Voici une nouvelle salve d'articles accompagnés de leurs commentaires. Bonne lecture ! N'hésitez pas à me signaler des articles et/ou analyses intéressants via delicious, Twitter ou par email.
* Egypt's middle class won't follow Tunisian example, experts say / Al-Masry Al-Youm
* Steven Cook - The Calculations of Tunisia's Military / The Middle East Channel
* The Palestinians of East Jerusalem: What Do They Really Want? – Presentation to the Council on Foreign Relations / Pechter Middle East Polls
* US firm sweetens Turkey helicopter bid - Hurriyet
* Azerbaijan-Turkey Military Pact Signals Impatience with Minsk Talks -- Analysts / EurasiaNet.org
* Wolfraim Lacher - Organized Crime and Terrorism in the Sahel / SWP Comments
* Is It A Zionist? Is It A Spy? No, It's A Bird - Radio Free Europe / Radio Liberty
* Iran responds to Stuxnet by expanding cyberwar militia / Freedom Messenger
* EU intelligence services opening up to collaboration / EUobserver
* US drones shot down outside Iran airspace, Iranian military official claims / defpro.com
* Drones : Dassault ne veut pas d’EADS / Zone Militaire
* Israeli Test on Worm Called Crucial in Iran Nuclear Delay / New York Times
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lundi 24 janvier 2011
lundi 17 janvier 2011
Lectures et commentaires 17-01-2011
Une nouvelle année commence, mais on ne change pas de bonnes habitudes. Voici les lectures et commentaires adjoints d'une bonne salve d'articles. Je vais en publier plus par semaine, parce que je ne suis pas certain que 30 articles par post soit franchement agréable à lire et à publier - avec les ancres - cela prend bien trop de temps et Blogger ne prévoit pas l'usage des ancres, donc tout faire en html est bien trop fastidieux. D'ailleurs, n'oubliez pas qu'il faut cliquer sur "lire la suite" pour que les ancres fonctionnent.
* Anne Applebaum - Tunisia's Jasmine Revolution might not install a democracy / Washington Post
* Netanyahu helped Barak quit Labor / Haaretz
* Le style de MAM s'impose au Quai d'Orsay / Le Figaro
* Some Post-Speech Thoughts / Qifa Nabki
* Emile Hokayem - Hezbollah goes for the kill / The Middle East Channel
* International cybersecurity treaty might not be achievable, report says / Nextgov
* Shibley Telhami - Hezbollah's Power Play in Lebanon / Brookings Institution
* Elias Muhanna - No Victors in Lebanon / Foreign Policy
* Nicu Popescu - Democracy and reformism in EU’s neighbourhood / EU Observer
* Thanassis Cambanis - Hezbollah’s Latest Suicide Mission / New York Times
* Mirage ou menace au Sahel : Al-Qaïda au Maghreb Islamique / Historicoblog (3)
* Hani Nasira - The Role of Egyptian Militants in Developing al-Qaeda in the Arabian Peninsula / Terrorism Monitor
* Cassidian vise le milliard d'euros dans la cybersécurité / Le Figaro
* Jean-Vincent Brisset: «L'opération militaire est la moins mauvaise solution pour sauver les otages» / IRIS
* Ex-CIA officer faces up to 120 years for leaking secrets / intelNews.org
* OTAGES TUÉS AU NIGER - Les dessous de l'opération meurtrière / Défense ouverte
* Bruce Riedel - The Saudi Spy Who Saved Chicago / The National Interest
* Khatami's Sharp-Sighted Strategy / Tehran Bureau
* The Risks of E.U. Arms in China / New York Times
* Religion and the rise of economics / The Economist
* Israel - Netanyahu Says Iran Is Undeterred / New York Times
* Iran intelligence chief: 10 suspects linked to Mossad / Jerusalem Post
* Mathieu Guidere: «Ces islamistes ne tolèrent pas les mariages mixtes» / Le Figaro
* Abbas Milani - The Shah's Atomic Dreams / Foreign Policy
* Report: How Arab money is transferred to Israeli Left / Ynet
* Iran Claims to Have Broken Up Israeli Spy Ring / New York Times
* Hugh Roberts - Algeria’s national 'protesta' / The Middle East Channel
* Egypte : appel d’offres pour une centrale nucléaire
* The Strange Case of General ‘Asgari / MEI Editor's Blog
* Turkey to make chopper, air defense selections in 2011 / Hurriyet Daily News and Economic Review
* Anne Applebaum - Tunisia's Jasmine Revolution might not install a democracy / Washington Post
* Netanyahu helped Barak quit Labor / Haaretz
* Le style de MAM s'impose au Quai d'Orsay / Le Figaro
* Some Post-Speech Thoughts / Qifa Nabki
* Emile Hokayem - Hezbollah goes for the kill / The Middle East Channel
* International cybersecurity treaty might not be achievable, report says / Nextgov
* Shibley Telhami - Hezbollah's Power Play in Lebanon / Brookings Institution
* Elias Muhanna - No Victors in Lebanon / Foreign Policy
* Nicu Popescu - Democracy and reformism in EU’s neighbourhood / EU Observer
* Thanassis Cambanis - Hezbollah’s Latest Suicide Mission / New York Times
* Mirage ou menace au Sahel : Al-Qaïda au Maghreb Islamique / Historicoblog (3)
* Hani Nasira - The Role of Egyptian Militants in Developing al-Qaeda in the Arabian Peninsula / Terrorism Monitor
* Cassidian vise le milliard d'euros dans la cybersécurité / Le Figaro
* Jean-Vincent Brisset: «L'opération militaire est la moins mauvaise solution pour sauver les otages» / IRIS
* Ex-CIA officer faces up to 120 years for leaking secrets / intelNews.org
* OTAGES TUÉS AU NIGER - Les dessous de l'opération meurtrière / Défense ouverte
* Bruce Riedel - The Saudi Spy Who Saved Chicago / The National Interest
* Khatami's Sharp-Sighted Strategy / Tehran Bureau
* The Risks of E.U. Arms in China / New York Times
* Religion and the rise of economics / The Economist
* Israel - Netanyahu Says Iran Is Undeterred / New York Times
* Iran intelligence chief: 10 suspects linked to Mossad / Jerusalem Post
* Mathieu Guidere: «Ces islamistes ne tolèrent pas les mariages mixtes» / Le Figaro
* Abbas Milani - The Shah's Atomic Dreams / Foreign Policy
* Report: How Arab money is transferred to Israeli Left / Ynet
* Iran Claims to Have Broken Up Israeli Spy Ring / New York Times
* Hugh Roberts - Algeria’s national 'protesta' / The Middle East Channel
* Egypte : appel d’offres pour une centrale nucléaire
* The Strange Case of General ‘Asgari / MEI Editor's Blog
* Turkey to make chopper, air defense selections in 2011 / Hurriyet Daily News and Economic Review
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dimanche 7 mars 2010
Une ambitieuse fatwa condamne le terrorisme
Le juriste islamique Tahir ul Qadri a publié une tribune dans The National à lire absolument au sujet de sa fatwa condamnant le terrorisme sous toutes ses formes. Il explique sa méthodologie, qui semble très complète, sa réflexion et la singularité de sa fatwa en comparaison de précédentes initiatives du même type - la sienne fait 600 pages, les autres en faisaient une à deux...
