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vendredi 21 janvier 2011

Blackwater embrigadé dans le dossier israélo-palestinien

Il y a deux semaines, l'annonce était faite comme quoi une société privée de sécurité prendrait du service dans les Territoires palestiniens. Et pas n'importe laquelle. Blackwater, aujourd'hui Xe Services (mais personne n'est dupe enfin on ne sait plus maintenant que l'entreprise serait détenue en partie par une entreprise de produits végétariens, mais l'annonce qu'ils sont bien implantés en Somalie nous rappelle que l'entreprise sait être au mauvais endroit d'un point de vue de la stabilité au bon moment). Blackwater est notoire pour les nombreux épisodes qui ont éclaté en Iraq, notamment concernant la campagne de Falloudjah.

Dans un effort de dissiper les interminables critiques qui entachaient l'image de l'entreprise, en février 2009, Blackwater a voulu se faire plus discret en changeant de nom et en adoptant l'énigmatique Xe Services (prononcer Zi). Bien évidemment, personne ne les appelle Xe.

mercredi 29 décembre 2010

Les Etats-Unis potentiellement dans l'embarras à l'ONU sur une résolution palestinienne



Les Palestiniens devraient demander au Conseil de sécurité des Nations Unies de condamner les colonies. On peut lire quelques extraits du premier draft de la résolution sur Internet, comme sur le Washington Post ici. J'imagine que la délégation palestinienne est à l'origine de la fuite et la tactique est très habile. En effet, ce premier jet condamne les colonies "comme illégales et constituant un obstacle majeur pour arriver à une paix juste, durable et globale". La résolution demande le retrait israélien, mais sans appliquer de sanctions, ce qui forcément pose la question de la position américaine.

mercredi 13 octobre 2010

A quoi joue Israël ?

Brève réaction sur les dernières évolutions en Israël :

- prêter allégeance à l'Etat juif et démocratique : C'est ce que tout étranger non-juif en recherche de naturalisation sera amené à faire. Quid des non-juifs qui vivent en Israël ? C'est une mesure bien maladroite, et le mot est faible. Elle a des relents nauséabonds dont l'Etat hébreu peut franchement se passer en ce moment.
- un nouveau moratorium sur les colonies contre une reconnaissance de la judaïcité d'Israël : C'est la proposition faite par le gouvernement. Ainsi demande-t-il que l'Autorité palestinienne reconnaisse Israël comme l'Etat du peuple juif en échange de quoi il est prêt à renouveler le moratorium pour la suspension de nouvelles colonies en Cisjordanie. Evidemment, les Palestiniens ont refusé. Et pour cause, d'un point de vue tactique, les Palestiniens n'ont aucun intérêt à accepter un point dont les répercussions sont indéfinies contre une mesure temporaire. En outre, qu'est-ce-que le caractère juif d'Israël vient faire dans les négociations ? C'est une pollution inutile. J'ai vu un commentaire sur un article du Monde il y a peu disant que le caractère juif d'Israël est indiqué dans la résolution de l'ONU de 1947. Certes, mais si on ressort ce document, les Israéliens seraient-ils prêts à retourner aux frontières de l'époque ? Quelque chose me dit que non.
- un référendum sur l'Etat palestinien : S'il y a des négociations pour céder des territoires, tels que Jérusalem ou les plaines du Golan, dans le cas d'un accord de paix, la mesure devrait passer par un vote à la Knesset puis serait présenté en référendum. Il est difficile de dire si c'est une bonne ou une mauvaise mesure. L'opinion israélienne peut tout à fait évoluer en faveur d'un accord de paix et si Jérusalem parait effectivement hors limite, le Golan est une autre histoire.

Bref, je ne sais pas trop à quoi joue le gouvernement israélien, mais cela n'annonce rien de bon.

jeudi 29 juillet 2010

Prudence plutôt que précipitation pour des négociations directes entre Israël et l'Autorité palestinienne

Aaron David Miller, chercheur au Wilson International Center for Scholar, est devenu la figure de proue des sceptiques de l'évolution actuelle du processus de paix depuis son article coup de poing dans Foreign Policy il y a quelques mois. Dans un nouvel article pour ce magazine, il appelle Barack Obama à la prudence en ce qui concerne des négociations directes entre Israël et l'Autorité palestinienne. Son analyse intervient dans un contexte où la Ligue Arabe discute aujourd'hui d'éventuelles rencontres entre l'Autorité palestinienne et Israël. 

lundi 9 novembre 2009

La phrase du jour

Dans sa tribune hebdomadaire, Thomas Friedman du New York Times reprend une citation qui apparemment fait le tour du Département d'Etat en ce moment :

Le leadership palestinien "veut une solution avec Israël sans négociations" et le leadership israélien "veut des négociations avec les Palestiniens sans solution".

vendredi 6 novembre 2009

Comment lire l'annonce d'Abbas?

