Je prends cette information avec beaucoup de pincettes. Il semblerait que le quotidien de masse israélien Yediot Aharanot ait publié un article à sensation sur des propos tenus par le chef de cabinet de la Maison Blanche, Rahm Emanuel. Il aurait affirmé à un dirigeant juif américain, non cité, que "dans les quatre prochaines années, il y aura un statut permanent arrangé entre Israël et les Palestiniens sur la base de deux Etats pour deux peuples et que cela nous est complètement égal qui est Premier ministre". Première sensation. Les Etats-Unis seraient donc prêts 1) à s'engager fermement dans la résolution du dossier et 2) à faire pression jusqu'au bout sur Israël s'il le faut.
Deuxième sensation: le dossier iranien sera géré en fonction des retraits israéliens en Cisjordanie. Selon certains, cela se traduirait par les Américains resteront plus ou moins sur la même ligne qu'Israël sur l'Iran uniquement si l'Etat hébreu se retire des territoires en Cisjordanie. Aux Etats-Unis, on commencerait à évoquer l'idée de "Bushehr pour Yitzhar". Bushehr est une centrale nucléaire iranienne et Yitzhar est une des colonies les plus orthodoxes de Cisjordanie. Très honnêtement, je ne comprends absolument pas le schéma de pensée, car ce sont des dossiers différents, dont un est local et l'autre mondial. De plus, Washington et Tel Aviv ne sont de toute manière déjà pas sur la même longueur d'onde sur l'Iran.
Troisième sensation : contrairement à la tradition qui veut que le Premier ministre israélien soit accueilli à la Maison Blanche à l'occasion de la conférence annuel du lobby pro-israélien AIPAC, Barack Obama n'en fera rien avec Benjamin Netanyahu. On verra...
Plusieurs raisons me font douter de l'exactitude de ce rapport de presse. Tout d'abord, je le tiens de seconde main. Deux sources reprennent des extraits. Le premier est Israel Policy Forum et le second est un blog Tikun Olam. La deuxième chose est que l'article n'est pas disponible en ligne. Ni en anglais, ni en hébreu. Le site du Yediot est pourtant très bien fourni et ce type d'article choc n'a aucune raison de ne pas être mis en ligne!
MJ Rosenberg sur IPF n'indique pas comment il a eu accès à l'article. Richard Silverstein sur Tikun Olam explique que l'article n'est pas en ligne et qu'il a obtenu une traduction via Benor Consulting. C'est envisageable, car c'est une entreprise israélienne. Pour autant, il y a très peu de sources à reprendre l'information. J'ai fait quelques recherches et à l'exception de Christian Science Monitor qui ne fait pas référence à sa source, donc je spécule qu'au mieux, ils ont lu l'article, tous les autres sites reprennent IPF ou TO ou les articles ont été écrits par MJ Rosenberg comme sur TPMCafé.
De plus, il est étonnant que cette information quelque peu floue fasse surface au moment de la visite de George Mitchell, l'émissaire américain sur le dossier, dans la région. L'ancien sénateur a de nouveau rappelé que la seule solution était deux Etats. Il a félicité l'initiative de paix arabe tout en se gardant de l'endosser dans son intégralité.
Dans tous les cas, ce n'est pas un secret que les relations israélo-palestiniennes devraient être plus tendues entre Obama et Netanyahu qu'elles ne pouvaient l'être entre George Bush et Ariel Sharon puis Ehud Olmert. Le simple fait pour les Etats-Unis de lancer à tout va qu'il faut un Etat palestinien est une nouveauté que Bush clamait également au début de son premier mandat sans que cela n'ait été suivi de fait, mais pour l'instant, les efforts déployés par la nouvelle administration américaine sonnent plus volontaires et persuasifs que tous ceux enclenchés par les huit années de Bush.
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samedi 18 avril 2009
jeudi 27 novembre 2008
Sur le dossier israélo-palestinien, tout n'a pas été proposé. La preuve...
C'est le retour en force de l'option OTAN en Cisjordanie. Zbigniew Brzezinski et Brent Scowcroft, anciens conseillers en sécurité nationale respectivement de Jimmy Carter et George H. Bush, ont écrit une tribune dans le Washington Post dans laquelle ils estiment que l'Alliance Atlantique pourrait jouer un rôle critique pour la création d'un Etat palestinien :
Ils ont déjà proposé cette idée dans l'ouvrage de conversations qu'ils ont dans America and the World. L'idée n'est pas nouvelle et cette tribune pourrait passer pour une vieille utopie irréaliste, mais elle prend toute son importance lorsque l'on sait que le prochain conseiller en sécurité nationale de Barack Obama, le général James Jones, ancien SACEUR à l'OTAN et un temps émissaire au Moyen Orient envoyé par l'actuel Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, est également partisan de cette option, selon le quotidien israélien Haaretz. Il sera intéressant de voir comment cette question évolue dans les prochains mois, parce que beaucoup s'opposeraient à un tel déploiement. L'option serait mort-née si Benjamin Netanyahu venait à remporter les élections du 10 février prochain.
