Question - Quelle est la position de l'armée dans cette crise ?
Réponse - « Les nominations de Omar Souleimane à la vice-présidence et d'Ahmad Chafic au poste de Premier ministre, deux militaires, sont un gain pour l'institution militaire. Par ailleurs, l'armée n'est pas entrée en confrontation avec le peuple et n'a pas mis en œuvre la position de fermeté promue par Hosni Moubarak. Comme si elle disait : " Nous pouvons gérer la transition, nous pouvons être avec le peuple, et ce alors que le régime est encore en place ". Ceci dit, nous sommes encore, aujourd'hui, au milieu d'un scénario et non en fin de scénario. Et la direction que va prendre l'armée, politiquement, n'est toujours pas claire. L'armée égyptienne n'a pas franchi le pas qu'avait franchi l'armée tunisienne en poussant le président Ben Ali à partir, mais elle a réussi, elle ou quelqu'un d'autre, à ce que le gouvernement tombe. Aujourd'hui, il est trop tôt pour déterminer la position exacte de l'armée dans cette crise. Mais il est possible que l'armée tente de trouver une porte de sortie honorable pour Moubarak, plus honorable que la déchéance de Ben Ali.
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lundi 31 janvier 2011
L'armée ou l'énigme égyptienne
J'ai peu de temps et je ne peux guère me plonger en profondeur dans cette question du rôle de l'armée dans les événements en Egypte. Toutefois, voici une analyse très pertinente de Paul Salem, directeur du think tank Carnegie à Beyrouth dans un entretien à L'Orient-le Jour :
lundi 24 janvier 2011
Des statistiques sur le système de sécurité et défense du Yémen
Comme beaucoup de pays au Moyen Orient, il n'y a pas de données officielles concernant la sécurité et la défense. Une récente enquête du Yemen Times se tente à cet exercice.
Selon les estimations, l'armée yéménite compterait 600000 soldats. Ce chiffre n'est malheureusement pas explicité, ce qui est dommage, car ce chiffre brut ne permet pas d'avoir une bonne compréhension de l'armée yéménite.
Les services de sécurité et de renseignements sont composés de quatre entités :
* L'appareil de sécurité nationale : Il a été créé en 2002 et constitue le relais d'informations concernant la sécurité de l'Etat.
* Le bureau de sécurité politique : C'est la plus vieille agence créée en 1990 pour unifier les services de renseignements du nord et du sud au moment de l'unification. Avec l'arrivée du précédent service, le bureau de sécurité politique s'occupe aujourd'hui principalement des questions de politique interne. Toutefois, il conserve un avantage important sur le premier, car il est mieux implanté, possède plus d'informations et de réseaux et est dirigé par des hauts cadres, alors que le premier est principalement constitué de jeunes arrivants.
Selon les estimations, l'armée yéménite compterait 600000 soldats. Ce chiffre n'est malheureusement pas explicité, ce qui est dommage, car ce chiffre brut ne permet pas d'avoir une bonne compréhension de l'armée yéménite.
Les services de sécurité et de renseignements sont composés de quatre entités :
* L'appareil de sécurité nationale : Il a été créé en 2002 et constitue le relais d'informations concernant la sécurité de l'Etat.
* Le bureau de sécurité politique : C'est la plus vieille agence créée en 1990 pour unifier les services de renseignements du nord et du sud au moment de l'unification. Avec l'arrivée du précédent service, le bureau de sécurité politique s'occupe aujourd'hui principalement des questions de politique interne. Toutefois, il conserve un avantage important sur le premier, car il est mieux implanté, possède plus d'informations et de réseaux et est dirigé par des hauts cadres, alors que le premier est principalement constitué de jeunes arrivants.
mardi 11 janvier 2011
La légion étrangère aux Emirats Arabes Unis
Tout d'abord, je vous souhaite une excellente année à toutes et à tous. L'année 2011 s'annonce riche en événements et je tâcherai d'être plus actif qu'en 2010.
