Je m'excuse pour l'intermittence de mon blogging. Je suis pris dans la rédaction d'un long papier sur la Politique Européenne de Voisinage, ce qui me laisse peu de temps pour maintenir ce blog. Pour info, je suis relativement actif sur Twitter, donc n'hésitez pas à me rejoindre pour voir ce que je lis et également à me faire partager vos lectures.
Au même titre que les régimes autoritaires de la région, les jeux d'influence étaient fondés sur un statu quo, des positions figées peu à même à évoluer. L'état de fait, de manière caricaturale, était assez simple. Les Etats-Unis étaient la seule puissance étrangère d'importance. Ils déployaient un parapluie de sécurité sur le Golfe que ces Etats étaient prêts à accepter et à entretenir. Washington pouvait compter sur plusieurs pays alliés de poids, l'Egypte, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, sans parler évidemment d'Israël.
Israël était le centre d'attention régional. L'Egypte et la Jordanie sont les deux seuls pays arabes de la région à reconnaître l'Etat hébreu et les pays du Golfe ont assoupli leur politique à son égard. De l'autre côté, les opposants à Israël sont très vocaux, notamment la Syrie et l'Iran. L'Iran d'ailleurs, dont l'avènement comme puissance régionale est plus un renouveau qu'une nouveauté. Sans évoquer le "croissant chiite" dont la pertinence est à nuancer, l'Iran pouvait compter sur des alliés solides à Damas et au Liban avec le Hezbollah. Dans le même temps, les relations avec les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) étaient mi-figue mi-raisin, alternant le cordial et l'inimitié.
Dans le Golfe, l'Arabie Saoudite possédait une position privilégiée. Hôtesse des deux sites les plus importants de l'islam, porte-drapeau des intérêts sunnites dans la région, l'Arabie Saoudite jouait sur une politique prudente mais ferme. Le Qatar est récemment devenu l'acteur qui monte, cherchant à être le médiateur de toutes les crises avec un succès mitigé, le seul fut l'accord pour le Liban en 2006. Sur la Libye, le Qatar s'est fortement engagé en faveur des rebelles, reconnaissant le Conseil national de transition comme l'autorité libyenne légitime.
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mercredi 20 avril 2011
Un nouvel équilibre des forces au Moyen Orient ?
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dimanche 26 septembre 2010
Le Qatar joue à l'équilibriste
Le magazine américain The Atlantic consacre un article très intéressant au jeu d'équilibriste interprété par le Qatar, à la fois proche allié américain et proche de l'Iran.
En effet, le Qatar est clairement un allié pour Washington. Camp As Sayliyah, une partie du Central Command, y est installée depuis 2002, mais les Etats-Unis avaient déjà une présence en avant stratégique depuis 1996. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont amicales, au même titre que les relations personnelles entre Barack Obama et l'émir Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani.
Toutefois, le Qatar maintient de très bonnes relations avec l'Iran, les meilleures de tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). L'article ne détaille pas beaucoup les raisons de ces bonnes relations. Cela est dû au fait d'ententes commerciales, notamment concernant le gaz et le pétrole. Les relations diplomatiques et militaires sont également en croissance, avec des accords de coopération en matière de défense qui sont uniques entre l'Iran et un pays du CCG. En outre, 30% de la population qatarie est d'origine perse.
En effet, le Qatar est clairement un allié pour Washington. Camp As Sayliyah, une partie du Central Command, y est installée depuis 2002, mais les Etats-Unis avaient déjà une présence en avant stratégique depuis 1996. Les relations diplomatiques entre les deux pays sont amicales, au même titre que les relations personnelles entre Barack Obama et l'émir Sheikh Hamad bin Khalifa al Thani.
Toutefois, le Qatar maintient de très bonnes relations avec l'Iran, les meilleures de tous les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). L'article ne détaille pas beaucoup les raisons de ces bonnes relations. Cela est dû au fait d'ententes commerciales, notamment concernant le gaz et le pétrole. Les relations diplomatiques et militaires sont également en croissance, avec des accords de coopération en matière de défense qui sont uniques entre l'Iran et un pays du CCG. En outre, 30% de la population qatarie est d'origine perse.