L'autre idée de la semaine n'est ni plus ni moins qu'une adhésion d'Israël et de la Palestine à ... l'Union Européenne. C'est ce que promeut Richard Rosecrance, directeur du Belfer Center for Science and International Affairs à Harvard :
Ah... il fallait y penser...
Quelque chose de plus sera nécessaire pour répondre aux préoccupations sécuritaires israéliennes sur le fait de donner un territoire au gouvernement palestinien qui est incapable d'empêcher les activités terroristes contre Israël. Cela pourrait être réglé par le déploiement d'une force internationale de maintien de la paix, du type OTAN, qui pourrait non seulement remplacer les forces de sécurité israéliennes mais également entraîner les troupes palestiniennes à être plus efficaces.
Ils ont déjà proposé cette idée dans l'ouvrage de conversations qu'ils ont dans America and the World. L'idée n'est pas nouvelle et cette tribune pourrait passer pour une vieille utopie irréaliste, mais elle prend toute son importance lorsque l'on sait que le prochain conseiller en sécurité nationale de Barack Obama, le général James Jones, ancien SACEUR à l'OTAN et un temps émissaire au Moyen Orient envoyé par l'actuel Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice, est également partisan de cette option, selon le quotidien israélien Haaretz. Il sera intéressant de voir comment cette question évolue dans les prochains mois, parce que beaucoup s'opposeraient à un tel déploiement. L'option serait mort-née si Benjamin Netanyahu venait à remporter les élections du 10 février prochain.
L'autre idée de la semaine n'est ni plus ni moins qu'une adhésion d'Israël et de la Palestine à ... l'Union Européenne. C'est ce que promeut Richard Rosecrance, directeur du Belfer Center for Science and International Affairs à Harvard :
Pour aller de l'avant, nous devons revenir aux points d'origine. C'est le violent rejet de l'Europe à l'égard des Juifs par le passé qui a engendré le sionisme moderne et qui a paradoxalement contrinué à son succès. Problème d'un temps, l'Europe peut aujourd'hui être la solution. Pour encourager et récompenser un accord territorial et sécuritaire entre les Israéliens et les Palestiniens, elle devrait leur offrir clairement la possibilité d'adhérer à l'Union Européenne.
Cela pourrait aider les deux partis à trouver un arrangement. L'idée de rejoindre la plus riche union d'Etats au monde est une énorme stimulation pour trouver un accord. L'organisation et les valeurs de l'union offre le cadre pour un accord de paix.
En fait, l'identité duale d'une entité supranationale composée d'Etats nationaux vivant en paix contient la réponse aux plus profondes préoccupations des deux camps. Pour les Israéliens, une adhésion à l'UE offre la sécurité physique et une légitimité permanente. Pour les Palestiniens, l'adhésion signifie un accord territorial, incluant un retour, d'une certaine manière, sur leurs terres appuyée par la source conjointe de sécurité et d'autorité de l'Europe.
Ah... il fallait y penser...
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vendredi 24 octobre 2008
dimanche 5 octobre 2008
Olmert découvre le réalisme
C'est souvent quand on approche de la mort qu'on fait preuve d'une plus grande sagesse, du moins est-ce une idée répandue. Il faut croire que c'est ce qui touche Ehud Olmert en ce moment. En passe de s'embourber dans des scandales en pagaille, le premier ministre israélien semble dévoué corps et âme à encourager la paix avec les Palestiniens et à faire comprendre à tous les Israéliens que le "Grand Israël" est un rêve qui n'a plus court, voire est même dangereux pour la survie du pays.
Une analyse du Time vient appuyer ce constat en montrant à quel point l'Olmert du Likud, grand supporter du "Grand Israël" et de compromis au compte-gouttes avec les Palestiniens s'est métamorphosé en un Olmert pragmatique prêt à faire des concessions que jamais un homme de droite à son poste n'a été prêt à faire. "La notion de Grand Israël n'existe plus et ceux qui y croient encore se trompent", a-t-il affirmé dans une interview. Aujourd'hui, Olmert est en faveur d'un retrait des plaines du Golan et de la Cisjordanie, d'un partage de Jérusalem (ce qu'il n'a jamais soutenu en tant que maire de la ville), d'une quasi égalité de territoire entre Palestiniens et Israéliens.
