Affichage des articles dont le libellé est jordanie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jordanie. Afficher tous les articles

mardi 18 janvier 2011

La Tunisie est à terre : à qui le tour ? (mise à jour 2)

Je suis rarement en accord avec Stephen Walt, mais cette fois-ci je trouve son argumentaire très bon. Selon lui, la révolution de Jasmin, comme on l'appelle désormais - à croire qu'on n'aime pas indiqué le nom des pays ces dernières années (velour, orange, Roses, Tulipes, Jasmin etc.) -, ne va pas créer un effet domino.

Tout d'abord, l'histoire montre que cela arrive extrêmement rarement même lorsque des efforts sont mis en place pour l'exporter comme ce fut le cas pour l'Iran. Par ailleurs, si Ben Ali a été incapable de gérer la situation, cela ne signifie que les autres dirigeants du monde arabe ne seront pas capables de mieux appréhender les risques de crise. Les événements en Tunisie ont en plus renforcé la crainte des dirigeants arabes que cela se produise chez eux et prennent déjà des mesures. De plus, l'expérience tunisienne peut paraître attirante aujourd'hui, mais le sera-t-elle dans quelques mois si règnent chaos et anarchie ? (A ce sujet, la décision de conserver des membres du gouvernement de Ben Ali est judicieuse et celle des ministres d'UGTT de démissionner dangereuse). Enfin, il est très difficile de préjuger du potentiel révolutionnaire d'une société. Deux variables sont importantes à cet égard, les préférences de la société en termes de révolte et les effets de l'information sur le comportement d'une population.

mardi 28 décembre 2010

La crise de l'eau : source d'instabilité intérieure au Moyen Orient



John Alterman et Michael Dziuban du Center for Strategic and International Studies viennent de publier un papier extrêmement intéressant sur la crise de l'eau au Moyen Orient. De nombreuses études sur la situation hydrique du Moyen Orient anticipent des conflits entre pays pour la maîtrise de cette ressource naturelle, qui ne possède aucune alternative. Pour autant, Alterman souligne que jusqu'à présent, aucun conflit international n'a éclaté à cause de l'eau dans la région. Néanmoins, le point d'achoppement qu'il voit émerger est une instabilité intérieure grandissante au fur et à mesure que l'eau se raréfie. Son approche est, à ma connaissance, originale. Selon lui, les dirigeants régionaux utilisent l'eau comme un outil politique. L'eau ne fait bien entendu que partie d'un ensemble d'autres biens et services fournis aux populations quasi gratuitement sur le système d'un Etat-rentier. Le problème est que l'eau est une ressource finie et qu'elle ne connaît pas d'alternative. En Jordanie par exemple, le gouvernement utilise l'eau comme un catalyseur de tensions. De grandes familles sont en charge de l'agriculture et le gouvernement n'interfère quasiment pas les laissant libres tout en leur fournissant les ressources hydriques nécessaires.

mardi 5 janvier 2010

Deux Jordaniens au coeur de l'attaque contre la CIA en Afghanistan (mise à jour 2)

Visit msnbc.com for breaking news, world news, and news about the economy



Plus tôt dans la journée, je lisais qu'en plus des sept agents de la CIA tués dans l'attentat contre une base à Khost en Afghanistan, un huitième homme avait été tué. Il a été identifié comme un espion jordanien du General Intelligence Department (GID), bien que les médias officiels jordaniens l'aient salué pour "son travail humanitaire". Sharif Ali bin Zeid, de son nom, est en outre un cousin lointain du roi Abdallah de Jordanie. L'entente sur le renseignement entre Washington et Amman n'est pas nouvelle et elle a été très utile aux Américains en Iraq et aujourd'hui en Afghanistan.

Ce soir, je viens de voir qu'un autre Jordanien vient se rajouter à l'histoire : un double-agent. Humam Khalil Abu-Mulal al-Balawi serait l'auteur de l'attentat contre les huit agents. Al Balawi aurait été arrêté par les autorités jordaniennes il y a plus d'un an après avoir été accusé d'avoir participé à de nombreuses attaques terroristes en Iraq. Il est originaire de Zarqa, la même région qu'Abou Mousab Al Zarqawi. Les services pensaient l'avoir détourné de l'extrémisme et l'ont envoyé en Afghanistan pour infiltrer les rangs d'Al Qa'ida. Visiblement, il aurait réussi dans sa mission, mais aurait en fait mené les Américains et les Jordaniens en bateau.



Pour appâter les agents de la CIA et du GID, il a contacté son officier traitant prétextant avoir des informations de la plus haute importance à confier au sujet de la localisation d'Ayman Al Zawahiri, le numéro 2 d'Al Qa'ida. L'agent de la CIA en aurait informé tous les principaux agents responsables de cellule d'AQ en Afghanistan pour assister à la rencontre. Selon des informations de la NBC, une des agentes les plus informées sur le groupe de Ben Laden aurait péri dans l'attentat. C'est un réel coup dur pour la CIA dans sa lutte contre AQ.