A ce sujet, mon accès à Internet est devenu quelque plus facile du fait de mon nouveau travail à la Carnegie Endowment for International Peace, non pas à Washington, mais dans leur succursale à Bruxelles. Je ne travaillerai pas directement sur le Moyen Orient, mais ce blog me permettra justement de rester connecter à la région.
Secret Défense révèle aujourd'hui que la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (DBLE) a peut-être trouvé une nouvelle terre d'accueil. Jusqu'à alors posté à Djibouti, l'avenir de la 13 était incertain. Il semblerait que les Emirats soient prêts à les accueillir. La France a annoncé fin 2009 l'implantation d'une base aux EAU. En outre, cette nouvelle affectation concorderait avec la volonté emiratie de se doter de sa propre légion étrangère. A suivre...
A ce sujet, mon accès à Internet est devenu quelque plus facile du fait de mon nouveau travail à la Carnegie Endowment for International Peace, non pas à Washington, mais dans leur succursale à Bruxelles. Je ne travaillerai pas directement sur le Moyen Orient, mais ce blog me permettra justement de rester connecter à la région.
Secret Défense révèle aujourd'hui que la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (DBLE) a peut-être trouvé une nouvelle terre d'accueil. Jusqu'à alors posté à Djibouti, l'avenir de la 13 était incertain. Il semblerait que les Emirats soient prêts à les accueillir. La France a annoncé fin 2009 l'implantation d'une base aux EAU. En outre, cette nouvelle affectation concorderait avec la volonté emiratie de se doter de sa propre légion étrangère. A suivre...
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mardi 1 juin 2010
Une tragédie !
Je tiens à m'excuser pour le peu de posts. Peu de temps, très peu de temps. Une réaction rapide toutefois au raid israélien sur la flottille.
Les détails sont encore difficiles à discerner, donc je ne me précipiterai pas à dresser des conclusions hâtives. Bien entendu, ce raid a mal tourné. Il y a eu un énorme couac dans la préparation. A l'instar de Michael Collins Dunn, je me pose une question essentielle : qui était en charge des opérations ? Comme il le souligne, la marine est relativement récente au sein des forces armées israéliennes et son expérience est plus limitée que les troupes terrestres. L'annulation de la visite de Benyamin Netanyahu à Washington incite de surcroît à penser que quelque chose n'a pas bien fonctionné.
Contrairement à ce que je lis un peu partout, je n'ai aucun doute que les passagers de la flottille étaient effectivement armés. Avec quoi, je ne sais pas et on ne le saura jamais. Un récit détaillé dans la presse israélienne expose une version qui me parait exagérée et parle d'une embuscade où le commando était complètement dépassé et violenté. Qu'il ait été dépassé, je n'en ai aucun doute. Violenté, je n'en suis pas si sûr, du moins pas comme présenté. Les troupes d'élite israéliennes sont hyper entraînées.
Bref, il y a eu un hic dans le système. Quelqu'un a ouvert le feu et le raid a dégénéré. Très clairement, l'usage de la force était ici excessif. Les activistes savaient toutefois qu'il y aurait un raid puisqu'Israël avait prévenu qu'ils arrêteraient le convoi.
C'est un coup de RP formidable et tragique pour la cause palestinienne et anti-israélienne. Les relations avec la Turquie vont de nouveau toucher le fond, voire creuser leur tombe. L'image d'Israël va de nouveau être entachée de manière durable et sérieuse. Les pourparlers qui pointaient du nez sont enterrés jusqu'à nouvel ordre, qui ne devrait pas arriver sous peu. Tragique !
Les détails sont encore difficiles à discerner, donc je ne me précipiterai pas à dresser des conclusions hâtives. Bien entendu, ce raid a mal tourné. Il y a eu un énorme couac dans la préparation. A l'instar de Michael Collins Dunn, je me pose une question essentielle : qui était en charge des opérations ? Comme il le souligne, la marine est relativement récente au sein des forces armées israéliennes et son expérience est plus limitée que les troupes terrestres. L'annulation de la visite de Benyamin Netanyahu à Washington incite de surcroît à penser que quelque chose n'a pas bien fonctionné.