Olmert n'a pas eu une vision. Il sait simplement rendu compte qu'Israël n'a pas le temps d'attendre éternellement une résolution du conflit ou de se bercer dans l'espoir de posséder un territoire plus grand qu'à l'heure actuelle. Pas de temps, car Olmert a l'impression que la communauté internationale va se diriger de plus en plus vers la promotion d'un Etat binational, ce qu'Olmert perçoit comme la mort d'Israël. Pas le temps non plus, car les paramètres démographiques jouent à l'encontre des Israéliens et que dans une vingtaine d'années, les Palestiniens auront une population deux fois plus importante que les Israéliens, avec tous les soucis que cela peut générer.
Bref, Olmert ne peut plus rien faire, mais il encourage ses amis de la droite israélienne à ne peut être dupe et à embrasser l'idée qu'Israël doit résoudre la question palestinienne le plus rapidement possible.
Une analyse du Time vient appuyer ce constat en montrant à quel point l'Olmert du Likud, grand supporter du "Grand Israël" et de compromis au compte-gouttes avec les Palestiniens s'est métamorphosé en un Olmert pragmatique prêt à faire des concessions que jamais un homme de droite à son poste n'a été prêt à faire. "La notion de Grand Israël n'existe plus et ceux qui y croient encore se trompent", a-t-il affirmé dans une interview. Aujourd'hui, Olmert est en faveur d'un retrait des plaines du Golan et de la Cisjordanie, d'un partage de Jérusalem (ce qu'il n'a jamais soutenu en tant que maire de la ville), d'une quasi égalité de territoire entre Palestiniens et Israéliens.
Olmert n'a pas eu une vision. Il sait simplement rendu compte qu'Israël n'a pas le temps d'attendre éternellement une résolution du conflit ou de se bercer dans l'espoir de posséder un territoire plus grand qu'à l'heure actuelle. Pas de temps, car Olmert a l'impression que la communauté internationale va se diriger de plus en plus vers la promotion d'un Etat binational, ce qu'Olmert perçoit comme la mort d'Israël. Pas le temps non plus, car les paramètres démographiques jouent à l'encontre des Israéliens et que dans une vingtaine d'années, les Palestiniens auront une population deux fois plus importante que les Israéliens, avec tous les soucis que cela peut générer.
Bref, Olmert ne peut plus rien faire, mais il encourage ses amis de la droite israélienne à ne peut être dupe et à embrasser l'idée qu'Israël doit résoudre la question palestinienne le plus rapidement possible.
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samedi 13 septembre 2008
Chuck Freilich : « L’administration d’Olmert : une opportunité gâchée et une tragédie pour Israël »
Pour le compte de LeCourant.info, j'ai fait une interview de Chuck Freilich en amont du départ des élections prochaines au Kadima et du départ d'Olmert.
Spécialiste des questions de sécurité nationale d’Israël, Chuck Freilich est aujourd’hui chercheur au Belfer Center for Science and International Affairs à l’Université de Harvard. Il écrit actuellement un ouvrage sur les prises de décision en matière de sécurité nationale en Israël.
LC : Ehud Olmert ne se représentera pas pour les élections de son parti Kadima le 18 septembre. Il est resté deux ans au pouvoir, dans la moyenne israélienne. Quel jugement portez-vous sur la mandature d’Olmert au niveau du dossier israélo-palestinien ?
Chuck Freilich : Je pense que la période Olmert a été une opportunité gâchée et dans ce sens une tragédie pour Israël. Il avait le potentiel pour être un très bon Premier ministre et je pense qu’il voulait vraiment trouver une solution sur la question palestinienne. Pendant sa campagne, sa plateforme consistait en un « plan de consolidation de la Cisjordanie ». C’était après le désengagement unilatéral de Gaza et désormais, il parlait de désengagement unilatéral de la Cisjordanie en lui donnant un nouveau nom, « la consolidation ». Il n’a jamais précisé où Israël se retirerait, mais il évoquait la barrière (fence), ce qui veut dire qu’il pensait déjà à un retrait d’approximativement 90% de la Cisjordanie.
Malheureusement, la guerre du Liban a éclaté. Il a fait preuve d’une très mauvaise gestion de la crise. Le fait qu’Israël devait partir en guerre à cause de la situation sécuritaire à la frontière avec le Liban, le fait que le Hezbollah avait tiré approximativement 4000 roquettes qui venaient après quelques milliers de roquettes que le Hamas avait tiré de Gaza suite au désengagement unilatéral, l’idée de « consolidation » est devenue politiquement moribonde. Israël s’est retiré unilatéralement du Liban, puis de Gaza. Sur les deux fronts, tout ce que les habitants voulaient était de vivre en paix, à la place, ils ont eu des milliers et des milliers de roquettes.
