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mardi 3 mars 2009

Martin Kramer vient à la rescousse sur "l'Asie du sud-ouest"

Martin Kramer sur Middle East Strategy at Harvard vient nous éclairer sur ce qu'est l'Asie du sud-ouest et la genèse de la confusion dont je me suis délecté dans des posts précédents. Pour rappel, Dennis Ross a été nommé conseiller spécial pour l'Asie du sud-ouest et le Golfe. Le problème était que Robert Wood, le porte-parole du Département d'Etat par intérim, ne savait pas définir les pays inclus dans l'Asie du sud-ouest.

Donc le terme "Asie du sud-ouest" n'est pas nouveau dans la terminologie utilisée par les Américains. Le concept date de 1979 et l'invasion de l'Afghanistan par l'Union Soviétique. Pour se justifier, les stratégistes de la Guerre froide cherchaient à montrer que cette région était cruciale pour les intérêts américains, car elle se trouvait au sud de l'URSS, qui avait des projets d'extension dans la zone. Donc, très rapidement, Zbigniew Brzezinski et Jimmy Carter ont utilisé le terme pour bien faire comprendre l'importance qu'il fallait attacher à l'invasion soviétique et le danger qu'elle représentait pour les intérêts américains.

L'Asie du sud-ouest correspondait en gros à "l'arc de crise" de Brzezinski qui allait du sous-continent indien à la Turquie en passant par le sud et la Péninsule arabique ainsi que la Corne de l'Afrique. Donc, un gros territoire, mais surtout comme le note Kramer, non pas un espace géographique, mais un espace stratégique dans la logique de Guerre froide. Cette définition a été reprise par la CIA et le Pentagon, mais peu par le Département d'Etat, qui préfère Moyen Orient (Middle East), voire parfois Proche-Orient (Near East). D'ailleurs, il y a un Bureau pour les affaires du Proche-Orient.

D'où la confusion, car si l'Asie du sud-ouest du Département d'Etat incluait le Pakistan et l'Afghanistan, alors il y aurait une interférence avec Richard Holbrooke, émissaire spécial pour cette zone. Mais, alors pourquoi le Département d'Etat s'est-il accordé sur une définition a minima visiblement sans Afghanistan et Pakistan, alors que le communiqué de presse parlait de deux guerres ? Les spéculations indiquent qu'Holbrooke aurait fait pression pour que cela soit changé.

Un éclaircissement très intéressant, qui ne cache pas la confusion. Une nouvelle définition qui n'est pas géographique, ni même stratégique, mais qui émane de différends internes.

jeudi 26 février 2009

Dennis Ross, le "Keyser Soze" du Département d'Etat (suite)

Donc, le Département d'Etat a fait son travail suite au tohubohu qu'a provoqué l'annonce du poste de Dennis Ross comme "conseiller spécial pour le Golfe et l'Asie du sud-ouest". Robert Wood commence plutôt bien au briefing d'hier matin ; ils ont déterminé ce qu'ils entendaient derrière cette vague appelation :

QUESTION: Have your ace geographers been able to determine what Southwest Asia is and thereby figure out what exactly Dennis Ross’s mandate is?
MR. WOOD: I’m so shocked that you asked that question. Let me give you my best – our best read of this. From our standpoint, the countries that make up areas of the Gulf and Southwest Asia include Bahrain, Iran, Iraq, Kuwait, Oman, Qatar, Saudi Arabia, UAE, Yemen, and those are the countries.
QUESTION: Not – not Afghanistan and Pakistan?
MR. WOOD: Look, Ambassador Ross will look at the entire region, should he be asked to, including Afghanistan. But this is something that would be worked out. You were – you asked the question yesterday about Ambassador Holbrooke and whether there was going to be some kind of, I don’t know, conflict over who is working in – on that particular issues in that country.
Look, Ambassador Ross and Ambassador Holbrooke will work together where necessary if they need to, if there’s some kind of overlap. But that’s, in essence, the State Department’s geographical breakdown of Southwest Asia.