***MISE A JOUR***

Selon des informations obtenues par Al Jazeera auprès des autorités jordaniennes, al Balawi n'était pas un double agent, mais un informateur de premier rang. Difficile de discerner le vrai du faux dans cette histoire, car la Jordanie peut tout simplement chercher à ne pas montrer qu'elle a commis une erreur avec ce recrutement hautement risqué.

***MISE A JOUR 2***

Al Qa'ida a revendiqué l'attaque contre la base de la CIA. Selon l'agence SITE, AQ aurait perpétré cet attentat en représailles des attaques de drones menées par les Américains dans la zone frontalière entre l'Afghanistan et le Pakistan.

jeudi 29 octobre 2009

Il y a 15 ans, Isräel et la Jordanie signaient un accord de paix


Watch CBS News Videos Online

"A l'heure de ce moment historique, nous nous souvenons que la paix est toujours possible malgré des obstacles insurmontables en apparence", a affirmé Barack Obama dans un communiqué célébrant le quinzième anniversaire de la signature du traité de paix entre Israël et la Jordanie. En effet, le 26 octobre 1994, le Roi Hussein de Jordanie et le Premier ministre israélien Yitzakh Rabin signaient à Arabah en Jordanie un accord de paix. Amman était donc le deuxième Etat arabe à décréter la paix avec Israël, quinze ans après l'Egypte.

Aujourd'hui, les relations entre les deux pays deviennent "de plus en plus froides", selon le Roi Abdallah. En effet, aucun accord n'a été trouvé sur le dossier israélo-palestinien et la Jordanie ne semble pas trouver dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu le partenaire adéquat pour mener à bien cette mission. Le Prince Zeid Ra'ad Al Hussein, ambassadeur de Jordanie à Washington, déclarait à Middle East Progress que les deux pays conservent des relations diplomatiques, mais "la pièce manquante ou la paix manquante [the missing piece, or the missing peace] est celle entre les peuples".

Dans un entretien pour Middle East Progress, Assaf David revient sur les quinze ans de relations entre les deux pays et notamment les deux points de détérioration des relations. En premier lieu, il explique que la relation israélo-jordanienne a connu ses premières crises en 1996 avec l'arrivée de Netanyahu au pouvoir, mais ce déclin des relations est lié autant à son attitude qu'à des politiques de l'époque (tentative d'assassinat contre Khaled Mechaal en Jordanie, désintérêt du comité de supervision des accords de paix israélo-jordaniens...). Le second moment de rupture est bien entendu intervenu avec la seconde Intifada en 2000.

David se penche également sur l'ambivalence jordanienne à l'égard d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens. En effet, d'un côté les Jordaniens soutiennent une résolution du dossier. D'un autre côté, ils savent que s'il y a un accord de paix, ni les Israéliens et probablement pas l'Autorité palestinienne non plus n'exhorteront les réfugiés palestiniens de Jordanie à revenir en Palestine, ce qui mettera Amman dans une situation embarrassante où elle aurait à gérer le statut permanent des réfugiés dans son pays, qui se compte en millions, problème que la population de Transjordanie aurait, semble-t-il du mal à accepter.

dimanche 26 avril 2009

Le roi de Jordanie : résoudre le conflit israélo-palestinien est la clé



Je viens de découvrir que CNBC retransmettait l'émission Meet the Press de NBC le dimanche soir. Grand amateur de l'émission, cela a été une excellente découverte. J'en sors donc. En plus, David Gregory - qui remplace avec brio, je trouve, feu Tim Russert - accueillait le roi Abdallah de Jordanie. Le dirigeant jordanien a passé la semaine aux Etats-Unis à enchaîner les entretiens et rencontres avec différentes délégations politiques et militaires.

Plusieurs points m'ont marqué dans l'interview du roi Abdallah. A toute question sur le Moyen Orient, la solution est dans la résolution du conflit israélo-palestinien, auquel il a souvent fait référence en l'appelant "la Palestine et Jérusalem". Que ce soit le terrorisme, Al Qaïda ou l'Iran. Le roi Abdallah le reconnaît d'ailleurs volontiers. Un systématisme qui se justifie parfois, mais sur l'Iran, cela me parait caduc. Selon lui, si le dossier israélo-palestinien était résolu, les Iraniens recalculeraient leur choix de poursuivre un programme nucléaire! Cela me parait étrangement optimiste. Certes, le leadership iranien est devenu le champion de la cause palestinienne dans la région, mais de là à penser qu'une résolution du conflit lui ferait revoir ses plans, c'est un pas que je ne vois pas les Iraniens franchir si mécaniquement.

En effet, le roi Abdallah a fait référence à un document signé par les 57 nations dans le monde qui n'ont pas de relations diplomatiques avec Israël. Ce document indique que si Israël fait la paix avec les Palestiniens et autorise la création d'un Etat palestinien, ces pays reconnaitront l'Etat hébreu. Il a tenu le même discours à David Ignatius du Washington Post, la paix pour Israël est une paix avec 57 Etats. Et pour lui, une résolution du conflit israélo-palestinien ne peut se faire sans un engagement déterminant des Etats-Unis.

