... n'a pas dit grand chose d'intéressant. J'ai parcouru de nombreux articles de presse pour voir si le Premier ministre israélien avait révélé quelque chose d'inattendu ou d'exceptionnel lors de son témoignage devant la commission Turkel ce matin. Elle enquête sur la légalité du raid.
Eh bien non. Il affirme qu'Israël a respecté le droit international, que le gouvernement israélien s'est plusieurs fois entretenu avec "des personnes haut placées" dans le gouvernement turc, et que l'opération du 31 mai a été lancé en dernier ressort pour faire respecter le blocus contre Gaza et la possibilité de faire rentrer des armes dans la Bande.
Bref, pas de quoi s'étonner. En outre, au contraire de la commission Vinograd qui enquêtait de manière extensive sur la guerre de 2006, la commission Turkel n'a pour seul mandat que la légalité de l'opération et ne s'intéresse donc pas au processus de décision qui a été souvent critiqué.
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lundi 9 août 2010
mardi 3 août 2010
Le Hamas demande des renforts (volontaires) à Gaza
Dans un article de Jane's Defence Weekly, on apprend que le Hamas a fait appel aux Gazaouis pour rejoindre les forces de sécurité du Hamas et être en charge de la sécurité de la Bande, mais surtout pour préparer Gaza à "faire face à toute agression israélienne".
Selon des informations de Janes, la solution de volontaires est préférée par le Hamas plutôt que d'instaurer un service obligatoire, car cela permet de ne recruter que des partisans pro-Hamas plutôt que de se retrouver avec des sympathisants pro-Fatah ou pro-FPLP dans ses rangs. Sans surprise, l'Autorité palestinienne critique cette décision affirmant que cela ne fait que renforcer la militarisation de Gaza et que cela est inutile.
Ce qui me surprend est que selon Jane's, les recrues seraient avant tout utilisées pour la protection du territoire et les troupes anti-émeutes. Cela suscite la question : ces forces de sécurité n'auraient-elles pour objectif que la "résistance" contre Israël ou également la lutte contre les dissidents au sein même de la Bande ? Qu'elles servent ces deux objectifs ne serait nullement surprenant lorsque l'on comprend que le Hamas a dramatiquement renforcé son contrôle et sérieusement restreint les libertés individuelles à Gaza.
Selon des informations de Janes, la solution de volontaires est préférée par le Hamas plutôt que d'instaurer un service obligatoire, car cela permet de ne recruter que des partisans pro-Hamas plutôt que de se retrouver avec des sympathisants pro-Fatah ou pro-FPLP dans ses rangs. Sans surprise, l'Autorité palestinienne critique cette décision affirmant que cela ne fait que renforcer la militarisation de Gaza et que cela est inutile.
Ce qui me surprend est que selon Jane's, les recrues seraient avant tout utilisées pour la protection du territoire et les troupes anti-émeutes. Cela suscite la question : ces forces de sécurité n'auraient-elles pour objectif que la "résistance" contre Israël ou également la lutte contre les dissidents au sein même de la Bande ? Qu'elles servent ces deux objectifs ne serait nullement surprenant lorsque l'on comprend que le Hamas a dramatiquement renforcé son contrôle et sérieusement restreint les libertés individuelles à Gaza.
lundi 7 juin 2010
Des photos de la flottille
Le quotidien turc Hurriyet publie des photos récupérées sur la flottille sur l'appareil d'un activiste. On y voit plusieurs clichés pris où des soldats israéliens sont blessés et certains bénéficient de secours médicaux. Cela semble appuyer certains des propos de Tsahal, mais ne fait qu'embarrasser davantage l'armée israélienne. En effet, elle a eu beau vouloir nettoyer la flottille de toute preuve de l'incompétence dont l'opération a fait état, ces photos ont malgré tout réussi à faire surface.
mardi 1 juin 2010
Une tragédie !
Je tiens à m'excuser pour le peu de posts. Peu de temps, très peu de temps. Une réaction rapide toutefois au raid israélien sur la flottille.
Les détails sont encore difficiles à discerner, donc je ne me précipiterai pas à dresser des conclusions hâtives. Bien entendu, ce raid a mal tourné. Il y a eu un énorme couac dans la préparation. A l'instar de Michael Collins Dunn, je me pose une question essentielle : qui était en charge des opérations ? Comme il le souligne, la marine est relativement récente au sein des forces armées israéliennes et son expérience est plus limitée que les troupes terrestres. L'annulation de la visite de Benyamin Netanyahu à Washington incite de surcroît à penser que quelque chose n'a pas bien fonctionné.
Contrairement à ce que je lis un peu partout, je n'ai aucun doute que les passagers de la flottille étaient effectivement armés. Avec quoi, je ne sais pas et on ne le saura jamais. Un récit détaillé dans la presse israélienne expose une version qui me parait exagérée et parle d'une embuscade où le commando était complètement dépassé et violenté. Qu'il ait été dépassé, je n'en ai aucun doute. Violenté, je n'en suis pas si sûr, du moins pas comme présenté. Les troupes d'élite israéliennes sont hyper entraînées.
Bref, il y a eu un hic dans le système. Quelqu'un a ouvert le feu et le raid a dégénéré. Très clairement, l'usage de la force était ici excessif. Les activistes savaient toutefois qu'il y aurait un raid puisqu'Israël avait prévenu qu'ils arrêteraient le convoi.
C'est un coup de RP formidable et tragique pour la cause palestinienne et anti-israélienne. Les relations avec la Turquie vont de nouveau toucher le fond, voire creuser leur tombe. L'image d'Israël va de nouveau être entachée de manière durable et sérieuse. Les pourparlers qui pointaient du nez sont enterrés jusqu'à nouvel ordre, qui ne devrait pas arriver sous peu. Tragique !
Les détails sont encore difficiles à discerner, donc je ne me précipiterai pas à dresser des conclusions hâtives. Bien entendu, ce raid a mal tourné. Il y a eu un énorme couac dans la préparation. A l'instar de Michael Collins Dunn, je me pose une question essentielle : qui était en charge des opérations ? Comme il le souligne, la marine est relativement récente au sein des forces armées israéliennes et son expérience est plus limitée que les troupes terrestres. L'annulation de la visite de Benyamin Netanyahu à Washington incite de surcroît à penser que quelque chose n'a pas bien fonctionné.
