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mardi 1 décembre 2009

Une mauvaise nouvelle #1

Peu de temps, mais juste pour lancer une petite série éventuellement hebdomadaire : une mauvaise nouvelle de la semaine. Une autre série également : une bonne nouvelle de la semaine.

On commence par une mauvaise nouvelle.

Des colons à Kiryat Abra, à côté de Hebron, ont empêché l'entrée d'inspecteurs du gouvernement d'imposer le gel de construction imposé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. C'est une colonie illégale même aux yeux du gouvernement israélien.

jeudi 19 novembre 2009

Israël déçoit

Israël a approuvé 900 nouvelles constructions dans Jérusalem est. C'est décevant! La Maison Blanche est "consternée". Bernard Kouchner regrette cette décision, mais affirme qu'il faut avancer :

C'est évidemment une décision que nous regrettons, mais en même temps ça a toujours été fait ainsi. Il faut donc s'attacher aux autres paramètres de la paix, se mettre d'accord. En ce qui concerne la colonisation, vous connaissez la position de la France : l'arrêt de la colonisation. Mais pour le moment il faut reprendre des discussions humaines, face à face, les yeux dans les yeux. Je crois que cela, c'est tout à fait nécessaire.

J'aimerais partager son espoir, mais je rejoins l'éditorial du quotidien libanais Daily Star, Israël est-elle plus intéressée par les colonies que par la paix ? Ce type de décision ne plaide pas en faveur de la seconde.

J'étais quelque peu circonspect à l'annonce de l'action diplomatique palestinienne de pousser la déclaration d'un Etat palestinien à l'ONU. Comme l'explique Victor Kattan dans le Guardian, juridiquement, cela ne veut pas dire grand chose, car une centaine de pays reconnaissent la Palestine depuis 1988. De plus, il manque deux critères essentiels aux Palestiniens pour pouvoir déclarer comme un Etat : la souveraineté et l'indépendance. Ces deux critères dépendent largement des Israéliens. Toutefois, c'est peut-être une solution symbolique, qui n'aboutira probablement pas, mais qui peut faire prendre conscience que lorsque l'on en arrive là, c'est qu'il y a un problème. Après tout, en 1988, lorsque Yasser Arafat déclarer l'indépendance de la Palestine, cela a débouché quelques années sur Madrid, puis Oslo. Donc qui sait ?

Loin de moi l'idée qu'Israël est seule responsable de ce processus de paix en lambeaux, mais l'Etat hébreu ne peut plus continuer sur cette lancée. La politique israélienne est un champ de mines pour un Premier ministre, mais le problème avec Benjamin Netanyahu est qu'il n'équilibre pas entre les gestes de bonne foi et les décisions qu'il est contraint de prendre pour maintenir sa coalition.

vendredi 12 décembre 2008

Les radicaux juifs dans les colonies posent un problème

J'ai déjà précédemment parlé de l'extrémisme de certains colons en Cisjordanie, parce que je pense que c'est vraiment là que se trouve un des plus importants points de contention sur le dossier Israël/Palestine et surtout un des volets sur lequel il y a peut-être une carte à jouer.

La semaine dernière, des colons à Hebron se sont faits éjecter par l'armée israélienne de la "maison de la discorde" - anciennement "la maison de la paix". Hebron est vraiment une ville à part. Les installations israéliennes en Cisjordanie sont illégales selon plusieurs résolutions de l'ONU, mais en plus les autorités israéliennes considèrent l'implantation dans cette ville comme illégale. Il y en a suffisamment peu pour être soulignée. Quand je me suis rendu sur place il y a quelques mois, la tension était vraiment palpable. En plus, ceux qui habitent Hebron sont des juifs ultra-orthodoxes qui en appellent à l'importance religieuse de la ville pour justifier leur présence. L'armée est sur les dents, car les frictions entre Palestiniens et colons sont récurrentes.

Bizarrement, ce problème est souvent passé sous silence dans la presse française ou mal traité (Libération avait un article intéressant). Cela vaut pour les analyses aussi. J'ai la conviction que ces radicaux sont un poids pour les autorités israéliennes qui n'en veulent pas, mais veulent limiter les opérations manu militari, qui, si elles venaient à se multiplier, choqueraient l'opinion israélienne. Cela étant, les insultes et attaques permanentes de ces communautés ultra-minoritaires contre les Palestiniens et l'armée pourraient à terme aliéner une frange de la population israélienne encline à leur accorder une certaine sympathie et fraternité.

