Dans l'ère de l'instantané avec Internet et les téléphones portables, une rumeur court vite. Et celle-là en est l'exemple parfait : le 12 octobre, Meir Dagan, le chef du Mossad, serait mort dans un attentat à Amman, en Jordanie. Pour rajouter à la rumeur, son attentat aurait été caché. Tim McGirk, journaliste au TIME, explique sur le blog du Moyen Orient du magazine, comment cette rumeur a pu prendre tant d'ampleur si rapidement.
* Première étape : plausibilité. Plusieurs éléments semblent crédibles. Il arrive à Dagan de se rendre à Amman pour discuter avec d'autres chefs de services de renseignements. Il est toutefois envisageable que le chef du Mossad soit la cible d'un attentat. Il a été nommé début octobre "l'homme de l'année" par une grande chaîne israélienne pour avoir commandité l'assassinat du mystérieux mais puissant stratège Imad Mugniyah (soit cette chaîne a eu accès à des sources ultra confidentielles, soit c'est une spéculation de leur part, pour le moment, personne n'a revendiqué officiellement l'attentat de Mugniyah). Le Hezbollah a demandé vengeance.
* Deuxième étape : DEBKAfile. Ce site d'informations soi disant confidentielles est connu pour ses scoops incroyables, mais surtout ses inventions hurluberlues. Hier, DEBKAfile a rapporté l'information du meurtre de Dagan. Les Iraniens sont d'avides lecteurs du site et dans l'instant, la blogosphère rapportait l'information. Des blogs, on arrive tout aussi instantanément aux journaux, puis aux caméras sur place et aux contacts avec les sources.
Le problème, c'est que personne n'a rien vu à Amman et personne n'a confirmé une attaque contre le chef du Mossad. En Israël, même son de cloche. Le journaliste du TIME reconnaît que même si l'histoire était vraie, personne ne parlerait en Israël. Mais, un des contacts du reporter explique quelque chose d'assez cohérent : si c'était vrai, cela aurait forcément été officialisé. Tuer le chef du Mossad, "c'est comme jeter un pavé dans la mare", a-t-il dit. C'est trop énorme. McGirk se pose tout de même la question : "qu'est-ce qui a provoqué la rumeur de la mort du chef du Mossad ? Est-ce simplement pures balivernes ou quelque chose d'autre ?" Je m'en pose une autre. A quand un signe de vie ? Sur Haaretz et Yedioth Ahronot, c'est silence radio...
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mercredi 22 octobre 2008
Alors...rumeur ? La mort du chef du Mossad ?
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lundi 13 octobre 2008
Et si la Syrie était responsable des attentats en Syrie...
La Syrie a été secouée par plusieurs attentats retentissants cette année. Des personnalités très haut placées, secrètes et très protégées. Les informations sur ces différentes attaques sont incroyablement ténues, car la Syrie demeure un pays où l'information circule très peu. Les rumeurs vont donc bon train. Deux rumeurs semblent persistantes : l'une indique la résurgence de groupes proches de la mouvance Al Qaïda, l'autre penche vers une implication des services de sécurité syriens.
Sur le blog du Moyen Orient du Time, Andrew Lee Butlers "fait de l'astrologie" et estime que l'attentat à la voiture piégée du 27 septembre pourrait avoir été commandité par des Islamistes sunnites. Il note en effet que la répression des années 1980 contre les mouvements radicaux en Syrie s'est atténué depuis que les Saoudiens font du business à Damas et ont pu ouvrir mosquées et associations charitatives (souvent le meilleur moyen de cacher des fonds crapuleux destinés à des organisations radicales). De plus, depuis le début de la guerre en Irak et l'attitude vindicative de l'administration Bush à l'égard de Damas, la Syrie est devenue un point de passage des extrémistes en route pour se battre en Irak. Peut-être une vengeance des répressions passées ?
