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samedi 27 février 2010

Note de lecture : Gestion de crise, maintien de la paix et consolidation de la paix de Thierry Tardy

J'ai rédigé une note de lecture sur le dernier ouvrage de Thierry Tardy pour recension dans une revue française. Je me suis dit que cela pourrait en intéresser certains.

Gestion de crise, maintien de la paix et consolidation de la paix. Acteurs, activités, défis de Thierry Tardy, Bruxelles, Ed. De Boeck, 2009, 280 p.

Thierry Tardy est aujourd’hui l’un des principaux spécialistes des questions de gestion post-conflit. A plusieurs égards, son nouvel ouvrage mérite une attention toute particulière. Tout d’abord, ce professeur au Centre de Politique de Sécurité de Genève ambitionne de combler une lacune de la littérature francophone en publiant un manuel sur la gestion de crise et le maintien de la paix. Ensuite, il étudie autant les aspects théoriques que les principales organisations régionales et internationales pourvoyeuses de personnels civils et militaires. Enfin, son ouvrage se veut très complet. « La gestion de crise prend différentes formes, incluant la prévention ou la résolution d’un conflit ouvert, le traitement des conséquences – sur le plan humanitaire notamment – d’une crise, ou le maintien de la paix et la consolidation de la paix dans des environnements post-conflictuels » (p. 9). Tardy a adopté une approche très didactique en privilégiant une analyse par acteurs sans effectuer de comparaisons et de manière non-thématique.

jeudi 29 octobre 2009

Il y a 15 ans, Isräel et la Jordanie signaient un accord de paix


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"A l'heure de ce moment historique, nous nous souvenons que la paix est toujours possible malgré des obstacles insurmontables en apparence", a affirmé Barack Obama dans un communiqué célébrant le quinzième anniversaire de la signature du traité de paix entre Israël et la Jordanie. En effet, le 26 octobre 1994, le Roi Hussein de Jordanie et le Premier ministre israélien Yitzakh Rabin signaient à Arabah en Jordanie un accord de paix. Amman était donc le deuxième Etat arabe à décréter la paix avec Israël, quinze ans après l'Egypte.

Aujourd'hui, les relations entre les deux pays deviennent "de plus en plus froides", selon le Roi Abdallah. En effet, aucun accord n'a été trouvé sur le dossier israélo-palestinien et la Jordanie ne semble pas trouver dans le gouvernement de Benjamin Netanyahu le partenaire adéquat pour mener à bien cette mission. Le Prince Zeid Ra'ad Al Hussein, ambassadeur de Jordanie à Washington, déclarait à Middle East Progress que les deux pays conservent des relations diplomatiques, mais "la pièce manquante ou la paix manquante [the missing piece, or the missing peace] est celle entre les peuples".

Dans un entretien pour Middle East Progress, Assaf David revient sur les quinze ans de relations entre les deux pays et notamment les deux points de détérioration des relations. En premier lieu, il explique que la relation israélo-jordanienne a connu ses premières crises en 1996 avec l'arrivée de Netanyahu au pouvoir, mais ce déclin des relations est lié autant à son attitude qu'à des politiques de l'époque (tentative d'assassinat contre Khaled Mechaal en Jordanie, désintérêt du comité de supervision des accords de paix israélo-jordaniens...). Le second moment de rupture est bien entendu intervenu avec la seconde Intifada en 2000.

David se penche également sur l'ambivalence jordanienne à l'égard d'un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens. En effet, d'un côté les Jordaniens soutiennent une résolution du dossier. D'un autre côté, ils savent que s'il y a un accord de paix, ni les Israéliens et probablement pas l'Autorité palestinienne non plus n'exhorteront les réfugiés palestiniens de Jordanie à revenir en Palestine, ce qui mettera Amman dans une situation embarrassante où elle aurait à gérer le statut permanent des réfugiés dans son pays, qui se compte en millions, problème que la population de Transjordanie aurait, semble-t-il du mal à accepter.

dimanche 29 mars 2009

Il y a 30 ans...



le 26 mars 1979, Israël et l'Egypte signaient officiellement les accords de Camp David. Moment crucial dans l'histoire du Moyen Orient contemporain, car l'Egypte était le premier Etat arabe à reconnaître officiellement Israël - et reste un des seuls - mais surtout l'Egypte prenait le risque démesuré de s'isoler de la communauté des pays arabes. Cela résultera d'ailleurs dans l'expulsion de l'Egypte de la Ligue Arabe et l'assassinat d'Anwar Sadat en 1981 par des islamistes.

Pour avoir passé quelques temps en Egypte, je peux affirmer que ce traité de paix n'a jamais généré extase et passion. Au contraire, il est très impopulaire, mais il est respecté. C'est désormais un fait ancré dans la pensée des Egyptiens. On parle souvent de "paix froide". Dans le Guardian, le très respectable Ian Black fait preuve d'optimisme. "La survie de ce traité devant deux guerres au Liban, des soulèvements palestiniens et deux guerres du Golfe - et ses limites évidentes - nous enseigne d'importantes leçons sur comment, si jamais, une paix plus large peut être atteinte", estime-t-il.

Et je partage cette opinion. La paix entre ces deux pays a été soumise à rudes épreuves, mais n'a jamais été rompue. Les accords de Camp David ont été les premiers à se lancer dans une route jusqu'alors truffée de guerres, d'oppositions, d'inimitié, voire de haine. Camp David 1979 a inauguré l'espoir dans un processus qui était déjà complexe à l'époque.

Harvey Sicherman, sur Middle East Strategy at Harvard, établit trois raisons pour expliquer que cet évènement ait pu avoir lieu : deux dirigeants qui se sont convaincus qu'ils voulaient un accord et étaient capable de le mettre en place, un président américain qui voulait réduire les risques que cela pouvait engendrer pour eux et qui était prêt à être le médiateur en personne si nécessaire, et des attentates raisonnables, plutôt qu'une perfection légale, sur les résultats.

Je n'ai pas envie d'utiliser cet évènement pour le comparer à la situation actuelle. D'autres l'ont fait. Non, seulement, il faut rappeler que la paix possible et qu'elle a un prix. Elevé, difficile à faire accepter. Cela demande courage, audace, leadership et prise de risques.

NB : la vidéo est une vidéo promotionnelle pour une exposition au Centre Begin-Sadat à Tel Aviv, d'où les commentaires en hébreu et le gros plan sur le côté israélien, mais c'est la seule que j'ai pu trouver rapidement avec des images d'époque et des dates importantes.
 

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