Affichage des articles dont le libellé est opération plomb durci. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est opération plomb durci. Afficher tous les articles

lundi 21 septembre 2009

Opération Plomb Durci : analyse

La revue Outre-terre consacre son dernier numéro à Gaza. On y trouve notamment un article de Geostratos sur l'Opération Plomb Durci. L'analyse est succincte et souvent factuelle, ce qui est intéressant. Il y a de nombreux points intéressants autant dans les objectifs que dans les moyens militaires employés. Une partie est consacrée au casse-tête épineux d'agir en territoire urbain. Cette phrase est très intéressante : "Bref, au lieu de penser « terrain » et « technologie », Tsahal est revenu à une vision plus concentrée sur la psychologie adverse : frapper l’ennemi au moral par le biais de coups puissants, bien ciblés et d’une forte intensité permanente." (p.87)

L'auteur explique que le facteur humain a été pris en considération par Tsahal et son analyse parait très pertinente :

Soumettre la volonté adverse plutôt que le terrain par l’intégration du facteur
humain de la bande de Gaza comme un tout dans l’opération :
- Exposition des civils non impliqués à l’épouvante de bombardements incessants
quoique discriminants (cf. l’usage du phosphore blanc) ;
- Refus israélien de laisser fuir les civils de la zone ;
- Faire subir à une population complice des terroristes l’ « expérience » effroyable
de la guerre et des bombardements pour l’effrayer et affaiblir sa détermination ;
- User la volonté de combattre des miliciens et des cadres par la mise en exergue
du fait qu’une partie de la direction du mouvement était à l’abri au Caire et à
Damas. (p.87)


On voit ici une autre interprétation que celle proposée par le rapport Goldstone et je pense qu'elle correspond à la position de l'IDF. Israël n'a pas voulu tuer des civils, mais elle a voulu les effrayer (l'usage des obus fumigènes M825 au phosphore blanc allait dans ce sens). Ce n'est pas moins condamnable, loin de là et j'insiste sur ce point, mais ce n'est pas la même chose que de cibler délibérément et tuer des civils.

dimanche 20 septembre 2009

La controverse autour du rapport Goldstone

Le rapport Goldstone continue de soulever un bouclier de critiques en Israël. Je n'ai toujours pas eu le temps de le lire, mais je m'y attèlerai sous peu. Juste un rapide post à propos d'une tribune qui m'a surpris, celle de David Landau dans le New York Times. Landau a été rédacteur en chef du quotidien israélien Haaretz de 2004 à 2008. Ce journal est réputé à gauche et a des positions plus critiques vis-à-vis des actions du gouvernement à l'encontre des Palestiniens et des colonies.

Pourtant, Landau est déçu par le rapport Goldstone. Landau reproche au rapport onusien d'affirmer que l'armée israélienne a délibérément visé des civils à Gaza. L'ancien rédacteur en chef cite une phrase du document qui affirme que derrière la présentation officielle du gouvernement de l'Opération Plomb Durci comme une réponse aux attaques de roquette, l'idée était "en partie" de s'attaquer à la population de Gaza dans son intégralité... autrement dit, à la fois le Hamas, mais également les civils.

Selon Landau, cette phrase est malheureuse, car il estime qu'elle est sans fondement et surtout, elle soulève tant de critiques qu'elle empêche un débat nécessaire sur "la conscience d'une nation". En d'autres termes, c'est la phrase de trop.

Je suis allé voir le contexte de cette phrase.

1680. The Gaza military operations were, according to the Israeli Government, thoroughly and extensively planned. While the Israeli Government has sought to portray its operations as essentially a response to rocket attacks in the exercise of its right to self defence, the Mission considers the plan to have been directed, at least in part, at a different target: the people of Gaza as a whole.

1681. In this respect, the operations were in furtherance of an overall policy aimed at punishing the Gaza population for its resilience and for its apparent support for Hamas, and possibly with the intent of forcing a change in such support. The Mission considers this position to be firmly based in fact, bearing in mind what it saw and heard on the ground, what it read in the accounts of soldiers who served in the campaign, and what it heard and read from current and former military officers and political leaders whom the Mission considers to be representative of the thinking that informed the policy and strategy of the military operations.

1682. The Mission recognizes that the principal focus in the aftermath of military operations will often be on the people who have been killed – more than 1400 in just three weeks. This is rightly so. Part of the functions of reports such as this is to attempt, albeit in a very small way, to restore the dignity of those whose rights have been violated in the most fundamental way of all – the arbitrary deprivation of life. It is important that the international community asserts formally and unequivocally that such violence to the most basic fundamental rights and freedoms of individuals should not be overlooked and should be condemned.

