A la suite du déploiement du CCG au Bahreïn, l'Iran chiite s'est empressé de réagir et de condamner cette incursion. Aucune mention du CCG, juste de l'Arabie Saoudite. De son côté, l'Arabie Saoudite sunnite brandit le spectre de l'opposition sectaire entre Sunnites et Chiites et le CCG prévient contre toute ingérence - lire l'Iran. Dès lors, on se retrouve dans le cas des puissances régionales du Golfe qui s'opposent indirectement au Bahreïn. Du moins, est-ce la manière dont les événements sont présentés. Cette façon d'évoquer un affrontement indirect n'est nullement nouvelle. Au Yémen en 2009, de nombreuses analyses concluaient à une opposition irano-saoudienne. A l'époque déjà, cet argument semblait au moins extrêmement exagéré, voire une vue de l'esprit. Il en est de même aujourd'hui au Bahreïn.
Il est vrai que l'Arabie Saoudite est inquiète de la situation au Bahreïn et craint que les révoltes se propagent dans les zones chiites du pays, bien que les révoltes actuelles dans le monde arabe n'aient aucun caractère religieux. Au Bahreïn, le fait que la grande majorité des manifestants soient chiites est lié à leur statut inférieur au sein de la société ; il n'y a pas de revendications religieuses. C'était déjà le cas au Yémen. Il n'en reste pas moins qu'il est réducteur de voir l'intervention des troupes sous mandat du CCG sous le prisme d'une peur sunnite de voir le Bahreïn tomber aux mains des Chiites et de fait aux mains des Iraniens. Néanmoins, les pays sunnites savent que cette rhétorique parvient encore à convaincre. Il faut noter que les Bahreïnis chiites n'appellent pas à une unification avec l'Iran, ce que Téhéran accepterait probablement d'ailleurs.
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jeudi 17 mars 2011
lundi 13 décembre 2010
Lectures et commentaires 13-12-2010
Voici une nouvelle salve d'articles avec pas mal de variétés. Bonne lecture !
* Avions de combat : la désunion européenne / Le Monde
* 11 European Nations Pool for Maritime R&D / Defense News
* Les ministres de la Défense de l’UE parlent de mutualisations et de coopérations entre les armées des Etats membres / Zone militaire
* Le P-DG de Dassault broie du noir / Défense ouverte
* Shadi Hamid - Egypt election 'blunder' by Mubarak's NDP / BBC News
* Turkey poised to replace UAE as major trading partner with Iran / Today's Zaman
* Benjamin Wiacek - La Guerre de Saada au Yémen, un conflit international ? / Revue Averroès
* Chris Dalby - NATO-SCO: Partners, if not Allies / Huffington Post
* La France défend les secrets de ses entreprises / Le Figaro
* Hugh Miles - Anecdotal Evidence / LRB blog
* U.S. Drops Bid to Sway Israel on Settlements / New York Times
* Johan Bergenas - Fighting Security Challenges With Regional Cooperation / World Politics Review
* Le Rafale au Brésil, c'est fini ! / Défense Ouverte
* Les cinq plus grands scandales de vente d'armes / Slate.fr
* Al-Qaeda’s Latest Weapon: Poison Perfume / Danger Room
* Mohamed ElBaradei: 'Egyptians Have Had Enough' / Der Spiegel
* Avions de combat : la désunion européenne / Le Monde
* 11 European Nations Pool for Maritime R&D / Defense News
* Les ministres de la Défense de l’UE parlent de mutualisations et de coopérations entre les armées des Etats membres / Zone militaire
* Le P-DG de Dassault broie du noir / Défense ouverte
* Shadi Hamid - Egypt election 'blunder' by Mubarak's NDP / BBC News
* Turkey poised to replace UAE as major trading partner with Iran / Today's Zaman
* Benjamin Wiacek - La Guerre de Saada au Yémen, un conflit international ? / Revue Averroès
* Chris Dalby - NATO-SCO: Partners, if not Allies / Huffington Post
* La France défend les secrets de ses entreprises / Le Figaro
* Hugh Miles - Anecdotal Evidence / LRB blog
* U.S. Drops Bid to Sway Israel on Settlements / New York Times
* Johan Bergenas - Fighting Security Challenges With Regional Cooperation / World Politics Review
* Le Rafale au Brésil, c'est fini ! / Défense Ouverte
* Les cinq plus grands scandales de vente d'armes / Slate.fr
* Al-Qaeda’s Latest Weapon: Poison Perfume / Danger Room
* Mohamed ElBaradei: 'Egyptians Have Had Enough' / Der Spiegel
mercredi 9 juin 2010
What security cooperation in the Gulf?