En effet, ce juriste pakistanais note que les précédentes fatwas condamnant le terrorisme étaient brèves et collectives. Elles n'étaient donc pas détaillées. Leur crédibilité reposait sur les signataires plus que sur le contenu, qui ne pouvaient ainsi pas convaincre ou détourner de l'extrémisme. Son objectif est donc de montrer à tous les Musulmans, mais plus particulièrement à ceux ayant des tendances extrémistes et/ou qui bénéficient d'un enseignement islamique radical dans leur entourage que l'Islam condamne le terrorisme. Il remarque que son texte ne s'adresse pas à ceux qui sont déjà embrigadés, car eux sont déjà perdus.
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jeudi 14 janvier 2010
Devenir terroriste n'est pas gratuit!
Eh oui! Il faut payer pour faire avancer la cause de l'organisation. David Axe, auteur du blog War Is Boring, cite Paul Cruickshank de NYU, qui nous explique que les terroristes en herbe doivent payer pour rentrer dans l'organisation. Fini le temps où la cause vous embrassait, vous entraînait et vous amenait à la mort. Aujourd'hui, les temps sont durs et donc le droit d'entrée se compte en centaines de dollars. Selon les informations de Cruickshank, des recrues pour AQ en provenance de Belgique et de France auraient payé 900 dollars par personne pour leur entraînement.
Comme ça, pas besoin de financement extérieur extravagant ; les groupes peuvent presque vivre en auto-suffisance, surtout quand on sait que les attaques actuelles sont très peu coûteuses. Une manière pour Axe d'expliquer que les techniques de contre-terrorisme financier ne peuvent pas fonctionner avec AQPA.
Comme ça, pas besoin de financement extérieur extravagant ; les groupes peuvent presque vivre en auto-suffisance, surtout quand on sait que les attaques actuelles sont très peu coûteuses. Une manière pour Axe d'expliquer que les techniques de contre-terrorisme financier ne peuvent pas fonctionner avec AQPA.
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dimanche 10 janvier 2010
Pour mieux comprendre les difficultés de lutter contre le jihadisme aujourd'hui
Je viens de lire deux articles absolument passionnants sur Al Qa'ida et le jihadisme. Le premier est signé Bruce Hoffman, un des plus grands experts du terrorisme actuel. Sa tribune dans le Washington Post détaille la nouvelle stratégie d'AQ en 5 points :
Les deux premiers types sont souvent guidés par des intérêts particuliers, alors que le dernier type est remarquable par la quête d'identité de ses membres. Rid note que malgré l'attraction que le label globalisant Al Qa'ida peut représenter auprès de certaines insurrections locales, comme pour Al Qa'ida au Maghreb Islamique ou Lashkar-i-Taiba au Pakistan, il y a souvent une forte dichotomie entre le jihad global et local qui peut parfois générer de véritables oppositions autant de la part des uns - on pense à Ayman Al Zawahiri condamnant le nationalisme - que des autres - l'exemple du Hamas décapitant les mouvements inspirés de l'idéologie d'AQ à Gaza nous vient à l'esprit.
De ce parcours au cœur des motivations des différents mouvements jihadistes conduit Thomas Rid à tirer un constat qui donne à réfléchir sur les stratégies de contre-terrorisme : l'aspect éclaté du jihad actuel obvie la présence d'un centre de gravité unique, ce qui par conséquent, et c'est bien là que se trouve le cœur du problème, exclut l'existence d'un point de vulnérabilité critique unique.
- AQ cherche à inonder d'informations et à distraire les services de renseignements pour qu'ils leur soient le plus difficile possible de lier les différents morceaux du puzzle et ainsi qu'AQ puisse jouer de la confusion pour perpétrer ses attaques.
- AQ a accru sa rhétorique sur la guerre économique : le groupe prône la banqueroute de l'Occident et revendique l'explosion financière de ces derniers mois. Ce n'est que pure propagande, mais cela suffit pour convaincre son auditoire.
- AQ continue de s'attaquer à ce qu'Hoffman appelle "l'alliance globale contre le terrorisme". Cela peut prendre la forme d'attentats sur le sol national, comme à Madrid et à Londres, ou d'attaques ciblées contre les troupes et les convois en Afghanistan, surtout quand l'opinion publique est critique à l'égard la participation du pays à la guerre.
- AQ continue à cibler, à déstabiliser et à exploiter les pays faillis et les zones de non-droit.
- AQ cherche de plus en plus des recrues tant des pays non-musulmans pour les déployer plus facilement en Occident en vue d'attentats.
- Les insurrections islamistes locales contre les régimes apostats ou "à la botte" des Occidentaux.
- Le terrorisme couplé avec le crime organisé que l'on voit en Afghanistan, en Indonésie, mais également en Europe, qui mélange le jihad avec le narco-trafic par exemple.
- La jeunesse musulmane désaffectée de la deuxième ou troisième génération appartenant à la diaspora.
Les deux premiers types sont souvent guidés par des intérêts particuliers, alors que le dernier type est remarquable par la quête d'identité de ses membres. Rid note que malgré l'attraction que le label globalisant Al Qa'ida peut représenter auprès de certaines insurrections locales, comme pour Al Qa'ida au Maghreb Islamique ou Lashkar-i-Taiba au Pakistan, il y a souvent une forte dichotomie entre le jihad global et local qui peut parfois générer de véritables oppositions autant de la part des uns - on pense à Ayman Al Zawahiri condamnant le nationalisme - que des autres - l'exemple du Hamas décapitant les mouvements inspirés de l'idéologie d'AQ à Gaza nous vient à l'esprit.
De ce parcours au cœur des motivations des différents mouvements jihadistes conduit Thomas Rid à tirer un constat qui donne à réfléchir sur les stratégies de contre-terrorisme : l'aspect éclaté du jihad actuel obvie la présence d'un centre de gravité unique, ce qui par conséquent, et c'est bien là que se trouve le cœur du problème, exclut l'existence d'un point de vulnérabilité critique unique.
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jeudi 7 janvier 2010
La lutte anti-terroriste n'est pas la panacée au Yémen
L’attentat avorté du 25 décembre lors d’un vol Amsterdam-Detroit* et la vague d’engagements politiques de la part des pays occidentaux soulève de nombreuses questions. Il est important de se demander si un soutien en matière de contre-terrorisme est une bonne solution pour ce pays.