Ca commence déjà à ne plus être très clair, voire même contradictoire avec ce qui a été dit dans l'annonce officelle, qui parle de "deux guerres", donc très probablement l'Irak et l'Afghanistan. Le problème étant que dans la liste présentée, l'Afghanistan ne fait plus partie du lot. Point soulevé après où la confusion prend place :

QUESTION: Okay. So it does not – it is not the same breakdown as the military uses?
MR. WOOD: No, the military uses a different breakdown, but I’d have to refer you to them for their specific breakdown.
(...)

QUESTION:
So if Ambassador Ross is special envoy – special advisor for Gulf and Southwest Asia, what is the difference between Gulf and Southwest Asia?
MR. WOOD: Look --
QUESTION: For me, this is Gulf.
MR. WOOD: Well, it may be for you. For others, it may be different. I’d have to – I’ve given you what the Department’s position is with regard to the geographic makeup of the region.
QUESTION: Okay. But on Iran, like for instance, if someone – if the United States wanted to engage Iran on, for instance, Afghanistan, and you’ve said before from this podium that Afghanistan could play – Iran, sorry, could play a helpful role in Afghanistan – who would be kind of handling that? Would that be the special advisor for Southwest Asia in Iran, or would it be the special advisor for Afghanistan and Pakistan? Because Ambassador Holbrooke has said that he thought Iran could play a helpful role, and that suggests that he might be handling that kind of dialogue.
MR. WOOD: Well, this is—again, this is speculation. You know, we’ll have to see what happens if, indeed, we get to that point about who handles an issue with regard to Iran. It really depends on, you know, a variety of factors. I can’t – it’s hypothetical, so I just can’t give you an answer specifically on that. So --
(...)

QUESTION: Yes. You know, I’m a little confused because in your statement to announce Dennis Ross’s appointment as the Southwest Asia person, you referred to two wars in the region. So which is the other war? Iraq – was Afghanistan part of that and then you took it away because of Holbrooke’s complaints or --
MR. WOOD: No.
QUESTION: Just a wee bit confused here.
MR. WOOD: No, there are two wars that are raging in that region, and I’m talking about the larger region.
QUESTION: But that was included within the Southwest Asia that you demarcated in the statement.
MR. WOOD: Right. Like I said, Afghanistan is one of those issues where you have a lot of individuals who have some interests and equities in dealing with it. And as I said, if we get to a point where there is a need to have both Ambassador Ross and Ambassador Holbrooke engaging on different elements of it, they will. And they will certainly – you know, they’ll do that. But we are very clear in that statement, I think, in terms of where we see wars raging and the need to have appropriate people working on these issues.
QUESTION: Because in the CIA fact book, a book which a lot of people use, Southwest Asia does include Afghanistan. So --
MR. WOOD: Well, that’s the CIA. I’m giving you – again, I gave you what the State Department’s position is on the region.
QUESTION: Well, it sounds like you – it sounds like you have a turf battle brewing, if not already begun. Maybe you should lock Holbrooke and Ross up in a room and fight it out?
MR. WOOD: That’s your characterization. There’s no turf war going on here.
QUESTION: Well, no, Robert, because I believe that originally, Afghanistan was included in this – in Dennis’s (inaudible) here, and it’s interesting that it’s been taken out, so --
QUESTION: So was it removed, though, because – with the wars referring to the war in Afghanistan? I mean, was it removed because --
MR. WOOD: I just spelled this out for you. I don’t have anything more to say on it.


La confusion est évidente et visiblement, le Département ne s'attendait guère à ce que l'annonce provoque une telle polémique. N'exagérons rien non plus, à part quelques journalistes tenaces et bloggeurs acharnés, la question n'attire pas foule.

A la décharge de Wood, le journaliste fait erreur lorsqu'il prétend que le CIA Factbook inclut l'Afghanistan dans l'Asie du sud-ouest. Rien de tel. Par contre, on trouve une telle référence sur le site de la CIA. Tout comme sur le site de Foggy Bottom (cf. mon précédent post sur la question), l'Asie du sud-ouest est évoquée en relation avec le trafic d'héroïne, mais l'Afghanistan ou le Pakistan ne figurent pas dans cette région lorsqu'ils sont traités sous un angle politique. Au Département d'Etat, ils sont sous la responsabilité du Bureau pour l'Asie Centrale et du Sud, de manière tout à fait logique.