Mahmoud Abbas a annoncé qu'il ne se représenterait pas pour les prochaines élections prévues le 24 janvier prochain. Le New York Times donne la parole à six experts sur comment interpréter ce geste politique. J'ai déjà traité de la question il y a quelques jours.

Le Times offre des perspectives intéressantes, dont celles de Ronen Bergman de Yedioth Ahronoth et de Daoud Kuttab, professeur à Princeton. Une des raisons invoqués par Abou Mazen est sa frustration vis-à-vis de l'administration de Barack Obama et l'incapacité américaine à faire pression sur Israël, voire même à baisser les bras devant l'Etat hébreu. Bergman utilise une expression yiddish pour expliquer le retour de bâton infligé à Obama: Rebbe gelt. Pour le journaliste israélien, ce camouflé au président américain est symptomatique de son manque d'expérience en politique étrangère. Il a voulu trop faire trop vite et s'est heurté à un mur.

Comme le précise Kuttab, il a été très mal perçu par le leadership palestinien, mais également par la population que les Américains exigent d'Abbas de se rétracter sur le rapport Goldstone, qu'Hillary Clinton fasse preuve d'une grande maladresse diplomatique sur les colonies et que l'administration Obama donne des signes de pudeur à l'égard d'Israël.

Pour Abou Mazen, le prix à payer est élevé. Comme l'explique Bergman, il pensait trouver un partenaire avec Obama et s'est donc positionné de manière sévère contre Benjamin Netanyahu. En vain et avec pertes et fracas pour lui.

Toutefois, le Président de l'Autorité palestinienne n'a pas démissionné et il est possible qu'il joue son va-tout pour essayer de s'instaurer comme l'homme providentiel, indispensable à toute réussite du processus. C'est loin d'être acquis. Comme l'explique Marc Lynch, un départ réel d'Abbas pourrait ne pas être une si mauvaise nouvelle pour le processus de paix. A tort ou à raison, cela pourrait bousculer le processus de manière positive. Les plus pessimistes diraient qu'il est tellement inexistant que toute solution est bonne à prendre.

Dans toute cette histoire, je suis quelque peu partagé. Je pense effectivement que les Etats-Unis ont voulu trop faire trop vite, mais je m'inscris en faux contre des personnes comme Stephen Walt qui considère que l'on court à la catastrophe. Il est certain qu'Obama a fait des erreurs et qu'il aurait pu mieux manoeuvrer certains épisodes des dix derniers mois. Pour autant, dans cette marée de critiques, on oublie que la position de Netanyahu s'est très légèrement assouplie à certains moments sous la pression américaine. Oui, cela n'est pas significatif ; oui, le discours actuel est moins virulent qu'au départ. Pour autant, il ne faut pas oublier que le soutien inconditionnel des Etats-Unis à Israël est une politique structurellement ancrée dans les deux pays et qu'inverser la tendance demande du temps, des efforts et un soutien! Les uns et les autres sont dans leur droit de le critiquer, mais pas sous des traits aussi caricaturaux et oublieux de la réalité des relations israélo-américaines.

Je suis pour ma part impressionné par le fait qu'Obama ait pris à bras le corps ce nid d'abeilles en début de premier mandat. Il est évident qu'il va se piquer - c'est déjà fait - et qu'il va commettre des erreurs, mais je crains que l'on tombe dans la prophétie auto-réalisatrice sur la mort annoncée du processus de paix. Si l'on ne donne aucun gage à l'administration américaine, elle n'a aucune chance d'y arriver.

Par ailleurs, blâmer les Etats-Unis est un raccourci. Ils peuvent accélérer et arbitrer, mais pas créer la dynamique. Les Israéliens aussi sont responsables de ce marécage et ils ne sont pas épargnés par les critiques. J'espère que la position du gouvernement Netanyahu s'infléchira petit à petit - cela ne peut se faire autrement, ce sera long et fastidieux - et que des décisions intelligentes seront prises, comme la levée du blocus, pour marquer un signe.