L’attention soudaine que reçoit le Yémen est pernicieuse. D’un côté, il faut s’en satisfaire, car la résurgence d’Al Qa’ida dans ce pays est évidente et dangereuse. Si le problème n’était pas passé inaperçu aux yeux d’observateurs attentifs, les politiques avaient leurs yeux rivés sur l’Afghanistan et le Pakistan en raison du caractère imminent de la situation. Ce regain d’intérêt pour ce pays très pauvre ne peut qu’être un rappel de la résilience de « la Base », dont on pensait la menace éteinte en 2003 après les attaques ciblées contre son leadership. Force est de constater que les ressources ont été mobilisés sur d’autres théâtres laissant le Yémen en grande partie face à son destin. Un destin d’autant plus compliqué qu’Al Qa’ida dans la Péninsule Arabique (AQPA) est son problème le moins pressant. Sana’a doit aujourd’hui gérer trois situations particulièrement difficiles :
1. Depuis la réunification du pays en 1990, le gouvernement central peine à maintenir son contrôle sur la région sud du pays qui est dominé par un mouvement séparatiste très bien implanté. Le pays a connu une guerre civile en 1994 entre le nord et le sud avec la victoire du nord, mais les séparatistes n'ont jamais vraiment accepté ni la défaite ni l'unification nationale.
2. Depuis 2004, la rébellion Al Houthi est active dans la province de Sa’dah, au nord-ouest du pays. De confession chiite – bien que proches des rites sunnites – ses revendications ne sont que marginalement religieuses et reflètent plus une volonté d’autonomie économique et territoriale. Des affrontements particulièrement violents entre les forces de sécurité gouvernementales et les Al Houthin enveniment la situation depuis le mois d’août.
3. La présence d’Al Qa’ida au Yémen est presque anecdotique pour le gouvernement central. Bien qu’elle soit douloureuse pour l’Occident après les attentats contre le destroyer USS Cole en 2000 et contre le pétrolier français Limbourg en 2002, Sana’a a peu souffert des attaques de la branche yéménite. En effet, le groupe, même après sa fusion avec la branche saoudienne pour former AQPA en janvier 2009, a lancé peu d’attaques contre des intérêts gouvernementaux ne suscitant de fait qu’un risque mesuré pour la capitale qui se satisfait du statu quo.
Il serait problématique qu’AQPA puisse utiliser le Yémen comme son sanctuaire. Jusqu’à présent, le leadership d’Al Qa’ida n’a pas encore migré dans ce pays côtier, mais si des mesures efficaces ne sont pas prises dès aujourd’hui, il y a fort à parier que des mouvements seront à l’ordre du jour à mesure que les dirigeants seront mis sous pression dans les régions frontalières de l’Afghanistan et du Pakistan.
Pour autant, les gouvernementaux occidentaux auraient tort de ne se focaliser que sur la lutte contre Al Qa’ida. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont d’ores et déjà fait part de leur volonté d’accroître leur partenariat avec le gouvernement yéménite en matière de lutte anti-terroriste. Cela se traduira par une augmentation de subventions, une collaboration accrue sur le renseignement, mais également par la formation d’unités de contre-terrorisme.
Si les gouvernementaux occidentaux restreignent leurs efforts à ce champ d’action, les effets pourraient être contre-productifs. Tout d’abord, l’implantation d’AQPA dans les tribus locales est très avancée et ses membres s’efforcent de ne pas aliéner les populations locales, voire même de les soutenir dans leurs actions contre le gouvernement central. En outre, des répressions massives pourraient rallier les populations locales à la cause d’AQPA plutôt que de les en éloigner, car il faut bien comprendre qu’ils n’ont pas d’autre alternative viable. De plus, il est tout à fait concevable qu’une grande partie de l’aide apportée au Yémen pour lutter contre cette nébuleuse ne soit détournée pour les affrontements contre la rébellion Al Houthi ou les séparatistes, le Pakistan ayant déjà montré la voie dans cette pratique. Enfin, une politique purement coercitive n’a aucune chance de fonctionner dans un pays hyper fragile politiquement et économiquement. Une vague de contre-terrorisme à court terme doit nécessairement se conjuguer avec des efforts de développement dans le pays, une mission qui pourrait être entreprise par le CCG, particulièrement préoccupé par la situation au Yémen.
* et non Amsterdam-Yémen comme c'était indiqué auparavant.
L’attention soudaine que reçoit le Yémen est pernicieuse. D’un côté, il faut s’en satisfaire, car la résurgence d’Al Qa’ida dans ce pays est évidente et dangereuse. Si le problème n’était pas passé inaperçu aux yeux d’observateurs attentifs, les politiques avaient leurs yeux rivés sur l’Afghanistan et le Pakistan en raison du caractère imminent de la situation. Ce regain d’intérêt pour ce pays très pauvre ne peut qu’être un rappel de la résilience de « la Base », dont on pensait la menace éteinte en 2003 après les attaques ciblées contre son leadership. Force est de constater que les ressources ont été mobilisés sur d’autres théâtres laissant le Yémen en grande partie face à son destin. Un destin d’autant plus compliqué qu’Al Qa’ida dans la Péninsule Arabique (AQPA) est son problème le moins pressant. Sana’a doit aujourd’hui gérer trois situations particulièrement difficiles :
1. Depuis la réunification du pays en 1990, le gouvernement central peine à maintenir son contrôle sur la région sud du pays qui est dominé par un mouvement séparatiste très bien implanté. Le pays a connu une guerre civile en 1994 entre le nord et le sud avec la victoire du nord, mais les séparatistes n'ont jamais vraiment accepté ni la défaite ni l'unification nationale.
2. Depuis 2004, la rébellion Al Houthi est active dans la province de Sa’dah, au nord-ouest du pays. De confession chiite – bien que proches des rites sunnites – ses revendications ne sont que marginalement religieuses et reflètent plus une volonté d’autonomie économique et territoriale. Des affrontements particulièrement violents entre les forces de sécurité gouvernementales et les Al Houthin enveniment la situation depuis le mois d’août.
3. La présence d’Al Qa’ida au Yémen est presque anecdotique pour le gouvernement central. Bien qu’elle soit douloureuse pour l’Occident après les attentats contre le destroyer USS Cole en 2000 et contre le pétrolier français Limbourg en 2002, Sana’a a peu souffert des attaques de la branche yéménite. En effet, le groupe, même après sa fusion avec la branche saoudienne pour former AQPA en janvier 2009, a lancé peu d’attaques contre des intérêts gouvernementaux ne suscitant de fait qu’un risque mesuré pour la capitale qui se satisfait du statu quo.
Il serait problématique qu’AQPA puisse utiliser le Yémen comme son sanctuaire. Jusqu’à présent, le leadership d’Al Qa’ida n’a pas encore migré dans ce pays côtier, mais si des mesures efficaces ne sont pas prises dès aujourd’hui, il y a fort à parier que des mouvements seront à l’ordre du jour à mesure que les dirigeants seront mis sous pression dans les régions frontalières de l’Afghanistan et du Pakistan.
Pour autant, les gouvernementaux occidentaux auraient tort de ne se focaliser que sur la lutte contre Al Qa’ida. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont d’ores et déjà fait part de leur volonté d’accroître leur partenariat avec le gouvernement yéménite en matière de lutte anti-terroriste. Cela se traduira par une augmentation de subventions, une collaboration accrue sur le renseignement, mais également par la formation d’unités de contre-terrorisme.