1683. In this respect, the Mission recognizes that not all deaths constitute violations of international humanitarian law. The principle of proportionality acknowledges that under certain strict conditions, actions resulting in the loss of civilian life may not be unlawful. What makes the application and assessment of proportionality difficult in respect of many of the events investigated by the Mission is that deeds by Israeli forces and words of military and political leaders prior to and during the operations indicate that as a whole they were premised on a deliberate policy of disproportionate force aimed not at the enemy but at the “supporting infrastructure.” In practice, this appears to have meant the civilian population.

C'est effectivement très ambigu. Les auteurs prennent beaucoup de pincettes pour justifier leur position, mais malgré tout, j'ai l'impression qu'ils défendent cette position plus parce que c'est humainement plus noble. Que Tsahal ait eu recours à une force disproportionnée, cela ne fait aucun doute, que l'on doit condamner cet usage ne fait aucun doute non plus, mais est-il juste de prendre une position non seulement très controversée, mais que les auteurs reconnaissent comme difficiles à confirmer ? Avec la visibilité internationale d'une telle commission, est-il pertinent d'arriver à ce type de conclusions qui reposent sur des suppositions et des interprétations ?

Je sais bien qu'il est commun de dénoncer les attaques de l'IDF et les morts civils, mais de là à considérer que cela est délibéré... Non seulement cela est fort tendancieux, parce que ce type d'accusations est lourd de conséquences et qu'il faut donc plus que des interprétations pour justifier cette position (cette commission a vocation à être neutre et non-partisane), mais surtout, cela donne inutilement de la matière légitimée par le sceau onusien à tous les partisans vraiment biaisés, vraiment haineux à l'encontre d'Israël.

Oui, il faut que justice soit faite pour les victimes civiles. Non, il ne faut pas que pour cela, des conclusions hâtives soient tirées qui vont au-delà du mandat d'une telle commission.

lundi 29 décembre 2008

Michael Oren: ce serait une défaite pour le processus de paix si le Hamas n'était pas défait

Michael Oren, auteur de la bible de la politique américaine au Moyen-Orient, et son collègue Klein Halevi, offre un point de vue fort intéressant dans le Wall Street Journal. Au coeur de leur argument, plusieurs points :
- Les Israéliens ont changé de point de vue sur un Etat palestinien : d'abord réticent, ils ont aujourd'hui admis sa nécessité, mais cela peut encore se renverser.
- L'essentiel dans l'opération actuelle est qu'Israël récupère sa force de dissuasion et maintienne le principe que ses citoyens ne peuvent pas être ciblés impunément. Sans cette assurance, il est vain de penser que les Israéliens demeurent enclins à accepter une solution à deux Etats.

En effet, les auteurs expliquent que chaque fois qu'Israël s'est retiré d'un territoire, sa présence a été supplantée par un groupe terroriste qui a menacé son territoire : le Hezbollah au sud-Liban, le Hamas à Gaza. Chaque fois qu'Israël est parti en guerre pour la paix, c'est un tollé international qui s'est abattu sur le pays et l'émergence d'extrème. Oren et Halevi jugent que l'opération de paix pour la Galilée de 1982 a pavé le terrain pour le retour de Yasser Arafat en Cisjordanie et l'émergence du Hezbollah comme force de premier plan au Liban.

Ils estiment que les accusations récurrentes de la communauté internationale à l'encontre de l'Etat hébreu poussent Israël à être réticents à prendre des mesures coercitives quand elle est attaquée. Alors que le Hezbollah tirait des roquettes depuis 2000, Israël ne voulait pas répondre par peur des représailles internationales. En 2006, lors de l'offensive israélienne, elle s'est fait critiquée.

Donc, la question a de nouveau émergé à l'aune de l'opération "Plomb Durci" pour savoir si la communauté internationale allait approuver. Les dirigeants israéliens ont préparé le terrain, Tzipi Livni au Caire, Ehud Olmert sur Al Arabiya.

Oren et Halevi argumentent qu'Israël a besoin de mettre fin au Hamas pour pouvoir recommencer à vraiment croire en une solution à deux Etats. L'offensive israélienne risque de continuer, mais l'Etat hébreu doit éviter d'appeler son opération "Paix pour le sud-Israël". "Mais sans la défaite du Hamas", concluent les auteurs, "il ne peut pas y avoir de progrès sérieux sur un traité qui satisfasse à la fois les aspirations Palestiniennes et apaise les peurs israéliennes. En jeu à Gaza, il n'y a rien de moins que l'avenir du processus de paix".
 

blogger templates | Make Money Online