En fait, la confusion sur le terme d'Asie du sud-ouest est simplement liée au fait que c'est un terme très peu usité, car en Occident, on parle de Moyen Orient. A l'ONU, ils ont voulu changer le terme de "Moyen Orient", car c'était perçu comme trop occident-centré.

Il n'en reste pas moins que sur le dossier iranien, la question mérite d'être posée : qui va coordonner les négociations si elles s'ouvrent entre les Etats-Unis et l'Iran sur l'Afghanistan ? De plus, doit-on déduire de ce flou artistique que Ross sera le point focal pour l'articulation d'une politique cohérente de Washington sur l'Iran ?

mercredi 25 février 2009

Dennis Ross, le "Keyser Soze" du Département d'Etat




















J'aurais bien aimé trouver la comparaison moi-même*, mais je la dois à Spencer Ackerman du Washington Independent. Il semblerait que Dennis Ross ait enfin trouvé une place au Département d'Etat. Quoi donc? Le briefing de Robert Wood est à ce sujet exceptionnel de confusion :

Bon, laissez moi avant tout commencer en disant que la Secrétaire est très contente que Dennis Ross ait accepté de servir en tant que conseiller spécial pour le Golfe et l'Asie du Sud-ouest. Ce que Dennis aura à faire est d'essayer d'intégrer les développements politiques et leur mise en place au sein de différents bureaux et en contact avec de nombreux représentants du Département d'Etat. Et, il sera en charge de donner des conseils stratégiques à la Secrétaire. Il sera également chargé de s'assurer qu'il y a une cohérence dans nos politiques et stratégies au sein de la région.

Permettez-moi d'être précis, il ne sera pas un émissaire. Il ne négociera pas. Il travaillera sur des questions régionales. Il ne sera pas - en termes de négociations, il ne sera pas impliqué dans le processus de paix. Mais, une fois encore, il conseillera la Secrétaire sur des questions stratégiques et leur vision à long terme au sein de la région.


Ce n'est déjà pas très clair, mais ça ne fait qu'empirer. Pas la peine de traduire, je pense que le contenu parle de lui-même. Le Département d'Etat ne veut pas trop faire de vague sur Dennis Ross.

QUESTION: Can you give us – well, what is the State Department’s definition geographically of Southwest Asia? What countries does that include?
MR. WOOD: Matt, I didn’t --
QUESTION: No, you guys named an envoy for Southwest Asia. I presume that you know what countries that includes.
MR. WOOD: Yes. Of course, we know. I just – I don’t have the list to run off – you know, right off the top of my head here. But obviously, that’s going to encompass – that region encompasses Iran. It will – you know, it’ll deal with --
QUESTION: Does it include Iraq?
MR. WOOD: Indeed, it does. He is going to be, again, as I said, providing her with advice – strategic advice, looking at the long term, the bigger picture and how we can make sure that our policies are coherent across the board in the region. And as I said, the Secretary is very pleased that Dennis has agreed to do this. He’s got years of experience in the region. And, you know, it’s a daunting task, but it’s one that she felt was necessary.
QUESTION: And so, does it include parts of the Middle East?
MR. WOOD: Yes.
QUESTION: It does? Does it include Syria, and it includes Israel and it includes Jordan?
MR. WOOD: Well, he’ll be looking at the entire region that will include, you know –
QUESTION: Where does that stop? I mean, you know, you have NEA which, you know, runs all the way to Morocco. So does it include –
MR. WOOD: Well, he’s going to be in touch with a number of officials who work on issues throughout this region.
QUESTION: Does it include Morocco, Algeria, Egypt, countries that are within the – within the Middle East or within the Near Eastern Affairs Bureau, but are not necessarily technically part of Southwest Asia?
MR. WOOD: He will be providing advice to the Secretary on a – across that entire region, where appropriate, where she needs it, and that’s the position he will serve.
QUESTION: So he’s going to meet with the leaders in the region as well, so you said he is going to offer an assessment --
MR. WOOD: That’s right. At some point, he will.


En attendant plus de précisions probablement à venir, il semblerait donc que Dennis Ross ne traite pas géographiquement parlant ni d'Israël, ni de l'Iran. Je vais être honnête, la géographie de l'Asie du sud-ouest ne m'était pas familière non plus, donc j'ai regardé que l'ONU envisage dans cette région qu'elle appelle l'Asie de l'ouest et ce qu'on appelle généralement le Moyen Orient (cf. la carte - c'est moi qui ait souligné les pays).