J'ai un post paru sur le nouveau blog Ultima Ratio géré par le Centre des études de sécurité de l'Ifri. Bonne lecture ! Et n'hésitez pas à traîner sur le reste du site qui vaut le coup.
Security cooperation in the Gulf remains marginal. The Gulf Cooperation Council (GCC) has been actively dealing with economic issues, but has yet to fulfill its potential as a regional security forum. Many impediments and setbacks have crippled the organization and prevented it from heading in that direction. However, the unfolding instability in Yemen has stirred up many reactions among the GCC that could bring about an increased cooperation in the security field.
The GCC is composed of Bahrain, Kuwait, Oman, Qatar, Saudi Arabia, and the United Arab Emirates. It was founded in 1981 partly as a reaction to the Iran-Iraq War. While economic issues have always prevailed, security has been a constant yet largely unaddressed concern. The members have never been able to reach consensus on those issues. Several reasons justify the lack of security cooperation. First of all, distrust among members remains detrimental to such an aim. As the regional heavyweight, Saudi Arabia still arouses wariness among its small neighbors who fear that their voice would not be heard and consequently cherish their autonomy. Despite significant efforts in recent years, some territorial disputes still plague the region as the recent naval skirmish between Saudi Arabia and the UAE illustrates. While we may think that the GCC could play a role in the resolution of those disputes, a careful analysis proves us wrong. For instance, when Saudi Arabia and Qatar came to an agreement in 2001 to terminate their disputes, the GCC was not at the negotiation table.
[LIRE LA SUITE]
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lundi 5 avril 2010
Le CCG n'en ferait pas assez sur la coopération policière
Shocker! Le chef de la police de Dubaï, Dahi Khalfan, désormais superstar dans le monde arabe, a déclaré qu'il était déçu par le manque de coopération entre les différents services de police du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Et oui, le Mossad est encore actif dans le Golfe. Quelle surprise ! On se souvient que mi-mars il avait annoncé sa croisade contre tous les espions de la région. Etonnamment, il semble que cela soit plus difficile que prévu...
J'ai déjà évoqué le manque de coopération sur les dossiers sécuritaires au sein du CCG. Pour Khalfan, il serait essentiel qu'une meilleure entente policière existe entre les différents pays et cette question devrait être soulevée au prochain sommet du CCG, mais il a peu d'espoirs - je n'en aurais également pas beaucoup à sa place.
J'ai déjà évoqué le manque de coopération sur les dossiers sécuritaires au sein du CCG. Pour Khalfan, il serait essentiel qu'une meilleure entente policière existe entre les différents pays et cette question devrait être soulevée au prochain sommet du CCG, mais il a peu d'espoirs - je n'en aurais également pas beaucoup à sa place.
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vendredi 15 janvier 2010
Mais où était le CCG lors de la réunion des organisations régionales?
Une réunion s'est tenue à l'ONU avant-hier avec les dirigeants de plusieurs organisations régionales pour discuter de la coopération pour le maintien de la paix dans le monde. J'attends d'en savoir un peu plus pour commenter la chose et je n'ai guère le temps aujourd'hui, mais une chose m'a interpellé : la Ligue Arabe était présente, mais pas le Conseil de Coopération du Golfe. Pourquoi?
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lundi 4 janvier 2010
Et si le Yémen poussait le CCG à se pencher sur les dossiers de sécurité
Le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) a été fondé en 1981 en partie en réaction à la guerre Iran-Iraq pour mobiliser les efforts de tous les pays de la région au cas où la crise venait à s'étendre sur leurs territoires. Pour autant, les questions de sécurité ont rarement été au cœur des négociations du CCG. Plusieurs raisons peuvent justifier cela. Tout d'abord, il est très difficile de trouver un consensus interne sur ces questions. Cela se voit sur l'Iran, l'Iraq et le Yémen. Comme l'expliquait Kristian Coates Ulrichsen dans Middle East Policy, la région n'a pas connu les mêmes réformes politiques qui auraient pu conduire à une gestion plus importante des défis de sécurité d'après Guerre froide.
