Affichage des articles dont le libellé est etat palestinien. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est etat palestinien. Afficher tous les articles

jeudi 19 novembre 2009

Israël déçoit

Israël a approuvé 900 nouvelles constructions dans Jérusalem est. C'est décevant! La Maison Blanche est "consternée". Bernard Kouchner regrette cette décision, mais affirme qu'il faut avancer :

C'est évidemment une décision que nous regrettons, mais en même temps ça a toujours été fait ainsi. Il faut donc s'attacher aux autres paramètres de la paix, se mettre d'accord. En ce qui concerne la colonisation, vous connaissez la position de la France : l'arrêt de la colonisation. Mais pour le moment il faut reprendre des discussions humaines, face à face, les yeux dans les yeux. Je crois que cela, c'est tout à fait nécessaire.

J'aimerais partager son espoir, mais je rejoins l'éditorial du quotidien libanais Daily Star, Israël est-elle plus intéressée par les colonies que par la paix ? Ce type de décision ne plaide pas en faveur de la seconde.

J'étais quelque peu circonspect à l'annonce de l'action diplomatique palestinienne de pousser la déclaration d'un Etat palestinien à l'ONU. Comme l'explique Victor Kattan dans le Guardian, juridiquement, cela ne veut pas dire grand chose, car une centaine de pays reconnaissent la Palestine depuis 1988. De plus, il manque deux critères essentiels aux Palestiniens pour pouvoir déclarer comme un Etat : la souveraineté et l'indépendance. Ces deux critères dépendent largement des Israéliens. Toutefois, c'est peut-être une solution symbolique, qui n'aboutira probablement pas, mais qui peut faire prendre conscience que lorsque l'on en arrive là, c'est qu'il y a un problème. Après tout, en 1988, lorsque Yasser Arafat déclarer l'indépendance de la Palestine, cela a débouché quelques années sur Madrid, puis Oslo. Donc qui sait ?

Loin de moi l'idée qu'Israël est seule responsable de ce processus de paix en lambeaux, mais l'Etat hébreu ne peut plus continuer sur cette lancée. La politique israélienne est un champ de mines pour un Premier ministre, mais le problème avec Benjamin Netanyahu est qu'il n'équilibre pas entre les gestes de bonne foi et les décisions qu'il est contraint de prendre pour maintenir sa coalition.

Barghouti de sa prison

Reuters a glissé des questions au leader palestinien emprisonné Marwan Barghouti par l'intermédiaire de ses avocats. Il appelle à "un mélange constructif de négociations, de résistance et d'actions politiques, diplomatiques et populaires".

Concernant la possibilité qu'il se présente comme prochain président, il reste prudent et ne le ferait que s'il y avait une réconciliation entre Fatah et Hamas. C'est une bonne stratégie pour lui, car cela le protège de toutes les éventuelles retombées négatives de ces interminables négociations et le présenterait comme le seul capable de maintenir un accord qu'on imaginerait fragile entre les deux factions palestiniennes.

Bien entendu, purgeant une peine à perpétuité, cela ne pourrait se faire que dans le cadre d'un échange de prisonniers, qui n'est pas inimaginable, mais dont les tractations doivent extrêmement complexes.

jeudi 27 août 2009

Fayyad veut créer un Etat palestinien d'ici 2 ans

Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a dévoilé un plan pour construire l'appareil politique d'un Etat palestinien d'ici deux ans. Le document s'intitule "En terminer avec l'occupation et construire l'Etat palestinien". L'idée de Fayyad est de mettre en place des réformes politiques et d'envisager des projets importants pour accélérer le développement économique en se défaisant de la tutelle israélienne et en se désintéressant des avancées dans les négociations avec l'Etat hébreu. "Le programme, qui décrit nos objectifs nationaux et nos politiques gouvernementales, est centré autour de l'objectif de construire des institutions étatiques fortes, capables de subvenir, de manière équitable et efficace, aux besoins de nos citoyens, malgré l'occupation." Cette vision ambitieuse prévoit un Etat palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale.

Le document s'appuie sur la Déclaration d'Indépendance de 1988 et la Loi fondamentale de 2003 pour définir les contours politiques d'un futur Etat palestinien. Un Etat qui serait régi par les droits de l'homme, la démocratie, la tolérance et la paix, lit-on dans le document. Ce programme s'appuie sur des initiatives antérieures, mais il est beaucoup plus précis que ces prédécesseurs. Chaque ministère est affecté à une série de missions précises pour augmenter les chances de succès.