Il y a également la possibilité que les Sunnites radicaux au Liban ont voulu envoyer un message aux autorités syriennes : pas de menace après que Damas a, selon certains rapports de presse, lancé une offensive dans le nord du Liban à l'encontre d'extrémistes sunnites.
Mais, Olivier Guitta, fellow au think tank The Foundation for The Defense of Democracies, dresse un portrait plus large des récents évènements en Syrie en les liant tous ensemble. Dans une tribune publiée le 6 octobre pour The Middle East Times, il explique que cette série de soudains revirements dans un des pays les plus sûrs du monde serait orchestrée par Damas pour faire le ménage. Selon lui, le dirigeant Bashar al-Assad a une peur vicérale du rapport de la commission du tribunal pour le jugement de Rafic Hariri. Il semblerait qu'il établisse des liens entre le meurtre de l'ancien premier ministre libanais et les services de sécurité syriens.
Ainsi pour Guitta, l'attentat en février dans un quartier hyper-protégé de Damas contre Imad Moughniyah, un des terroristes les plus recherchés et les plus inconnus de la planète (le numéro 1 avant que Ben Laden ne prenne sa place), l'éviction du pouvoir du chef des services secrets Assef Shawqat, l'attentat en vacances du toujours très entouré Général Muhammad Suleimen, proche conseiller d'Assad, le 1er août par deux snipers et enfin l'attentat à la voiture piégée du 27 septembre qui parmi les 17 victimes a tué le Brigadier Abdel Karim Abbas, apparemment suspecté par le tribunal international, rentreraient tous dans une stratégie de Bashar al-Assad : effacer toute trace de lien entre al-Assad et le meurtre d'Hariri.
Sur le blog du Moyen Orient du Time, Andrew Lee Butlers "fait de l'astrologie" et estime que l'attentat à la voiture piégée du 27 septembre pourrait avoir été commandité par des Islamistes sunnites. Il note en effet que la répression des années 1980 contre les mouvements radicaux en Syrie s'est atténué depuis que les Saoudiens font du business à Damas et ont pu ouvrir mosquées et associations charitatives (souvent le meilleur moyen de cacher des fonds crapuleux destinés à des organisations radicales). De plus, depuis le début de la guerre en Irak et l'attitude vindicative de l'administration Bush à l'égard de Damas, la Syrie est devenue un point de passage des extrémistes en route pour se battre en Irak. Peut-être une vengeance des répressions passées ?
Il y a également la possibilité que les Sunnites radicaux au Liban ont voulu envoyer un message aux autorités syriennes : pas de menace après que Damas a, selon certains rapports de presse, lancé une offensive dans le nord du Liban à l'encontre d'extrémistes sunnites.
Mais, Olivier Guitta, fellow au think tank The Foundation for The Defense of Democracies, dresse un portrait plus large des récents évènements en Syrie en les liant tous ensemble. Dans une tribune publiée le 6 octobre pour The Middle East Times, il explique que cette série de soudains revirements dans un des pays les plus sûrs du monde serait orchestrée par Damas pour faire le ménage. Selon lui, le dirigeant Bashar al-Assad a une peur vicérale du rapport de la commission du tribunal pour le jugement de Rafic Hariri. Il semblerait qu'il établisse des liens entre le meurtre de l'ancien premier ministre libanais et les services de sécurité syriens.
Ainsi pour Guitta, l'attentat en février dans un quartier hyper-protégé de Damas contre Imad Moughniyah, un des terroristes les plus recherchés et les plus inconnus de la planète (le numéro 1 avant que Ben Laden ne prenne sa place), l'éviction du pouvoir du chef des services secrets Assef Shawqat, l'attentat en vacances du toujours très entouré Général Muhammad Suleimen, proche conseiller d'Assad, le 1er août par deux snipers et enfin l'attentat à la voiture piégée du 27 septembre qui parmi les 17 victimes a tué le Brigadier Abdel Karim Abbas, apparemment suspecté par le tribunal international, rentreraient tous dans une stratégie de Bashar al-Assad : effacer toute trace de lien entre al-Assad et le meurtre d'Hariri.