Si les gouvernementaux occidentaux restreignent leurs efforts à ce champ d’action, les effets pourraient être contre-productifs. Tout d’abord, l’implantation d’AQPA dans les tribus locales est très avancée et ses membres s’efforcent de ne pas aliéner les populations locales, voire même de les soutenir dans leurs actions contre le gouvernement central. En outre, des répressions massives pourraient rallier les populations locales à la cause d’AQPA plutôt que de les en éloigner, car il faut bien comprendre qu’ils n’ont pas d’autre alternative viable. De plus, il est tout à fait concevable qu’une grande partie de l’aide apportée au Yémen pour lutter contre cette nébuleuse ne soit détournée pour les affrontements contre la rébellion Al Houthi ou les séparatistes, le Pakistan ayant déjà montré la voie dans cette pratique. Enfin, une politique purement coercitive n’a aucune chance de fonctionner dans un pays hyper fragile politiquement et économiquement. Une vague de contre-terrorisme à court terme doit nécessairement se conjuguer avec des efforts de développement dans le pays, une mission qui pourrait être entreprise par le CCG, particulièrement préoccupé par la situation au Yémen.
* et non Amsterdam-Yémen comme c'était indiqué auparavant.
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samedi 2 janvier 2010
Pourquoi des représailles précipitées contre le Yemen seraient mauvaises
Depuis l'attentat raté du 25 décembre, le Yémen attire une attention médiatique sans précédent. Je reviendrai dans un prochain post sur les dangers de cette surmédiatisation soudaine. Pour le moment, je vais me concentrer sur une tribune de Micah Zenko du Council on Foreign Relations dans The Guardian. D'une manière très convaincante, il explique pourquoi les Etats-Unis ne devraient pas se précipiter pour bombarder des cibles d'Al Qa'ida au Yémen. En effet, l'administration Obama considère des représailles militaires. Zenko ne semble pas s'opposer à de telles actions, mais il juge nécessaire de bien jauger les tenants et les aboutissants de frappes aériennes. Selon lui, les risques d'une action contre-productive sont plus grands lorsque les décisions sont prises dans l'urgence. Pour appuyer son propos, il prend trois exemples :
* les représailles contre la Libye en 1986 suite à l'attentat dans une boîte de nuit à Berlin qui a tué deux militaires américains : elles ont eu un effet minime, ont même renforcé le soutien libyen au terrorisme et preuve à l'appui n'ont pas empêché l'attentat de Lockerbie en 1988.
* les représailles contre l'Iraq après la tentative d'assassinat contre George H. W. Bush en 1993 : elles ont été un succès, mais il est très difficile de mesurer leur rôle.
* les représailles contre Al Qa'ida au Soudan en 1998 après les attentats-suicides contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya : les frappes aériennes ont ciblé ce qui s'est révélé être une usine pharmaceutique où Al Qa'ida était suspecté de produire du gaz innervant.
A contrario, suite à l'attentat contre le destroyer USS Cole en 2000 dans le port d'Aden, les autorités américaines et yéménites ont coopéré pendant deux ans pour construire un dossier solide qui a amené à des représailles en novembre 2002 et à la mort de Qaed Salim Sinan al-Harethi, qui était responsable de l'attentat.
Dans un article publié pour la revue universitaire Studies in Conflict & Terrorism en 1987, Jerrold Post allait plus loin dans son analyse. Selon lui, les représailles militaires contre un groupe ou une organisation terroriste ont beaucoup plus de chances d'être contre-productives lorsqu'elles ne sont pas bien préparées. En effet, il explique que de telles actions ont souvent tendance à renforcer l'unité du groupe, à réduire les dissensions internes, à exagérer l'importance du groupe et à valider leurs visions du monde, donc à pérenniser leur engagement. Pour Post, une fois membre d'un groupe ou d'une organisation, l'individu oublie sa personne et considère sa sécurité et celle du groupe comme intrinsèquement liées. Dès lors que la sécurité du groupe est mise en danger, c'est celle de chacun des membres qui est menacée. S'attaquer à un des membres ou au chef du groupe ou de l'organisation peut être une possibilité, mais elle risque de provoquer l'effet contraire à celui espéré. Il faut bien connaître la structure du groupe pour anticiper les éventuelles retombées des représailles.
Toutefois, si cela n'est qu'un élément d'une stratégie plus globale de contre-terrorisme fondée sur une politique de long terme consistant à délégitimer le poids du combat mené par le groupe et à oblitérer l'intérêt d'un individu à rejoindre une telle structure, des représailles peuvent se justifier. Cela signifie de passer d'une politique réactive à une politique pro-active à multiples facettes.
Ces considérations ne sont toutefois pas les seules questions qu'il faut se poser. La légitimité de frappes aériennes est-elle justifiée ? Qui mèneraient ces attaques ? Cela ne risquerait-il pas d'enflammer la situation avec les sécessionnistes au sud et avec les Houthi ?
* les représailles contre la Libye en 1986 suite à l'attentat dans une boîte de nuit à Berlin qui a tué deux militaires américains : elles ont eu un effet minime, ont même renforcé le soutien libyen au terrorisme et preuve à l'appui n'ont pas empêché l'attentat de Lockerbie en 1988.
* les représailles contre l'Iraq après la tentative d'assassinat contre George H. W. Bush en 1993 : elles ont été un succès, mais il est très difficile de mesurer leur rôle.
* les représailles contre Al Qa'ida au Soudan en 1998 après les attentats-suicides contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya : les frappes aériennes ont ciblé ce qui s'est révélé être une usine pharmaceutique où Al Qa'ida était suspecté de produire du gaz innervant.
A contrario, suite à l'attentat contre le destroyer USS Cole en 2000 dans le port d'Aden, les autorités américaines et yéménites ont coopéré pendant deux ans pour construire un dossier solide qui a amené à des représailles en novembre 2002 et à la mort de Qaed Salim Sinan al-Harethi, qui était responsable de l'attentat.
Dans un article publié pour la revue universitaire Studies in Conflict & Terrorism en 1987, Jerrold Post allait plus loin dans son analyse. Selon lui, les représailles militaires contre un groupe ou une organisation terroriste ont beaucoup plus de chances d'être contre-productives lorsqu'elles ne sont pas bien préparées. En effet, il explique que de telles actions ont souvent tendance à renforcer l'unité du groupe, à réduire les dissensions internes, à exagérer l'importance du groupe et à valider leurs visions du monde, donc à pérenniser leur engagement. Pour Post, une fois membre d'un groupe ou d'une organisation, l'individu oublie sa personne et considère sa sécurité et celle du groupe comme intrinsèquement liées. Dès lors que la sécurité du groupe est mise en danger, c'est celle de chacun des membres qui est menacée. S'attaquer à un des membres ou au chef du groupe ou de l'organisation peut être une possibilité, mais elle risque de provoquer l'effet contraire à celui espéré. Il faut bien connaître la structure du groupe pour anticiper les éventuelles retombées des représailles.
Toutefois, si cela n'est qu'un élément d'une stratégie plus globale de contre-terrorisme fondée sur une politique de long terme consistant à délégitimer le poids du combat mené par le groupe et à oblitérer l'intérêt d'un individu à rejoindre une telle structure, des représailles peuvent se justifier. Cela signifie de passer d'une politique réactive à une politique pro-active à multiples facettes.