Contrairement à ce que je lis un peu partout, je n'ai aucun doute que les passagers de la flottille étaient effectivement armés. Avec quoi, je ne sais pas et on ne le saura jamais. Un récit détaillé dans la presse israélienne expose une version qui me parait exagérée et parle d'une embuscade où le commando était complètement dépassé et violenté. Qu'il ait été dépassé, je n'en ai aucun doute. Violenté, je n'en suis pas si sûr, du moins pas comme présenté. Les troupes d'élite israéliennes sont hyper entraînées.
Bref, il y a eu un hic dans le système. Quelqu'un a ouvert le feu et le raid a dégénéré. Très clairement, l'usage de la force était ici excessif. Les activistes savaient toutefois qu'il y aurait un raid puisqu'Israël avait prévenu qu'ils arrêteraient le convoi.
C'est un coup de RP formidable et tragique pour la cause palestinienne et anti-israélienne. Les relations avec la Turquie vont de nouveau toucher le fond, voire creuser leur tombe. L'image d'Israël va de nouveau être entachée de manière durable et sérieuse. Les pourparlers qui pointaient du nez sont enterrés jusqu'à nouvel ordre, qui ne devrait pas arriver sous peu. Tragique !
dimanche 28 février 2010
Pourquoi la libération de Gilad Shalit est-elle si importante pour Israël ?
Il y a un bon moment déjà que je me suis posé la question et un article m'avait bien éclairé pour répondre à cette question. Je ne l'ai pas retrouvé, mais j'en ai trouvé trois autres qui sont aussi clairs.
Cette question est en effet tout à fait compréhensible. Le caporal Gilad Shalit est retenu en otage depuis 2006 (que l'on voit dans la vidéo diffusée en octobre 2009). Sa libération est sujette à des débats très émotionnels en Israël, à d'improbables tractations politiques au point que les négociateurs israéliens et palestiniens étaient prêts à échanger 1000 prisonniers palestiniens contre 1 soldat. On se souvient également qu'en 2004, Israël avait échangé les corps de trois soldats israéliens morts contre la libération de 436 prisonniers palestiniens et libanais. Cela est totalement inconcevable pour une armée européenne. Cela va à l'encontre de l'intérêt national et risque d'avoir des répercussions considérables, car ces prisonniers ont tous été emprisonnés pour des activités menés contre un ennemi, qui pour nombre d'entre eux le demeurent, donc les possibilités de récidives sont bien réelles. De plus, c'est une question de perception, car un tel échange serait perçu comme une capitulation d'un camp et une victoire pour l'autre.
jeudi 28 janvier 2010
La réflexion du matin : des CEMA marins, c'est pas commun (mise à jour)
Je viens de voir que le nouveau Chef d'Etat-Major des Armées (CEMA) était l'amiral Edouard Guillaud. Jean-Dominique Merchet lui consacre un petit profil sur son blog, Secret Défense. Et je me suis dit que cela faisait longtemps que le CEMA n'était pas un marin. En effet, le dernier est l'amiral Jacques Lanxade de 1991 à 1995.
Mais, ma réflexion du matin est allée un chouïa plus loin. Cela doit faire longtemps que la France et les Etats-Unis n'ont pas eu en même temps des CEMA marins. Et oui, Mike Mullen est également amiral. J'ai donc vérifié et étrangement, le dernier amiral américain à avoir été CEMA est l'amiral David Jeremiah en 1993, donc en même temps que Lanxade. On l'oublie souvent, parce qu'il était en poste entre deux poids lourds charismatiques de l'histoire militaire américaine du XXe siècle, Colin Powell et John Shalikashvili, mais surtout, parce qu'il n'a jamais été nommé à ce poste et n'était en fonction qu'en attendant l'arrivée de Shalikashvili.
Conclusion : c'est la première fois que deux amiraux, en France et aux Etats-Unis, se retrouvent en même temps nommés au poste suprême pour un militaire. Pour les pékins comme nous, cela ne veut pas dire grand chose, mais les marins sont une race à part dans les armées et donc avoir deux marins à ce poste pourra peut-être faciliter une bonne communication et compréhension.