Dans le communiqué officiel sur la nomination de Ross, on peut lire que "c'est une région où l'Amérique affronte deux guerres". Le fait est que l'Afghanistan ne fait pas partie de l'Asie du sud-ouest. Au pire, on l'accepte en Asie centrale - ce qui est déjà une erreur, même si elle est commune - mais Kaboul est en Asie du sud. Donc, j'ai cherché sur le site du Département d'Etat à savoir ce qu'ils entendent génériquement par Asie du sud-ouest. C'est un vrai sac de noeuds. Il n'y a aucun bureau travaillant spécifiquement sur cette région, mais on peut trouver plusieurs documents référençant des pays faisant partie de l'Asie du sud-ouest. L'Afghanistan et le Pakistan en font partie, mais aucun pays de ce qu'on appelle communément en Occident le Moyen Orient. Pour d'autres pays, il y a un flou qui est laissé, ces pays se trouvant entre l'Asie du sud-ouest et l'Asie du sud-est, comme l'Inde.

Bref, on a besoin de quelques éclaircissements.

* Keyser Söze est le personnage incarné par Kevin Spacey dans Usual Suspects.

lundi 9 février 2009

Obama et ses soucis de nomination

Barack Obama a réalisé une brillante transition. Certes, c'est une aventure que l'on ne peut réaliser qu'à deux et George Bush avait semble-t-il mesuré l'importance d'une transition réussie. Obama a rapidement pris la dimension de sa tache et a nommé ses principaux conseillers et les principaux postes du Cabinet rapidement, beaucoup plus rapidement que ses deux prédécesseurs d'ailleurs. Cela a créé quelques petits hics dans le processus de confirmation. Tom Daschle et William Lynn ont sauté et Timothy Geithner, au poste clé de Secrétaire au Trésor, n'est pas passé loin.

Par contre, en politique étrangère, les postes moins importants, mais cruciaux, ont connu quelques revirements. Dennis Ross n'est toujours pas officiellement nominé. Aux dernières nouvelles, les uns le voient comme l'homme de main de Washington sur l'Iran avec une ouverture sur l'Irak. Les autres le voient comme un "conseiller stratégique"
sur la région au Département d'Etat. Pourquoi tant de mystère autour de cette décision que l'on pensait déjà acquise ? Il semblerait que Ross puisse être sujet à des poursuites judiciaires. Pour faire court, il est président d'un think tank israélien. Selon le Foreign Agents Registration Act, toute personne ayant des activités pour le compte d'un pays étranger et qui rentre en contact avec les autorités américaines doit déclarer ses activités. Ross n'a jamais signé de document sous cette jurisdiction, ce qui peut poser un problème. Le souci étant que cela court depuis plusieurs semaines maintenant et les éléments arrivent au compte-gouttes.

Mais, Ross, c'est du divertissement à côté du Général à la retraite Anthony Zinni. Sa frustration est telle qu'il a décidé de s'exprimer publiquement. Il devait être nommé ambassadeur des Etats-Unis en Irak. Ryan Crocker, actuellement en poste, prend sa retraite. Zinni a été contacté par James Jones, le Conseiller en sécurité nationale d'Obama. Les deux sont apparemment amis. Zinni connait bien la région. Il a servi pendant l'Opération Provide Comfort en Irak en 1991. Il est l'instigateur de l'Opération Desert Fox en 1998 sur l'Irak. En 2002, il a été nommé émissaire spécial sur le dossier israélo-palestinien. C'est un des premiers pro-Bush à avoir critiqué la politique de l'ancien Président au moment de la guerre en Irak dans ses mémoires Battle Ready. Zinni était donc un choix sensé.