Les Palestiniens ne sont pas en reste. Si les Occidentaux ont probablement trop soutenu Abbas, ce dernier a trop compté sur le soutien occidental en oblitérant complètement qu'il était avant tout important qu'il se présente comme un leader auprès de son peuple plutôt que d'être bien vu à l'étranger. Le Hamas, lui, est complètement oublié dans cet épisode. Il refuse tout, d'autant plus qu'il sait que cela affaiblit mortellement la popularité et la crédibilité de Mahmoud Abbas. Pourquoi faire un pas dans la bonne direction quand on sert ses intérêts en ne rien faisant ? Les divisions intra-palestiniennes sont une tumeur qui empêche l'unité palestinienne et la possibilité de créer un front fort pour un Etat palestinien et contre l'intransigeance israélienne.

Finalement, dans la situation actuelle, on se retrouve avec un Président américain affaibli, un Président palestinien sans autorité et un Premier ministre israélien confortable. Le premier est critiqué de toutes parts pour sa trop grande timidité, alors qu'aucun de ses prédécesseurs n'était allé aussi loin aussi tôt ; le second n'a jamais été un dirigeant influent parmi les siens et cela n'est pas prêt de changer ; le dernier n'est politiquement pas menacé, mais si jamais il voulait vraiment faire quelque chose - ce qui n'est pas dit - la fragilité de sa coalition le rattraperait. Sans oublier, le Hamas, qui se renforce sans rien faire. Bref, encore une fois, il n'y a pas de dirigeant capable d'agir.

lundi 2 novembre 2009

Après un an, certains découvrent qu'Obama n'est pas le Père Noël!

Quand je lis que les Palestiniens sont déçus par la politique américaine à l'égard du dossier israélo-palestinien, je me demande : attendaient-ils vraiment que cette question soit réglée en un an alors que le problème existe depuis soixante ans d'autant plus que le gouvernement israélien ne veut rien lâcher de trop compromettant pour sa stabilité et que la rixe entre le Fatah et le Hamas persiste sans sortie de crise en vue ?

Marc Lynch a une remarque pertinente à ce sujet :
Après un excellent départ [sur le dossier israélo-palestinien] marquant un engagement fort pour aboutir à une solution négociée à deux Etats et la bonne décision d'appeler à un gel des colonies israéliennes, son équipe a laissé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu traîner le processus dans les ronces jusqu'à sa mort. Il aurait dû se désengager de la bataille sur les colonies il y a des mois et il en paie maintenant le prix.

Il est certain que le problème n'est pas réglé et que l'administration américaine n'a pas réussi à faire infléchir la position israélienne, pour autant, elle a pris des positions sans précédent pour le moment pour une administration américaine. En outre, Obama a décidé de prendre le problème à bras le corps dès le début de son premier mandat. Bouger des mammouths cimentés dans des positions est une entreprise extrêmement complexe et cela prendra du temps pour que des progrès substantiels émergent. Personne n'espérait qu'il règle le problème en quelques mois! Enfin, je croyais que c'était clair pour tout le monde...

mardi 27 octobre 2009

Et si Mahmoud Abbas partait vraiment

Mahmous Abbas a menacé de ne pas se représenter aux élections palestiniennes qui devraient se tenir le 24 janvier prochain. Marc Lynch sur son blog analyse l'impact éventuel d'une telle décision tout en restant lucide sur le fait qu'Abou Mazen a déjà tenu ce type de discours sans que ce ne soit suivi de faits.

Il établit quatre points d'analyse:
* ce serait un coup de pied dans le statu quo. Il est vrai qu'une certaine routine s'est installée, où les discussions s'enchaînent sans déboucher sur des avancées et sans que l'on sache si les mentalités changent - pas de signe avant-coureur en tout cas.
* cela pourrait être le renouvellement tant attendu pour le Fatah et l'Autorité palestinienne, car le groupe autour d'Abbas est à la tête depuis presque deux décennies maintenant (depuis les négociations pour les accords d'Oslo en 1993).
* cela pourrait être l'action politique qui permettrait la réunification entre Gaza et la Cisjordanie, car Abou Mazen est un frein réel à la réconciliation intra-palestinienne, estime Lynch. Je pense qu'il est trop optimiste à ce sujet. Il n'est pas impossible que le Hamas ne trouve pas en Abbas un leader capable de leur tenir tête, mais cela ne veut pas dire qu'un départ du président palestinien pourrait influencer positivement les relations entre le Fatah et le Hamas.
* le retrait de Mahmoud Abbas serait un cas rarissime dans la politique arabe, car Lynch n'a pas réussi à trouver le moindre dirigeant arabe en place qui a volontairement renoncé au pouvoir.

vendredi 23 octobre 2009

Quelques ingrédients à rajouter dans les négociations irano-américaines?