*** MISE A JOUR ***
Et j'oubliais que le SACEUR était également un marin, l'amiral James Stavridis. Décidément!
Mais, ma réflexion du matin est allée un chouïa plus loin. Cela doit faire longtemps que la France et les Etats-Unis n'ont pas eu en même temps des CEMA marins. Et oui, Mike Mullen est également amiral. J'ai donc vérifié et étrangement, le dernier amiral américain à avoir été CEMA est l'amiral David Jeremiah en 1993, donc en même temps que Lanxade. On l'oublie souvent, parce qu'il était en poste entre deux poids lourds charismatiques de l'histoire militaire américaine du XXe siècle, Colin Powell et John Shalikashvili, mais surtout, parce qu'il n'a jamais été nommé à ce poste et n'était en fonction qu'en attendant l'arrivée de Shalikashvili.
Conclusion : c'est la première fois que deux amiraux, en France et aux Etats-Unis, se retrouvent en même temps nommés au poste suprême pour un militaire. Pour les pékins comme nous, cela ne veut pas dire grand chose, mais les marins sont une race à part dans les armées et donc avoir deux marins à ce poste pourra peut-être faciliter une bonne communication et compréhension.
*** MISE A JOUR ***
Et j'oubliais que le SACEUR était également un marin, l'amiral James Stavridis. Décidément!
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dimanche 20 septembre 2009
La controverse autour du rapport Goldstone
Le rapport Goldstone continue de soulever un bouclier de critiques en Israël. Je n'ai toujours pas eu le temps de le lire, mais je m'y attèlerai sous peu. Juste un rapide post à propos d'une tribune qui m'a surpris, celle de David Landau dans le New York Times. Landau a été rédacteur en chef du quotidien israélien Haaretz de 2004 à 2008. Ce journal est réputé à gauche et a des positions plus critiques vis-à-vis des actions du gouvernement à l'encontre des Palestiniens et des colonies.
Pourtant, Landau est déçu par le rapport Goldstone. Landau reproche au rapport onusien d'affirmer que l'armée israélienne a délibérément visé des civils à Gaza. L'ancien rédacteur en chef cite une phrase du document qui affirme que derrière la présentation officielle du gouvernement de l'Opération Plomb Durci comme une réponse aux attaques de roquette, l'idée était "en partie" de s'attaquer à la population de Gaza dans son intégralité... autrement dit, à la fois le Hamas, mais également les civils.
Selon Landau, cette phrase est malheureuse, car il estime qu'elle est sans fondement et surtout, elle soulève tant de critiques qu'elle empêche un débat nécessaire sur "la conscience d'une nation". En d'autres termes, c'est la phrase de trop.
Je suis allé voir le contexte de cette phrase.
C'est effectivement très ambigu. Les auteurs prennent beaucoup de pincettes pour justifier leur position, mais malgré tout, j'ai l'impression qu'ils défendent cette position plus parce que c'est humainement plus noble. Que Tsahal ait eu recours à une force disproportionnée, cela ne fait aucun doute, que l'on doit condamner cet usage ne fait aucun doute non plus, mais est-il juste de prendre une position non seulement très controversée, mais que les auteurs reconnaissent comme difficiles à confirmer ? Avec la visibilité internationale d'une telle commission, est-il pertinent d'arriver à ce type de conclusions qui reposent sur des suppositions et des interprétations ?
Je sais bien qu'il est commun de dénoncer les attaques de l'IDF et les morts civils, mais de là à considérer que cela est délibéré... Non seulement cela est fort tendancieux, parce que ce type d'accusations est lourd de conséquences et qu'il faut donc plus que des interprétations pour justifier cette position (cette commission a vocation à être neutre et non-partisane), mais surtout, cela donne inutilement de la matière légitimée par le sceau onusien à tous les partisans vraiment biaisés, vraiment haineux à l'encontre d'Israël.
Oui, il faut que justice soit faite pour les victimes civiles. Non, il ne faut pas que pour cela, des conclusions hâtives soient tirées qui vont au-delà du mandat d'une telle commission.