Contrairement à ce que je lis un peu partout, je n'ai aucun doute que les passagers de la flottille étaient effectivement armés. Avec quoi, je ne sais pas et on ne le saura jamais. Un récit détaillé dans la presse israélienne expose une version qui me parait exagérée et parle d'une embuscade où le commando était complètement dépassé et violenté. Qu'il ait été dépassé, je n'en ai aucun doute. Violenté, je n'en suis pas si sûr, du moins pas comme présenté. Les troupes d'élite israéliennes sont hyper entraînées.
Bref, il y a eu un hic dans le système. Quelqu'un a ouvert le feu et le raid a dégénéré. Très clairement, l'usage de la force était ici excessif. Les activistes savaient toutefois qu'il y aurait un raid puisqu'Israël avait prévenu qu'ils arrêteraient le convoi.
C'est un coup de RP formidable et tragique pour la cause palestinienne et anti-israélienne. Les relations avec la Turquie vont de nouveau toucher le fond, voire creuser leur tombe. L'image d'Israël va de nouveau être entachée de manière durable et sérieuse. Les pourparlers qui pointaient du nez sont enterrés jusqu'à nouvel ordre, qui ne devrait pas arriver sous peu. Tragique !
mardi 12 janvier 2010
L'implantation difficile d'Al Qa'ida dans la zone israélo-palestinienne (mise à jour)
Le think tank Washington Instute for Near East Politics (WINEP) a sorti il y a quelques jours une longue étude sur l'implantation de groupes inspirés par Al Qa'ida en Israël et dans les Territoires palestiniens. J'ai déjà parlé de l'existence de ce phénomène, qui demeure assez marginal, mais qui soulève bien des questions. En effet, dans un univers religieux déjà chargé, radical et violent, comment expliquer une présence d'AQ ? Le Hamas tient la bande de Gaza d'une main de fer et cela est donc assez surprenant. Dans l'ensemble, lorsque l'idéologie d'AQ trouve terre à sa graine, c'est plutôt dans une zone de non-droit ou dans une zone où l'atmosphère religieuse est peu radicale, voire peu présente.
L'étude de Yoram Cohen et Matthew Levitt prend ce sujet avec beaucoup de pincettes. Ils ne tiennent surtout pas à enfler une menace qui reste très peu perceptible et très concentrée. Les exemples cités sont souvent presque anecdotiques, notamment lorsqu'ils évoquent les actions parfois d'individus isolés en Cisjordanie ou d'Arabes israéliens. (La nuit porte parfois conseil et je me suis dit qu'il serait bon de rajouter un point sur le salafisme prêché à Gaza et celui prêché en Cisjordanie) L'étude remarque une différence importante entre les deux zones. En Cisjordanie, le la communauté salafiste focalise ses efforts principalement sur la prêche et les activités prosélytes (salafiya dawiya). En d'autres termes, bien que leur rhétorique soit teintée d'extrémisme, ils en viennent rarement aux actions. A l'inverse, à Gaza, cette communauté concentre principalement ses efforts sur des actions violentes liées au jihad contre les infidels (salafiya jidahiya).
Le point intéressant de cette étude est son interrogation sur la capacité de groupuscules inspirés d'AQ à émerger à Gaza. Il n'y a certes pas d'argumentaire révolutionnaire, mais je ne pense pas l'avoir déjà vu présenter aussi clairement. Plusieurs facteurs jouent, dont voici les principaux :
En fait, on apprend que de nombreux membres de ces groupes sont des anciens du Hamas qui ont quitté le groupe nationaliste, parce qu'ils ne le trouvaient plus assez radical dans la mise en place de la charia et vis-à-vis d'Israël. Pour autant, les auteurs ne se veulent pas alarmistes ; il est, selon eux, peu probable qu'AQ s'implante dans la zone. Cela se voit déjà dans le fait que les communications ont jusqu'à présent plus fonctionné dans le sens Gaza vers AQ plutôt que l'inverse. Plusieurs raisons toutefois justifient cette position qui me paraissent pertinentes :
* La relation entre le Hamas et Al Qa'ida est très tumultueuse et le groupe palestinien ne permettra pas à AQ de faire sa niche à Gaza.
* Peu de Palestiniens ont envie de voir leur cause diluer dans une cause globale. Bien des membres de ces groupuscules sont avant tout guidés par un jihad local plutôt que global, ce qui s'oppose à ce qui est prôné par AQ. En outre, ce que recherchent les Palestiniens, c'est leur souveraineté politique et le contrôle de leur vie.
Si les communications établies jusqu'à aujourd'hui ont peu émané d'Al Qa'ida, les auteurs estiment que cela peut se justifier par le fait que le groupe terroriste conserve ses soupçons sur la validité des revendications de ces groupes et également le fait qu'ils veulent peut-être attendre qu'un ou plusieurs groupes se voient véritablement et sérieusement établis pour installer une chaîne de communication plus institutionnelle.
Pour finir, les auteurs n'écartent néanmoins pas le potentiel pour qu'Al Qa'ida puisse se faire son trou, notamment à Gaza. En effet, ils expliquent que le Hamas peut parfois utiliser des techniques, comme les hommages publiques à un kamikaze après un attentat-suicide, qui pourrait brouiller les lignes de séparation entre les deux. Al Qa'ida pourrait instrumentaliser ces méthodes de sorte qu'il parvienne à combiner, à l'insu du Hamas, le "jihad proche" et le "jihad lointain". Je reste sceptique sur ce point, notamment parce que les attentats suicides se font rarissimes et parce que le Hamas ne semble pas dans une logique vertement irrationnelle et frontale contre Israël, comme pourrait l'indiquer leur politique d'empêcher des groupes palestiniens de tirer des roquettes depuis Gaza.
L'étude de Yoram Cohen et Matthew Levitt prend ce sujet avec beaucoup de pincettes. Ils ne tiennent surtout pas à enfler une menace qui reste très peu perceptible et très concentrée. Les exemples cités sont souvent presque anecdotiques, notamment lorsqu'ils évoquent les actions parfois d'individus isolés en Cisjordanie ou d'Arabes israéliens. (La nuit porte parfois conseil et je me suis dit qu'il serait bon de rajouter un point sur le salafisme prêché à Gaza et celui prêché en Cisjordanie) L'étude remarque une différence importante entre les deux zones. En Cisjordanie, le la communauté salafiste focalise ses efforts principalement sur la prêche et les activités prosélytes (salafiya dawiya). En d'autres termes, bien que leur rhétorique soit teintée d'extrémisme, ils en viennent rarement aux actions. A l'inverse, à Gaza, cette communauté concentre principalement ses efforts sur des actions violentes liées au jihad contre les infidels (salafiya jidahiya).