Ces considérations ne sont toutefois pas les seules questions qu'il faut se poser. La légitimité de frappes aériennes est-elle justifiée ? Qui mèneraient ces attaques ? Cela ne risquerait-il pas d'enflammer la situation avec les sécessionnistes au sud et avec les Houthi ?
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jeudi 19 novembre 2009
Distanciation entre Al Qa'ida et les Frères musulmans
Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po, détaille, dans un article pour Current Trends in Islamist Ideology, la distanciation progressive entre les Frères musulmans égyptiens, iraqiens et palestiniens et Al Qa'ida. L'article n'est pas particulièrement novateur, mais il remet à plat quelques fondamentaux à connaître.
Pour commencer, les deux organisations s'opposent sur leur vision du jihad. Al Qa'ida soutient une vision globale de libération des Musulmans de régimes non-islamiques, que ce soit "les juifs et les croisés" ou les régimes musulmans apostats. Les FM ont une vision plus réduite du jihad qui repose sur des activités de missionnaires et de lutte politique organisée. Ils ont officiellement renoncé à la violence pour renverser les régimes.
Pour les Ikhwan égyptiens, les origines sont communes, puisqu'Abdallah Azzam faisait au départ partie des FM avant de partir en Afghanistan et avec Oussama Ben Laden - au départ lui-même un émissaire des FM - de rompre avec les idéaux des Frères musulmans pour créer ce qui deviendra Al Qa'ida. Abu Musab al-Suri et Ayman al-Zawahiri sont deux autres éminents membres de AQ qui viennent des Ikhwan.
La branche iraqienne a rapidement suivi le projet de reconstruction politique américain, ce qui lui a valu d'être une cible privilégiée d'Abou Musab al-Zarqaoui et d'Al Qa'ida en Mésopotamie.
La partie la plus intéressante de l'article de Filiu concerne la relation entre le Hamas, branche palestinienne des FM, et Al Qa'ida. Dès 1996, Ben Laden a associé sa cause à celle de la résistance palestinienne. Pour autant, ce que Filiu ne dit pas, c'est que ce soutien aux Palestiniens a été intermittent au mieux. Ils ont cependant salué les "martyres" du Hamas à plusieurs reprises.
Ce n'est qu'après les attentats du 11 septembre 2001 que Ben Laden a utilisé la lutte palestinienne comme un moyen de faire avancer le jihad global. Cela a résulté dans l'attentat anti-israélien de Mombasa en novembre 2002, mais qui n'a eu que très peu d'échos chez les Palestiniens. Sous l'impulsion d'al-Zarqaoui, AQ s'implante en Jordanie et en août 2005 tire une roquette sur Israël, ce qui n'a pas plu au Hamas qui était occupé à profiter au maximum du retrait unilatéral israélien de Gaza au même moment. Lors des élections palestiniennes début 2006, Zawahiri s'en est pris au Hamas pour avoir embrassé "les infidèles" en participant au scrutin.
L'opposition entre le Hamas et Al Qa'ida a également eu lieu par proxy. En 2006, le groupe palestinien chasse le Fatah de Gaza et purge le territoire de tous les groupes autres que lui, dont "l'Armée de l'islam" qui revendiquent des liens avec AQ et qui a en particulier capturé un journaliste de la BBC. Ces purges n'ont pas été appréciées par le leadership d'AQ qui a même accusé le Hamas de "renier sa religion". AQ a adouci ses attaques après le revers infligé par Dr. Fadl, un des fondateurs de "la Base", qui est devenu un des grands critiques d'Al Qa'ida.
Il semble peu envisageable aujourd'hui pour Al Qa'ida de développer son réseau à Gaza, sans même parler de la Cisjordanie. Le passage à tabac violent de Jund Ansar Allah en août le confirme d'ailleurs. Le seul lieu de Palestiniens où AQ a eu un impact est dans les camps de réfugiés au Liban. On se souvient des mois de lutte entre Fatah al-Islam et l'armée libanaise à l'été 2007. Même s'ils ont perdu, Filiu estime que les liens idéologiques sont encore forts.
Pour Filiu, Al Qa'ida s'éloigne de plus en plus de la réalité des Musulmans et de ceux que l'organisation cherche à cibler. A contrario, les FM ont véritablement réussi à gagner du terrain en politique en défendant une ligne nationaliste et en s'ancrant au plus près des attentes de la population.
Pour commencer, les deux organisations s'opposent sur leur vision du jihad. Al Qa'ida soutient une vision globale de libération des Musulmans de régimes non-islamiques, que ce soit "les juifs et les croisés" ou les régimes musulmans apostats. Les FM ont une vision plus réduite du jihad qui repose sur des activités de missionnaires et de lutte politique organisée. Ils ont officiellement renoncé à la violence pour renverser les régimes.
Pour les Ikhwan égyptiens, les origines sont communes, puisqu'Abdallah Azzam faisait au départ partie des FM avant de partir en Afghanistan et avec Oussama Ben Laden - au départ lui-même un émissaire des FM - de rompre avec les idéaux des Frères musulmans pour créer ce qui deviendra Al Qa'ida. Abu Musab al-Suri et Ayman al-Zawahiri sont deux autres éminents membres de AQ qui viennent des Ikhwan.
La branche iraqienne a rapidement suivi le projet de reconstruction politique américain, ce qui lui a valu d'être une cible privilégiée d'Abou Musab al-Zarqaoui et d'Al Qa'ida en Mésopotamie.
La partie la plus intéressante de l'article de Filiu concerne la relation entre le Hamas, branche palestinienne des FM, et Al Qa'ida. Dès 1996, Ben Laden a associé sa cause à celle de la résistance palestinienne. Pour autant, ce que Filiu ne dit pas, c'est que ce soutien aux Palestiniens a été intermittent au mieux. Ils ont cependant salué les "martyres" du Hamas à plusieurs reprises.
Ce n'est qu'après les attentats du 11 septembre 2001 que Ben Laden a utilisé la lutte palestinienne comme un moyen de faire avancer le jihad global. Cela a résulté dans l'attentat anti-israélien de Mombasa en novembre 2002, mais qui n'a eu que très peu d'échos chez les Palestiniens. Sous l'impulsion d'al-Zarqaoui, AQ s'implante en Jordanie et en août 2005 tire une roquette sur Israël, ce qui n'a pas plu au Hamas qui était occupé à profiter au maximum du retrait unilatéral israélien de Gaza au même moment. Lors des élections palestiniennes début 2006, Zawahiri s'en est pris au Hamas pour avoir embrassé "les infidèles" en participant au scrutin.
L'opposition entre le Hamas et Al Qa'ida a également eu lieu par proxy. En 2006, le groupe palestinien chasse le Fatah de Gaza et purge le territoire de tous les groupes autres que lui, dont "l'Armée de l'islam" qui revendiquent des liens avec AQ et qui a en particulier capturé un journaliste de la BBC. Ces purges n'ont pas été appréciées par le leadership d'AQ qui a même accusé le Hamas de "renier sa religion". AQ a adouci ses attaques après le revers infligé par Dr. Fadl, un des fondateurs de "la Base", qui est devenu un des grands critiques d'Al Qa'ida.