Je pense qu’Olmert a été méritant, un an après, de faire revivre le processus de paix à Annapolis, mais, à ce stade, c’était déjà irréaliste tant au niveau du temps que des conditions fondamentales, parce que personne en Israël n’était prêt à parler de désengagement en Cisjordanie, surtout pas unilatéralement. Du côté palestinien, il n’y avait personne à qui parler, car certes Abu Mazen (le nom de guerre de Mahmoud Abbas) voulait et veut encore conclure un accord, mais le Hamas s’était emparé de Gaza et il n’avait plus de pouvoir.
Il faut noter toutefois que le successeur d’Olmert ne va peut-être pas arriver si vite, car il devra constituer une coalition et il n’est pas certain que cela se fasse si rapidement, si même elle est formée. Il reste donc peut-être quelques mois avant que son successeur ne parvienne à former une nouvelle coalition.
LC : Lors de son discours annonçant qu’il ne se représenterait pas, il a également affirmé qu’il ferait tout pour atteindre un accord. Etait-ce une coquille vide, une réelle volonté personnelle ou l’envie de soigner son image pour l’Histoire ?
CF : Je pense qu’il était sérieux. Si l’on en croit le peu d’informations disponibles sur les négociations en cours, il semble que des progrès substantiels ont été atteints. Il a proposé un retrait de 93% de la Cisjordanie et quelques pourcents du territoire israélien qui seraient donnés aux Palestiniens en compensation des 7% de la Cisjordanie restants. Il était, semble-t-il, prêt à un retour qu’on pourrait qualifier de « symbolique », mais pas plus. Je ne crois pas que la question de Jérusalem ait été sérieusement étudiée, en raison de débats de politique intérieure. Cela n’en reste pas moins une proposition conséquente, mais je ne pense pas qu’il ait le temps de l’appliquer. Dans les dernières semaines, il a privilégié son timing personnel pour négocier sur les dossiers, ce qui n’est pas acceptable. Je pense que désormais il essaie de façonner son héritage, mais jusqu’alors, l’effort était sérieux. C’est une bonne base pour son successeur.
LC : Quelles sont les questions de politique intérieure que vous évoquez ?
CF : La principale sur Jérusalem concerne le parti Shas (un parti ultra-orthodoxe ndlr), qui fait partie de la coalition gouvernementale, a menacé de se retirer de la coalition, si Olmert négociait sur Jérusalem. Tout en probablement négociant sur la question, il s’est abstenu de conclure un accord sur ce dossier.
LC : Les Palestiniens ont refusé l’offre de paix des Israéliens. Comment l’expliquez-vous ?
CF : Je ne suis pas certain qu’ils l’aient totalement refusée, du moins c’est leur position officielle. Il y a plusieurs raisons à ce rejet. Abu Mazen veut un accord final global, notamment sur la question de Jérusalem. Comme je l’ai déjà mentionné, je doute que ce soit le cas du côté israélien. Olmert ne peut pas publiquement résoudre cette question.
Ensuite, les Palestiniens ont l’habitude de dire « non » à toute proposition. Abu Mazen a un problème à l’heure actuelle, c’est qu’il ne peut parler au nom de personne. Etant donné que le Premier ministre israélien quittera prochainement ses fonctions, qu’il ne sait pas qui lui succédera, que les Américains en finissent avec l’administration Bush et qu’il a ses propres problèmes, le moment n’est pas adéquat pour qu’il puisse faire les concessions qu’il doit faire.
LC : A l’heure actuelle, deux candidats du Kadima semblent en tête, Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, et Shaul Mofaz, ministre des Transports et vice-Premier ministre. Dans quelle direction le processus de paix ira avec les deux ?
CF : Livni participe déjà aux efforts actuels et je pense qu’elle continuerait dans la même voie. Elle serait plus forte politiquement, car elle bénéficie d’un large soutien populaire. En plus, elle a la réputation d’être un leader sérieux et responsable. Je pense que Mofaz se présente pour des raisons politiques comme plus à droite qu’il ne l’est vraiment. Il continuera les efforts actuels, mais je ne sais pas s’il aura la même flexibilité que Livni.
Dans les prochaines élections générales, si Netanyahu arrive au pouvoir, c’est le début d’une nouvelle manche.
LC : Une des grandes préoccupations vue de l’étranger concerne les colonies (settlements). Régulièrement, de nouvelles constructions sont annoncées. Est-il exagéré d’insister sur ce point ou est-il pertinent de penser que cela affecte le processus de paix ?
CF : Je pense qu’il est temps pour tout le monde d’en finir avec la question des colonies (settlements). Si Olmert parle de 93% de la Cisjordanie, celles qui en font partie vont être démantelées. Il n’y a rien de négatif sur le fait qu’Israël conserve quelques pourcents de la Cisjordanie. La longueur d’Israël est de 15km dans ses zones les plus étroites. Il y a des gens qui font ce jogging tous les matins pour s’amuser. Si Israël peut garder 7% de la Cisjordanie, elle conserverait à peu près 70% des colons (settlers). Si les Palestiniens obtiennent 93% de la Cisjordanie et une compensation territoriale du côté de la bande de Gaza, cela semble une offre tout à fait honnête.