Une tribune dans la version anglaise de Dar Al Hayat m'a interpellé. Raghida Dergham considère que dans les négociations irano-américaines sur le nucléaire, deux questions manquent à l'appel : le dossier israélo-palestinien et le Liban.

Effectivement, l'Iran joue un rôle prépondérant dans ces deux cas : elle soutient le Hamas et mène une politique militante pour la cause palestinienne - au point même de gêner les pays arabes ; et elle soutient le Hezbollah au Liban. Je me focaliserai plutôt sur la première question.

J'ai deux remarques à cet argument. Tout d'abord, dans ces négociations, il n'y a pas que les Américains et alors que cela est le cas dans de nombreux cas, les Européens ne jouent pas ici un rôle mineur, sans parler de la Russie. Il est donc un peu réducteur de voir le dossier sous le prisme purement irano-américain.

Ensuite, je pense qu'il serait contre-productif d'attirer le dossier israélo-palestinien dans le dossier iranien. Les avancées sur le plan nucléaire iranien sont incrémentales et poussives. Rajouter un éléphant dans la salle ne ferait que renforcer les obstacles à toute avancée. De plus, l'Iran mène une politique particulièrement bottée en faveur de la cause palestinienne et en est devenu le porte-drapeau. Téhéran sait que les pays arabes ne sont pas prêts à adopter une ligne aussi radicale qu'elle sur le sujet, car ils sont divisés sur le Hamas, mais ils ne peuvent pas se prononcer publiquement contre le Hamas, sous peine que cela soit interprété comme un afaiblissement de leur intérêt à la cause palestinienne.

Deux attitudes sont envisageables : soit l'Iran accepte d'inclure ce dossier et est intransigeante au point de tout bloquer pour continuer dans sa politique palestinienne qui leur permet de s'attirer les faveurs de la rue arabe, elle qui ne l'est pas, soit l'Iran refuse de mettre les dossiers sur la même table, parce qu'ils n'ont pas envie de se voir obligés de se retrouver dans le premier cas étant donné que sur le nucléaire, ils peuvent jouer de leurs atouts dans les négociations, marquer des points, gagner en influence et gagner du temps. Enfin, pourquoi les pays négociateurs avec l'Iran voudraient inclure dans les discussions un dossier aussi léthal que la question israélo-palestinienne qui est un poison à toute initiatiave ?

Intégrer la question israélo-palestinienne dans tous les dossiers n'aura qu'une conséquence : bloquer toute éventualité d'avancée. C'est déjà suffisamment difficile ainsi pour éviter de compliquer encore davantage la tâche.

lundi 19 octobre 2009

Bluff ou...?

Benjamin Netanyahu, en visite en Espagne - qui prendra la présidence de l'UE le 1er janvier 2010 -, a affirmé qu'Israël et les Etats-Unis avaient trouvé "une solution" sur les colonies. Et oui! A la question toute logique : quelle solution ? Le Premier ministre israélien a répondu : demandez à Washington ! Pour le moment, rien du côté américain. Au WINEP à Washington, le ministre israélien du Renseignement Dan Meridor a affirmé qu'une résolution des différends entre Palestiniens et Israéliens était "très proche" et n'a pas exclu l'idée que soit discutés des sujets épineux, comme Jérusalem.
On verra ce qui se dira au briefing du Département d'Etat aujourd'hui.

mercredi 7 octobre 2009

Une autre interprétation des récents événements israélo-palestiniens

James Zogby publie une tribune pertinente dans The National. Il explique qu'il est désormais communément admis qu'Israël s'en sort de mieux en mieux avec les Américains et les Palestiniens (que ce soit lors de leur rencontre à New York ou sur le vote au sujet du rapport Goldstone), que l'Autorité palestinienne ne cesse d'être décrédibilisée et que les Etats-Unis reprennent leur politique d'alignement sur Israël.