Pourtant, Landau est déçu par le rapport Goldstone. Landau reproche au rapport onusien d'affirmer que l'armée israélienne a délibérément visé des civils à Gaza. L'ancien rédacteur en chef cite une phrase du document qui affirme que derrière la présentation officielle du gouvernement de l'Opération Plomb Durci comme une réponse aux attaques de roquette, l'idée était "en partie" de s'attaquer à la population de Gaza dans son intégralité... autrement dit, à la fois le Hamas, mais également les civils.
Selon Landau, cette phrase est malheureuse, car il estime qu'elle est sans fondement et surtout, elle soulève tant de critiques qu'elle empêche un débat nécessaire sur "la conscience d'une nation". En d'autres termes, c'est la phrase de trop.
Je suis allé voir le contexte de cette phrase.
1680. The Gaza military operations were, according to the Israeli Government, thoroughly and extensively planned. While the Israeli Government has sought to portray its operations as essentially a response to rocket attacks in the exercise of its right to self defence, the Mission considers the plan to have been directed, at least in part, at a different target: the people of Gaza as a whole.
1681. In this respect, the operations were in furtherance of an overall policy aimed at punishing the Gaza population for its resilience and for its apparent support for Hamas, and possibly with the intent of forcing a change in such support. The Mission considers this position to be firmly based in fact, bearing in mind what it saw and heard on the ground, what it read in the accounts of soldiers who served in the campaign, and what it heard and read from current and former military officers and political leaders whom the Mission considers to be representative of the thinking that informed the policy and strategy of the military operations.
1682. The Mission recognizes that the principal focus in the aftermath of military operations will often be on the people who have been killed – more than 1400 in just three weeks. This is rightly so. Part of the functions of reports such as this is to attempt, albeit in a very small way, to restore the dignity of those whose rights have been violated in the most fundamental way of all – the arbitrary deprivation of life. It is important that the international community asserts formally and unequivocally that such violence to the most basic fundamental rights and freedoms of individuals should not be overlooked and should be condemned.
1683. In this respect, the Mission recognizes that not all deaths constitute violations of international humanitarian law. The principle of proportionality acknowledges that under certain strict conditions, actions resulting in the loss of civilian life may not be unlawful. What makes the application and assessment of proportionality difficult in respect of many of the events investigated by the Mission is that deeds by Israeli forces and words of military and political leaders prior to and during the operations indicate that as a whole they were premised on a deliberate policy of disproportionate force aimed not at the enemy but at the “supporting infrastructure.” In practice, this appears to have meant the civilian population.
C'est effectivement très ambigu. Les auteurs prennent beaucoup de pincettes pour justifier leur position, mais malgré tout, j'ai l'impression qu'ils défendent cette position plus parce que c'est humainement plus noble. Que Tsahal ait eu recours à une force disproportionnée, cela ne fait aucun doute, que l'on doit condamner cet usage ne fait aucun doute non plus, mais est-il juste de prendre une position non seulement très controversée, mais que les auteurs reconnaissent comme difficiles à confirmer ? Avec la visibilité internationale d'une telle commission, est-il pertinent d'arriver à ce type de conclusions qui reposent sur des suppositions et des interprétations ?
Je sais bien qu'il est commun de dénoncer les attaques de l'IDF et les morts civils, mais de là à considérer que cela est délibéré... Non seulement cela est fort tendancieux, parce que ce type d'accusations est lourd de conséquences et qu'il faut donc plus que des interprétations pour justifier cette position (cette commission a vocation à être neutre et non-partisane), mais surtout, cela donne inutilement de la matière légitimée par le sceau onusien à tous les partisans vraiment biaisés, vraiment haineux à l'encontre d'Israël.
Oui, il faut que justice soit faite pour les victimes civiles. Non, il ne faut pas que pour cela, des conclusions hâtives soient tirées qui vont au-delà du mandat d'une telle commission.
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vendredi 17 juillet 2009
Comment s'entrainent les pilotes israéliens?
Le blog The Danger Room a un article intéressant sur l'entraînement des pilotes israéliens. La fameuse armée de l'Air israélienne qui arrive à être si crainte en ayant si peu de territoire pour s'entraîner. On se souvient notamment de son coup de force au Soudan il y a quelques mois.
