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vendredi 26 février 2010

Un peu de psycho pour résoudre le conflit israélo-palestinien


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Carlo Strenger, le directeur du programme de psychologie à l'Université de Tel Aviv, promeut "la diplomatie thérapeutique" pour résoudre le conflit israélo-palestinien. C'est le point central d'une tribune qu'il a écrite pour le New York Times.
Le problème de départ est que l'administration Obama, tout comme Bill Clinton, croit que les deux parties sont essentiellement rationnelles, qu'elles agissent en accord avec leurs intérêts et que pour débloquer le processus, le médiateur doit simplement réduire leurs différences. En vérité, il est clair pour moi en tant que psychologue que les deux parties marinent dans un trauma collectif.
Pour lui, les Palestiniens n'arrivent toujours pas à passer outre la Nakba (la catastrophe en arabe) de 1948 où ils ont perdu leurs terres. Les Israéliens, de leur côté, vivent dans la peur constante de l'annihilation, ce qui occulte toute politique de compromis. Strenger recommande donc deux modifications dans les négociations. Il faut tout d'abord ne pas imposer de calendrier, mais autoriser un processus sans fin déterminée. Deuxièmement, il faut laisser la place aux émotions, qui, même si cela donnera des débats chargés, permettront à chacun de s'exprimer et d'extérioriser ses sentiments.

lundi 2 février 2009

Vers le "grand bargain" en Iran? (suite)

En échos, le New York Times et sa version européenne International Herald Tribune ont publié hier une tribune chacun d'observateurs plutôt sceptiques des éventuels pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran.

Dans le Times, Stephen Rademaker, ancien assistant du Secrétaire d'Etat pour le contrôle des armes et la non-prolifération, évoque plusieurs craintes. Il y a fort à parier que l'auteur soit un Républicain, ayant travaillé à un haut poste au Département d'Etat sous George Bush. Rademaker s'inquiète des risques de prolifération nucléaire au Moyen Orient. Son souci, écrit-il, est de savoir ce qui se passerait si l'Iran refusait de négocier, parce qu'il n'envisage pas que Téhéran plonge à bras le corps sur une initiative américaine. Jusqu'où les Etats-Unis seraient-ils prêts à faire des compromis ? Selon lui, on en arriverait probablement à : plus de programme nucléaire à but militaire et autorisation de l'enrichissement de l'uranium, mais uniquement si l'effort est géré par un consortium de multinationales. Une proposition formulée notamment par le populaire diplomate Thomas Pickering. Le problème serait alors que d'autres pays de la région pourraient demander le même traitement, notamment l'Egypte et l'Arabie Saoudite. Une spirale dangereuse, donc!

Dans le IHT, Sir Malcolm Rifkind, ancien Ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous John Major, est moins pessimiste, mais reste prudent. "Il faut être deux pour danser le tango", prévient-il. Il prend l'exemple du dégel des relations entre les Etats-Unis et la Libye, en expliquant que Mouammar Kadhafi avait tout intérêt à renouer des contacts avec Washington, car il était très isolé, ce qui n'est pas le cas de l'Iran. Autre volet sur lequel Rifkind est prudent : les Iraniens peuvent accepter de discuter tout en faisant trainer les négociations et en poursuivant leur programme nucléaire.

Il fait part de plusieurs options. Tout d'abord, les Etats-Unis devraient clairement indiquer à Téhéran que l'accord américain de négocier sans précondition fonctionne dans les deux sens, c'est-à-dire que l'Iran ne doit pas espérer que les Etats-Unis mettent un terme aux sanctions simplement sur l'accord de négociations directes. Les Américains devraient signifier également qu'ils ne cherchent pas à déstabiliser le régime. Pour Rifkind, les Iraniens poursuivent leur programme en partie à cause d'un sentiment d'insécurité lié à l'antagonisme américain (théorie très discutable). Enfin, plus les pourparlers seront fructueux, plus il sera envisageable pour Téhéran de suspendre son programme sans avoir l'impression d'avoir trop perdu la face, ce qui serait le cas à l'heure actuelle.

samedi 27 décembre 2008

Les Taliban ouvrent-ils la voie de la négociation sur l'Afghanistan?

Avec un peu de retard (quelques jours), je viens de découvrir le plan en sept points que le Mollah Omar aurait transmis à l'Arabie Saoudite pour engager des négociations et trouver une solution à la situation actuelle en Afghanistan. L'information a été révélée par la chaîne iranienne Press TV et c'est Jala Ghazi, un journaliste du programme "Mosaic: World News from the Middle East" qui écrit un article à ce sujet sur le site New America Media.

Il n'explicite pas clairement les sept points, mais voilà les aspects essentiels que l'on relève à la lecture de l'article - qui prennent le contrepied de toutes les positions tenues jusqu'à présent par les Taliban :
* Auparavant, le Mollah Omar ne voulait discuter qu'après le retrait des troupes étrangères. Il se déclare en faveur d'une date de retrait. Je pense qu'il faut l'interpréter de la manière suivante : des négociations pourraient être envisageables même s'il reste des troupes mais uniquement si une date de retrait a été bloquée. Les négociations pourraient également avoir lieu si en plus, les forces étrangères étaient remplacées par des forces de maintien de la paix musulmanes en attendant de trouver un accord pour un gouvernement de consensus afghan.
* Les Taliban seraient prêts à partager le pouvoir avec les hommes en place.
* Le Mollah Omar demande que les Taliban soient incorporés à l'armée régulière et qu'une amnistie leur soient accordée.

Il y a autant de chances que tout cela se fasse que l'inverse. L'article explique notamment pourquoi des soldats musulmans sont un problème, non pas pour les Etats-Unis, mais pour les pays avoisinants. Selon l'auteur, il faudrait que les soldats viennent de pays plus lointains pour ne pas être perçus comme de potentielles menaces par les voisins.

Un autre facteur important est de savoir ce que les Taliban décideront avec Al Qa'ida. C'est un débat entre les Taliban nationalistes - enclins à lâcher l'organisation malgré le code pachtoune - et les Taliban islamistes - qui ne se disent pas prêts à renoncer à l'invitation fournie au groupe.

Mais, voilà que le Mollah Omar réagit à ces rapports de presse. En effet, le chef Taliban nie tout contact avec l'Arabie Saoudite ou d'autres pays. C'est "sans fondement et n'est rien d'autre que de la propagande planifiée par certains cercles". Qui croire ?
 

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