Sur le blog de Juan Cole Informed Comment, Sajad Jiyad offre une analyse très intéressante sur la situation politique en Iraq. Il adopte la position que le pays souffre de ce qu'il appelle "al-sanamiyyah", que l'on peut comprendre comme le culte de la personnalité. En d'autres termes, celui qui est au pouvoir, le Premier ministre en l'occurrence, profite un maximum de la culture obséquieuse du peuple iraqien. Cet aspect est particulièrement marqué avec Nouri al-Maliki.
En effet, Jiyad remarque que Maliki a profité de sa position pour s'entourer d'un entourage très loyal au sein de son parti, ce qui permet de mieux comprendre pourquoi une alliance entre les Sadristes et le parti Da'wa de Maliki sans ce dernier est vouée à l'échec, alors même que le pays ne cesse de s'enfoncer dans une interminable torpeur politique. Toutefois, Jiyad prévient que le statut de l'actuel Premier ministre risque de s'affaiblir. Selon lui, il est difficile de jouer un rôle prépondérant sur la scène politique iraqienne lorsque l'on est dans l'opposition et cela s'applique tout particulièrement aux partis qui ne bénéficient pas d'une base électorale fidèle. C'est le cas du parti Da'wa et indirectement de Maliki.
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jeudi 5 août 2010
lundi 2 novembre 2009
Un mois sanglant en Iraq
Kenneth Pollack du Brookings Institution écrivait il y a quelques jours que cela créait un dilemme pour le Premier ministre iraqien Nouri al-Maliki. Des élections vont se tenir en janvier prochain et il se présente en mettant en avant deux aspects : son nationalisme qui dépasse les frontières sectaires et sa politique de sécurité qui a rendu les rues iraqiennes plus sûres.
Avec cet attentant, Pollack pense que Maliki se retrouve dans une situation périlleuse, car il pourrait être contraint de rappeler les troupes américaines dans les villes (au moins à Baghdad). Pour Pollack, le dilemme se présente donc de la sorte : si Maliki rappelle les Américains, cela décrédibiliserait sa position comme quoi il a su pacifier le pays sans les troupes étrangères ; cependant, s'il ne fait appel à eux et que de tels attentats venaient à se reproduire, cela risquerait de sérieusement affecter ses chances déjà entamées de remporter les élections.
Au sujet des élections, il n'est pas certain qu'elles se tiennent le 16 janvier comme prévu, car les parlementaires iraqiens ne sont pas parvenus à se mettre d'accord hier sur deux points de contention, que l'ONU considère nécessaire de valider pour qu'elle puisse endosser la tenue des élections. Les deux questions à régler sont :
* le type de scrutin : ouvert ou fermé? en d'autres termes, la question est de savoir si les Iraqiens votent pour un candidat (ouvert) ou un parti (fermé).
* Kirkouk : encore et toujours au centre de revendications sectaires, car il n'y a pas d'accord sur la distribution des sièges.
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jeudi 28 août 2008
Maliki est-il vraiment prêt au retrait américain ?
En fin de semaine dernière, des détails d'un projet d'accord sur la sécurité et la présence américaine ont été révélés à la presse. Des représentants américains et irakiens évoquaient la possibilité de voir toutes les troupes américaines redéployées d'ici fin 2011. Les forces de combat seraient retirées d'ici le 30 juin 2009, tandis que des militaires resteraient pour entraîner et superviser l'armée irakienne jusqu'au 31 décembre 2011.
Si l'accord venait à être finalisé en ces termes, ce serait la première fois que l'administration américaine émet officiellement un plan de retrait. Les négociations se fondent sur une dynamique assez simple, relate le New York Times. Le gouvernement chiite exige un plan de retrait sans quoi il ne légalise pas la présence militaire américaine après l'expiration du mandat des Nations Unies à la fin de l'année, renouvelé "une dernière fois" en décembre dernier à la demande du premier ministre Nouri al-Maliki.
Ce dernier s'est exprimé en début de semaine à des chefs de tribu chiites en insistant qu'aucun accord ne pouvait être conclu sans un plan de redéploiement. "Ce n'est pas possible de conclure un accord à moins qu'il ne se fonde sur une souveraineté totale et sur l'intérêt national, et sur le fait qu'aucun soldat étranger ne reste sur le territoire irakien après une période de temps définie", a-t-il affirmé, selon le Times.