Israël bénéficie de plusieurs terrains d'entraînement. Le terrain physique, dont ne parle pas le post. L'Etat hébreu bénéficie d'accords avec plusieurs pays pour s'entraîner à l'étranger. Le terrain virtuel, le sujet de l'article. Depuis l'année dernière, Israël s'est équippé de plusieurs simulateurs de vol pour des F15 et des F16I. Les simulateurs se trouvent sur la base d'Hatzor. Les pilotes s'y rendent quatre jours par an à hauteur de trois entraînements quotidiens. Visiblement, les simulateurs, créés par Lockheed Martin et supervisés par Elbit, répliquent incroyablement bien les conditions de vol, même par mauvais temps, et prenant en considération l'ennemi, que ce soit des forces aériennes ou des missiles air-sol.
Israël bénéficie de plusieurs terrains d'entraînement. Le terrain physique, dont ne parle pas le post. L'Etat hébreu bénéficie d'accords avec plusieurs pays pour s'entraîner à l'étranger. Le terrain virtuel, le sujet de l'article. Depuis l'année dernière, Israël s'est équippé de plusieurs simulateurs de vol pour des F15 et des F16I. Les simulateurs se trouvent sur la base d'Hatzor. Les pilotes s'y rendent quatre jours par an à hauteur de trois entraînements quotidiens. Visiblement, les simulateurs, créés par Lockheed Martin et supervisés par Elbit, répliquent incroyablement bien les conditions de vol, même par mauvais temps, et prenant en considération l'ennemi, que ce soit des forces aériennes ou des missiles air-sol.
dimanche 24 août 2008
Les colons se comportent mal en Cisjordanie ... envers l'armée
On parle souvent de l'occupation israélienne en Cisjordanie, de l'attitude de l'armée vis-à-vis des Palestiniens, des colonies illégales, de l'oppression etc. Mais, on ne parle jamais de l'attitude des colons vis-à-vis de l'armée. C'est bien un tort. Même dans les colonies illégales, comme à Hebron, Tsahal protège les habitants israéliens. Pour ces ultra-orthodoxes, l'armée est le symbole d'Israël, d'un Etat dont ils ne veulent pas, un Etat qui ne revendique plus "le Grand Israël", qui se désengage de Gaza et qui un jour se désengagera de la Cisjordanie, bref les ultra-orthodoxes ne reconnaissent pas l'autorité de l'administration centrale.
Cette semaine, Yair Lapid, journaliste au Yedioth Ahronoth, consacre sa chronique à l'attitude honteuse des colons à l'égard des militaires, notamment depuis le retrait israélien de Gaza en 2005 :
Le chroniqueur n'hésite pas à critiquer vertement ces comportements, considérant que ces attitudes vont à contre-courant de toutes les valeurs qui unissent les Israéliens. Pour lui, ces écarts de conduite persistants favorisent un détachement israélien à l'égard de la Cisjordanie. "Ces gens créent une situation par laquelle, le jour viendra où les accords seront signés sur la pelouse de Washington", écrit-il, "il sera plus facile d'abandonner ce territoire, qui n'est pas vraiment le notre ; ce territoire où non seulement les lois et le paysage sont différents, mais également les gens."
Cette semaine, Yair Lapid, journaliste au Yedioth Ahronoth, consacre sa chronique à l'attitude honteuse des colons à l'égard des militaires, notamment depuis le retrait israélien de Gaza en 2005 :
Le mouvement des colons aujourd'hui est mené par des groupes sauvages de jeunes qui en ouvertement ras-le-bol d'Israël et de ses institutions. Et cette colère leur fait perdre la tête. Pas un jour ou presque ne se passe sans un incident à l'encontre des forces de sécurité. Un colon arrache le fusil des mains d'un soldat ; un groupe d'enfants hurle "nazis" aux réservistes qui les surveillent ; les jeeps du commandement central de l'armée sont bloquées ; les pneus d'une voiture de police sont crevés.