Il semble peu envisageable aujourd'hui pour Al Qa'ida de développer son réseau à Gaza, sans même parler de la Cisjordanie. Le passage à tabac violent de Jund Ansar Allah en août le confirme d'ailleurs. Le seul lieu de Palestiniens où AQ a eu un impact est dans les camps de réfugiés au Liban. On se souvient des mois de lutte entre Fatah al-Islam et l'armée libanaise à l'été 2007. Même s'ils ont perdu, Filiu estime que les liens idéologiques sont encore forts.
Pour Filiu, Al Qa'ida s'éloigne de plus en plus de la réalité des Musulmans et de ceux que l'organisation cherche à cibler. A contrario, les FM ont véritablement réussi à gagner du terrain en politique en défendant une ligne nationaliste et en s'ancrant au plus près des attentes de la population.
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vendredi 27 février 2009
Dennis Blair nous parle des menaces actuelles
Le nouveau chef du Directorate of National Intelligence a effectué sa première estimation des menaces actuelles devant la Commission de la Chambre des Représentants sur le Renseignement. Bien entendu, le Moyen Orient a convoité une large partie du rapport. L'idée n'est pas d'être exhaustif, mais plutôt de souligner certains points intéressants.
- Sur l'Arabie Saoudite, Dennis Blair explique que les efforts de contre-terrorisme menés par les autorités du Royaume ont fortement handicapé les mouvements fondamentalistes sur le territoire, mais Riyad doit maintenant faire face à des menaces venues de l'extérieur et notamment du Yémen. Les arrestations de nombreux militants d'Al Qa'ida laissent penser que des actions seront menées. De plus, l'Arabie Saoudite fait partie des cibles historiques du groupe, car le pouvoir en place est jugé comme indigne et doit être remplacé par un gouvernement islamiste. Il réitère la montée de la menace yéménite en décrivant le pays comme "une potentielle base régionale pour Al Qa'ida".
- Étonnamment, Blair évoque le Hezbollah comme un groupe capable de frapper les intérêts américains. C'est assez surprenant, car le groupe libanais n'a pas attaqué les Etats-Unis ou un autre pays occidental depuis les années 1980, mais il estime que si la survie du groupe en dépend, le Hezbollah pourrait s'en prendre aux Etats-Unis, notant toutefois que le groupe mesurerait précautionneusement la portée de tels actes.
- Sur l'Iran, le chef du DNI consacre pas mal de temps qu'il résume dans un paragraphe suffisamment clair :
- Sur l'Irak, il attribue une amélioration de la situation à plusieurs facteurs :
* Les opérations menées par les forces de coalition et les mesures de sécurité menées par la population (les Fils d'Irak notamment) ont permis une forte diminution de la violence. La coalition, en tant que "garant politiquement neutre de la sécurité", a facilité l'action de l'armée irakienne pour lutter contre les violences "ethnosectaires".
* Les mouvements insurrectionnels sunnites continuent de diminuer. Nombreux sont ceux qui se sont ralliés aux initiatives lancées par les Américains pour protéger eux-mêmes leurs quartiers.
* L'influence d'AQI ne cesse de décroitre.
* La menace de violence des groupes chiites se réduit également. La décision de déposer les armes de Moqtada al-Sadr début 2008 a été particulièrement significative, car Jaish al-Mahdi (l'armée du Mahdi) était très active.
* Les capacités de l'armée irakienne se sont dans le même temps accrues.
Trois menaces demeurent sur l'Irak:
* Des disputes sur les frontières : c'est particulièrement probant dans le nord, à Kirkuk par exemple, une des quatre provinces où les élections n'ont pas eu lieu, car la situation demeure trop tendue.
* La perception d'une oppression policière : si le prisme d'une violence "ethnosectaire" de la police s'installe au sein de la population, cela peut raviver des violences.
* Une augmentation de soutiens étrangers aux milices.
- Blair a détaillé une position très intéressante sur le programme nucléaire iranien. "Bien que nous ne sachions pas si l'Iran a actuellement l'intention de développer des armes nucléaires, nous estimons que Téhéran conserve au minimum l'option ouverte d'en développer." Position prudente quelque peu dans la lignée du NIE de 2007 auquel il fait d'ailleurs référence. Selon lui, le fait que l'Iran ait arrêté son programme militaire en 2003 fait suite aux pressions internationales et pourrait suggérer que Téhéran est plus sensible aux pressions que précédemment estimé. Il indique également que seule une décision politique peut arrêter le programme, "et une telle décision est bien évidemment réversible".
Il est insistant sur le fait que deux activités cruciales pour le développement d'armes nucléaires se poursuivent : l'enrichissement de l'uranium et des missiles balistiques.
- Sur l'Arabie Saoudite, Dennis Blair explique que les efforts de contre-terrorisme menés par les autorités du Royaume ont fortement handicapé les mouvements fondamentalistes sur le territoire, mais Riyad doit maintenant faire face à des menaces venues de l'extérieur et notamment du Yémen. Les arrestations de nombreux militants d'Al Qa'ida laissent penser que des actions seront menées. De plus, l'Arabie Saoudite fait partie des cibles historiques du groupe, car le pouvoir en place est jugé comme indigne et doit être remplacé par un gouvernement islamiste. Il réitère la montée de la menace yéménite en décrivant le pays comme "une potentielle base régionale pour Al Qa'ida".
- Étonnamment, Blair évoque le Hezbollah comme un groupe capable de frapper les intérêts américains. C'est assez surprenant, car le groupe libanais n'a pas attaqué les Etats-Unis ou un autre pays occidental depuis les années 1980, mais il estime que si la survie du groupe en dépend, le Hezbollah pourrait s'en prendre aux Etats-Unis, notant toutefois que le groupe mesurerait précautionneusement la portée de tels actes.
- Sur l'Iran, le chef du DNI consacre pas mal de temps qu'il résume dans un paragraphe suffisamment clair :
Les buts de longue date de la politique étrangère iranienne sont de maintenir le régime islamique en place, de sauvegarder la souveraineté de l'Iran, de défendre ses ambitions nucléaires et d'étendre son influence dans la région et dans le monde islamique. Les dirigeants iraniens perçoivent les développements dans la région - le retrait de Saddam et des Taliban, les défis auxquels doivent faire face les Etats-Unis en Irak et en Afghanistan, l'influence croissante du Hamas et du Hezbollah, et, jusqu'à récemment, des revenus pétroliers élevés - comme autant d'opportunités et de liberté de poursuivre son objective de devenir une puissance régionale. Cette perception a généré une politique étrangère iranienne plus affirmée dans laquelle Téhéran s'est focalisé sur un accroissement de ses liens en Irak, en Afghanistan et dans le Levant pour mieux influencer et exploiter les développements régionaux en matière politique, économique et sécuritaire. La politique étrangère iranienne s'est égalent affirmée au travers de sa volonté d'acquérir la capacité de constuire des armes nucléaires.
