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jeudi 29 janvier 2009

Les conseils de Brent Scowcroft

Brent Scowcroft est vraiment un des meilleurs stratégistes en politique extérieure que les Etats-Unis. Il a encore fait preuve de clarté et de perspicacité dans un entretien accordé à The National Interest. Quelques extraits du dernier numéro :

Nous avons besoin d'évaluations réalistes sur l'acceptation éventuelle de nos politiques par le monde avant que nous n'offrions notre aide.

Le processus de paix palestinien est un cas d'étude. Bien que l'administration Bush ait cherché à trouver une résolution, notre approche a été de demander aux Israéliens et aux Palestiniens de s'asseoir ensemble, en espérant qu'ils arrivent à un accord. Mais, les deux camps sont trop faibles une telle approche américaine. Une résolution requiert l'attention personnelle du président. Washington devra mener le jeu avec un plan américain fondé sur les conclusions des accords de Taba. (...)

Si le processus de paix est abandonné, ce sera perçu par le monde musulman comme une autre indication que les Etats-Unis ne s'intéressent pas trop à leurs intérêts. Et tandis que le dossier palestinien n'est pas dans les esprits de tous les Musulmans, il fait office de symbole de l'injustice. Ce symbole d'injustice, et notre réticence ou incapacité à faire quoique ce soit amenuit tout ce que l'Amérique essaie de faire dans cette région. (...)

Un processus de paix palestinien dynamique pourrait aider à changer le climat psychologique. Cela pourrait un peu prendre un peu de vent des voiles du Hezbollah et du Hamas. Les Etats du Moyen Orient seraient alors peut-être enclins à utiliser de leur influence pour amoindrir le pouvoir de l'Iran. Cela pourrait pousser l'Iran de nouveau sur la défensive. Après tout, les actions américaines en Irak et en Afghanistan ont détruit les principaux adversaires iraniens, et d'une certaine manière, a renforcé le leadership à Téhéran. Un processus de paix soutenu pourrait aider les pays arabes à se libérer, ce qui pourrait déboucher sur une assistance dans la réhabilitation de l'Irak.

jeudi 22 janvier 2009

D'une "relation spéciale" à une "relation naturelle" entre Etats-Unis et Israël

Le chroniqueur israélien Akiva Eldra a publié une analyse assez intéressante dans Haaretz. Il est optimiste sur l'administration Obama pour trois raisons :
* Il a plusieurs conseillers juifs (son directeur de cabinet Rahm Emmanuel pour ne nommer que le plus proche) qui connaissent les trucs et astuces d'Israël et les arguments tempérant l'intérêt stratégique pour les Etats-Unis à s'aligner systématiquement avec l'Etat hébreu.
* Il semble que Brent Scowcroft, ancien conseiller en sécurité nationale de George Bush père, soit une importante influence sur la pensée du nouveau président américain. Scowcroft appelle à une redéfinition de la relation avec Israël. Petit aparté : j'ai vu que le dialogue America and the World entre Scowcroft et Zbigniew Brzezinski avaient été traduit en français, je salue l'initiative de l'éditeur).
* James Jones, nouveau conseiller en sécurité nationale d'Obama, est partisan d'une nouvelle approche avec Israël pour passer d'une "relation spéciale" à une "relation naturelle". Pas plus de détails à savoir ce que cela signifie vraiment et j'ai fait une rapide recherche qui me ramène toujours sur l'article d'Haaretz.

jeudi 27 novembre 2008

Sur le dossier israélo-palestinien, tout n'a pas été proposé. La preuve...

C'est le retour en force de l'option OTAN en Cisjordanie. Zbigniew Brzezinski et Brent Scowcroft, anciens conseillers en sécurité nationale respectivement de Jimmy Carter et George H. Bush, ont écrit une tribune dans le Washington Post dans laquelle ils estiment que l'Alliance Atlantique pourrait jouer un rôle critique pour la création d'un Etat palestinien :

Quelque chose de plus sera nécessaire pour répondre aux préoccupations sécuritaires israéliennes sur le fait de donner un territoire au gouvernement palestinien qui est incapable d'empêcher les activités terroristes contre Israël. Cela pourrait être réglé par le déploiement d'une force internationale de maintien de la paix, du type OTAN, qui pourrait non seulement remplacer les forces de sécurité israéliennes mais également entraîner les troupes palestiniennes à être plus efficaces.

Ils ont déjà proposé cette idée dans l'ouvrage de conversations qu'ils ont dans America and the World. L'idée n'est pas nouvelle et cette tribune pourrait passer pour une vieille utopie irréaliste, mais elle prend toute son importance lorsque l'on sait que le prochain conseiller en sécurité nationale de Barack Obama, le général James Jones, ancien SACEUR à l'OTAN et un temps émissaire au Moyen Orient envoyé par l'actuel Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, est également partisan de cette option, selon le quotidien israélien Haaretz. Il sera intéressant de voir comment cette question évolue dans les prochains mois, parce que beaucoup s'opposeraient à un tel déploiement. L'option serait mort-née si Benjamin Netanyahu venait à remporter les élections du 10 février prochain.

L'autre idée de la semaine n'est ni plus ni moins qu'une adhésion d'Israël et de la Palestine à ... l'Union Européenne. C'est ce que promeut Richard Rosecrance, directeur du Belfer Center for Science and International Affairs à Harvard :

Pour aller de l'avant, nous devons revenir aux points d'origine. C'est le violent rejet de l'Europe à l'égard des Juifs par le passé qui a engendré le sionisme moderne et qui a paradoxalement contrinué à son succès. Problème d'un temps, l'Europe peut aujourd'hui être la solution. Pour encourager et récompenser un accord territorial et sécuritaire entre les Israéliens et les Palestiniens, elle devrait leur offrir clairement la possibilité d'adhérer à l'Union Européenne.

Cela pourrait aider les deux partis à trouver un arrangement. L'idée de rejoindre la plus riche union d'Etats au monde est une énorme stimulation pour trouver un accord. L'organisation et les valeurs de l'union offre le cadre pour un accord de paix.

En fait, l'identité duale d'une entité supranationale composée d'Etats nationaux vivant en paix contient la réponse aux plus profondes préoccupations des deux camps. Pour les Israéliens, une adhésion à l'UE offre la sécurité physique et une légitimité permanente. Pour les Palestiniens, l'adhésion signifie un accord territorial, incluant un retour, d'une certaine manière, sur leurs terres appuyée par la source conjointe de sécurité et d'autorité de l'Europe.

Ah... il fallait y penser...
 

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