Pourtant Zogby estime qu'une autre interprétation est possible. Il n'est pas faux que Barack Obama ne parvient à assouplir la position israélienne, mais on peut également considérer que le président américain a cherché à réunir les deux dirigeants pour montrer en leur présence son impatience et sa détermination à aller de l'avant dans les négociations.

De même, Zogby rappelle les propos publics et privés d'Obama lors de cette visite. Il a rappelé qu'il voulait des négociations sans préconditions, mais surtout que tous les dossiers devaient être traités (sécurité, réfugiés, frontières, Jérusalem) et qu'elles allaient s'effectuer sur la base des accords passées. Obama a réitéré la position de son Administration qu'elle s'oppose à l'extension des colonies. Beaucoup de points qui déplaisent à Benjamin Netanyahu.

Israël peut déclarer sa victoire dans ces deux rounds, mais Zogby estime qu'Obama a encore de nombreux atouts qui pourraient se concrétiser par une sorte de "plan Obama" d'ici la fin de l'année. J'espère qu'il a raison. Il sera toutefois difficile pour Mahmoud Abbas de retrouver de la crédibilité (qu'il n'a jamais vraiment eu) auprès des Palestiniens de Cisjordanie à défaut de pouvoir toucher ceux de Gaza.

vendredi 4 septembre 2009

Saeb Erekat, "partisan pour la paix"

Saeb Erekat était en conférence ce matin à l'Ifri. Il n'y a pas eu de déclaration fracassante, mais le négociateur en chef de la délégation palestinienne a montré du doigt plusieurs responsables de l'inertie du processus de paix.

Israël tout d'abord. L'Etat hébreu n'en fait pas suffisamment. Pour Erekat, les conditions pour négocier, comme le gel des colonies, ne sont pas des conditions, mais des obligations. "Le gouvernement israélien doit être tenu responsable de ses actions." L'annonce hier de la construction de nouvelles implantations en Cisjordanie lui ont montré que Benjamin Netanyahu a choisi son camp.

Le Quartet ensuite. Il a une responsabilité dans ce processus, il a des moyens de pression et il n'en a pas fait usage. "Ce n'est pas dans l'intérêt des Etats-Unis et des Européens d'agir comme si Israël était au-dessus des lois", dira-t-il plus tard. C'est à "vous", parties extérieures qui jouent un rôle dans le processus, de choisir entre l'extrémisme et la modération dans le monde. En choisissant la voie de la paix à deux Etats, ce serait un pas en avant pour un monde marqué par la modération.

Le Hamas enfin. "Le coup d'Etat perpétré à Gaza était une erreur stratégique majeure", a-t-il affirmé. La réconciliation intra-palestinienne est un dossier de politique intérieure, a-t-il répété à plusieurs reprises. A l'heure actuelle, le Hamas refuse un gouvernement d'unité et refuse des élections, mais, selon Erekat, l'Autorité palestinienne travaille pour arranger la situation.

Où se trouve d'ailleurs l'Autorité palestinienne sur cet échiquier ? Saeb Erekat s'est positionné en faveur d'une solution à deux Etats dans les frontières de 1967, car c'est "la seule option réaliste". L'AP joue la politique de la main tendue, mais Israël ne rentre pas dans le jeu, explique Erekat.

J'ai été quelque peu étonné par une de ses présentations. Il a présenté les options vues par les Palestiniens et ensuite a présenté celles perçues par Israël. Au lieu d'être fin et de montrer les divergences en Israël, il a été inutilement caricatural en ne parlant que des plus extrémistes ultra-minoritaires qui ne veulent qu'un Etat, où il n'y aurait même pas de Musulmans. Certes, dans la session de questions-réponses, il a évoqué les 70% d'Israéliens qui étaient en faveur d'une solution à deux Etats, mais pourquoi ne l'avoir mentionné que si tard ? Pour jouer l'avocat du diable, on peut trouver une minorité palestinienne qui ne veut pas de la présence juive non plus. Cela fait-il avancer le dialogue ? Pas vraiment.

Pour autant, j'ai trouvé Erekat motivé et déterminé, même s'il se présente comme une victime qui ne peut rien faire et qui est vierge de toute responsabilité dans le manque de progrès. Si c'était aussi manichéen...
 

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