LC : Du côté palestinien, où en est-on avec le Hamas à Gaza et les élections présidentielles prévues pour janvier ?
CF : Il semble que désormais ils essaient d’éviter la tenue d’élections, en disant par exemple que Gaza est « une zone en état de rébellion » et qu’ils ne peuvent donc pas tenir d’élections maintenant. C’est une possibilité. Si les Palestiniens ne parviennent pas à repousser les élections, il y a deux possibilités. La première est qu’Abu Mazen se présente et il perdra probablement. L’autre est qu’il ne se présentera pas, c’est ce qu’il a dit il y a à peu près un an, dans quel cas les chances que le Hamas l’emporte sont très grandes.
LC : Y a-t-il une tentative d’Israël de redorer le blason d’Abu Mazen ? On a vu par exemple la libération de centaines de prisonniers palestiniens.
CF : Oui, ça en fait partie, mais c’est une petite étape qui ne changera rien. Cela contribue à l’ambiance actuelle. Ce qui pourrait faire changer les choses serait un accord d’ici aux élections. Selon moi, le processus d’Annapolis était plus une tentative de sauver Abu Mazen qu’une percée vers la paix. Aucune des deux parties n’est en mesure de signer un accord, mais il faut donner quelque chose qu’Abu Mazen peut vendre. L’alternative est terrible. Si le Hamas remporte la présidence et de fait devient l’acteur principal également en Cisjordanie, nous pouvons dire au revoir au processus de paix pour de nombreuses années.
LC : Vous venez de publier un article dans The American Interest pour présenter une proposition de résolution de la question des réfugiés. Pouvez-vous expliquer en quoi elle consiste et pourquoi vous estimez qu’elle pourrait contribuer au processus de paix ?
CF : Je préfère être franc, je ne pense pas que quelqu’un va s’emparer de l’idée et la mettre en place. Je l’ai présenté sous deux angles : en tant que proposition unique et incluse dans un processus plus large.
Pourquoi est-ce que je pense qu’elle n’est pas réaliste ? Du côté israélien, la volonté politique n’est pas présente. Olmert va bientôt partir, c’est une proposition radicale, elle n’est pas viable en tant que proposition unique. Les Palestiniens, en étudiant leur histoire, n’ont jamais dit « oui » à quoi que ce soit, ni en 1936 après la Commission Peel, ni en 1947 sur le Plan de Partition, ni en 2000 après Camp David. Leur approche a été toujours qu’ils veulent 100% ou rien. Dans la proposition, il leur est demandé de prendre une grosse décision, qui aurait d’énormes bénéfices, mais également ses coûts. Il devrait par exemple accepter que le droit du retour se fera dans le prochain Etat palestinien, pas en Israël.
Dans le cadre d’un processus plus large, régler la question des réfugiés au début des négociations plutôt qu’à la fin leur offre de nombreux bénéfices et une marge pour conclure un accord final tout en le mettant en pratique sans terrorisme et autres formes de violence. Aujourd’hui, il est clair que même si un accord était signé, il ne pourrait pas être appliqué, car Abu Mazen n’a pas d’autorité sur Gaza et il ne peut en réalité pas non plus parler au nom de la Cisjordanie. L’idée serait de lui donner une carotte pour son opinion publique.
Spécialiste des questions de sécurité nationale d’Israël, Chuck Freilich est aujourd’hui chercheur au Belfer Center for Science and International Affairs à l’Université de Harvard. Il écrit actuellement un ouvrage sur les prises de décision en matière de sécurité nationale en Israël.
LC : Ehud Olmert ne se représentera pas pour les élections de son parti Kadima le 18 septembre. Il est resté deux ans au pouvoir, dans la moyenne israélienne. Quel jugement portez-vous sur la mandature d’Olmert au niveau du dossier israélo-palestinien ?
Chuck Freilich : Je pense que la période Olmert a été une opportunité gâchée et dans ce sens une tragédie pour Israël. Il avait le potentiel pour être un très bon Premier ministre et je pense qu’il voulait vraiment trouver une solution sur la question palestinienne. Pendant sa campagne, sa plateforme consistait en un « plan de consolidation de la Cisjordanie ». C’était après le désengagement unilatéral de Gaza et désormais, il parlait de désengagement unilatéral de la Cisjordanie en lui donnant un nouveau nom, « la consolidation ». Il n’a jamais précisé où Israël se retirerait, mais il évoquait la barrière (fence), ce qui veut dire qu’il pensait déjà à un retrait d’approximativement 90% de la Cisjordanie.
