo ci-dessus & version écrite) de la conférence de presse donnée par la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et la Ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni le 26 août à Jérusalem:

Question : L'organisation Peace Now a rapporté aujourd'hui que l'activité dans les colonies (settlement activity) israéliennes avait presque doublé en un an, madame la ministre des affaires étrangères, comment concilier cela avec votre objectif d'obtenir un accord de paix ?

Et Madame la Secrétaire Rice, comment -- quel effet cela a-t-il ? Est-ce que cela nuit ou endommage le processus ?

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES LIVNI : En quelque sorte c'est une question, mais, j'aimerais y référer sous deux angles différentes. L'un est le processus de paix, et le processus de paix n'est pas et ne doit pas être affecté par une quelconque activité dans les colonies.


Je veux dire, qu'au bout du compte, nous parlons des frontières futures d'un Etat palestinien, en considérant que cela fait plus de 40 ans, plus ou moins, que nous discutons des mêmes colonies, et que cela fait partie des négociations. Et comme je l'ai également suggéré à mes partenaires palestiniens, d'essayer -- et je comprends que de temps en temps (inaudible) et de temps et temps comment cela affecte différentes parties de la société palestinienne. Mais au bout du compte, le rôle des dirigeants est d'essayer de trouver un moyen de vivre en paix dans l'avenir, et d'éviter -- de ne laisser
ces jours-ci aucune nuisance sonore en lien avec la situation sur le terrain entrer dans la salle de négociations.

Ce que je veux dire, c'est qu'il aurait été plus facile pour moi d'utiliser des excuses et de dire que cela affecte ma capacité à négocier. Mais, j'en ai décidé autrement, même dans les jours les plus difficiles du terrorisme
(terror). Donc, j'aimerais suggérer à mes partenaires de ne pas utiliser cela comme une excuse. Et je sais qu'ils ne l'utilisent pas comme une excuse, mais je comprends parfois la frustration.

Mais, au bout du compte, la politique du gouvernement israélien est de ne pas d'étendre les colonies, c'est de ne pas construire de nouvelles colonies, de ne pas confisquer de territoire aux Palestiniens. Et, à ma connaissance, les activités dans les colonies ont très significativement diminué, notamment dans les parties de l'autre côté de la barrière
(fence). Il y avait un peu d'activité qui ne va pas avoir d'influence sur les capacités ni sur les futures frontières de l'Etat palestinien. Merci.

SECRETAIRE RICE : Et bien, laissez-moi commencer en disant que c'est la position des Etats-Unis que les parties ne doivent pas prendre des mesures qui d'une certaine manière viendraient à compromettre le résultat final. Et, en fait, les frontières de l'Etat palestinien et d'Israël seront déterminées par un accord.

Je pense que ce n'est pas un secret, et je l'ai dit à mes homologues israéliens, que je ne pense pas que les activités dans les colonies contribuent au processus, et qu'en fait, ce dont nous avons besoin maintenant sont des mesures qui améliore la confiance entre les deux parties. Et tout ce qui sape la confiance entre les deux parties doit être évité.

Donc, nous allons continuer à faire pression pour obtenir un accord, de telle sorte que nous savons ce qui est en Israël et ce qui est en Palestine. C'est le but ultime. Mais, clairement, l'activité n'aide pas.
 

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