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mercredi 22 septembre 2010
La France pourrait trouver des racheteurs d'équipements militaires au Moyen Orient
Selon la lettre d'informations stratégiques TTU, plusieurs pays du Moyen Orient pourraient racheter du matériel excédentaires de la France. En effet, un plan quinquennal 2010-2015 prévoit le retrait de matériels militaires et Sofema s'est vu attribuer la mission de trouver des racheteurs. L'objectif de cette société est de promouvoir les atouts industriels de la France dans les domaines de la défense et de l'aéronautique, dans le cas présent de revendre du matériel qui n'est plus utilisé par les armées françaises.
D'après les informations de TTU publiées cette semaine, le Liban, Oman, Qatar et l'Indonésie figurent en bonne position pour le rachat de VAB (véhicules de l'avant blindés) d'occasion.
D'après les informations de TTU publiées cette semaine, le Liban, Oman, Qatar et l'Indonésie figurent en bonne position pour le rachat de VAB (véhicules de l'avant blindés) d'occasion.
jeudi 25 septembre 2008
Profil de l'émir du Qatar
George Malbrunot a rédigé un papier très intéressant dans le Figaro sur l'émir du Qatar Cheikh Hamad al-Thani et sa "diplomatie conciliatrice".
L'émir du Qatar, médiateur des crises internationales, Le Figaro, 19 septembre 2008.
L'émir du Qatar, médiateur des crises internationales, Le Figaro, 19 septembre 2008.
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dimanche 7 septembre 2008
Petit tour de table après le sommet France-Syrie-Turquie-Qatar (3e volet)
Quid du Qatar ? Petit pays dont les efforts diplomatiques ne cessent de retentir. A en croire un éditorial de l'agence de presse officielle Qatar News Agency, Doha est conduit par l'espoir d'une région stable. Le sommet quadripartite est un exemple qu'il faut récidiver autant que faire se peut. Une vision presque utopique domine l'éditorial de l'agence :
L'éditorial reconnait que le chemin est encore long, mais accorde une grande importance aux résultats de ce sommet quadripartite qui pourrait être "un tournant dans l'histoire de la politique du Moyen Orient".
L'émir du Qatar Sheikh Hamad bin Khalifa Al Thani et le Président français Nicolas Sarkozy sont attendus pour jouer un rôle de premier plan pour rapprocher la Syrie, Israël et le Liban comme jamais auparavant. Une fois qu'une formule pour la paix est trouvée entre les trois, il sera plutôt simple pour les négociateurs pour briser la glace dans d'autres domaines. (...) Le sommet de Damas pourrait émerger comme le précurseur de la mission de paix dans la Palestine en feu. Les quatre dirigeants très respectés ont choisi le mois saint du Ramadan pour les discussions historiques à quatre qui vont explorer les possibilités d'en finir avec certaines des plus vieilles disputes dans l'intérêt de la paix au Moyen Orient.
lundi 30 juin 2008
Abscence des Américains, mais pas inutilité de leur rôle
Brian Katulis et Maria Rudman écrivent dans une tribune publiée par la newsletter Middle East Progress que les Etats-Unis conservent un rôle essentiel dans la politique du Moyen Orient. Si cette prise de position peut paraître étonnante quand les Américains sont engagés en Irak, quand la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice ne cessent de se rendre dans la région, quand Barak Obama, candidat démocrate à la présidence américaine, annonce une tournée au Moyen Orient.
Pourtant, plusieurs récentes avancées dans la politique régionale se sont conclues sans intervention de Washington. Le premier concerne l'accord trouvé entre les différentes factions politiques libanaises sous la houlette du Qatar. Puis, la Turquie a relancé les négociations de paix entre Israël et la Syrie officiellement gelées depuis sept ans. Enfin, l'Egypte a réussi à trouver un terrain d'entente entre le Hamas et Israël pour que les deux parties décrètent un cessez-le-feu.