Middle East Progress a consacré sa newsletter à ce phénomène il y a quelques jours. Elle n'est plus disponible, mais voici les articles mentionnées dans la newsletter :

Washington Jewish Week, 'What Took So Long'
Haaretz (Israël), 'Internal report: IDF must take strong stance on settler violence'
Washington Institute For Near East Policy (think tank), 'Violence by Extremists in the Jewish Settler Movement: A Rising Challenge'
Jerusalem Post, 'Breaking The Law'
Newsweek, 'A Piece of the Peace'
New York Times, 'Some Israeli Settlers Are Looking For Way To Leave the West Bank'

lundi 1 septembre 2008

Rice et Livni sur les colonies



Extraits (vidéo ci-dessus & version écrite) de la conférence de presse donnée par la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et la Ministre des affaires étrangères israélienne Tzipi Livni le 26 août à Jérusalem:

Question : L'organisation Peace Now a rapporté aujourd'hui que l'activité dans les colonies (settlement activity) israéliennes avait presque doublé en un an, madame la ministre des affaires étrangères, comment concilier cela avec votre objectif d'obtenir un accord de paix ?

Et Madame la Secrétaire Rice, comment -- quel effet cela a-t-il ? Est-ce que cela nuit ou endommage le processus ?

MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES LIVNI : En quelque sorte c'est une question, mais, j'aimerais y référer sous deux angles différentes. L'un est le processus de paix, et le processus de paix n'est pas et ne doit pas être affecté par une quelconque activité dans les colonies.


Je veux dire, qu'au bout du compte, nous parlons des frontières futures d'un Etat palestinien, en considérant que cela fait plus de 40 ans, plus ou moins, que nous discutons des mêmes colonies, et que cela fait partie des négociations. Et comme je l'ai également suggéré à mes partenaires palestiniens, d'essayer -- et je comprends que de temps en temps (inaudible) et de temps et temps comment cela affecte différentes parties de la société palestinienne. Mais au bout du compte, le rôle des dirigeants est d'essayer de trouver un moyen de vivre en paix dans l'avenir, et d'éviter -- de ne laisser
ces jours-ci aucune nuisance sonore en lien avec la situation sur le terrain entrer dans la salle de négociations.

Ce que je veux dire, c'est qu'il aurait été plus facile pour moi d'utiliser des excuses et de dire que cela affecte ma capacité à négocier. Mais, j'en ai décidé autrement, même dans les jours les plus difficiles du terrorisme
(terror). Donc, j'aimerais suggérer à mes partenaires de ne pas utiliser cela comme une excuse. Et je sais qu'ils ne l'utilisent pas comme une excuse, mais je comprends parfois la frustration.

Mais, au bout du compte, la politique du gouvernement israélien est de ne pas d'étendre les colonies, c'est de ne pas construire de nouvelles colonies, de ne pas confisquer de territoire aux Palestiniens. Et, à ma connaissance, les activités dans les colonies ont très significativement diminué, notamment dans les parties de l'autre côté de la barrière
(fence). Il y avait un peu d'activité qui ne va pas avoir d'influence sur les capacités ni sur les futures frontières de l'Etat palestinien. Merci.

SECRETAIRE RICE : Et bien, laissez-moi commencer en disant que c'est la position des Etats-Unis que les parties ne doivent pas prendre des mesures qui d'une certaine manière viendraient à compromettre le résultat final. Et, en fait, les frontières de l'Etat palestinien et d'Israël seront déterminées par un accord.

Je pense que ce n'est pas un secret, et je l'ai dit à mes homologues israéliens, que je ne pense pas que les activités dans les colonies contribuent au processus, et qu'en fait, ce dont nous avons besoin maintenant sont des mesures qui améliore la confiance entre les deux parties. Et tout ce qui sape la confiance entre les deux parties doit être évité.

Donc, nous allons continuer à faire pression pour obtenir un accord, de telle sorte que nous savons ce qui est en Israël et ce qui est en Palestine. C'est le but ultime. Mais, clairement, l'activité n'aide pas.
 

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