Le point intéressant de cette étude est son interrogation sur la capacité de groupuscules inspirés d'AQ à émerger à Gaza. Il n'y a certes pas d'argumentaire révolutionnaire, mais je ne pense pas l'avoir déjà vu présenter aussi clairement. Plusieurs facteurs jouent, dont voici les principaux :
- L'occupation qui est évidemment un facteur aggravant,
- La corruption ambiante,
- Les moyens de communication, notamment Internet, qui permettent de rentrer en contact avec des idéologies hyper radicales.
En fait, on apprend que de nombreux membres de ces groupes sont des anciens du Hamas qui ont quitté le groupe nationaliste, parce qu'ils ne le trouvaient plus assez radical dans la mise en place de la charia et vis-à-vis d'Israël. Pour autant, les auteurs ne se veulent pas alarmistes ; il est, selon eux, peu probable qu'AQ s'implante dans la zone. Cela se voit déjà dans le fait que les communications ont jusqu'à présent plus fonctionné dans le sens Gaza vers AQ plutôt que l'inverse. Plusieurs raisons toutefois justifient cette position qui me paraissent pertinentes :
* La relation entre le Hamas et Al Qa'ida est très tumultueuse et le groupe palestinien ne permettra pas à AQ de faire sa niche à Gaza.
* Peu de Palestiniens ont envie de voir leur cause diluer dans une cause globale. Bien des membres de ces groupuscules sont avant tout guidés par un jihad local plutôt que global, ce qui s'oppose à ce qui est prôné par AQ. En outre, ce que recherchent les Palestiniens, c'est leur souveraineté politique et le contrôle de leur vie.
Si les communications établies jusqu'à aujourd'hui ont peu émané d'Al Qa'ida, les auteurs estiment que cela peut se justifier par le fait que le groupe terroriste conserve ses soupçons sur la validité des revendications de ces groupes et également le fait qu'ils veulent peut-être attendre qu'un ou plusieurs groupes se voient véritablement et sérieusement établis pour installer une chaîne de communication plus institutionnelle.
Pour finir, les auteurs n'écartent néanmoins pas le potentiel pour qu'Al Qa'ida puisse se faire son trou, notamment à Gaza. En effet, ils expliquent que le Hamas peut parfois utiliser des techniques, comme les hommages publiques à un kamikaze après un attentat-suicide, qui pourrait brouiller les lignes de séparation entre les deux. Al Qa'ida pourrait instrumentaliser ces méthodes de sorte qu'il parvienne à combiner, à l'insu du Hamas, le "jihad proche" et le "jihad lointain". Je reste sceptique sur ce point, notamment parce que les attentats suicides se font rarissimes et parce que le Hamas ne semble pas dans une logique vertement irrationnelle et frontale contre Israël, comme pourrait l'indiquer leur politique d'empêcher des groupes palestiniens de tirer des roquettes depuis Gaza.
lundi 11 janvier 2010
Une bonne nouvelle #3
Enfin, si cela se confirme bien entendu. Selon des informations de l'agence de presse chinoise Xinhuan, le Hamas va prendre des mesures pour mettre fin aux tirs de roquettes sur Israël en provenance de Gaza. En effet, il faut bien comprendre que les roquettes artisanales ne sont souvent pas le fait du groupe nationaliste palestinien, mais d'autres groupuscules comme le Jihad islamique.
Toujours selon l'agence de presse, le Hamas déploierait des patrouilles de police pour surveiller les zones de tirs. La logique est assez simple et consiste à ne pas donner à l'Etat hébreu des raisons de lancer des raids aériens sur Gaza. Toutefois, je n'ai pas trouvé d'autre source confirmant ces informations.
Toujours selon l'agence de presse, le Hamas déploierait des patrouilles de police pour surveiller les zones de tirs. La logique est assez simple et consiste à ne pas donner à l'Etat hébreu des raisons de lancer des raids aériens sur Gaza. Toutefois, je n'ai pas trouvé d'autre source confirmant ces informations.
jeudi 17 septembre 2009
NPR parle du rapport de l'ONU sur le conflit à Gaza
Je n'ai malheureusement pas trop le temps pour le moment de lire les 545 pages du rapport de l'ONU sur le conflit de Gaza en début d'année, mais je vous recommande l'écoute de ce reportage de NPR, la radio publique américaine. (Pour les abonnés au flux RSS, il faut vous rendre sur le site pour écouter le lien embedded).
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jeudi 20 août 2009
L'épisode alqa'idesque à Gaza
J'aimerais revenir sur les évènements du weekend qui ont vu l'affrontement entre le Hamas et Jund Ansar Allah (les Soldats des Compagnons de Dieu). Ce n'est pas la première fois que le Hamas doit combattre des mouvements rebelles à Gaza. Ce fut déjà le cas avec Jaish al-Islam, qui s'est fait connaître par les enlèvements du soldat israélien Gilad Shalit - qu'ils ont donné au Hamas après - et du journaliste de la BBC Alan Johnston en 2007.
Ces groupes sont des dissidents de l'autorité du Hamas. Le Crisis Group a consacré un rapport à ce sujet il y a quelques années. Certains, comme Jaish al-Islam, sont plus dans une lutte de pouvoir - pour JaI, on pourrait même se demander si le groupe ne relève pas plus du gang. D'autres, comme Jund Ansar Allah, critiquent le Hamas sur le plan religieux. L'objectif de ce groupe salafiste était d'instaurer un émirat islamique régi par la Chariah à Gaza. Vendredi dernier, le Sheikh Abu al-Nour al-Maqdisi a prêté allégeance à Al Qa'ida. Il est difficile d'établir des liens entre ce groupe et le groupe d'Oussama Ben Laden. Il semblerait que les partisans de ce groupe aient combattu en Iraq et en Afghanistan.
Il y a deux implications à cet évènement :
* Certes, l'objectif de détruire ce groupe a guidé les actions radicales du Hamas, et on pourrait en déduire que le groupe nationaliste palestinien ne tolère aucune opposition. Mais, on peut également réaffirmer qu'il n'y aucune sympathie du Hamas pour Al Qa'ida, fait déjà établi par ailleurs.