Bien entendu, pour qu'un tel projet voit le jour, plusieurs paramètres sont à prendre en compte. Il faut un appui de toute la population palestinienne. C'est évident et cela n'est pas acquis. Le Hamas et le Jihad islamique ont rejeté le document de travail. Les deux groupes restent arc-boutés sur des positions qui paraissent arcanes à la lumière de la proposition de Fayyad. Le seul moyen d'atteindre un Etat palestinien est via la "résistance" (entendez pas de négociation, utilisation de la force), a affirmé un porte-parole du Hamas. Mais, pour Fayyad, sa proposition est une autre forme de résistance, non par les armes, mais par le développement de la population palestinienne. "Dessiner les contours d'une Palestine comme un Etat arabe moderne, progressiste et démocratique est une autre forme de résistance", a-t-il expliqué. C'est là toute la subtilité politique du Premier ministre palestinien.

Il aura également besoin d'un soutien israélien. Là, encore, ce n'est pas acquis. Les premières réactions du gouvernement n'ont pas été très encourageantes. Je pense qu'il faudra attendre le retour de Benjamin Netanyahu actuellement en tournée européenne pour voir une position israélienne officielle sur ce sujet.

Il aura également besoin du soutien des pays du Quartet. Par la voie de leur Consul général à Jérusalem, les Etats-Unis ont salué ce document de travail. J'attends de voir ce que les autres vont dire. Pas de réaction en France pour le moment.

J'espère en tout cas que ce document va être considéré à sa juste valeur. Pour le moment, les réactions et même les articles sont (trop) maigres!

mardi 16 juin 2009

Il l'a fait... (mis à jour)

Benjamin Netanyahu a franchi la barrière. Dans un discours très attendu au Begin-Sadat Center for Strategic Studies à Tel Aviv avant-hier, le Premier ministre israélien s'est enfin déclaré en faveur de la solution à deux Etats. Ce discours devait être la pierre angulaire de la politique israélienne sur cette question et il semble bien que la pression américaine et la réalité sur le terrain ont pris le dessus sur le parti pris idéologique du Likoud et de la droite conservatrice israélienne en général.

Il affirme dans un premier temps :

Mais, nous devons dire la vérité dans son intégralité : sur notre territoire vit une importante communauté palestinienne. Nous ne voulons pas les diriger, nous ne voulons pas gouverner leurs vies, nous ne voulons pas leur imposer notre drapeau ou notre culture.

Dans ma vision de la paix, dans ce petit territoire qu'est le nôtre, deux peuples vivent côte à côte librement, en amitié et avec un respect mutuel. Chacun aura son propre drapeau, son propre hymne et son propre gouvernement. Aucun ne menacera la sécurité ou la survie de l'autre.


Plus loin, il lâche le morceau :


Si nous recevons cette garantie concernant la démilitarisation [d'un Etat palestinien] et les besoins de sécurité d'Israël, et si les Palestiniens reconnaissent Israël comme l'Etat du peuple juif, alors nous serons prêts pour un futur accord de paix en vue de trouver une solution où un Etat palestinien démilitarisé existerait aux côtés de l'Etat juif.


Pour Netanyahu, c'est un énorme pas en avant, puisque c'est la première fois qu'il reconnaît la nécessité d'un Etat palestinien comme un évènement qui serait bénéfique tant pour Israël que pour les Palestiniens. Toutefois, les conditions sont nombreuses et contraignantes :
* La question des réfugiés doit être réglée, mais hors des frontières d'Israël. C'est un dossier qui, jusqu'au bout, restera épineux, plus du côté israélien que palestinien d'ailleurs, car il est peu probable que toute la diaspora palestinienne accoure si on leur offre la possibilité de revenir.
* La reconnaissance du caractère juif d'Israël est problématique, car cela aliène les Arabes non-juifs qui vivent en Israël.
* La démilitarisation de l'Etat pourrait être une solution, mais comment la mettre en place ? Comment les Palestiniens pourraient-ils être assurés de leur sécurité et de leur indépendance s'ils ne peuvent pas compter sur une armée lorsque nécessité fait loi ? Et surtout, dans le contexte actuel, comment démilitariser le Hamas ?

Un autre point important, selon moi, de son discours est l'ouverture qu'il fait aux Etats arabes. Il les encourage à dynamiser l'économie palestinienne autant que faire ce peut, mais il leur tend la main pour discuter de la paix entre eux :

Je me tourne vers les dirigeants arabes ce soir et je leur dis : "Rencontrons nous. Parlons de la paix et faisons la paix. Je suis prêt à vous rencontrer n'importe quand. Je suis prêt à aller à Damas, à Riyadh, à Beyrouth, n'importe où, même à Jérusalem".

Il faudra voir comment cela prend forme politiquement et si Netanyahu pourra soutenir de telles positions dans une coalition gouvernementale fragile et franchement pas partisane de ces options, mais le Premier ministre a fait un premier pas.