Sur le très sérieux blog Abu Muqawama, on s'interroge à savoir pourquoi Maliki s'est senti obligé de mettre les points sur les "i" si explicitement. L'auteur écrit qu'il faut y voir une double position du Premier ministre : il est fort et faible à la fois. Il cherche à asseoir son autorité et sa légitimité au pouvoir. Il est fort à la suite de ses récents succès dans différentes campagnes militaires, notamment à Bassora et Sadr City. Il reste faible, car politiquement, il est malmené. Le front chiite est fracturé, les tensions entre Arabes et Kurdes rendent les Kurdes des partenaires politiques incertains et le parti Dawa, auquel il appartient, manque d'une assise populaire.
Cette manifestation publique d'autorité s'inscrit dans une récente suite d'événements, estime Dr. iRaq :
* "les efforts de Maliki d'affaiblir les Sadristes (pas seulement militairement, mais en démentelant leur groupe dans le sud)".
* les efforts de Maliki de contenir l'intégration des Fils d'Irak dans les forces de sécurité (cf. un précédent post sur ce blog).
* les efforts du Premier ministre de consolider son commandement sur différents éléments des forces de sécurité et des services de renseignements, et l'utilisation de plusieurs "centres d'opérations" à Bagdad, Bassora, Ninewa et Diyala pour diriger directement l'armée irakienne, au détriment de la police.
* le positionnement politique de Maliki sur l'accord de sécurité qui sert à accroître son crédit nationaliste en exigeant une date butoire pour un départ américain.
L'auteur du blog explique que si Maliki voulait vraiment le redéploiement des forces de la coalition, il n'aurait qu'à ne pas signer l'accord et forcer les Américains à partir, preuve que le gouvernement irakien n'est pas encore prêt à se débarrasser des Américains. En fait, pense-t-il, les Irakiens sont conscients qu'ils ne peuvent pas assurer la sécurité du pays seuls pour le moment.
Le blog fait référence à une citation extraite du Washington Post émanant d'un représentant du gouvernement irakien anonyme, qui semble attester la thèse que ces dates sont susceptibles de changer en fonction de la situation sur le terrain : "Si vous demandez au Premier ministre, 'Que se passe-t-il si la situation sur le terrain change avant 2011 ?', il répondra clairement que les dates auront peut-être besoin d'être changées".
Si l'accord venait à être finalisé en ces termes, ce serait la première fois que l'administration américaine émet officiellement un plan de retrait. Les négociations se fondent sur une dynamique assez simple, relate le New York Times. Le gouvernement chiite exige un plan de retrait sans quoi il ne légalise pas la présence militaire américaine après l'expiration du mandat des Nations Unies à la fin de l'année, renouvelé "une dernière fois" en décembre dernier à la demande du premier ministre Nouri al-Maliki.
Ce dernier s'est exprimé en début de semaine à des chefs de tribu chiites en insistant qu'aucun accord ne pouvait être conclu sans un plan de redéploiement. "Ce n'est pas possible de conclure un accord à moins qu'il ne se fonde sur une souveraineté totale et sur l'intérêt national, et sur le fait qu'aucun soldat étranger ne reste sur le territoire irakien après une période de temps définie", a-t-il affirmé, selon le Times.
Sur le très sérieux blog Abu Muqawama, on s'interroge à savoir pourquoi Maliki s'est senti obligé de mettre les points sur les "i" si explicitement. L'auteur écrit qu'il faut y voir une double position du Premier ministre : il est fort et faible à la fois. Il cherche à asseoir son autorité et sa légitimité au pouvoir. Il est fort à la suite de ses récents succès dans différentes campagnes militaires, notamment à Bassora et Sadr City. Il reste faible, car politiquement, il est malmené. Le front chiite est fracturé, les tensions entre Arabes et Kurdes rendent les Kurdes des partenaires politiques incertains et le parti Dawa, auquel il appartient, manque d'une assise populaire.