Cela étant, la situation actuelle au Yémen pourrait changer la donne. En effet, pour la première fois depuis l'invasion du Koweït en 1990, un pays du CCG se retrouve au front contre un ennemi armé, en l'occurrence l'Arabie Saoudite contre l'insurrection Al Houthi. L'organisation a d'ailleurs fait part de sa solidarité à l'égard de Riyadh en ajoutant même qu'une attaque l'Arabie Saoudite était considérée comme une attaque contre tous les membres. On a même parlé du déploiement d'une force de réaction rapide du CCG. L'inquiétude que le Yémen devienne un Etat failli avec ces trois fronts d'instabilité (AQPA, insurrection Al Houthi et les sécessionnistes) est grande parmi les pays du Golfe.
Comme le défend Abdullah Alshayji, professeur à l'université du Kuweït, dans une tribune pour Gulf News, cela peut inaugurer une nouvelle ère pour le CGG. En effet, il explique que les pays du Golfe ont renoncé à créer leurs propres moyens de défense, se reposant exclusivement sur la protection américaine et occidentale. Selon lui, la crise au Yémen est un test crucial pour déterminer la capacité du CCG à à créer un instrument viable et indépendant pour affronter les problèmes de sécurité dans la région.
Cela étant, la situation actuelle au Yémen pourrait changer la donne. En effet, pour la première fois depuis l'invasion du Koweït en 1990, un pays du CCG se retrouve au front contre un ennemi armé, en l'occurrence l'Arabie Saoudite contre l'insurrection Al Houthi. L'organisation a d'ailleurs fait part de sa solidarité à l'égard de Riyadh en ajoutant même qu'une attaque l'Arabie Saoudite était considérée comme une attaque contre tous les membres. On a même parlé du déploiement d'une force de réaction rapide du CCG. L'inquiétude que le Yémen devienne un Etat failli avec ces trois fronts d'instabilité (AQPA, insurrection Al Houthi et les sécessionnistes) est grande parmi les pays du Golfe.
Comme le défend Abdullah Alshayji, professeur à l'université du Kuweït, dans une tribune pour Gulf News, cela peut inaugurer une nouvelle ère pour le CGG. En effet, il explique que les pays du Golfe ont renoncé à créer leurs propres moyens de défense, se reposant exclusivement sur la protection américaine et occidentale. Selon lui, la crise au Yémen est un test crucial pour déterminer la capacité du CCG à à créer un instrument viable et indépendant pour affronter les problèmes de sécurité dans la région.
mercredi 18 novembre 2009
La défense collective dans le Golfe?
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Avec un peu de retard, j'ai lu quelques réactions du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) sur l'attaque saoudienne à sa frontière sud contre les rebelles Houthi. Selon Arab News, Riyadh contrôle désormais toute sa frontière. Outre le fait que les pays du CCG ont soutenu les interventions militaires saoudiennes, qu'ils se sont prononcés en faveur de l'unité du Yémen, une déclaration m'a interpellé. Lors d'un sommet du CCG il y a quelques jours, le communiqué final annonçait qu'une attaque contre l'Arabie Saoudite était considérée comme une attaque contre tous les pays du CCG.
Se dirige-t-on vers la défense collective dans le Golfe ?
Avec un peu de retard, j'ai lu quelques réactions du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) sur l'attaque saoudienne à sa frontière sud contre les rebelles Houthi. Selon Arab News, Riyadh contrôle désormais toute sa frontière. Outre le fait que les pays du CCG ont soutenu les interventions militaires saoudiennes, qu'ils se sont prononcés en faveur de l'unité du Yémen, une déclaration m'a interpellé. Lors d'un sommet du CCG il y a quelques jours, le communiqué final annonçait qu'une attaque contre l'Arabie Saoudite était considérée comme une attaque contre tous les pays du CCG.
Se dirige-t-on vers la défense collective dans le Golfe ?