Le chroniqueur n'hésite pas à critiquer vertement ces comportements, considérant que ces attitudes vont à contre-courant de toutes les valeurs qui unissent les Israéliens. Pour lui, ces écarts de conduite persistants favorisent un détachement israélien à l'égard de la Cisjordanie. "Ces gens créent une situation par laquelle, le jour viendra où les accords seront signés sur la pelouse de Washington", écrit-il, "il sera plus facile d'abandonner ce territoire, qui n'est pas vraiment le notre ; ce territoire où non seulement les lois et le paysage sont différents, mais également les gens."
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dimanche 27 juillet 2008
La crise turque n'est pas simplement religieuse
Steven Cook vient nous éclairer de ses lumières sur la crise politique turque dans les colonnes de Bitterlemons. Ce chercheur au Council on Foreign Relations est l'auteur du remarquable ouvrage Ruling But Not Governing: The Military and Political Development in Egypt, Algeria, and Turkey. L'avis de Cook est que l'actuel marasme en Turquie trouve son origine non pas dans une opposition entre laïques et religieux, mais dans la confrontation pour le pouvoir. En d'autres termes, une opposition entre la vieille garde kémaliste qui a main mise sur le pouvoir depuis les années 1920 environ et la nouvelle génération montante issue de divers horizons qui se retrouve dans l'AKP.
Les troubles actuels étaient prévisibles, estime le chercheur du CFR. Depuis le débat sur la succession au président Ahmet Necdet Sezer, les divergences se sont faites plus violentes. On se souvient de la première opposition à la candidature d'Abdallah Gul, jugé trop religieux, et qui a finalement été élu en août dernier en faisant campagne sur une plateforme moins islamique. Le problème est que l'armée joue un rôle de maintien de l'ordre démocratique et laïque en Turquie et ne pouvait supporter la présidence de Gul. Déjà qu'elle avait accepté un parlement à majorité AKP, il n'était pas concevable que toute l'arène politique soit aux mains des islamiques même modérés.
Ce qui a conduit à cette accusation devant la Cour Constitutionnelle que l'AKP est "un centre d'activité anti-laïque" et que donc le parti doit être radié. L'armée peut compter sur l'appui de nombreux bureaucrates hauts placés dans le système judiciaire. Pour Steven Cook, l'opposition ne se traduit pas par un contentieux religieux, mais par "la radicalisation d'un dialogue national informel (...) sur les sources de pouvoir et de légitimité dans l'ordre politique" turc. La majorité au Parlement de l'AKP, depuis 2002, a renforcé la confiance des religieux dans l'expression publique de leur identité musulmane au sein de la société comme du système politique. Au point que l'AKP a été négligent après la victoire électorale de 2007. Au lieu de proposer des changements graduels de la constitution laïque, ils ont proposé un nouveau document, ce qui ne pouvait que déplaire aux militaires. Mais, c'est la proposition de lever l'interdiction du voile religieux dans les universités publiques en janvier dernier qui a scellé le sort de la crise.
Cook rejoint d'autres analyses sur la forte éventualité de la fermeture de l'AKP. Les auditions commencent demain. Cela l'amène à dresser un tableau assez pessimiste de la situation. Tout d'abord, il estime que le processus de réformes démarré ces dernières années "n'est probablement pas réparable". Dans le cas où la Cour Constitutionnelle venait à voter la fermeture de l'AKP, les problèmes s'intensifieraient. De plus, le chercheur se demande qui gouvernerait, car il ne voit pas d'alternative crédible suffisamment forte en Turquie actuellement. Et enfin, l'AKP compte de nombreux Kurdes, qui se sentiraient bien seuls sans le parti et qui pourraient être tentés de rejoindre le PKK que les Etats-Unis et l'Union Européenne considèrent comme un groupe terroriste.
Les troubles actuels étaient prévisibles, estime le chercheur du CFR. Depuis le débat sur la succession au président Ahmet Necdet Sezer, les divergences se sont faites plus violentes. On se souvient de la première opposition à la candidature d'Abdallah Gul, jugé trop religieux, et qui a finalement été élu en août dernier en faisant campagne sur une plateforme moins islamique. Le problème est que l'armée joue un rôle de maintien de l'ordre démocratique et laïque en Turquie et ne pouvait supporter la présidence de Gul. Déjà qu'elle avait accepté un parlement à majorité AKP, il n'était pas concevable que toute l'arène politique soit aux mains des islamiques même modérés.