Alors que tout semblait prêt et après avoir reçu les félicitations de Joe Biden, il n'a plus eu de nouvelles jusqu'au jour où il apprend que le poste ira finalement à Christopher Hill qui s'occupe des négociations sur la Corée du Nord. Les spéculations vont bon train sur les raisons de ce volte-face. The Cable cite plusieurs sources qui vont dans différentes directions. Certains expliquent qu'il n'était pas envisageable que l'ambassadeur américain à Bagdad soit l'ancien numéro 2 de Dyncorp, un des poids lourds de la sécurité privée qui a des centaines de millions de dollars de contrats en Irak. D'autres voient une autre raison. Le Général Karl Eikenberry, actuellement à l'OTAN, va devenir le nouvel ambassadeur américain à Kaboul. Il aurait été malvenu pour les Etats-Unis d'avoir deux militaires à des postes-clés de la diplomatie américaine actuelle. Cela vaut d'autant plus en Irak que Washington veut instaurer un autre type de relation avec Bagdad qui ne soit pas fondé sur la présence militaire américaine dans le pays. D'autres croient que le corps diplomatique a fait pression pour que ce soit l'un des leurs qui récupèrent le poste.

Le fait reste que Zinni ne sera pas à Bagdad et que Hill succèdera à Crocker. Hill n'a aucune expérience dans la région. Il a passé une bonne partie de sa carrière en Asie. Certes, il était en poste au Kosovo et a participé à de nombreuses négociations, ainsi qu'en Corée du Nord pour négocier le désarmement du pays. Deux situations complexes, mais qui ne sont pas forcément la porte d'entrée adéquate sur le Moyen Orient.

Selon The Cable, les postes moins importants de l'administration sont soumis à de nombreux flip-flops de dernière minute. David Axelrod, très proche conseiller d'Obama, aurait mis son véto à plusieurs nominations. A suivre...

dimanche 1 février 2009

Vali Nasr va conseiller Richard Holbrooke sur l'Afghanistan et le Pakistan

Tout est dans le titre finalement. Vali Nasr est spécialiste du Moyen Orient et de l'Asie du Sud au Council on Foreign Relations et professeur à la Fletcher School. C'est surtout un des plus grands spécialistes du chiisme. Son ouvrage The Shia Revival (traduit en français - bravo à Demopolis pour l'initiative - par Le Renouveau chiite) est absolument indispensable.

Pour rappel, Richard Holbrooke sera l'émissaire spécial de Washington pour l'Afghanistan et le Pakistan. Je suis un peu étonné que Nasr ait été choisi pour une telle mission tout de même. Certes, il a pas mal travaillé sur l'islamisme au Pakistan, mais ces dernières années, il s'est plutôt focalisé sur le chiisme et l'Irak et l'Iran. Je ne me fais aucun souci dans tous les cas, il fera un excellent boulot.

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L'Iran justement. C'est Dennis Ross qui serait l'émissaire spécial sur le dossier. Il est envisageable que son mandat soit plus large. Ca n'a pas réjoui tout le monde, parce que Ross est un vieux de la vieille, dont les penchants pro-israéliens soulèvent une certaine crainte. En effet, Ross fait partie du think tank à tendance pro-israélienne Washington Institute for Near East Policy et ne cache pas ses affinités. Personnellement, j'ai beaucoup de respect pour Ross. Il est souvent très pertinent dans ses analyses.

Si sa nomination est officiellement confirmée - je viens de voir qu'elle est encore en cours de négociation - je me replongerai dans son bouquin Statecraft, dont je citerai quelques passages clés sur le Moyen Orient.

lundi 22 septembre 2008

United Against Nuclear Iran

"United Against Nuclear Iran" est le message envoyé par Richard Holbrooke, ancien ambassadeur américain à l'ONU, Dennis Ross, ancien conseiller de Bill Clinton sur la politique au Moyen Orient, James Woolsey, ancien directeur de la CIA, et Mark Wallace, ancien représentant américain à l'ONU sur les questions de réforme, dans une tribune au Wall Street Journal.

En amont de la visite de Mahmoud Ahmadinejad au siège de l'ONU à New York dans le cadre d'une réunion de tous les dirigeants d'Etat du monde, les quatre ont formé une association pour soulever l'attention sur le danger posé par l'Iran et la poursuite de son programme nucléaire :
Un Iran armé du nucléaire déstabiliserait probablement une région déjà dangereuse, qui inclut Israël, la Turquie, l'Irak, l'Afghanistan, l'Inde et le Pakistan, et poserait une menace directe à la sécurité nationale américaine. Pour cette raison, les ambitions nucléaires iraniennes exigent une réponse qui contraindrait les dirigeants iraniens à modifier leur comportement et à comprendre qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner en devenant nucléaire.