Malheureusement, la guerre du Liban a éclaté. Il a fait preuve d’une très mauvaise gestion de la crise. Le fait qu’Israël devait partir en guerre à cause de la situation sécuritaire à la frontière avec le Liban, le fait que le Hezbollah avait tiré approximativement 4000 roquettes qui venaient après quelques milliers de roquettes que le Hamas avait tiré de Gaza suite au désengagement unilatéral, l’idée de « consolidation » est devenue politiquement moribonde. Israël s’est retiré unilatéralement du Liban, puis de Gaza. Sur les deux fronts, tout ce que les habitants voulaient était de vivre en paix, à la place, ils ont eu des milliers et des milliers de roquettes.
Je pense qu’Olmert a été méritant, un an après, de faire revivre le processus de paix à Annapolis, mais, à ce stade, c’était déjà irréaliste tant au niveau du temps que des conditions fondamentales, parce que personne en Israël n’était prêt à parler de désengagement en Cisjordanie, surtout pas unilatéralement. Du côté palestinien, il n’y avait personne à qui parler, car certes Abu Mazen (le nom de guerre de Mahmoud Abbas) voulait et veut encore conclure un accord, mais le Hamas s’était emparé de Gaza et il n’avait plus de pouvoir.
Il faut noter toutefois que le successeur d’Olmert ne va peut-être pas arriver si vite, car il devra constituer une coalition et il n’est pas certain que cela se fasse si rapidement, si même elle est formée. Il reste donc peut-être quelques mois avant que son successeur ne parvienne à former une nouvelle coalition.
LC : Lors de son discours annonçant qu’il ne se représenterait pas, il a également affirmé qu’il ferait tout pour atteindre un accord. Etait-ce une coquille vide, une réelle volonté personnelle ou l’envie de soigner son image pour l’Histoire ?
CF : Je pense qu’il était sérieux. Si l’on en croit le peu d’informations disponibles sur les négociations en cours, il semble que des progrès substantiels ont été atteints. Il a proposé un retrait de 93% de la Cisjordanie et quelques pourcents du territoire israélien qui seraient donnés aux Palestiniens en compensation des 7% de la Cisjordanie restants. Il était, semble-t-il, prêt à un retour qu’on pourrait qualifier de « symbolique », mais pas plus. Je ne crois pas que la question de Jérusalem ait été sérieusement étudiée, en raison de débats de politique intérieure. Cela n’en reste pas moins une proposition conséquente, mais je ne pense pas qu’il ait le temps de l’appliquer. Dans les dernières semaines, il a privilégié son timing personnel pour négocier sur les dossiers, ce qui n’est pas acceptable. Je pense que désormais il essaie de façonner son héritage, mais jusqu’alors, l’effort était sérieux. C’est une bonne base pour son successeur.
LC : Quelles sont les questions de politique intérieure que vous évoquez ?
CF : La principale sur Jérusalem concerne le parti Shas (un parti ultra-orthodoxe ndlr), qui fait partie de la coalition gouvernementale, a menacé de se retirer de la coalition, si Olmert négociait sur Jérusalem. Tout en probablement négociant sur la question, il s’est abstenu de conclure un accord sur ce dossier.
LC : Les Palestiniens ont refusé l’offre de paix des Israéliens. Comment l’expliquez-vous ?
CF : Je ne suis pas certain qu’ils l’aient totalement refusée, du moins c’est leur position officielle. Il y a plusieurs raisons à ce rejet. Abu Mazen veut un accord final global, notamment sur la question de Jérusalem. Comme je l’ai déjà mentionné, je doute que ce soit le cas du côté israélien. Olmert ne peut pas publiquement résoudre cette question.
Ensuite, les Palestiniens ont l’habitude de dire « non » à toute proposition. Abu Mazen a un problème à l’heure actuelle, c’est qu’il ne peut parler au nom de personne. Etant donné que le Premier ministre israélien quittera prochainement ses fonctions, qu’il ne sait pas qui lui succédera, que les Américains en finissent avec l’administration Bush et qu’il a ses propres problèmes, le moment n’est pas adéquat pour qu’il puisse faire les concessions qu’il doit faire.
LC : A l’heure actuelle, deux candidats du Kadima semblent en tête, Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères, et Shaul Mofaz, ministre des Transports et vice-Premier ministre. Dans quelle direction le processus de paix ira avec les deux ?
CF : Livni participe déjà aux efforts actuels et je pense qu’elle continuerait dans la même voie. Elle serait plus forte politiquement, car elle bénéficie d’un large soutien populaire. En plus, elle a la réputation d’être un leader sérieux et responsable. Je pense que Mofaz se présente pour des raisons politiques comme plus à droite qu’il ne l’est vraiment. Il continuera les efforts actuels, mais je ne sais pas s’il aura la même flexibilité que Livni.
Dans les prochaines élections générales, si Netanyahu arrive au pouvoir, c’est le début d’une nouvelle manche.