Ce qui a conduit à cette accusation devant la Cour Constitutionnelle que l'AKP est "un centre d'activité anti-laïque" et que donc le parti doit être radié. L'armée peut compter sur l'appui de nombreux bureaucrates hauts placés dans le système judiciaire. Pour Steven Cook, l'opposition ne se traduit pas par un contentieux religieux, mais par "la radicalisation d'un dialogue national informel (...) sur les sources de pouvoir et de légitimité dans l'ordre politique" turc. La majorité au Parlement de l'AKP, depuis 2002, a renforcé la confiance des religieux dans l'expression publique de leur identité musulmane au sein de la société comme du système politique. Au point que l'AKP a été négligent après la victoire électorale de 2007. Au lieu de proposer des changements graduels de la constitution laïque, ils ont proposé un nouveau document, ce qui ne pouvait que déplaire aux militaires. Mais, c'est la proposition de lever l'interdiction du voile religieux dans les universités publiques en janvier dernier qui a scellé le sort de la crise.
Cook rejoint d'autres analyses sur la forte éventualité de la fermeture de l'AKP. Les auditions commencent demain. Cela l'amène à dresser un tableau assez pessimiste de la situation. Tout d'abord, il estime que le processus de réformes démarré ces dernières années "n'est probablement pas réparable". Dans le cas où la Cour Constitutionnelle venait à voter la fermeture de l'AKP, les problèmes s'intensifieraient. De plus, le chercheur se demande qui gouvernerait, car il ne voit pas d'alternative crédible suffisamment forte en Turquie actuellement. Et enfin, l'AKP compte de nombreux Kurdes, qui se sentiraient bien seuls sans le parti et qui pourraient être tentés de rejoindre le PKK que les Etats-Unis et l'Union Européenne considèrent comme un groupe terroriste.
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mardi 22 juillet 2008
Soldats US : La promotion de la démocratie n'est pas une priorité
Petit aparté qui certes conserve un intérêt pour le Moyen Orient. Selon un récent sondage publié par The Center for US Global Engagement (pdf), les officiers engagés dans l'armée américaine estiment que l'usage de moyens non-militaires (diplomatie, éducation, programmes d'aide au développement, nourriture...) doit primer sur le recours à la force. Parmi les officiers, ce sentiment est partagé à 52%, 36% jugeant que la proportion actuelle est adéquate. Ils sont 80% à considérer les efforts non-militaires comme importants pour la sauvegarde de la sécurité nationale. La différence est minime avec les officiers de haut rang. 57% favorisent les efforts diplomatiques et 82% les considèrent importants.
Une donnée tout à fait intéressante dans ce sondage est que les officiers, quelque soit leur rang, ne pensent pas que la promotion de la démocratie doit être une priorité essentielle. Ils ne sont que 50% à le penser et cette position arrive en dernier dans les résultats, loin derrière un meilleur entraînement en contre-insurrection (87%), une augmentation des efforts de coopération et de diplomatie (83%) et une amélioration des capacités militaires de réponse rapide (81%), pour ne citer que les plus plébiscitées. Le président George Bush a pourtant privilégié la promotion de la démocratie dans son agenda en matière de politique étrangère.
Une donnée tout à fait intéressante dans ce sondage est que les officiers, quelque soit leur rang, ne pensent pas que la promotion de la démocratie doit être une priorité essentielle. Ils ne sont que 50% à le penser et cette position arrive en dernier dans les résultats, loin derrière un meilleur entraînement en contre-insurrection (87%), une augmentation des efforts de coopération et de diplomatie (83%) et une amélioration des capacités militaires de réponse rapide (81%), pour ne citer que les plus plébiscitées. Le président George Bush a pourtant privilégié la promotion de la démocratie dans son agenda en matière de politique étrangère.
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