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jeudi 16 avril 2009
Les relations entre l'Iran et l'Arabie Saoudite depuis la chute de Saddam Hussein
La RAND a publié il y a peu une étude qui tombe à point nommé sur les relations entre l'Iran et l'Arabie Saoudite depuis la chute de Saddam Hussein. Pourquoi à point nommé? Parce que cette relation, cardinale dans la région, est source de nombreux débats et est plus complexe qu'on ne le pense. Les deux pays se définissent comme des leaders régionaux. L'Arabie Saoudite porte la double casquette de leader arabe et islamique, l'Iran, notamment depuis la Révolution islamique, conteste la deuxième casquette, mais aussi le leadership de la région. Ces dernières années, Téhéran a pris une place progressivement proéminente au Moyen Orient, ce qui n'est pas pour plaire aux Sunnites arabes. Encouragés par Washington dans cette direction, les pays dits "modérés" que sont l'Egypte, la Jordanie et les pays du CCG se seraient mis en coalition contre l'Iran chiite. Il semble toutefois que ce soit plus un voeu de certains pays de la région, notamment l'Egypte, et de Washington plutôt qu'un fait avéré.
Dans ce contexte, la RAND publie cette analyse d'une centaine de pages dans la volonté de repenser cette relation:
* l'idée d'un bloc arabe contre l'Iran n'est pas aussi évidente, car les pays arabes ne sont pas forcément friands d'une Arabie Saoudite toute puissante non plus.
* L'attitude de l'Arabie Saoudite à l'égard de l'Iran est marquée par un pragmatisme certain. Si l'on retrouve souvent des tactiques de rollback et de containment chez les Saoudiens, les deux pays sont amenés à s'entendre sur certains dossiers.
* Le sectarisme sunnite/chiite est à pondérer. En effet, officiellement, les deux gouvernements se retiennent de tout commentaire vertement sectaire. Cela étant, l'Arabie Saoudite n'a que mépris pour sa population chiite et l'Iran est critique à l'égard de l'Arabie Saoudite.
* Un facteur par contre correspond aux idées reçues, c'est celui de l'existence de factions politiques. En Arabie Saoudite, il y a deux écoles, celle de la confrontation avec le Prince Bandar bin Sultan et celle de la conciliation avec le Roi Abdallah.
L'objectif de l'étude est d'étudier cette relation bilatérale pour expliquer certaines évolutions régionales de ces dernières années. Plusieurs points sont conclus :
* L'Arabie Saoudite veut s'affirmer comme une force pour contrebalancer la puissance iranienne, alors que l'Iran aimerait un système où Téhéran est au centre, ce qui implique une reconnaissance par les Saoudiens de la suprématie iranienne.
* Un Irak affaibli est source de rivalités entre l'Arabie Saoudite et l'Iran. Cela était particulièrement prégnant en 2005-2006, à l'époque où les affrontements sunnites/chiites étaient intenses.
* Plutôt que d'adopter une politique de confrontation, Riyadh s'oriente sur un plus grand engagement via le CCG pour essayer de modérer le comportement iranien, notamment sur le dossier nucléaire. Cela étant, les Saoudiens jouent un double jeu en étant diplomatique via le CCG et en s'armant de manière conventionnelle pour lutter contre la force de frappe iranienne.
* Le Levant est, bien plus que l'Irak, une zone de rivalité forte entre les deux pays. En effet, jusqu'à la guerre de 2006 au Liban, l'Arabie Saoudite était perçue comme le leader régional sur le dossier israélo-palestinien. Et c'est par un groupe chiite non-arabe, le Hezbollah, que les Saoudiens se trouvaient remplacer. Cela a été le départ d'une vraie compétition pour le leadership.
Un chapitre est particulièrement intéressant, car rarement traité, sur la manière dont les pays du CCG se comportent vis-à-vis de l'Iran. Tous perçoivent l'Iran comme une menace. Ils ont tendance à surestimer la puissance militaire de Téhéran. La menace n'est pas tant directe qu'indirecte : Téhéran en tant que porte-drapeau de la cause palestinienne, soutien au Hezbollah et au Hamas, capable de mobiliser les Chiites désœuvrés et oubliés des régimes du Golfe. C'est perçu comme une remise en cause de la légitimité des régimes en place.