* Toutefois, on peut également tirer la conclusion que l'idéologie d'Al Qa'ida a réussi à pénétrer Gaza. Certains diront que ce n'est pas surprenant à la lumière des actions israéliennes, mais dans un environnement où le Hamas règne en maître despotique, c'est notable. Dans quelle mesure est-elle présente ? Dans quelle mesure défie-t-elle l'autorité du Hamas ? Cela a-t-il un impact sur les pratiques du Hamas ? Au niveau religieux notamment, remarque-t-on une radicalisation des discours religieux liés à cette montée du salafisme ?
La NEFA Foundation a récupéré deux vidéos d'al-Maqdisi datées de la semaine dernière. Elles sont sans équivoque sur la radicalité idéologique et sur les intentions.
Ces groupes sont des dissidents de l'autorité du Hamas. Le Crisis Group a consacré un rapport à ce sujet il y a quelques années. Certains, comme Jaish al-Islam, sont plus dans une lutte de pouvoir - pour JaI, on pourrait même se demander si le groupe ne relève pas plus du gang. D'autres, comme Jund Ansar Allah, critiquent le Hamas sur le plan religieux. L'objectif de ce groupe salafiste était d'instaurer un émirat islamique régi par la Chariah à Gaza. Vendredi dernier, le Sheikh Abu al-Nour al-Maqdisi a prêté allégeance à Al Qa'ida. Il est difficile d'établir des liens entre ce groupe et le groupe d'Oussama Ben Laden. Il semblerait que les partisans de ce groupe aient combattu en Iraq et en Afghanistan.
Il y a deux implications à cet évènement :
* Certes, l'objectif de détruire ce groupe a guidé les actions radicales du Hamas, et on pourrait en déduire que le groupe nationaliste palestinien ne tolère aucune opposition. Mais, on peut également réaffirmer qu'il n'y aucune sympathie du Hamas pour Al Qa'ida, fait déjà établi par ailleurs.
* Toutefois, on peut également tirer la conclusion que l'idéologie d'Al Qa'ida a réussi à pénétrer Gaza. Certains diront que ce n'est pas surprenant à la lumière des actions israéliennes, mais dans un environnement où le Hamas règne en maître despotique, c'est notable. Dans quelle mesure est-elle présente ? Dans quelle mesure défie-t-elle l'autorité du Hamas ? Cela a-t-il un impact sur les pratiques du Hamas ? Au niveau religieux notamment, remarque-t-on une radicalisation des discours religieux liés à cette montée du salafisme ?
La NEFA Foundation a récupéré deux vidéos d'al-Maqdisi datées de la semaine dernière. Elles sont sans équivoque sur la radicalité idéologique et sur les intentions.
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lundi 10 août 2009
Human Rights Watch condamne les roquettes depuis Gaza
Un nouveau rapport de Human Rights Watch dénonce les attaques de roquettes depuis la Bande de Gaza en direction d'Israël. HRW note que ces attaques sont en violation des lois de la guerre à plusieurs niveaux. Tout d'abord, elles ciblent explicitement une population civile. Ensuite, le manque de précision des roquettes artisanales Qassam les rend également contraires aux lois de la guerre, car elles ne sont pas dirigées sur une cible précise. Enfin, les roquettes sont tirées depuis des zones à forte population à Gaza mettant les Gazaouites eux-mêmes en danger.
Le rapport se penche plus particulièrement sur les roquettes tirées depuis novembre 2008, fin des six mois de trêve. Trois Israéliens ont été tués, des dizaines blessés.
Ce qui est intéressant dans ce rapport, ce n'est pas tant le contenu qui est connu que l'approche. Human Rights Watch a déjà publié plusieurs rapports sur le sujet depuis le conflit à Gaza en début d'année. Le premier date de mars 2009 et se concentrait sur l'usage illégal de phospore blanc, donc le côté israélien. Le second date d'avril et se focalisait sur la violence politique du Hamas à Gaza, donc le côté palestinien. Le troisième est sorti en juin et abordait les attaques de civils à Gaza par les drones israéliens. Et maintenant le quatrième sur le côté palestinien. Il reste encore deux rapports à publier sur l'après conflit de Gaza, donc j'imagine un sur Israël et l'autre sur le Hamas et les autres groupes palestiniens de Gaza. HRW se met un point d'honneur à être le plus équilibré possible dans ses positions. Ce n'est pas une mauvaise chose.
Le rapport se penche plus particulièrement sur les roquettes tirées depuis novembre 2008, fin des six mois de trêve. Trois Israéliens ont été tués, des dizaines blessés.
Ce qui est intéressant dans ce rapport, ce n'est pas tant le contenu qui est connu que l'approche. Human Rights Watch a déjà publié plusieurs rapports sur le sujet depuis le conflit à Gaza en début d'année. Le premier date de mars 2009 et se concentrait sur l'usage illégal de phospore blanc, donc le côté israélien. Le second date d'avril et se focalisait sur la violence politique du Hamas à Gaza, donc le côté palestinien. Le troisième est sorti en juin et abordait les attaques de civils à Gaza par les drones israéliens. Et maintenant le quatrième sur le côté palestinien. Il reste encore deux rapports à publier sur l'après conflit de Gaza, donc j'imagine un sur Israël et l'autre sur le Hamas et les autres groupes palestiniens de Gaza. HRW se met un point d'honneur à être le plus équilibré possible dans ses positions. Ce n'est pas une mauvaise chose.
lundi 3 août 2009
La baignade à Gaza
Visiblement, la baignade à Gaza, ce n'est plus ce que c'était. Se baigner sans t-shirt pour un homme est réprimé par le ministère des Affaires religieuses. Présenter en vitrines des mannequins en sous-vêtements subit le même traitement. A Gaza, on ne peut plus faire grand chose...
(photo: Antonio Olmos/Guardian)
jeudi 16 juillet 2009
Un rapport qui accuse Israël d'abus à Gaza
Un nouveau rapport vient enfoncer le clou sur l'usage exagéré de violence durant le conflit à Gaza au début de l'année. Une ONG de réservistes israéliens, Rompre le silence, a publié un rapport dans lequel ont témoigné 26 soldats sous couvert d'anonymat.
Ils expliquent que l'armée israélienne a abusé de sa puissance à de nombreuses reprises, voire parfois simplement "pour se la jouer", tant vis-à-vis des infrastructures que des Palestiniens.
L'armée israélienne s'est plainte que ces témoignages étaient anonymes et que le rapport ne contient que de vagues références, ce qui ne permet pas de vérifier ces compte-rendus.
