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jeudi 10 juin 2010

Citation du jour

La semaine dernière, dans une brocante littéraire, je suis tombé sur The Spike, le premier et seul roman du journaliste Arnaud de Borchgrave accompagné de Robert Moss. Robert Hockney, un jeune journaliste américain à la recherche du scoop du tonnerre au Vietnam, parvient à rencontrer le Commissaire Hau, un Vietcong, pour un entretien exclusif. Les propos tenus par Hau pourraient être auss bien tenus par un chef Taliban aujourd'hui :
Numbers don't matter. The United States will lose because it worships statistics. The whole American strategy is based on arithmetic. But mere arithmetic doesn't work here. If it did, your war machinery would have exterminated us already. You see, it doesn't matter how men will lose. It doesn't matter whether we hold on to that part of the city for a month or a year. Our answer to the superior material force of the United States is a superior moral force. We oppose the patriotism and revolutionary zeal of our people to the false slogans your government uses to camouflage greed and lust for power. We are winning now because your countrymen have begun to understand that they are bound to lose, and are more confused than ever about what they set out to do. The more planes and guns and troops that your government sends to Vietnam, the more bitter will be its inevitable defeat.

Bien entendu loin de moi de penser qu'il a raison et surtout de dresser un parallèle bancal entre le Vietnam et l'Afghanistan. Ô grand non, mais il y a des éléments de vérité dans son propos et les armées en Afghanistan ont mordu la poussière avant de les assimiler. Le processus d'adaptation aux conditions des guerres assymétriques est long et compliqué, mais petit à petit on remarque des progrès. De là à ce que cela suffisse pour que l'Afghanistan se termine par un "succès", difficile à dire.

mardi 9 février 2010

En leur mémoire...

40 soldats français sont morts en Afghanistan...

dimanche 10 janvier 2010

Les réfugiés afghans en Iran

Je viens de voir un petit documentaire de 5 minutes sur la situation des réfugiés afghans en Iran. A voir!

mardi 5 janvier 2010

Deux Jordaniens au coeur de l'attaque contre la CIA en Afghanistan (mise à jour 2)

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Plus tôt dans la journée, je lisais qu'en plus des sept agents de la CIA tués dans l'attentat contre une base à Khost en Afghanistan, un huitième homme avait été tué. Il a été identifié comme un espion jordanien du General Intelligence Department (GID), bien que les médias officiels jordaniens l'aient salué pour "son travail humanitaire". Sharif Ali bin Zeid, de son nom, est en outre un cousin lointain du roi Abdallah de Jordanie. L'entente sur le renseignement entre Washington et Amman n'est pas nouvelle et elle a été très utile aux Américains en Iraq et aujourd'hui en Afghanistan.

Ce soir, je viens de voir qu'un autre Jordanien vient se rajouter à l'histoire : un double-agent. Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi serait l'auteur de l'attentat contre les huit agents. Al Balawi aurait été arrêté par les autorités jordaniennes il y a plus d'un an après avoir été accusé d'avoir participé à de nombreuses attaques terroristes en Iraq. Il est originaire de Zarqa, la même région qu'Abou Mousab Al Zarqawi. Les services pensaient l'avoir détourné de l'extrémisme et l'ont envoyé en Afghanistan pour infiltrer les rangs d'Al Qa'ida. Visiblement, il aurait réussi dans sa mission, mais aurait en fait mené les Américains et les Jordaniens en bateau.



Pour appâter les agents de la CIA et du GID, il a contacté son officier traitant prétextant avoir des informations de la plus haute importance à confier au sujet de la localisation d'Ayman Al Zawahiri, le numéro 2 d'Al Qa'ida. L'agent de la CIA en aurait informé tous les principaux agents responsables de cellule d'AQ en Afghanistan pour assister à la rencontre. Selon des informations de la NBC, une des agentes les plus informées sur le groupe de Ben Laden aurait péri dans l'attentat. C'est un réel coup dur pour la CIA dans sa lutte contre AQ.

***MISE A JOUR***

Selon des informations obtenues par Al Jazeera auprès des autorités jordaniennes, al Balawi n'était pas un double agent, mais un informateur de premier rang. Difficile de discerner le vrai du faux dans cette histoire, car la Jordanie peut tout simplement chercher à ne pas montrer qu'elle a commis une erreur avec ce recrutement hautement risqué.