***UPDATE***

En relisant mon post et à la lecture d'autres articles, je me demande si je ne me suis finalement pas trop focalisé sur l'énonciation par Netanyahu de l'objectif de la solution à deux Etats. Stephen Walt, certes c'est Walt et on connait bien ses positions, a fait quelques commentaires sur le discours du Premier ministre israélien. Pour lui, c'est presque une charade. Bibi n'a fait que répondre à Barack Obama en offrant le strict minimum. Les conditions posées sont inacceptables pour les Palestiniens, il ne fait aucune mention de l'Initiative de Paix de la Ligue Arabe, il ne fait pas mention des politiques d'Israël qui ont peut-être un rôle dans la situation actuelle, il présente le peuple juif comme opprimé et le peuple arabe comme vengeur... Une longue liste.

Selon lui, on peut tirer trois leçons du discours d'Obama et de celui de Netanyahu :

1. La pression américaine peut marcher sur Israël

2. Le chemin à parcourir est long et le gouvernement israélien fera tout pour ralentir le processus, espérant dans le même temps qu'Obama se tourne vers d'autres sujets.

3. C'est bien beau tout ça, mais la politique américaine est encore loin d'être équitable dans le dossier.

Je pense qu'il a raison sur certains points, mais il diminue quand même dramatiquement la portée de l'évolution chez Netanyahu. Etait-il obligé de faire un tel positionnement ? Pas sûr. Pourquoi aurait-il dit que les politiques israéliennes qu'il a soutenues sont au moins en partie responsables de la situation actuelle ? Cela aurait été se tirer dans le pied. Pourquoi n'a-t-il pas clairement défini les limites de l'Etat palestinien qu'il entrevoit ? Parce qu'on ne fait pas deux choses à la fois.

Certains commentateurs ont reproché à Obama d'avoir eu un propos trop vague et pas suffisamment spécifique dans son discours du Caire du début du mois. Walt n'en faisait pas partie, mais par contre, il fait partie de ceux qui estiment que le discours de Netanyahu en manquait, alors même que l'intention, quasi identique, était de lancer un mouvement - du moins je l'espère - pas encore de définir précisément les politiques avant même d'être dans la salle de négociations.

vendredi 26 décembre 2008

al-Faisal veut ranimer l'initiative de paix arabe au Moyen Orient

Rien de bien nouveau dans la tribune de Turki al-Faisal, mais il faut tout de même en parler. al-Faisal a été le chef des services secrets saoudiens pendant un quart de siècle et a un temps été ambassadeur d'Arabie Saoudite à Washington. C'est probablement un des personnages les plus influents du côté de Riyadh. Il écrit dans le Washington Post pour demander à Barack Obama de s'occuper du Moyen Orient le plus rapidement possible. Selon al-Faisal, la solution se trouve dans l'initiative de paix arabe proposée en 2002 et acceptée par tous les pays arabes.

En échange de la reconnaissance d'Israël par tous les pays arabes et de la normalisation de leurs relations, l'Etat hébreu se retire jusqu'aux frontières d'avant la guerre des Six Jours en 1967, reconnait Jérusalem-est comme capitale de l'Etat palestinien et accepte un "juste retour des réfugiés en concordance avec la résolution 194 de l'ONU".

Israël a quelques soucis avec ses propositions :
- difficile de se retirer aux frontières de 1967. Logistiquement et humainement, ce serait un coût insurmontable pour Israël, d'où les propositions israéliennes de trouver un arrangement avec des compensations de terres dans le Negev contre quelques pourcentages de la Cisjordanie où les colons sont trop nombreux pour être éjectés.
- Jérusalem-est comme capitale de l'Etat palestinien, c'est nécessaire, mais il y a beaucoup d'oppositions internes.
- le "juste retour" est très problématique pour Israël, parce que personne ne sait exactement ce que cela veut dire et les Israéliens craignent une marée palestinienne qui viendrait poser un gros problème démographique. En même temps, pas sûr que toute la diaspora palestinienne soit prête à revenir en Palestine, car les conditions de vie seraient loin d'être idéales.

al-Faisal explique le processus de négociations. Comme l'Egypte et la Jordanie sont les deux seuls pays arabes reconnaissant officiellement Israël, ils ont été commissionnés par les autres pour négocier. Une fois un accord trouvé entre Israël, la Syrie, le Liban et la Palestine, alors seulement l'Arabie Saoudite entrera dans les négociations. Il y a du boulot.

Parmi les propositions du prince saoudien, l'une est notable : il appelle à un Moyen Orient dépourvu d'armes de destruction massive. Hypocrisie ou réelle politique ? Dans la tribune, al-Faisal estime que c'est le seul moyen pour mettre fin à l'ambigüité iranienne et pour clarifier la situation israélienne sur sa possession d'armes nucléaires.
 

blogger templates | Make Money Online