Certes, aucune de ces étapes n'est irréversible - preuve en est avec le cessez-le-feu entre Gaza et Israël. Il n'empêche que la diplomatie américaine est absente de ces occasions. Pour les chercheurs du think tank américain The Center for American Progress :
Ils tiennent également à souligner que les enjeux actuels ne peuvent être jetés sur la prochaine administration américaine comme une patate chaude. Sept mois sans activité diplomatique, c'est impensable, affirment-ils. Les auteurs ne prônent pas des actions de grande envergure qui pourraient seller l'héritage de George Bush. Au contraire, ils envisagent une diplomatie des petits pas. Sur l'Iran par exemple, ils encouragent les Américains à continuer de travailler avec plusieurs pays occidentaux sur des sanctions à l'ONU comme des sanctions économiques, mais insistent qu'il faut coordonner les efforts avec les puissances régionales, notamment la Turquie et l'Arabie Saoudite. Sur la question israélo-arabe, Katulis et Rudman estiment que l'administration Bush doit continuer à essayer de trouver un accord d'ici à la fin de l'année mais également préparer les différents acteurs régionaux à une transition avec la prochaine administration toute en douceur si les négociations actuelles n'aboutissent pas.
Ils concluent en affirmant que la diplomatie américaine dans la région ne peut fonctionner que si le gouvernement, à Washington, "prête attention aux détails et que s'il a une approche globale - assurer la coordination entre les différents départements (ministères), la responsabilité pour les actions prises et le suivi adéquat des mécanismes". Pour réussir, les Américains doivent s'attarder sur "les petits détails autant que sur l'objectif final pour atteindre ce dernier".
Pourtant, plusieurs récentes avancées dans la politique régionale se sont conclues sans intervention de Washington. Le premier concerne l'accord trouvé entre les différentes factions politiques libanaises sous la houlette du Qatar. Puis, la Turquie a relancé les négociations de paix entre Israël et la Syrie officiellement gelées depuis sept ans. Enfin, l'Egypte a réussi à trouver un terrain d'entente entre le Hamas et Israël pour que les deux parties décrètent un cessez-le-feu.
Certes, aucune de ces étapes n'est irréversible - preuve en est avec le cessez-le-feu entre Gaza et Israël. Il n'empêche que la diplomatie américaine est absente de ces occasions. Pour les chercheurs du think tank américain The Center for American Progress :
L'absence troublante des Etats-Unis ne doit pas suggérer qu'ils sont inutiles ou incapables ; plutôt cela doit renforcer l'idée que pour aboutir à des progrès et à une stabilité dans la région, une Amérique qui s'allie avec d'autres pays, qui garde un œil sur l'horizon et qui aide à diriger les négociations est essentielle.Une critique que les deux auteurs ne formulent pas, mais tout l'indique, est que les Etats-Unis doivent travailler avec des partenaires dans la région, plutôt que de faire cavalier seul. Les Etats-Unis ont besoin "d'une gestion détaillée des différents champs d'action au Moyen Orient - et une vision de la destination finale - ce qui a clairement manqué".
Ils tiennent également à souligner que les enjeux actuels ne peuvent être jetés sur la prochaine administration américaine comme une patate chaude. Sept mois sans activité diplomatique, c'est impensable, affirment-ils. Les auteurs ne prônent pas des actions de grande envergure qui pourraient seller l'héritage de George Bush. Au contraire, ils envisagent une diplomatie des petits pas. Sur l'Iran par exemple, ils encouragent les Américains à continuer de travailler avec plusieurs pays occidentaux sur des sanctions à l'ONU comme des sanctions économiques, mais insistent qu'il faut coordonner les efforts avec les puissances régionales, notamment la Turquie et l'Arabie Saoudite. Sur la question israélo-arabe, Katulis et Rudman estiment que l'administration Bush doit continuer à essayer de trouver un accord d'ici à la fin de l'année mais également préparer les différents acteurs régionaux à une transition avec la prochaine administration toute en douceur si les négociations actuelles n'aboutissent pas.
Ils concluent en affirmant que la diplomatie américaine dans la région ne peut fonctionner que si le gouvernement, à Washington, "prête attention aux détails et que s'il a une approche globale - assurer la coordination entre les différents départements (ministères), la responsabilité pour les actions prises et le suivi adéquat des mécanismes". Pour réussir, les Américains doivent s'attarder sur "les petits détails autant que sur l'objectif final pour atteindre ce dernier".
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