Les auteurs estiment que l'excuse du nucléaire civil est futile, car le programme d'enrichissement de l'uranium dépasse les besoins de ceux requis pour le civil. Ils perçoivent l'Iran comme "un acteur mortel et irresponsable", qui renforcerait ses activités de soutien aux terroristes (Hezbollah et Hamas) l'arme nucléaire en mains.

D'un point de vue économique, un Iran nucléaire serait problématique, car empreint d'une nouvelle confiance qui l'inciterait sans aucun doute à utiliser ses moyens de levier pour affecter les prix du pétrole. L'Iran se trouve en effet à un endroit stratégique pour l'acheminement d'énergie : le détroit d'Ormuz.

Ils en appellent donc à mener des actions lors de la venue d'Ahmadinejad pour montrer leur désaccord avec la politique iranienne.
Nous n'avons pas pour objectif de faire retentir les tambours de la guerre. Au contraire, nous espérons poser les fondements de politiques américaines efficaces en coordination avec nos alliés, l'ONU et d'autres par une démonstration forte de soutien et d'unité du peuple américain pour altérer la trajectoire actuelle du régime iranien.


mardi 16 septembre 2008

Ross : Rice devrait se pencher sur les présidentielles palestiniennes

Dennis Ross, ancien conseiller de Bill Clinton sur le Moyen Orient, écrit dans une tribune accordée au Washington Post, que la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice devrait réorienter ses efforts sur le problème de la succession au poste de président palestinien.

Le mandat d'Abou Mazen se termine le 9 janvier 2009. Récemment, il a indiqué qu'il avait l'intention de rester à son poste jusqu'aux élections parlementaires de 2010, estimant que les élections présidentielles devaient se tenir en même temps que les élections législatives. Il avait déjà évoqué l'idée il y a quelques mois. Il a même présenté un décret à ce sujet. Dans le même temps, le Hamas a fait savoir qu'il ne reconnaîtrait l'autorité d'Abbas après le 9 janvier.

Cela pourrait donc précipiter les Territoires palestiniennes dans une nouvelle crise autant politique que, ne l'espérons pas, militaire. Les Egyptiens semblent en voie de proposer la constitution d'un gouvernement transitoire purgé de membres des factions rivales Fatah et Hamas en attendant la tenue d'élections anticipées.

Dans une tribune publiée hier, Dennis Ross présente deux autres alternatives. Avant tout, il estime que Condi Rice se focalise sur le mauvais dossier, en l'occurrence d'amener Palestiniens et Israéliens à s'accorder sur des questions aussi épineuses que Jérusalem et le retour des réfugiés. "Bien que cela soit désirable, cela ne fait pas partie jeu", juge-t-il, ajoutant que les deux seules personnes qui croient à un accord immédiat sont Rice et le Premier ministre israélien Ehud Olmert.

Ross pense que la réunion à l'ONU à la fin du mois constitue le moment parfait pour négocier avec les dirigeants arabes sur la question de la présidence palestinienne. Tous seront à New York et selon Ross, aucun n'a intérêt à voir un vide politique s'installer en Palestine et pas plus ce vide comblé par le Hamas.

Deux possibilités font donc jour pour Ross :
* Que le Quartette s'accorde avec les pays arabes pour appuyer le décret d'Abbas que les présidentielles doivent se tenir en même temps que les législatives, ce qui donnerait "une couverture et une raison [à Abbas] de rester au pouvoir".
* Que le Quartette et les pays arabes soutiennent l'idée que des élections présidentielles ne pourront se tenir qu'une fois que la sécurité à Gaza le permettra. Cela impliquerait une présence des forces de police de l'Autorité palestinienne et d'observateurs internationaux sur place.

Sans favoriser l'une des deux options, Ross semble pencher pour la seconde, car elle mettrait le Hamas sur la défensive. "Le Hamas devrait soit permettre une certaine présence de l'Autorité palestinienne et d'observateurs pour les élections, soit la bloquer et perdre toute légitimité pour sa cause ou ses attaques contre Abbas", avance-t-il.
 

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