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jeudi 4 mars 2010

La Chine a fourni à l'Iran du matériel nucléaire via Taïwan ou comment un scoop tombe au bon moment

On apprend dans Le Figaro comment la Chine a fourni du matériel nucléaire à l'Iran via Taïwan en 2009. Le mécanisme de diversion est assez classique, mais c'est le timing qui est intéressant.

La Chine passe commande auprès d'un agent taïwanais de 108 jauges de pression que ce dernier demande à un fabrican suisse Inficon Holding. En fait, la facture est antidatée et indique une adresse de livraison à Téhéran pour l'entreprise Moshever Sanat Moaser, qui sans nulle doute tombera dans le filet des entreprises avec qui il ne faut pas faire d'affaires. L'entreprise suisse pensant que la livraison était pour les Chinois ne s'est pas offusquée avant qu'elle n'apprenne que finalement les jauges étaient en partance pour Téhéran. Sur le certificat d'usager final, l'Iran n'était pas mentionné. Logique, puisque ces jauges rentrent dans le cadre du matériel qu'il est interdit de vendre à Téhéran. Les matériaux prohibés sont inscrits sur la liste du Nuclear Suppliers Group, dont la Suisse et la Chine font partie, mais pas Taïwan. Apparemment, l'agent taïwanais se serait alerté de la situation, mais l'entreprise chinoise Roc Master lui aurait indiqué que la filière nucléaire n'était pas concernée.

mardi 22 septembre 2009

l'AIEA demande à Israël de rejoindre le TNP / l'Iran moqueur

Lors de la fermeture de la dernière assemblée générale de l'AIEA vendredi dernier, une majorité des participants a ratifié une résolution appelant Israël à rejoindre le TNP et à ouvrir sa centrale nucléaire à Dimona, dans le désert du Negev.

Bien que cette résolution ne soit pas contraignante, c'est la première fois que cette étape est franchie. Jusqu'à présent, les pays occidentaux avaient réussi à convaincre les pays en développement à ne pas s'aligner sur les pays de la Ligue Arabe. La résolution est passée à 4 voix près (49-45 et 16 abstentions) avec le soutien de la Chine et de la Russie.

Israël a d'ores et déjà prévenu qu'elle ne coopérerait pas. Plusieurs occidentaux se sont plaints que cette résolution prenait à parti un pays et que cela était contre-productif. Les diplomaties arabes soulignent que le programme nucléaire israélien non-vérifié crée un déséquilibre dans la région. Officiellement, l'Etat hébreu n'est pas doté de l'arme nucléaire, mais il y a de grosses suspicions qui indiquent l'inverse. Israël fait partie de cette courte liste de pays nucléaires, avec le Pakistan et l'Inde, qui n'ont pas signé le TNP.

Les résolutions ne sont pas encore en ligne, donc je n'ai pas pu voir le langage utilisé.

L'Iran s'est précipitée sur cette opportunité pour annoncer qu'elle était prête à financer les visites des installations nucléaires israéliennes, si l'AIEA manquait de fonds. Ce serait bien ironique!

vendredi 4 septembre 2009

Quand l'AIEA n'y arrive pas avec la Syrie...

Suite à la publication d'un nouveau rapport de l'AIEA sur le très probable programme nucléaire secret syrien dont Israël a détruit le principal réacteur en septembre 2007, Gregory Schulte, qui était il y a encore quelques mois le représentant américain à l'AIEA, écrit dans Foreign Policy que ce nouveau rapport est source de questions, tant sur les politiques syriennes que nord-coréennes (qui aurait fourni la technologie) que sur l'incapacité de l'Agence à conclure son enquête et à détecter le programme.

Le rapport souligne que la Syrie continue à ne pas coopérer et depuis une visite en juin 2008, Damas a refusé l'accès du site aux inspecteurs de l'AIEA. Ces derniers avaient trouvé des traces d'uranium anthropogénique, généré par une réaction chimique, qui pourraient attester de la thèse d'un réacteur nucléaire en lieu et place de ce qui est aujourd'hui une usine.

Schulte explique comment la Syrie procède pour bloquer l'accès aux inspecteurs. Elle interprète de manière stricte les accords signés avec l'AIEA qui déclarent que l'Agence ne peut qu'enquêter sur des sites déjà déclarés. Une provision offre toutefois la possibilité aux inspecteurs de se rendre sur des sites non-déclarés si l'AIEA considère que le pays ne fournit pas suffisamment d'informations. Pour Schulte, le rapport de Mohamed ElBaradei suggère que le temps est venu d'y faire appel. On peut le voir comme cela, mais ce n'est pas évoqué dans le rapport. Toutefois, il appelle les parties détenteurs d'informations sur le programme de les fournir à l'AIEA, chose jamais facile à faire quand il s'agit d'informations confidentielles, surtout aussi sensibles.
 

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