Ils expliquent que l'armée israélienne a abusé de sa puissance à de nombreuses reprises, voire parfois simplement "pour se la jouer", tant vis-à-vis des infrastructures que des Palestiniens.
L'armée israélienne s'est plainte que ces témoignages étaient anonymes et que le rapport ne contient que de vagues références, ce qui ne permet pas de vérifier ces compte-rendus.
vendredi 6 février 2009
Quand le Hamas veut être le principal pourvoyer d'aide humanitaire (Mis à jour)
Point de passage de Kerem Shalom
Avant hier, des membres armés du Hamas ont cambriolé 3500 couvertures et 406 colis de nourriture dans un local de l'agence de l'ONU en charge de la collecte et de la distribution d'aide humanitaire à Gaza. Cette aide était destinée à 500 familles. Le communiqué de presse de l'UNRWA explique que cette opération du Hamas s'est déroulée après que l'agence de l'ONU a refusé de donner l'aide en question au Ministère des Affaires Sociales dirigé par le Hamas.
Cela soulève plusieurs questions. Après l'offensive israélienne à Gaza, l'UNRWA peut-elle dument faire son travail sans être inquiété par le Hamas à la recherche de dons humanitaires pour booster sa popularité auprès de la population ? Si jamais cet évènement venait à se reproduire, comment les Etats-Unis - le plus gros donateur-pays - et l'Union Européenne - le plus gros donneur-multilatéral - réagiraient-ils ?
Selon des représentants de l'UNRWA sur place, c'est la première fois qu'une telle action est menée contre eux. L'article de Haaretz cite un porte-parole de l'armée affirmant le contraire. J'ai fait une recherche et je crois qu'il y a un problème de compréhension, soit au niveau de l'armée ou des journalistes. En fait, ce n'est pas la première fois que le Hamas emploie la force pour voler des cargaisons d'aide humanitaire, mais ils n'ont jamais cambriolé un bâtiment de l'ONU.
Une récente étude de WINEP a montré qu'il existait des failles au sein de l'UNRWA. Selon ce rapport, l'UNRWA ne prend pas suffisamment de mesures pour s'assurer que ces employés ne soutiennent pas le terrorisme ou le Hamas. Il souligne toutefois que c'est une tache particulièrement difficile à mettre en oeuvre, car sur les 29000 employés dans les camps de réfugiés, seuls 200 employés ne sont pas des réfugiés palestiniens, ce qui signifie nécessairement qu'une partie d'entre eux partagent les idées du Hamas. L'étude montre également qu'il n'est pas impossible que le Hamas ait infiltré l'UNRWA.
Si cet incident venait à se généraliser, cela compliquerait la tâche d'une distribution humanitaire sans passer par le Hamas, ce que recherche l'UE et les Etats-Unis, car ils ne veulent pas négocier avec le groupe islamiste. En effet, pour les donateurs, une aide humanitaire qui passerait par le Hamas serait synonyme de renforcement du groupe à Gaza et au sein de la population, un moyen pour l'organisation islamiste de manipuler l'aide humanitaire. Le Hamas s'est construit autour de cet engagement social auprès de la population ; ces efforts lui ont permis de gagner en légitimité et en popularité au sein des Palestiniens. Pas de surprise donc qu'ils veuillent poursuivre l'initiative aujourd'hui. (Lire à ce sujet le fascinant chapitre de Glenn Robinson, "Hamas as Social Movement", dans l'ouvrage de Quintan Wiktorowicz, Islamic Activity).
***UPDATE***
Une deuxième attaque s'est produite aujourd'hui contre un cargo humanitaire de l'UNRWA. Le Hamas a détourné dix camions un peu après le passage de Kerem Shalom. Cette attaque du groupe palestinien est la goutte qui a fait déborder le vase. L'agence de l'ONU a en effet décidé de suspendre ses livraisons. "La suspension des importations de l'UNRWA restera en place jusqu'à ce que l'aide soit remise et que l'agence reçoive des assurances crédibles du gouvernement du Hamas à Gaza qu'il n'y aura pas de nouveau vol", explique le communiqué de presse.
Avant hier, des membres armés du Hamas ont cambriolé 3500 couvertures et 406 colis de nourriture dans un local de l'agence de l'ONU en charge de la collecte et de la distribution d'aide humanitaire à Gaza. Cette aide était destinée à 500 familles. Le communiqué de presse de l'UNRWA explique que cette opération du Hamas s'est déroulée après que l'agence de l'ONU a refusé de donner l'aide en question au Ministère des Affaires Sociales dirigé par le Hamas.
Cela soulève plusieurs questions. Après l'offensive israélienne à Gaza, l'UNRWA peut-elle dument faire son travail sans être inquiété par le Hamas à la recherche de dons humanitaires pour booster sa popularité auprès de la population ? Si jamais cet évènement venait à se reproduire, comment les Etats-Unis - le plus gros donateur-pays - et l'Union Européenne - le plus gros donneur-multilatéral - réagiraient-ils ?
Selon des représentants de l'UNRWA sur place, c'est la première fois qu'une telle action est menée contre eux. L'article de Haaretz cite un porte-parole de l'armée affirmant le contraire. J'ai fait une recherche et je crois qu'il y a un problème de compréhension, soit au niveau de l'armée ou des journalistes. En fait, ce n'est pas la première fois que le Hamas emploie la force pour voler des cargaisons d'aide humanitaire, mais ils n'ont jamais cambriolé un bâtiment de l'ONU.
Une récente étude de WINEP a montré qu'il existait des failles au sein de l'UNRWA. Selon ce rapport, l'UNRWA ne prend pas suffisamment de mesures pour s'assurer que ces employés ne soutiennent pas le terrorisme ou le Hamas. Il souligne toutefois que c'est une tache particulièrement difficile à mettre en oeuvre, car sur les 29000 employés dans les camps de réfugiés, seuls 200 employés ne sont pas des réfugiés palestiniens, ce qui signifie nécessairement qu'une partie d'entre eux partagent les idées du Hamas. L'étude montre également qu'il n'est pas impossible que le Hamas ait infiltré l'UNRWA.