- Sur l'Irak, il attribue une amélioration de la situation à plusieurs facteurs :
* Les opérations menées par les forces de coalition et les mesures de sécurité menées par la population (les Fils d'Irak notamment) ont permis une forte diminution de la violence. La coalition, en tant que "garant politiquement neutre de la sécurité", a facilité l'action de l'armée irakienne pour lutter contre les violences "ethnosectaires".
* Les mouvements insurrectionnels sunnites continuent de diminuer. Nombreux sont ceux qui se sont ralliés aux initiatives lancées par les Américains pour protéger eux-mêmes leurs quartiers.
* L'influence d'AQI ne cesse de décroitre.
* La menace de violence des groupes chiites se réduit également. La décision de déposer les armes de Moqtada al-Sadr début 2008 a été particulièrement significative, car Jaish al-Mahdi (l'armée du Mahdi) était très active.
* Les capacités de l'armée irakienne se sont dans le même temps accrues.
Trois menaces demeurent sur l'Irak:
* Des disputes sur les frontières : c'est particulièrement probant dans le nord, à Kirkuk par exemple, une des quatre provinces où les élections n'ont pas eu lieu, car la situation demeure trop tendue.
* La perception d'une oppression policière : si le prisme d'une violence "ethnosectaire" de la police s'installe au sein de la population, cela peut raviver des violences.
* Une augmentation de soutiens étrangers aux milices.
- Blair a détaillé une position très intéressante sur le programme nucléaire iranien. "Bien que nous ne sachions pas si l'Iran a actuellement l'intention de développer des armes nucléaires, nous estimons que Téhéran conserve au minimum l'option ouverte d'en développer." Position prudente quelque peu dans la lignée du NIE de 2007 auquel il fait d'ailleurs référence. Selon lui, le fait que l'Iran ait arrêté son programme militaire en 2003 fait suite aux pressions internationales et pourrait suggérer que Téhéran est plus sensible aux pressions que précédemment estimé. Il indique également que seule une décision politique peut arrêter le programme, "et une telle décision est bien évidemment réversible".
Il est insistant sur le fait que deux activités cruciales pour le développement d'armes nucléaires se poursuivent : l'enrichissement de l'uranium et des missiles balistiques.
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jeudi 30 octobre 2008
Une menace persistance d'Al Qaïda au Yémen
La Nine/Eleven Founding Answers Foundation a rendu public la traduction d'un entretien donné par Abu Hammam Al Qahtani au magazine Sada al-Malahim, l'organe de communication d'Al Qaïda au Yémen, en janvier dernier. Dans cet extrait, il explique son choix de mener le djihad au Yémen et en Arabie Saoudite plutôt qu'en Irak ou en Afghanistan.
Le Yémen est un pays qui connait une présence d'Al Qaïda bien implantée et capable de lancer des attaques. Gregory Johnsen, un expert sur le Yémen, écrit dans CTC Sentinel que le coup de filet des autorités yéménites en août dernier a certes été un coup d'arrêt pour l'organisation, mais que certains éléments étaient troublants et que "L'Organisation d'Al Qaïda pour le djihad dans la péninsule arabique : les brigades des soldats du Yémen", de son nom complet, était loin d'être exterminé.
Il est vrai qu'un des chefs de la cellule yéménite, Hamza Al-Qaâti, a été officiellement tué par les autorités locales et que plusieurs autres dirigeants importants sont en fuite. Toutefois, Johnsen souligne deux points importants :
* parmi les sept suspects tués dans le raid du mois d'août, seul le chef de la cellule était connu des services de police, ce qui pourrait être l'indicateur que l'organisation a su se répandre au sein de la population.
* de nouvelles tactiques sont évoquées sur les sites djihadistes pour éviter un affaiblissement à terme des Brigades des Soldats. La stratégie serait de s'attaquer aux dirigeants des services de sécurité, indication qu'une présence sur le territoire se veut toujours menaçante.
Le Yémen est un pays fragmenté, pauvre, corrompu ; un pays où le gouvernement n'a pas l'emprise sur la totalité du territoire et où Al Qaïda est solidement installé.
Q: Pourquoi avez-vous choisi le djihad dans la Péninsule Arabique plutôt que d'aller en Afghanistan ou en Irak par exemple ?
A : J'ai fait ce choix pour deux raisons. Tout d'abord, pour une raison religieuse, comme le Tout puissant l'a dit : "Combat ceux qui ne croient pas et qui sont près de toi, et laisse leur trouver la rudesse en toi", et pour obéir au messager d'Allah, que la paix et la prière d'Allah soient sur lui, qui a dit : "Conduit les polythéistes hors de la Péninsule arabique", et ... pour purifier la Péninsule et le berceau [de l'islam] des désacralisations des polythéistes et des hérétiques. La deuxième raison est un raisonnement militaire : si les intérêts de l'ennemi dans la Péninsule arabique sont dévastés, son accès au pétrole est interrompu et les raffineries de pétrole mises hors d'usage, cela provoquera l'effondrement de l'ennemi - et ils ne seraient pas seulement forcés de se retirer d'Irak et d'Afghanistan, mais en plus ils feront face à un effondrement total. Si [ton ennemi] venait à être violemment touché en plusieurs endroits, alors il se disperserait, ferait demi-tour et fuirait désespérément de la terre des Musulmans la queue entre les jambes.
Le Yémen est un pays qui connait une présence d'Al Qaïda bien implantée et capable de lancer des attaques. Gregory Johnsen, un expert sur le Yémen, écrit dans CTC Sentinel que le coup de filet des autorités yéménites en août dernier a certes été un coup d'arrêt pour l'organisation, mais que certains éléments étaient troublants et que "L'Organisation d'Al Qaïda pour le djihad dans la péninsule arabique : les brigades des soldats du Yémen", de son nom complet, était loin d'être exterminé.
Il est vrai qu'un des chefs de la cellule yéménite, Hamza Al-Qaâti, a été officiellement tué par les autorités locales et que plusieurs autres dirigeants importants sont en fuite. Toutefois, Johnsen souligne deux points importants :
* parmi les sept suspects tués dans le raid du mois d'août, seul le chef de la cellule était connu des services de police, ce qui pourrait être l'indicateur que l'organisation a su se répandre au sein de la population.
* de nouvelles tactiques sont évoquées sur les sites djihadistes pour éviter un affaiblissement à terme des Brigades des Soldats. La stratégie serait de s'attaquer aux dirigeants des services de sécurité, indication qu'une présence sur le territoire se veut toujours menaçante.
Le Yémen est un pays fragmenté, pauvre, corrompu ; un pays où le gouvernement n'a pas l'emprise sur la totalité du territoire et où Al Qaïda est solidement installé.
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dimanche 28 septembre 2008
Le créationnisme version musulmane
Le créationnisme a belle presse dans les milieux religieux américains. Dans certains Etats américains, un cours d'intelligent design a même été introduit, théorie qui remet en cause le darwinisme.
Sur le site anglais de Spiegel Online, l'hebdomadaire allemand publie un entretien avec Adhna Oktar (aka Harun Yahya), porte-drapeau du créationnisme à la musulmane. Extraits :
Sur le site anglais de Spiegel Online, l'hebdomadaire allemand publie un entretien avec Adhna Oktar (aka Harun Yahya), porte-drapeau du créationnisme à la musulmane. Extraits :
Spiegel : A quel point avez-vous été influencé par les mouvements chrétiens, les mouvements dits de l'intelligence design en Europe et aux Etats-Unis ?