LC : Une des grandes préoccupations vue de l’étranger concerne les colonies (settlements). Régulièrement, de nouvelles constructions sont annoncées. Est-il exagéré d’insister sur ce point ou est-il pertinent de penser que cela affecte le processus de paix ?
CF : Je pense qu’il est temps pour tout le monde d’en finir avec la question des colonies (settlements). Si Olmert parle de 93% de la Cisjordanie, celles qui en font partie vont être démantelées. Il n’y a rien de négatif sur le fait qu’Israël conserve quelques pourcents de la Cisjordanie. La longueur d’Israël est de 15km dans ses zones les plus étroites. Il y a des gens qui font ce jogging tous les matins pour s’amuser. Si Israël peut garder 7% de la Cisjordanie, elle conserverait à peu près 70% des colons (settlers). Si les Palestiniens obtiennent 93% de la Cisjordanie et une compensation territoriale du côté de la bande de Gaza, cela semble une offre tout à fait honnête.
LC : Du côté palestinien, où en est-on avec le Hamas à Gaza et les élections présidentielles prévues pour janvier ?
CF : Il semble que désormais ils essaient d’éviter la tenue d’élections, en disant par exemple que Gaza est « une zone en état de rébellion » et qu’ils ne peuvent donc pas tenir d’élections maintenant. C’est une possibilité. Si les Palestiniens ne parviennent pas à repousser les élections, il y a deux possibilités. La première est qu’Abu Mazen se présente et il perdra probablement. L’autre est qu’il ne se présentera pas, c’est ce qu’il a dit il y a à peu près un an, dans quel cas les chances que le Hamas l’emporte sont très grandes.
LC : Y a-t-il une tentative d’Israël de redorer le blason d’Abu Mazen ? On a vu par exemple la libération de centaines de prisonniers palestiniens.
CF : Oui, ça en fait partie, mais c’est une petite étape qui ne changera rien. Cela contribue à l’ambiance actuelle. Ce qui pourrait faire changer les choses serait un accord d’ici aux élections. Selon moi, le processus d’Annapolis était plus une tentative de sauver Abu Mazen qu’une percée vers la paix. Aucune des deux parties n’est en mesure de signer un accord, mais il faut donner quelque chose qu’Abu Mazen peut vendre. L’alternative est terrible. Si le Hamas remporte la présidence et de fait devient l’acteur principal également en Cisjordanie, nous pouvons dire au revoir au processus de paix pour de nombreuses années.
LC : Vous venez de publier un article dans The American Interest pour présenter une proposition de résolution de la question des réfugiés. Pouvez-vous expliquer en quoi elle consiste et pourquoi vous estimez qu’elle pourrait contribuer au processus de paix ?
CF : Je préfère être franc, je ne pense pas que quelqu’un va s’emparer de l’idée et la mettre en place. Je l’ai présenté sous deux angles : en tant que proposition unique et incluse dans un processus plus large.
Pourquoi est-ce que je pense qu’elle n’est pas réaliste ? Du côté israélien, la volonté politique n’est pas présente. Olmert va bientôt partir, c’est une proposition radicale, elle n’est pas viable en tant que proposition unique. Les Palestiniens, en étudiant leur histoire, n’ont jamais dit « oui » à quoi que ce soit, ni en 1936 après la Commission Peel, ni en 1947 sur le Plan de Partition, ni en 2000 après Camp David. Leur approche a été toujours qu’ils veulent 100% ou rien. Dans la proposition, il leur est demandé de prendre une grosse décision, qui aurait d’énormes bénéfices, mais également ses coûts. Il devrait par exemple accepter que le droit du retour se fera dans le prochain Etat palestinien, pas en Israël.
Dans le cadre d’un processus plus large, régler la question des réfugiés au début des négociations plutôt qu’à la fin leur offre de nombreux bénéfices et une marge pour conclure un accord final tout en le mettant en pratique sans terrorisme et autres formes de violence. Aujourd’hui, il est clair que même si un accord était signé, il ne pourrait pas être appliqué, car Abu Mazen n’a pas d’autorité sur Gaza et il ne peut en réalité pas non plus parler au nom de la Cisjordanie. L’idée serait de lui donner une carotte pour son opinion publique.
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jeudi 7 août 2008
Les Palestiniens sont les principales victimes de la rivalité entre le Fatah et le Hamas
Le quotidien anglophone libanais The Daily Star titre un édito, daté du 5 août, que "Le Hamas et le Fatah sont de plus grandes menaces pour les Palestiniens qu'Israël". Le quotidien n'est pas réputé pour être tendre à l'égard de l'Etat hébreu, mais il est vrai que la situation entre les deux factions palestiniennes est problématique.
