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jeudi 5 août 2010

La culture de la loyauté : un fléau politique en Iraq

Sur le blog de Juan Cole Informed Comment, Sajad Jiyad offre une analyse très intéressante sur la situation politique en Iraq. Il adopte la position que le pays souffre de ce qu'il appelle "al-sanamiyyah", que l'on peut comprendre comme le culte de la personnalité. En d'autres termes, celui qui est au pouvoir, le Premier ministre en l'occurrence, profite un maximum de la culture obséquieuse du peuple iraqien. Cet aspect est particulièrement marqué avec Nouri al-Maliki.

En effet, Jiyad remarque que Maliki a profité de sa position pour s'entourer d'un entourage très loyal au sein de son parti, ce qui permet de mieux comprendre pourquoi une alliance entre les Sadristes et le parti Da'wa de Maliki sans ce dernier est vouée à l'échec, alors même que le pays ne cesse de s'enfoncer dans une interminable torpeur politique. Toutefois, Jiyad prévient que le statut de l'actuel Premier ministre risque de s'affaiblir. Selon lui, il est difficile de jouer un rôle prépondérant sur la scène politique iraqienne lorsque l'on est dans l'opposition et cela s'applique tout particulièrement aux partis qui ne bénéficient pas d'une base électorale fidèle. C'est le cas du parti Da'wa et indirectement de Maliki.

mercredi 4 août 2010

L'élite égyptienne manque d'un sentiment de citoyenneté

Selon une étude menée par le Centre national pour la recherche sociale et criminelle au Caire, une majorité de l'élite socio-économique égyptienne ne porte pas le sentiment égyptien dans son coeur. Ce rapport profite également de l'occasion pour évoquer d'autres sujets, tels que les libertés inviduelles et les droits. 69.5 % des interrogés estiment que la liberté d'expression est le droit le plus important et qu'un environnement dans lequel ce droit fondamental est absent ne favorise pas le développement de la citoyenneté.

Une des cibles est la presse officielle qui ne mettrait rien en place pour améliorer cette situation. L'étude établit que cela serait une des sources de l'apathie égyptienne à revendiquer davantage de droits et de libertés. Au même titre que le manque de droits civiques. Et de l'existence de l'état d'urgence depuis 1981.

L'étude estime également que le statut économique joue un rôle. En effet, plus on possède des moyens pour échapper au pays et à son système et moins cela crée un sentiment d'appartenance.

Je n'ai pas lu l'étude et ne me fonde que sur l'article de Al Masri al Youm. Toutefois, je me trouve en équilibre tant je suis d'accord sur certains points, mais pas d'autres.

mercredi 20 janvier 2010

Si c'était si simple...

La dernière chronique de Robert Kaplan dans Atlantic Monthly est d'un optimisme candide! Selon lui, la chute du régime en Iran serait l'élément déclencheur pour une vague de démocratisation dans toute la région. Pour cette raison, il encourage Barack Obama à poursuivre une politique de soutien à tous les efforts démocratiques iraniens au même titre que ce que Ronald Reagan avait fait en son temps avec les pays d'Europe centrale et orientale.

De même que l'ennemi des travailleurs polonais était une réligion séculaire calcifiée, le communisme, l'ennemi des démocrates iraniens est une autocratie cléricale dans sa phase gérontocratique, façon Brezhnev. Au-delà de ses prétentions religieuses, elle n'est protégée que par quelques imbéciles dans les services de sécurité. Solidarité était l'étincelle qui a contribué à la chute du mur de Berlin, ce qui a changé la carte en Europe. Un nouveau régime en Iran n'aurait pas moins de répercussions au Moyen Orient. Cela aurait un impact positif et pourrait être un point-pivot sur la situation politique et sécuritaire en Iraq - poussant la Syrie vers une modération réelle, aidant à ébranler le Hezbollah et facilitant la voie vers un accord de paix israélo-palestinien. Plus généralement, cela débriderait les tendances démocratiques à travers le Moyen Orient, de l'Afrique du Nord jusqu'à l'Indus, forçant les régimes et les populations à davantage s'intéresser à leurs problèmes intérieurs, ébranlant ainsi le radicalisme.


J'aimerais partager l'optimisme de Kaplan, mais cela me parait aller bien au-delà des espoirs les plus fous. La question du régime qui remplacerait celui en place n'est pas anecdotique ; la question religieuse non plus, ni même le fait que les sociétés civiles sont souvent muselées dans ces pays et à l'heure actuelle, on ne voit que parcimonieusement des mouvements démocratiques émerger dans ces pays et qui sont pourtant nécessaires aux développements démocratiques dans ces pays.

lundi 7 juillet 2008

"Démocratisation partielle"

Dans un entretien accordé au site Internet Bitterlemons International, George Giacaman défend que l'expansion démocratique au Moyen Orient ne sera jamais totale. Ce professeur à l'Université Birzeit, près de Ramallah, énumère deux causes principales : les régimes arabes n'autoriseront jamais un tel développement de peur de voir leur autorité mise en danger ; et les Etats-Unis et l'Union Européenne craignent trop les résultats d'élections libres, comme l'a montré l'arrivée du Hamas au pouvoir en 2006.

Giacaman reconnaît qu'il y a eu quelques avancées démocratiques ces dernières années. "Il était de bon ton de penser qu'un certain degré d'ouverture politique en incluant les nouvelles élites dans les prises de décision assurerait une meilleure stabilité", explique-t-il. Il utilise le passé, car ces progrès ont été coupés court. La principale raison : le changement de priorité. Pour ces pays, tels que l'Arabie Saoudite et l'Egypte, les Etats-Unis et l'Union Européenne ont trouvé qu'il était plus important "de les laisser combattre le terrorisme sur leur sol et le djihad global" plutôt que de presser pour plus de démocratie.

Le professeur palestinien part du principe que "l'Occident ne fait pas pression pour la démocratie mais plutôt pour une ouverture partielle des systèmes politiques et un certain degré d'engagement des forces d'opposition au sein du parlement". La crainte est de voir l'arrivée de nouvelles majorités hostiles aux intérêts occidentaux. Il faut trouver un juste dosage entre survie et ouverture politiques. Le dilemme est identique pour les régimes en place. Ils ne peuvent plus se permettre de serrer la visse sans prêter attention aux avis de l'élite éduquée en Occident.

Giacaman estime qu'il n'y a pas eu de changement radical. Un des thèmes récurrents étant le terrorisme qui revient sans cesse et qui légitime "la répression tout en effrayant la population l'incitant à rester tranquille". L'universitaire reste prudent sur de potentiels changements à ce niveau, mais pointe du doigt que l'Egypte est en état d'urgence depuis 26 ans et que cela risque de ne pas pouvoir durer éternellement. J'ajouterais que la situation est tout à fait absurde, mais qu'elle n'est pas prête de changer ; il n'y a aucune force suffisamment organisée pour mener un mouvement de contestation nationale et unie.
 

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