Si cet incident venait à se généraliser, cela compliquerait la tâche d'une distribution humanitaire sans passer par le Hamas, ce que recherche l'UE et les Etats-Unis, car ils ne veulent pas négocier avec le groupe islamiste. En effet, pour les donateurs, une aide humanitaire qui passerait par le Hamas serait synonyme de renforcement du groupe à Gaza et au sein de la population, un moyen pour l'organisation islamiste de manipuler l'aide humanitaire. Le Hamas s'est construit autour de cet engagement social auprès de la population ; ces efforts lui ont permis de gagner en légitimité et en popularité au sein des Palestiniens. Pas de surprise donc qu'ils veuillent poursuivre l'initiative aujourd'hui. (Lire à ce sujet le fascinant chapitre de Glenn Robinson, "Hamas as Social Movement", dans l'ouvrage de Quintan Wiktorowicz, Islamic Activity).
***UPDATE***
Une deuxième attaque s'est produite aujourd'hui contre un cargo humanitaire de l'UNRWA. Le Hamas a détourné dix camions un peu après le passage de Kerem Shalom. Cette attaque du groupe palestinien est la goutte qui a fait déborder le vase. L'agence de l'ONU a en effet décidé de suspendre ses livraisons. "La suspension des importations de l'UNRWA restera en place jusqu'à ce que l'aide soit remise et que l'agence reçoive des assurances crédibles du gouvernement du Hamas à Gaza qu'il n'y aura pas de nouveau vol", explique le communiqué de presse.
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dimanche 25 janvier 2009
UNOSAT et les dernières images de Gaza
UNOSAT, l'agence d'images satellites des Nations Unies, a rendu public une nouvelle série de photos de la bande de Gaza. Les images ont été prises le 15 janvier.
Photo-reportages saisissants sur Israël-Gaza
Le New York Times a publié sur son site Internet deux reportages photo saisissants sur Israël et Gaza. Le premier a été réalisé par Moises Saman, photographe freelance, en Israël. Le photographe s'est rendu à Ashkélon, une des villes cibles des roquettes en provenance de la bande de Gaza. Il y a également d'excellents clichés de soldats israéliens.
Le deuxième photo-reportage est de Taylor Hicks, dont j'avais déjà pu apprécier les clichés auparavant, car il fait partie du staff du quotidien. Hicks était lui à Gaza. Ses photos sont tout aussi prenantes. Il a suivi les funérailles d'une famille qui a perdu 28 membres lors d'un bombardement israélien.
Les deux photo-reportages sont accompagnés de commentaires audio de bonne facture. Ce que j'apprécie dans la démarche est qu'il n'y a pas de partialité. Chaque photographe expose une situation. Elle n'est pas comparable et elle n'est mise sur le même pied d'égalité que par le même nombre de photos - 19 pour chaque reportage.
Le deuxième photo-reportage est de Taylor Hicks, dont j'avais déjà pu apprécier les clichés auparavant, car il fait partie du staff du quotidien. Hicks était lui à Gaza. Ses photos sont tout aussi prenantes. Il a suivi les funérailles d'une famille qui a perdu 28 membres lors d'un bombardement israélien.
Les deux photo-reportages sont accompagnés de commentaires audio de bonne facture. Ce que j'apprécie dans la démarche est qu'il n'y a pas de partialité. Chaque photographe expose une situation. Elle n'est pas comparable et elle n'est mise sur le même pied d'égalité que par le même nombre de photos - 19 pour chaque reportage.
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jeudi 22 janvier 2009
Les journalistes de retour à Gaza
Depuis novembre dernier, les journalistes du monde entier ne pouvaient plus rentrer dans la bande de Gaza. D'ailleurs, il faut que les journalistes français arrêtent de dire "les journalistes occidentaux". Pas plus les Français, les Argentins que les Chinois pouvaient rentrer à Gaza. Bref.
A partir de demain, il semble que l'interdiction d'entrer et sortir de Gaza soit levée. Il faut s'attendre à un beau florilège d'images de bâtiments détruits, d'enfants blessés... Les journalistes vont s'en donner à cœur joie et Israël va en prendre pour son grade.
Ce qui risque d'être intéressant, c'est de voir une guerre de l'information en décalé. Pendant le conflit à Gaza, seuls les Israéliens pouvaient vraiment mettre en place une structure d'encadrement pour les médias. Peu de journalistes se sont pris au jeu, à l'exception peut-être de Joe le Plombier (cf. vidéo) qui a eu droit à une visite guidée de Sdérot comme les Israéliens auraient voulu que plus de journalistes fassent aussi diligemment que lui.
Le Hamas était cantonné à des communiqués de presse et à des interventions de porte-parole à la télévision. Désormais, ce sera le contraire. Le Hamas va lancer une belle stratégie de communication pour que les journalistes ne ratent rien de la violence de l'offensive israélienne et rapporte "les horreurs de l'ennemi sioniste". Un vrai jeu de dupes!
A partir de demain, il semble que l'interdiction d'entrer et sortir de Gaza soit levée. Il faut s'attendre à un beau florilège d'images de bâtiments détruits, d'enfants blessés... Les journalistes vont s'en donner à cœur joie et Israël va en prendre pour son grade.
Ce qui risque d'être intéressant, c'est de voir une guerre de l'information en décalé. Pendant le conflit à Gaza, seuls les Israéliens pouvaient vraiment mettre en place une structure d'encadrement pour les médias. Peu de journalistes se sont pris au jeu, à l'exception peut-être de Joe le Plombier (cf. vidéo) qui a eu droit à une visite guidée de Sdérot comme les Israéliens auraient voulu que plus de journalistes fassent aussi diligemment que lui.
Le Hamas était cantonné à des communiqués de presse et à des interventions de porte-parole à la télévision. Désormais, ce sera le contraire. Le Hamas va lancer une belle stratégie de communication pour que les journalistes ne ratent rien de la violence de l'offensive israélienne et rapporte "les horreurs de l'ennemi sioniste". Un vrai jeu de dupes!
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lundi 19 janvier 2009
Tensions dans les relations entre Israël et la Turquie
La Turquie est le meilleur allié d'Israël dans le monde musulman. C'est le premier pays musulman à avoir reconnu Israël en 1949. Il est vrai que les relations entre les deux Etats ont connu des hauts et des bas, mais dans l'ensemble, la relation est plutôt positive. Toutefois, il semble que le conflit à Gaza est réveillé des tensions entre Tel Aviv et Ankara.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'Israël devait être interdit des Nations Unies. "Comment un tel pays, qui ignore totalement et n'applique pas les résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, est-il autorisé à passer par les portes de l'ONU?", a déclaré Erdogan.