Le roi Abdallah a également indiqué qu'il écrivait ses mémoires, dont le titre pour le moment est The Last Best Chance. Elles sortiront apparemment en mai 2010. Son objectif avec cet ouvrage est de dire que c'est maintenant ou jamais qu'il faut arriver à un accord de paix, parce que le temps joue en notre défaveur. Selon lui, si rien n'est fait, rien n'est annoncé, d'ici "18 mois, il y aura un nouveau conflit entre Israël et un autre protagoniste". Je ne sais pas qui il vise précisément par "protagoniste". Pour appuyer cette hypothèse, il s'appuie sur le fait qu'il avait prédit la guerre au Liban en 2006 et celle de Gaza au début de l'année.

Autre volet intéressant de l'entretien, le présentateur a cuisiné le roi jordanien sur la torture. C'était caustique de voir le dirigeant jordanien faire des pieds et des mains pour ne pas affirmer publiquement que les Etats-Unis avaient commis des actes de torture - venant d'un pays qui en fait voir de bien pires à ses prisonniers serait un peu fort de café -, tout en essayant de ne pas froisser les bonnes relations qu'il a avec Washington et tout en ne niant pas que les Américains avaient commis des actes de torture, parce qu'il ne pouvait pas apparaître comme un vendu dans la presse arabe du lendemain.

Mais mieux encore, David Gregory a osé lui poser la question frontalement : "Est-ce que la Jordanie commet des actes de torture?" Bien entendu, le roi Abdallah a répondu que non. Quand Gregory lui a sorti le rapport de Human Rights Watch d'avril 2008 sur le fait que les Jordaniens avaient torturé des prisonniers que la CIA leur avait confié, le roi jordanien a dit qu'il avait demandé à son chef des renseignements à l'époque qui avait rejeté toute accusation de recours de la torture et donc il lui faisait confiance. Visiblement, la Jordanie est "intelligente" avec les terroristes et arrivent à les convaincre de travailler pour elle plutôt que contre.

Il était intéressant de voir que le roi Abdallah ne s'est pas lancé dans une diatribe contre Abou Ghraib ou Guantanamo et qu'il a reconnu que les situations de guerre nécessitent des choix parfois difficiles.

jeudi 29 janvier 2009

Thomas Friedman et "la solution à cinq Etats"

Ah, Thomas Friedman. C'est un peu grâce à lui qu'est né mon intérêt pour le Proche Orient, à la lecture de From Beirut to Jerusalem (un peu daté aujourd'hui, mais très intéressant). Dans sa dernière chronique pour le New York Times, Friedman nous présente une lettre fictive qu'enverrait le roi Abdallah d'Arabie Saoudite à Barack Obama pour lui proposer un plan de paix. Il est en quatre points et Friedman l'intitule "la solution à cinq Etats".

1. Retrait complet d'Israël de la Cisjordanie et de Jérusalem-est. Tout territoire gardé pour les colons (settlers) sera compensé au centimètre près.

2. Le Hamas et le Fatah forment un gouvernement d'unité nationale. Ce dernier accepte la présence de forces de police égyptiennes pour Gaza et jordaniennes pour la Cisjordanie en vue de sécuriser les frontières. La Palestine signera un programme d'assistance de sécurité de 5 ans avec l'Egypte et la Jordanie.

3. Le retrait israélien se fera sur cette période de cinq ans, à la même vitesse que les Palestiniens parviennent aux standards politiques et sécuritaires acceptés par tous les parties. Les Etats-Unis joueront le rôle de juge.

4. L'Arabie Saoudite prendra à sa charge la totalité du programme agrémenté d'un milliard de dollars à l'Egypte et à la Jordanie en échange de leur engagement dans le programme de sécurisation des frontières. Riyad prendrait également la charge des besoins budgétaires de l'Autorité palestinienne.

Friedman ajoute que le plan se ferait en conformité des résolutions 242 et 338. L'idée est que l'Egypte et la Jordanie étant les deux seuls pays de la région à reconnaître Israël, ils sont le mieux placés pour avoir un rôle dans cette phase de transition. Participation qui permettrait aux Israéliens et aux Palestiniens d'atteindre leurs objectifs respectifs. Ce plan s'inscrit en rupture avec la solution à deux Etats, considérée comme moribonde, car les deux camps n'ont plus confiance.

Il y a intérêt à ce que le prix du pétrole remonte, parce qu'une telle participation financière serait conséquente même pour un pays riche comme l'Arabie Saoudite. La lettre ne fait pas mention du retour des Palestiniens, ni du dossier sur Jérusalem (même si c'est implicite dans le retrait israélien). Plan certes intéressant, mais très utopique, car il faudrait imaginer une distribution des rôles et des pouvoirs complètement différente dans les Territoires palestiniens et en Israël.
 

blogger templates | Make Money Online