***MISE A JOUR 2***

Al Qa'ida a revendiqué l'attaque contre la base de la CIA. Selon l'agence SITE, AQ aurait perpétré cet attentat en représailles des attaques de drones menées par les Américains dans la zone frontalière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

jeudi 5 février 2009

L'OTAN et l'Iran (et les US) : intérêts communs en Afghanistan

La démarche peut paraitre anodine, mais les implications peuvent se révéler déterminantes. Le Général Craddock, SACEUR à l'OTAN, a affirmé que les membres de l'OTAN pouvaient utiliser les routes iraniennes pour le ravitaillement. "Ces décisions seraient prises au niveau national. Les nations doivent agir d'une manière correspondant à leur intérêt national et à leur capacité à ravitailler leurs forces", a-t-il affirmé. Donc pas de prise de décision pour l'organisation de Bruxelles.

En soi, cela peut sembler assez quelconque, mais jusqu'à présent, les routes se concentraient principalement au Pakistan à 75% pour les fournitures non-militaires et le reste dans les pays d'Asie Centrale. Jusqu'à présent, les relations entre l'OTAN et l'Iran étaient hésitantes. Le trajet Pakistan-Afghanistan étant devenu tellement dangereux que les Alliés envisagent toutes les possibilités.

Mais, l'aspect le plus important est que les commentaires du Général Craddock ont l'air de s'inscrire dans une démarche plus globale. Le Secrétaire général Jaap de Hoop Schaeffer a appelé, fin janvier, l'Iran à plus coopérer dans la lutte contre les Taliban.

Il sera intéressant de voir comment cela peut affecter les relations pour le moment inexistantes entre l'Iran et les Etats-Unis. Aussi bien l'OTAN que les Etats-Unis savent qu'ils ont des intérêts communs avec Téhéran, que ce soit au niveau du trafic de drogue, que de l'extrémisme des Taliban que l'Iran ne considère pas comme de grands amis. Michael Rubin, sur le blog de National Review Online reprend une revue de presse iranienne qui cite trois articles de Hasht-e Sobh. Le premier estime que les Etats-Unis essaient de reproduire le schéma irakien en approchant le voisin iranien. Si la situation venait à se durcir avec la Russie et le Pakistan, ce qui affecterait les routes de ravitaillement, une coopération avec l'Iran serait très avantageuse. In fine, cela pourrait générer une normalisation des relations Iran-Etats-Unis.

Le second est plus cynique, considérant que le geste de l'OTAN à l'égard de Téhéran est une nouvelle preuve de la volonté otanienne d'isoler le Pakistan. Le dernier reconnait l'intérêt d'une coopération avec l'Iran, mais pense qu'il est déjà trop tard.


Il sera intéressant de suivre ce que le Général Eikenberry dira à ce sujet. Actuellement haut responsable à l'OTAN, il devrait devenir ambassadeur américain à Kaboul. Essaiera-t-il d'influencer la politique américaine en faveur d'une relation avec l'Iran sur le sujet du ravitaillement ? Les fronts sont nombreux pour briser la glace entre Washington et Téhéran, les Taliban en Afghanistan en sont un.

samedi 27 décembre 2008

Les Taliban ouvrent-ils la voie de la négociation sur l'Afghanistan?

Avec un peu de retard (quelques jours), je viens de découvrir le plan en sept points que le Mollah Omar aurait transmis à l'Arabie Saoudite pour engager des négociations et trouver une solution à la situation actuelle en Afghanistan. L'information a été révélée par la chaîne iranienne Press TV et c'est Jala Ghazi, un journaliste du programme "Mosaic: World News from the Middle East" qui écrit un article à ce sujet sur le site New America Media.

Il n'explicite pas clairement les sept points, mais voilà les aspects essentiels que l'on relève à la lecture de l'article - qui prennent le contrepied de toutes les positions tenues jusqu'à présent par les Taliban :
* Auparavant, le Mollah Omar ne voulait discuter qu'après le retrait des troupes étrangères. Il se déclare en faveur d'une date de retrait. Je pense qu'il faut l'interpréter de la manière suivante : des négociations pourraient être envisageables même s'il reste des troupes mais uniquement si une date de retrait a été bloquée. Les négociations pourraient également avoir lieu si en plus, les forces étrangères étaient remplacées par des forces de maintien de la paix musulmanes en attendant de trouver un accord pour un gouvernement de consensus afghan.
* Les Taliban seraient prêts à partager le pouvoir avec les hommes en place.
* Le Mollah Omar demande que les Taliban soient incorporés à l'armée régulière et qu'une amnistie leur soient accordée.

