vendredi 13 février 2009

La saga des élections israéliennes...

Le vote des militaires et des diplomates à l’étranger n’a pas changé les résultats des élections parlementaires israéliennes. Le parti Kadima emmené par la Ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni remporte 28 des 120 sièges de la Knesset, un siège de plus que les seconds du Likud dirigé par Benjamin Netanyahu. Un siège qui fait une différence de principe, mais qui plonge Israël dans une complète incertitude sur le prochain gouvernement.

Livni a désormais un mois pour former un gouvernement de coalition capable de réunir au moins 61 voix à la Knesset, sans quoi le Président peut demander à un autre candidat de se pourvoir de cette mission. Le problème est que les résultats ne donnent pas de majorité à la Ministre. A la suite de l’annonce de la démission d’Ehud Olmert en novembre dernier, elle était chargée de réunir un nouveau gouvernement, ce qu’elle n’a pas été capable de réaliser. Cette fois-ci, elle bénéficie de la légitimité des urnes, mais il n’est pas certain que cela suffise.

En théorie, une coalition de partis de droite pourrait réunir 65 sièges contre 55 pour une alliance de partis du centre et de la gauche. Le score élevé d’Avigdor Lieberman, leader du parti d’extrême droite Israël Beiteinu et qui bénéficiera de 15 sièges, conjugué au score très raisonnable du parti religieux Shas qui prend 11 sièges font peser la balance à droite. Les Travaillistes ont souffert le plus gros revers de l’histoire, ne remportant que 13 sièges.

La mission pour Livni va désormais être de convaincre Lieberman. Pour beaucoup, il est perçu comme extrémiste et opposé au processus de paix comme l’envisage Livni, mais dans un souci de calcul politique, Kadima se lance dans une opération de spins pour tenter de convaincre que Lieberman est avant tout un pragmatique. Sans une présence du chef du Beiteinu, aucune coalition n’est possible. Livni avait refusé que le Shas fasse partie du gouvernement qu’elle était censée mettre sur pied ; certes, Shaul Mofaz, Ministre des Transports et faucon du Kadima, a rencontré le parti Shas, mais le symbole était fort que cette rencontre n’ait pas eu lieu avec Livni.

Lieberman est un homme courtisé ces jours-ci. Rencontré par la candidate vainqueur, il a reçu Netanyahu plus tard dans la journée d’hier. Le calcul de « Bibi » est de former une contre-coalition pour que Shimon Peres, actuel Président israélien, soit contraint dans un mois de lui demander de former un gouvernement. En théorie, il en a plus les moyens que sa rivale.

Situation incongrue qui a amené les deux candidats à crier victoire après les résultats. Officiellement, Tzipi Livni a gagné les élections et appelle Netanyahu à se rallier à sa coalition. En pratique, il est tout à fait envisageable que le leader du Likud devienne le prochain Premier ministre. Cela étant, jusqu’aux derniers sondages, il était donné gagnant et pourtant il n’a pas gagné ; peut-être en sera-t-il autant dans les complexes tractations politiques qui s’engagent en ce moment en Israël.

2 commentaires:

Frédéric a dit…

C'est une impression mais la politique Israelienne peut être aussi instable que celle en Italie avant les années 90 ?

ViP a dit…

Je ne connais pas la politique italienne de cette époque, mais ce qui caractérise Israël est son système à la proportionnelle pure. Il est très difficile de faire émerger une majorité claire et donc tout est une question de compromis. C'est d'ailleurs une des principales raisons pour lesquelles les Israéliens veulent signer un accord de paix, mais ne peuvent s'empêcher de construire en Cisjordanie.

 

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