De plus, l'Iran renforce ses relations bilatérales avec certains membres, comme le Qatar, tout en instrumentalisant un isolement saoudien. A l'instar du Qatar, Oman bénéficie de bonnes relations avec l'Iran et est conciliant à l'égard du régime chiite. Pour Bahreïn, les relations sont fluctuantes, car Téhéran n'est pas toujours très clair sur ses intentions vis-à-vis du petit royaume, étant accusé de considérer Bahrein comme faisant partie de l'Iran. Le Koweït est le pays le plus proche de la stratégie saoudienne dans le Golfe. Les EAU ont des relations historiquement difficiles avec l'Iran en raison de différends territoriaux, mais jouent souvent le rôle de médiateur entre Riyadh et Téhéran.
Dans ce contexte, la RAND publie cette analyse d'une centaine de pages dans la volonté de repenser cette relation:
* l'idée d'un bloc arabe contre l'Iran n'est pas aussi évidente, car les pays arabes ne sont pas forcément friands d'une Arabie Saoudite toute puissante non plus.
* L'attitude de l'Arabie Saoudite à l'égard de l'Iran est marquée par un pragmatisme certain. Si l'on retrouve souvent des tactiques de rollback et de containment chez les Saoudiens, les deux pays sont amenés à s'entendre sur certains dossiers.
* Le sectarisme sunnite/chiite est à pondérer. En effet, officiellement, les deux gouvernements se retiennent de tout commentaire vertement sectaire. Cela étant, l'Arabie Saoudite n'a que mépris pour sa population chiite et l'Iran est critique à l'égard de l'Arabie Saoudite.
* Un facteur par contre correspond aux idées reçues, c'est celui de l'existence de factions politiques. En Arabie Saoudite, il y a deux écoles, celle de la confrontation avec le Prince Bandar bin Sultan et celle de la conciliation avec le Roi Abdallah.
L'objectif de l'étude est d'étudier cette relation bilatérale pour expliquer certaines évolutions régionales de ces dernières années. Plusieurs points sont conclus :
* L'Arabie Saoudite veut s'affirmer comme une force pour contrebalancer la puissance iranienne, alors que l'Iran aimerait un système où Téhéran est au centre, ce qui implique une reconnaissance par les Saoudiens de la suprématie iranienne.
* Un Irak affaibli est source de rivalités entre l'Arabie Saoudite et l'Iran. Cela était particulièrement prégnant en 2005-2006, à l'époque où les affrontements sunnites/chiites étaient intenses.
* Plutôt que d'adopter une politique de confrontation, Riyadh s'oriente sur un plus grand engagement via le CCG pour essayer de modérer le comportement iranien, notamment sur le dossier nucléaire. Cela étant, les Saoudiens jouent un double jeu en étant diplomatique via le CCG et en s'armant de manière conventionnelle pour lutter contre la force de frappe iranienne.
* Le Levant est, bien plus que l'Irak, une zone de rivalité forte entre les deux pays. En effet, jusqu'à la guerre de 2006 au Liban, l'Arabie Saoudite était perçue comme le leader régional sur le dossier israélo-palestinien. Et c'est par un groupe chiite non-arabe, le Hezbollah, que les Saoudiens se trouvaient remplacer. Cela a été le départ d'une vraie compétition pour le leadership.
Un chapitre est particulièrement intéressant, car rarement traité, sur la manière dont les pays du CCG se comportent vis-à-vis de l'Iran. Tous perçoivent l'Iran comme une menace. Ils ont tendance à surestimer la puissance militaire de Téhéran. La menace n'est pas tant directe qu'indirecte : Téhéran en tant que porte-drapeau de la cause palestinienne, soutien au Hezbollah et au Hamas, capable de mobiliser les Chiites désœuvrés et oubliés des régimes du Golfe. C'est perçu comme une remise en cause de la légitimité des régimes en place.
De plus, l'Iran renforce ses relations bilatérales avec certains membres, comme le Qatar, tout en instrumentalisant un isolement saoudien. A l'instar du Qatar, Oman bénéficie de bonnes relations avec l'Iran et est conciliant à l'égard du régime chiite. Pour Bahreïn, les relations sont fluctuantes, car Téhéran n'est pas toujours très clair sur ses intentions vis-à-vis du petit royaume, étant accusé de considérer Bahrein comme faisant partie de l'Iran. Le Koweït est le pays le plus proche de la stratégie saoudienne dans le Golfe. Les EAU ont des relations historiquement difficiles avec l'Iran en raison de différends territoriaux, mais jouent souvent le rôle de médiateur entre Riyadh et Téhéran.
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