Il y a autant de chances que tout cela se fasse que l'inverse. L'article explique notamment pourquoi des soldats musulmans sont un problème, non pas pour les Etats-Unis, mais pour les pays avoisinants. Selon l'auteur, il faudrait que les soldats viennent de pays plus lointains pour ne pas être perçus comme de potentielles menaces par les voisins.

Un autre facteur important est de savoir ce que les Taliban décideront avec Al Qa'ida. C'est un débat entre les Taliban nationalistes - enclins à lâcher l'organisation malgré le code pachtoune - et les Taliban islamistes - qui ne se disent pas prêts à renoncer à l'invitation fournie au groupe.

Mais, voilà que le Mollah Omar réagit à ces rapports de presse. En effet, le chef Taliban nie tout contact avec l'Arabie Saoudite ou d'autres pays. C'est "sans fondement et n'est rien d'autre que de la propagande planifiée par certains cercles". Qui croire ?

mardi 9 septembre 2008

Cordesman : progrès en Irak, perte de vitesse en Afghanistan

Anthony Cordesman est une autorité quasi déifiée à Washington. Véritable antiquité du milieu des relations internationales et des affaires militaires, son avis est aussi influent dans les milieux autorisés que le directeur d'une agence gouvernementale. L'écouter n'est donc jamais un mauvais choix pour mieux percevoir la situation. Chercheur au Center for Strategic and International Studies, il a donné une interview au Council on Foreign Relations. Imaginez Pascal Boniface de l'IRIS donner un entretien à l'IFRI...

Cordesman estime que les deux principales menaces que sont Al Qaïda en Irak (AQI) et les tensions intra-chiites ont largement diminué, mais que de nombreuses questions demeurent en suspens. AQI a souffert de nombreuses pertes et son action a considérablement diminué en Irak avec l'action des Fils d'Irak. "Ce n'est pas qui une force défaite autant qu'elle est supprimée et considérablement affaiblie", explique Cordesman. En effet, il est pratiquement impossible d'éradiquer les attentats-suicides par exemple.

L'offensive gouvernementale sur Bassorah a montré que la milice du Mahdi, menée par Moqtada al-Sadr, est beaucoup plus faible qu'elle ne l'a été, mais malgré tout, elle n'a pas rendu les armes. Même si certains cadres de l'organisation s'orientent vers la création d'un mouvement politique, Cordesman rappelle qu'un "très grand nombre de dirigeants et membres de la milice du Mahdi ont juré sur leur sang de continuer l'affrontement et de continuer à faire partie d'une résistance armée".

Deux situations qui font dire à l'expert militaire que "l'on ne voit pas une victoire, mais des progrès substantiels", c'est-à-dire que les hommes politiques irakiens se sentent plus enclins à prendre le risque d'avancer leur programme, ce qui dans le même temps révèle d'autres tensions sectaires. De plus, Anthony Cordesman considère que la plupart des décisions qui pourraient évincer la violence n'ont pas été pas mises en place, que ce soit des élections locales, des décisions sur la fédération, l'intégration des Fils d'Irak dans les forces de sécurité.

Malgré tous les efforts américains, les tensions sunnites-chiites sont encore présentes. Dans la province d'Anbar, sous contrôle irakien depuis la semaine dernière, la situation sécuritaire demeure incertaine, car les forces de sécurité majoritairement chiites sont réticentes à donner du pouvoir aux dirigeants locaux sunnites.

Une des raisons est que ni les Sunnites, ni les Chiites (les Kurdes sont une exception) ne connaissent véritablement leur soutien populaire, car aucun groupe n'a pris part à des élections locales jusqu'à présent. Et aucun ne sait quel pouvoir leur sera alloué après les élections, si elles se tiennent comme prévu à l'automne.

Cordesman reconnait que les problèmes sont encore légions en Irak et que tant que des décisions politiques internes n'auront pas été prises par le gouvernement actuel pour améliorer la situation notamment économique du pays, toutes les campagnes pour instaurer le calme et la sécurité seront vaines.

Pour autant, il présente une perspective relativement optimiste, comparée à celle qu'il maintient sur l'Afghanistan. "Le fait est que nous sommes en train de gagner une guerre qui est impopulaire en Irak, et nous sommes en train de perdre une guerre qui est populaire en Afghanistan", analyse-t-il :

Nous avons besoin de trois à quatre brigades en plus en Afghanistan. Il faudra trois ou quatre ans pour construire une armée ou une force de police afghane quelque peu convaincante, sans parler d'une présence gouvernementale. Il n'y a même pas débat. Personne étudiant ces questions ne voit les menaces et les besoins militaires en d'autres termes.

 

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