Cette manifestation publique d'autorité s'inscrit dans une récente suite d'événements, estime Dr. iRaq :
* "les efforts de Maliki d'affaiblir les Sadristes (pas seulement militairement, mais en démentelant leur groupe dans le sud)".
* les efforts de Maliki de contenir l'intégration des Fils d'Irak dans les forces de sécurité (cf. un précédent post sur ce blog).
* les efforts du Premier ministre de consolider son commandement sur différents éléments des forces de sécurité et des services de renseignements, et l'utilisation de plusieurs "centres d'opérations" à Bagdad, Bassora, Ninewa et Diyala pour diriger directement l'armée irakienne, au détriment de la police.
* le positionnement politique de Maliki sur l'accord de sécurité qui sert à accroître son crédit nationaliste en exigeant une date butoire pour un départ américain.
L'auteur du blog explique que si Maliki voulait vraiment le redéploiement des forces de la coalition, il n'aurait qu'à ne pas signer l'accord et forcer les Américains à partir, preuve que le gouvernement irakien n'est pas encore prêt à se débarrasser des Américains. En fait, pense-t-il, les Irakiens sont conscients qu'ils ne peuvent pas assurer la sécurité du pays seuls pour le moment.
Le blog fait référence à une citation extraite du Washington Post émanant d'un représentant du gouvernement irakien anonyme, qui semble attester la thèse que ces dates sont susceptibles de changer en fonction de la situation sur le terrain : "Si vous demandez au Premier ministre, 'Que se passe-t-il si la situation sur le terrain change avant 2011 ?', il répondra clairement que les dates auront peut-être besoin d'être changées".
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mardi 26 août 2008
Les Fils d'Irak comptent leur jour...
Une vaste campagne d'arrestations d'anciens insurgés sunnites reconvertis dans les Frères d'Irak a soulevé de nombreuses suspicions. Le pouvoir irakien ne semble pas enclin à abonder dans le sens des Américains et à accommoder les quelques 100,000 membres de cette force. Dans le plan initial, 20% des soldats du "Réveil sunnite" devaient intégrer les forces de sécurité irakiennes. Cela peine à voir le jour.
Les réticences du gouvernement central traduisent la nouvelle confiance de l'armée irakienne et des campagnes de sécurisation du territoires invoquées par le premier ministre Nouri Al Maliki. Les militaires s'estiment suffisamment forts pour faire régner la paix et maintenir la sécurité, même dans les régions où les Fils d'Irak ont combattu et chassé Al Qaïda en Irak (AQI). Il considèrent donc qu'ils peuvent en finir avec ce mouvement et emprisonner certains de ses membres accusés d'avoir participé aux milices sunnites proches d'AQI. L'armée irakienne étudie même la possibilité de donner jusqu'au 1er novembre à tous les combattants sunnites n'ayant pas été incorporés aux services de sécurité ou n'ayant pas un travail de déposer les armes, sous peine d'arrestation.
Le fait est que les Fils d'Irak ont une haute opinion de l'action qu'ils ont menés dans les provinces infestées par AQI et ne sont pas prêts à abandonner, car pour eux, la mission de protéger leur peuple est honorable et essentielle. Insister pour un désarmement ne ferait que replonger l'Irak au point zéro, explique un leader des Fils d'Irak à McClatchy.
Sur son blog, Marc Lynch explique que l'on peut considérer deux points de vue sur ces récentes arrestations : 1. le gouvernement n'a pas à rendre de comptes à ces hors-la-loi. 2. ces miliciens peuvent causer de nombreux problèmes s'ils ne sont pas accommodés. Il semble tout de même assez clair que si les Fils d'Irak - majoritairement sunnites - venaient à être désintégrés par le gouvernement - majoritairement chiite -, il y a de fortes chances pour que les anciens insurgés sunnites reprennent les armes et aient en ligne de mire la police et l'armée irakienne.
Comme l'imagine Lynch, la situation peut devenir très embarrassante pour les Américains, qui seront divisés entre soutenir le gouvernement central - ce qu'ils ont toujours fait bien que ce dernier semble leur faire des pieds de nez - ou les Fils d'Irak, programme pensé et mis en place par l'armée américaine.
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