"C'est une indication accablante de voir à quel point la situation s'est aggravée dans la Bande de Gaza dirigée par le Hamas alors que des militants du Fatah sur place doivent se tourner vers Israël pour se protéger de leurs rivaux palestiniens", lit-on dans les premières lignes de l'édito. Le quotidien appelle à l'entente nécessaire entre les deux groupes. "Trouver une solution à la cause palestinienne demande que toutes les factions maintiennent un semblant d'ordre et gardent les yeux rivés sur un Etat indépendant", écrit le journal. "Le Fatah comme le Hamas ont lamentablement échoué. Les deux ont placé les intérêts partisans avant les intérêts nationaux et donc ont été incapables de maintenir un front palestinien uni."
The Daily Star s'en prend plus particulièrement au Hamas, qui a exacerbé une situation déjà difficile à Gaza. En plus d'un blocus international pesant, le groupe ne respecte pas l'état de droit. Récemment, le Hamas a accusé le Fatah d'avoir posé une bombe à Gaza tuant cinq leaders du groupe et une petite fille. En réaction, le Hamas a lancé une chasse aux sorcières en arrêtant 200 activistes du Fatah. "Des deux côtés de la Palestine divisée", affirme le quotidien, "les civils doivent désormais ajouter le Fatah et le Hamas à la longue liste des menaces pour leur sécurité et leur bien-être".
Rami Khouri confirme que ces affrontements sont "incompréhensibles" dans une tribune au Daily Star mercredi. Le chroniqueur, reflétant la tendance féroce à l'encontre d'Israël, estime que "Israël et d'autres ennemis des Palestiniens seront contents de les [le Fatah et le Hamas] voir s'affronter". L'auteur américano-palestinien considère que les Palestiniens ont toujours manqué d'un bon leadership lorsqu'il a fallu prendre les bonnes décisions et font preuve d'une "immaturité politique", dont Israël, selon lui, est responsable, car l'Etat hébreu a tellement fragmenté la société palestinienne avec ses attaques "brutales" que les groupes palestiniens sont devenus des "desperados prêts à s'affronter pour maintenir une once de contrôle face à leurs vies de plus en plus restreintes et vides".
Le chroniqueur termine sur une note optimiste (un peu trop ?). "Quand ils atteindront le fond - et ils y sont presque - les Palestiniens trouveront de meilleurs dirigeants qui peuvent restaurer cohésion et crédibilité, et le respect de soi-même", espère-t-il.
"C'est une indication accablante de voir à quel point la situation s'est aggravée dans la Bande de Gaza dirigée par le Hamas alors que des militants du Fatah sur place doivent se tourner vers Israël pour se protéger de leurs rivaux palestiniens", lit-on dans les premières lignes de l'édito. Le quotidien appelle à l'entente nécessaire entre les deux groupes. "Trouver une solution à la cause palestinienne demande que toutes les factions maintiennent un semblant d'ordre et gardent les yeux rivés sur un Etat indépendant", écrit le journal. "Le Fatah comme le Hamas ont lamentablement échoué. Les deux ont placé les intérêts partisans avant les intérêts nationaux et donc ont été incapables de maintenir un front palestinien uni."
The Daily Star s'en prend plus particulièrement au Hamas, qui a exacerbé une situation déjà difficile à Gaza. En plus d'un blocus international pesant, le groupe ne respecte pas l'état de droit. Récemment, le Hamas a accusé le Fatah d'avoir posé une bombe à Gaza tuant cinq leaders du groupe et une petite fille. En réaction, le Hamas a lancé une chasse aux sorcières en arrêtant 200 activistes du Fatah. "Des deux côtés de la Palestine divisée", affirme le quotidien, "les civils doivent désormais ajouter le Fatah et le Hamas à la longue liste des menaces pour leur sécurité et leur bien-être".
Rami Khouri confirme que ces affrontements sont "incompréhensibles" dans une tribune au Daily Star mercredi. Le chroniqueur, reflétant la tendance féroce à l'encontre d'Israël, estime que "Israël et d'autres ennemis des Palestiniens seront contents de les [le Fatah et le Hamas] voir s'affronter". L'auteur américano-palestinien considère que les Palestiniens ont toujours manqué d'un bon leadership lorsqu'il a fallu prendre les bonnes décisions et font preuve d'une "immaturité politique", dont Israël, selon lui, est responsable, car l'Etat hébreu a tellement fragmenté la société palestinienne avec ses attaques "brutales" que les groupes palestiniens sont devenus des "desperados prêts à s'affronter pour maintenir une once de contrôle face à leurs vies de plus en plus restreintes et vides".
Le chroniqueur termine sur une note optimiste (un peu trop ?). "Quand ils atteindront le fond - et ils y sont presque - les Palestiniens trouveront de meilleurs dirigeants qui peuvent restaurer cohésion et crédibilité, et le respect de soi-même", espère-t-il.
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