Le Ministre des Affaires étrangères turc Ali Babacan a conditionné une potentielle visite de son homologue israélien Tzip Livni à des avancées sur les conditions du cessez-le-feu. "Ne venez pas en Turquie si c'est pour montrer que vous avez de bonnes relations avec nous", a affirmé Babacan.
Ian Lessing du German Marshall Fund déclarait au quotidien turc Hürriyet que la réaction de l'opinion publique turque à l'offensive était compréhensible et même la mise en accord de la garde politique turque sur les sentiments de sa population. Par contre, explique Lessing, à Washington, le ton employé par les dirigeants turcs soulèvent quelques questions. Selon lui, la férocité de certains propos peut avoir des conséquences à long terme sur l'opinion publique turque et gravement affecter les relations avec les Etats-Unis et Israël.
En même temps, les Turcs sont probablement les plus mauvais alliés des Américains, tant le degré d'impopularité des politiques américaines y est fort. Ils font mieux que les Français, pourtant champions dans de nombreuses catégories. En 2008, 12% de la population turque avait une vision positive des Etats-Unis.
La question est de savoir comment les relations turco-israéliennes vont évoluer dans les prochaines semaines. Etait-ce une simple posture politique de la part des autorités turques avant de repartir à la normale ? Peut-on envisager un nouveau virage dans les relations entre les deux pays ? Quid du rôle de médiateur entre Israël et la Syrie ?
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'Israël devait être interdit des Nations Unies. "Comment un tel pays, qui ignore totalement et n'applique pas les résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU, est-il autorisé à passer par les portes de l'ONU?", a déclaré Erdogan.
Le Ministre des Affaires étrangères turc Ali Babacan a conditionné une potentielle visite de son homologue israélien Tzip Livni à des avancées sur les conditions du cessez-le-feu. "Ne venez pas en Turquie si c'est pour montrer que vous avez de bonnes relations avec nous", a affirmé Babacan.
Ian Lessing du German Marshall Fund déclarait au quotidien turc Hürriyet que la réaction de l'opinion publique turque à l'offensive était compréhensible et même la mise en accord de la garde politique turque sur les sentiments de sa population. Par contre, explique Lessing, à Washington, le ton employé par les dirigeants turcs soulèvent quelques questions. Selon lui, la férocité de certains propos peut avoir des conséquences à long terme sur l'opinion publique turque et gravement affecter les relations avec les Etats-Unis et Israël.
En même temps, les Turcs sont probablement les plus mauvais alliés des Américains, tant le degré d'impopularité des politiques américaines y est fort. Ils font mieux que les Français, pourtant champions dans de nombreuses catégories. En 2008, 12% de la population turque avait une vision positive des Etats-Unis.
La question est de savoir comment les relations turco-israéliennes vont évoluer dans les prochaines semaines. Etait-ce une simple posture politique de la part des autorités turques avant de repartir à la normale ? Peut-on envisager un nouveau virage dans les relations entre les deux pays ? Quid du rôle de médiateur entre Israël et la Syrie ?
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L'opinion publique américaine sur le conflit à Gaza
Le Pew Research Center for the People & the Press a sorti un sondage il y a quelques jours sur l'opinion publique américaine. C'est intéressant de le mettre en perspective avec les résultats d'une enquête - beaucoup plus sommaire - réalisée auprès de la population française.
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lundi 12 janvier 2009
Le sondage de CSA/Le Parisien sur Gaza est étonnant
Je me souviens des premières phrases du chapitre sur le Proche Orient qu'Hubert Védrine consacre dans Les Mondes de François Mitterrand. Il affirmait qu'à son arrivée en 1981, l'opinion française était plutôt pro-israélienne. Cela m'a toujours étonné, parce que depuis la guerre de 1967, la France a eu des relations courtoises, au mieux, avec l'Etat hébreu, loin des relations très proches des années 1950.
Peut-être est-ce une tendance plutôt présente chez les jeunes aujourd'hui, mais je ne pense pas que Védrine pourrait toujours tenir le même propos aujourd'hui. Ce n'est certainement pas ce qui ressort de la couverture médiatique générale. Pour autant, le conflit à Gaza a ouvert une nouvelle brèche dans l'analyse des médias français sur la question. A la télé, à la radio, dans les journaux, on retrouve toujours "opération militaire brutale à Gaza et le Hamas continue ses tirs de roquettes". Cette association que les tirs de roquettes ont provoqué l'intervention de Tsahal semble jouer sur l'opinion française. Au regard d'un sondage du CSA publié dans le Parisien, les Français sont divisés sur la question du principal responsable des violences actuelles. 18% pensent que la faute incombe au gouvernement israélien, contre 23% au Hamas. 28% s'accordent sur une responsabilité commune des deux et 31% ne se prononcent pas. Le détail du sondage est à l'image de ces résultats : une répartition assez égale pour chaque partie.
On peut noter que les jeunes de 15-25 ans sont ceux qui prennent le plus position à l'égard de l'un ou l'autre des acteurs. Seuls 11% estiment que les deux parties sont autant responsables. On remarque également que près d'un tiers des Français, peu importe la catégorie d'âge, ne se prononce pas sur la question. Les tendances politiques ne sont pas même un facteur probant, raison pour laquelle beaucoup d'hommes politiques hésitent à prendre une position claire. En restant prudent, on observe que les partisans des gauches accusent majoritairement le gouvernement israélien, alors que les partisans des droites accusent plutôt le Hamas d'être à l'origine des violences. Un sondage vraiment équilibré.
Peut-être est-ce une tendance plutôt présente chez les jeunes aujourd'hui, mais je ne pense pas que Védrine pourrait toujours tenir le même propos aujourd'hui. Ce n'est certainement pas ce qui ressort de la couverture médiatique générale. Pour autant, le conflit à Gaza a ouvert une nouvelle brèche dans l'analyse des médias français sur la question. A la télé, à la radio, dans les journaux, on retrouve toujours "opération militaire brutale à Gaza et le Hamas continue ses tirs de roquettes". Cette association que les tirs de roquettes ont provoqué l'intervention de Tsahal semble jouer sur l'opinion française. Au regard d'un sondage du CSA publié dans le Parisien, les Français sont divisés sur la question du principal responsable des violences actuelles. 18% pensent que la faute incombe au gouvernement israélien, contre 23% au Hamas. 28% s'accordent sur une responsabilité commune des deux et 31% ne se prononcent pas. Le détail du sondage est à l'image de ces résultats : une répartition assez égale pour chaque partie.