AO : Je trouve le concept d'intelligent design plutôt malhonnête. Chacun doit ouvertement défendre l'existence d'Allah, doit sincérement défendre la religion, l'islam. Ou, si quelqu'un est chrétien, il doit honnêtement défendre la chrétienté. C'est une théorie qui prétend que les choses ont d'une certaine manière été créées, mais personne ne sait qui les a créées. Je trouve cela plutôt malhonnête. Les disciples de l'intelligent design doivent ouvertement et clairement déclarer l'existence d'Allah comme le Créateur.
Spiegel : Richard Dawkins, l'une des plus importantes personnalités du nouvel athéisme, a récemment vu son livre The God Delusion traduit en turc. En Turquie, on rapporte que 15000 exemplaires ont été vendus. Dedans, il écrit que la religion est une des raisons du terrorisme.
AO : Le darwinisme a posé les fondements du fascisme d'Hitler et de Mussolini et du communisme de Staline. Et en faisant attention aujourd'hui, nous voyons que tous les membres des organisations terroristes - même ceux qui présentent comme des organisations musulmanes - sont darwinistes, athés. Cela veut dire qu'une personne croyante qui prie régulièrement ne va pas poser des bombes ici ou là. Ce sont des personnes qui se prétendent musulmanes, ceux qui décrivent comme musulmans, qui perpétuent les attentats, ou les darwinistes qui expliquent clairement qu'il sont terroristes ou communistes qui commettent des actes terroristes. Par conséquent, ils sont tous darwinistes.
Spiegel : Pensez-vous vraiment que quelqu'un comme Oussama Ben Laden, qui justifie ces actes terroristes en utilisant le Coran et la prétendue non-religiosité de l'Occident, suit des idées darwinistes ?
AO : Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être. Vous ne voyez pas cette apparence et ce style dans ce type de personnes dans leur jeunesse. Cependant, quand leur foi est analysée, il se trouve qu'ils sont de véritables matérialistes et darwinistes. Il est impossible pour une personne qui craint Allah de commettre des actes terroristes à cause de leur foi. Ces actes sont commis par des personnes qui ont été éduquées à l'étranger, qui ont reçu une éducation darwiniste et qui ont internalisé le darwinisme, mais qui sont par la suite se présentent comme musulmans. Quand on décrypte avec attention, quand leurs discours et essais sont analysés avec attention, nous voyons que toutes ces personnes sont darwinistes.
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jeudi 21 août 2008
Al Qaïda a 20 ans : état des lieux
Peter Bergen fait partie des spécialistes respectés aux Etats-Unis sur Al Qaïda. Il est un des rares journalistes occidentaux à avoir rencontré Oussama Ben Laden (avec CNN). Il est devenu depuis un analyste qui apparait assez régulièrement devant des commissions parlementaires. Dans une récente tribune au Washington Post, il dresse un portrait de l'état de santé d'Al Qaïda à l'aube de ses vingt ans.
Pour lui, l'organisation a échoué dans son grand projet de "transformer le monde musulman en un caliphat islamiste militant". Bergen estime que les deux raisons pour lesquelles Al Qaïda échouera sont claires. Tout d'abord, Ben Laden perçoit toujours et invariablement les Etats-Unis comme son pire ennemi, alors que son objectif de chasser les Américains du Moyen Orient est un échec patent. Ensuite, parce qu'Al Qaïda se présente toujours comme le leader de tous les Musulmans, position grandement affaiblie en raison de multiples attentats visant des musulmans.
Le journaliste de CNN expose un récent débat qui s'est tenu à Washington entre deux spécialistes du terrorisme. Marc Sageman, ancien officier à la CIA, pense que la menace d'Al Qaïda est dans l'ensemble terminée et que désormais, ce sera un "djihad sans leader" qui primera, des groupes locaux sans attache à un groupe en particulier. Bruce Riedel, ancien CIA et désormais professeur à Georgetown University, estime qu'Al Qaïda ne se désintègre absolument pas, au contraire. Les services européens auraient tendance à pencher vers la position de Sageman et les Américains et Britanniques vers Riedel. Les Européens semblent ne pas relever de connexion directe entre les groupes terroristes et Al Qaïda. Les Anglo-saxons voient l'autre facette : c'est quand les débutants locaux prennent contact avec la cellule centrale d'Al Qaïda au Pakistan que la menace devient meurtrière.
En effet, rapporte Bergen, les services européens remarquent que les combattants ne partent plus en Irak pour faire leurs armes, mais au Pakistan. Bergen pense que les menaces majeures d'attentat sur le territoire américain sont réduites, car le territoire américain est plus difficile d'accès qu'avant 2001 et il faut des insiders pour pouvoir préparer des attaques de grande envergure.
Si Al Qaïda a perdu beaucoup de soutien dans le monde musulman, comme le montre de récents sondages, l'organisation a malgré tout inspiré et instigué un courant, ce qui est déjà un virus difficile à éradiquer.
Pour lui, l'organisation a échoué dans son grand projet de "transformer le monde musulman en un caliphat islamiste militant". Bergen estime que les deux raisons pour lesquelles Al Qaïda échouera sont claires. Tout d'abord, Ben Laden perçoit toujours et invariablement les Etats-Unis comme son pire ennemi, alors que son objectif de chasser les Américains du Moyen Orient est un échec patent. Ensuite, parce qu'Al Qaïda se présente toujours comme le leader de tous les Musulmans, position grandement affaiblie en raison de multiples attentats visant des musulmans.
Le journaliste de CNN expose un récent débat qui s'est tenu à Washington entre deux spécialistes du terrorisme. Marc Sageman, ancien officier à la CIA, pense que la menace d'Al Qaïda est dans l'ensemble terminée et que désormais, ce sera un "djihad sans leader" qui primera, des groupes locaux sans attache à un groupe en particulier. Bruce Riedel, ancien CIA et désormais professeur à Georgetown University, estime qu'Al Qaïda ne se désintègre absolument pas, au contraire. Les services européens auraient tendance à pencher vers la position de Sageman et les Américains et Britanniques vers Riedel. Les Européens semblent ne pas relever de connexion directe entre les groupes terroristes et Al Qaïda. Les Anglo-saxons voient l'autre facette : c'est quand les débutants locaux prennent contact avec la cellule centrale d'Al Qaïda au Pakistan que la menace devient meurtrière.
En effet, rapporte Bergen, les services européens remarquent que les combattants ne partent plus en Irak pour faire leurs armes, mais au Pakistan. Bergen pense que les menaces majeures d'attentat sur le territoire américain sont réduites, car le territoire américain est plus difficile d'accès qu'avant 2001 et il faut des insiders pour pouvoir préparer des attaques de grande envergure.
Si Al Qaïda a perdu beaucoup de soutien dans le monde musulman, comme le montre de récents sondages, l'organisation a malgré tout inspiré et instigué un courant, ce qui est déjà un virus difficile à éradiquer.
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