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dimanche 5 octobre 2008
Olmert découvre le réalisme
C'est souvent quand on approche de la mort qu'on fait preuve d'une plus grande sagesse, du moins est-ce une idée répandue. Il faut croire que c'est ce qui touche Ehud Olmert en ce moment. En passe de s'embourber dans des scandales en pagaille, le premier ministre israélien semble dévoué corps et âme à encourager la paix avec les Palestiniens et à faire comprendre à tous les Israéliens que le "Grand Israël" est un rêve qui n'a plus court, voire est même dangereux pour la survie du pays.
Une analyse du Time vient appuyer ce constat en montrant à quel point l'Olmert du Likud, grand supporter du "Grand Israël" et de compromis au compte-gouttes avec les Palestiniens s'est métamorphosé en un Olmert pragmatique prêt à faire des concessions que jamais un homme de droite à son poste n'a été prêt à faire. "La notion de Grand Israël n'existe plus et ceux qui y croient encore se trompent", a-t-il affirmé dans une interview. Aujourd'hui, Olmert est en faveur d'un retrait des plaines du Golan et de la Cisjordanie, d'un partage de Jérusalem (ce qu'il n'a jamais soutenu en tant que maire de la ville), d'une quasi égalité de territoire entre Palestiniens et Israéliens.
Olmert n'a pas eu une vision. Il sait simplement rendu compte qu'Israël n'a pas le temps d'attendre éternellement une résolution du conflit ou de se bercer dans l'espoir de posséder un territoire plus grand qu'à l'heure actuelle. Pas de temps, car Olmert a l'impression que la communauté internationale va se diriger de plus en plus vers la promotion d'un Etat binational, ce qu'Olmert perçoit comme la mort d'Israël. Pas le temps non plus, car les paramètres démographiques jouent à l'encontre des Israéliens et que dans une vingtaine d'années, les Palestiniens auront une population deux fois plus importante que les Israéliens, avec tous les soucis que cela peut générer.
Bref, Olmert ne peut plus rien faire, mais il encourage ses amis de la droite israélienne à ne peut être dupe et à embrasser l'idée qu'Israël doit résoudre la question palestinienne le plus rapidement possible.
Une analyse du Time vient appuyer ce constat en montrant à quel point l'Olmert du Likud, grand supporter du "Grand Israël" et de compromis au compte-gouttes avec les Palestiniens s'est métamorphosé en un Olmert pragmatique prêt à faire des concessions que jamais un homme de droite à son poste n'a été prêt à faire. "La notion de Grand Israël n'existe plus et ceux qui y croient encore se trompent", a-t-il affirmé dans une interview. Aujourd'hui, Olmert est en faveur d'un retrait des plaines du Golan et de la Cisjordanie, d'un partage de Jérusalem (ce qu'il n'a jamais soutenu en tant que maire de la ville), d'une quasi égalité de territoire entre Palestiniens et Israéliens.
Olmert n'a pas eu une vision. Il sait simplement rendu compte qu'Israël n'a pas le temps d'attendre éternellement une résolution du conflit ou de se bercer dans l'espoir de posséder un territoire plus grand qu'à l'heure actuelle. Pas de temps, car Olmert a l'impression que la communauté internationale va se diriger de plus en plus vers la promotion d'un Etat binational, ce qu'Olmert perçoit comme la mort d'Israël. Pas le temps non plus, car les paramètres démographiques jouent à l'encontre des Israéliens et que dans une vingtaine d'années, les Palestiniens auront une population deux fois plus importante que les Israéliens, avec tous les soucis que cela peut générer.
Bref, Olmert ne peut plus rien faire, mais il encourage ses amis de la droite israélienne à ne peut être dupe et à embrasser l'idée qu'Israël doit résoudre la question palestinienne le plus rapidement possible.
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