On peut noter que les jeunes de 15-25 ans sont ceux qui prennent le plus position à l'égard de l'un ou l'autre des acteurs. Seuls 11% estiment que les deux parties sont autant responsables. On remarque également que près d'un tiers des Français, peu importe la catégorie d'âge, ne se prononce pas sur la question. Les tendances politiques ne sont pas même un facteur probant, raison pour laquelle beaucoup d'hommes politiques hésitent à prendre une position claire. En restant prudent, on observe que les partisans des gauches accusent majoritairement le gouvernement israélien, alors que les partisans des droites accusent plutôt le Hamas d'être à l'origine des violences. Un sondage vraiment équilibré.
vendredi 9 janvier 2009
La désinformation au coeur du conflit à Gaza
François-Bernard Huyghe, chercheur à l'IRIS, vient de publier une excellente tribune sur le nouveau site d'analyses du centre d'analyses affaires-stratégiques.info. L'analyse porte sur la guerre de l'information qui fait rage entre le Hamas et Israël en se penchant notamment les campagnes menées par l'Etat hébreu et les différentes organisations pro-israéliennes qui travaillent à la cause d'Israël. Voici quelques extraits :
Au moment où nous écrivons, il est impossible de savoir où s’arrêtera l’offensive israélienne à Gaza. Mais une chose est déjà assurée : elle se double d’une guerre de l’informationd'un nouveau type.
Son symptôme le plus visible en est le refus de Tsahal de laisser pénétrer les médias internationaux dans la zone de conflit. Alors que sa tradition était plutôt de tenter de séduire les journalistes par des officiers chargés de la communication, anglophones ou francophones et de contact agréable, la stratégie de la transparence semble terminée, comme l’exploitation du thème "nous sommes une démocratie comme vous".
(...)
les responsables militaires israéliens sont tentés d’appliquer la méthode qui avait réussi aux Britanniques dans la guerre des Malouines : "Pas de médias, pas d’images, pas d’ennuis". Certes, il reste sur place des journalistes palestiniens (puisque vivant sur place), mais les responsables israéliens (devenus quelque peu paranoïaques et persuadés que les journalistes sont soit des adversaires, soit des victimes de l’habile "atrocity propaganda" des Palestiniens) se disent sans doute que, tant qu’à subir la version adverse, au moins elle apparaîtra clairement comme telle : sa source "arabe" la rendra peu crédible. Bien entendu, la stratégie qui consiste à couper le robinet à images échouera : à l’ère numérique, les vidéos prise par des amateurs ou les récits de témoins - ne serait-ce que sur les blogs - ne peuvent plus être censurés. Et l’espoir que les événements de Gaza seront sinon ignorés, du moins minorés, à condition qu’il n’y ait pas des "idiots utiles" pour mettre les morts civiles sur l’agenda des médias est plus qu’une utopie. Les images et les textes dérangeants passeront (y compris ceux issus de source israélienne hostile à la guerre).
(...)
Il s’agit d’un procédé qui n’est pas nouveau : la métapropagande, ou accusation portée contre toute information venant du camp adverse ou favorable aux ennemis d’être en réalité du mensonge et de la propagande. Le principe est "Ils font de la propagande, nous disons la vérité" et son corollaire : "Tout ce qui dessert notre cause a été fabriqué par des manipulateurs ; il faut être naïf pour y croire.". La méthode est d’autant plus efficace qu’elle s’appuie souvent sur un pseudo-effet d’évidence cher aux conspirationnistes : "mais regardez cette photo, vous n’allez pas croire que tel détail soit vraisemblable", même si le spectateur naïf ne voit vraiment rien qui contredise les lois de la physique ou de la vraisemblance. D’autant plus que le public échaudé par quelques trucages notoires (les faux cadavres torturés de Timisoara pendant la révolution roumaine de 1990, par exemple) est souvent enclin à croire que tout n’est qu’illusion et mise en scène. Et tout le monde se souvient des médiamensonges en images des deux guerres du Golfe.
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Les efforts insuffisants de Sarkozy (et l'Occident en général)
Le journal arabe Dar Al Hayat félicite l'engagement français pour un cessez-le-feu à Gaza, mais la chroniqueuse Randa Takieddine ne peut que souligner la faiblesse générale des prises de position occidentales contre Israël.
Selon elle, Israël ne va pas appliquer les demandes pour la simple et bonne raison que l'Occident n'a jamais imposé une réelle pression sur l'Etat hébreu. Elle prend à titre d'exemples les appels répétés et ignorés de la communauté internationale pour l'arrêt de la construction de nouvelles colonies. "Les pressions sont toutes venues sous formes de prises de position verbales", reproche la chroniqueuse.
La question qu'elle pose est de savoir si l'Occident se rend compte que l'offensive israélienne ne va faire que renforcer le Hamas (comme ce fut le cas pour le Hezbollah en 2006) et le transformer en un interlocuteur pour la communauté internationale qui l'a très largement critiqué et puni. Est-ce que l'Occident a conscience que le Hamas va bénéficier du même soutien populaire que le Hezbollah au sortir de la guerre de 2006? "La crainte aujourd'hui est que cette guerre va mener à une recrudescence d'extrémisme au Moyen Orient et à un renforcement du Hamas tout en annihilant le rôle des modérés représentés par l'Autorité palestinienne", écrit-elle.
Selon elle, Israël ne va pas appliquer les demandes pour la simple et bonne raison que l'Occident n'a jamais imposé une réelle pression sur l'Etat hébreu. Elle prend à titre d'exemples les appels répétés et ignorés de la communauté internationale pour l'arrêt de la construction de nouvelles colonies. "Les pressions sont toutes venues sous formes de prises de position verbales", reproche la chroniqueuse.
La question qu'elle pose est de savoir si l'Occident se rend compte que l'offensive israélienne ne va faire que renforcer le Hamas (comme ce fut le cas pour le Hezbollah en 2006) et le transformer en un interlocuteur pour la communauté internationale qui l'a très largement critiqué et puni. Est-ce que l'Occident a conscience que le Hamas va bénéficier du même soutien populaire que le Hezbollah au sortir de la guerre de 2006? "La crainte aujourd'hui est que cette guerre va mener à une recrudescence d'extrémisme au Moyen Orient et à un renforcement du Hamas tout en annihilant le rôle des modérés représentés par l'Autorité palestinienne", écrit-elle.
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