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dimanche 26 avril 2009

Le retour du chaos en Irak?

Alors que la situation en Irak semblait s'être améliorée, une réduction des attentats et donc des morts tant chez les civils, chez les insurgés que les militaires, un sentiment de stabilité en hausse, des élections provinciales plus que satisfaisantes dans l'ensemble, un leadership retrouvé... les indicateurs étaient nombreux, plusieurs évènements récents laissent penser que la situation reste extrêmement fragile.

Le gouvernement de Nouri al-Maliki est très réticent à trouver un terrain d'entente pour le retour des Baasistes en exil. De même, plusieurs incidents récents ont éclaté entre les forces de sécurité irakiennes et les Fils d'Irak sunnites. Depuis que les Américains ont donné aux Irakiens la gestion du programme en août dernier, "le Réveil sunnite" a dû avaler plusieurs cachets assoupissants. L'intégration dans l'armée et les forces de police est lente, les arrestations de membres du programme soulèvent des suspicions quant aux réelles intentions du gouvernement irakien à leur égard.

Le tout sur une recrudescence d'attentats. Depuis le mois de mars, on est repassé au-dessus de la barre des 200 victimes civiles irakiennes par mois, selon icasualties.org, ce qui n'était pas arrivé depuis décembre. Ces derniers jours, plusieurs attentats ont marqué l'actualité, dont un vendredi dans le nord de Bagdad faisant 75 victimes. Il semblerait en plus que ces attaques aient pour objectif de rallumer la flamme des affrontements entre Chiites et Sunnites devant des forces de sécurité qui doivent faire face à plus de responsabilités.

Sur le blog de Newsweek Checkpoint Baghdad, le journaliste Larry Kaplow voit plusieurs conséquences négatives éventuelles à ces récents évènements :
* Ces attentats pourraient faire couler les tentatives de reconnaissance du gouvernement irakien chiite par les anciens cadres baasistes.
* Cela pourrait retarder le retour d'Irakiens en exil, dont des docteurs et des ingénieurs qui seraient très utiles au pays.
* Nouri al-Maliki pourrait perdre la confiance de la population, voire pourrait être la source d'attaques parlementaires pour le destituer.
* La confiance acquise par les forces de sécurité irakiennes et l'armée américaine pourrait s'évanouir et dans le même temps, la populait pourrait interrompre le flot essentiel de renseignements sur les menaces et risques d'attentat.
* L'éventualité-catastrophe pour Kaplow serait que des factions chiites se lancent dans une vaste campagne de violence de l'ampleur de celle qui a touchée l'Irak en 2006-2007. Le problème étant que les forces américaines sont cette fois-ci sur le départ.

Kaplow n'exclut pas non plus la vague de violence comme un test pour les forces de sécurité irakiennes, savoir si elles sont capables de remplir leur rôle et rétablir le calme.

mercredi 18 mars 2009

La stratégie saoudienne de l'échec avec ses Chiites

Real Clear World a publié aujourd'hui une très intéressante tribune de Mai Yamani, une visiting scholar au centre d'études du Moyen Orient géré par le Carnegie à Beyrouth. Cette chercheuse saoudienne se penche sur les récents évènements de rébellion chiite en Arabie Saoudite sunnite. Le 24 février, près de 2000 Chiites ont manifesté à Médine pour célébrer l'anniversaire de la mort du prophète Muhammad. C'est une pratique interdite dans de nombreuses écoles religieuses musulmanes, car c'est considéré comme aduler une idole, faveur uniquement réservée à Allah. Forcément, les wahhabites sont particulièrement intransigeants là-dessus. Donc, des échauffourées ont éclaté entre les Chiites et la police religieuse saoudienne sunnite et son doux nom du Comité pour la Préservation de la Vertu et la Prévention du Vice.

La communauté chiite a ensuite essayé de rencontrer le roi Abdullah pour négocier la libération des prisonniers. En vain et ce une dizaine de jours après l'annonce de prometteuses réformes. Des manifestations ont eu lieu devant les ambassades saoudiennes de plusieurs pays européens.

Mai Yamani explique que le gouvernement saoudien va à contre-courant de ce qu'il devrait faire pour gérer la minorité chiite, car en les excluant, il ne fait qu'exporter le problème, alors même que les Chiites représentent une minorité de poids. En effet, elle est très majoritairement concentrée à l'est du pays, la principale zone où se trouvent les puits de pétrole.

De plus, le royaume perçoit le problème chiite non pas comme un défi local, mais comme une preuve de l'influence iranienne dans la région, crainte principale de Riyadh. Les évènements de Médine coïncideraient en plus avec les 30 ans de la révolution iranienne.

L'approche saoudienne est vouée à l'échec, estime Yamani. "Le choix des dirigeants saoudiens est clair : donner du pouvoir aux Chiites au sein du système, ou voir leur pouvoir croitre au travers d'alliances extérieures, explique-t-elle. La menace que cela représenterait n'est pas abstraite : les frontières de l'Arabie Saoudite sont très poreuses."

Elle rappelle en effet que les Chiites ont tenté de se soulever en 1979 avec la Révolution iranienne avec le soutien de l'Ayatollah Khomeini qui avait ses vues sur les deux villes saintes. Depuis la guerre en Irak, les Chiites de la région ont repris du poil de la bête sous la houlette de Téhéran.

Se rajoute à cela le fait que les Chiites ont depuis la création de l'État saoudien été conspués par le régime qui les considère encore aujourd'hui comme des "hérétiques". Si les femmes en Arabie vont voir leur première représentante à un poste de ministre, les Chiites en sont encore loin. Cela étant, jusqu'à présent, les Chiites n'avaient pas organisé, mais cela a changé. Ils ont créé un parti qui s'appelle Khalas, que Yamani traduit par le Salut, mais qui est également utilisé pour dire "c'est fini". Sans que ce soit la première fois, plusieurs leaders chiites appellent même à la sécession.

jeudi 18 décembre 2008

Le mouvement du "réveil d'Anbar" en Irak décortiqué


John McCary, un ancien du Pentagon aujourd'hui consultant à Washington, se penche longuement sur le phénomène du "réveil d'Anbar" dans un excellent article publié par The Washington Quarterly. McCary répète une théorie peu entendue aux Etats-Unis et dans les médias généralistes dans l'ensemble que ce n'est pas le "surge" qui a fait baisser la violence dans la province d'Anbar en Irak.

Selon lui, le mouvement du "réveil d'Anbar" est né dès 2005 et le "surge" n'a finalement que profiter des conditions déjà existantes pour aider à l'amélioration de la situation. Donc, comment est né ce mouvement sunnite ? McCary suggère deux raisons. Tout d'abord, il y a eu un changement de stratégie au sein des tribus sunnites. Au départ, elles avaient deux ennemis : les Etats-Unis et Al Qa'ida. L'armée américaine souffrait d'une plus mauvaise réputation. Un changement s'est opéré lorsque les chefs de tribu se sont rendus compte que la violence inouïe d'Al Qa'ida était plus problématique pour leur existence que la présence américaine. Ensuite, le mouvement a véritablement été structuré en 2006 au moment où les débats publics sur le retrait des troupes américaines commençaient à battre son plein. Ironiquement, indique l'auteur, c'est la menace de retrait des troupes américaines plutôt que son augmentation qui a réuni les tribus pour qu'elles s'allient.

L'auteur poursuit son raisonnement en expliquant que l'argent apporté par les Américains a été un facteur important, mais pas décisif. Pourquoi donc les Sunnites de la zone se sont ralliés à une cause anti-Al Qa'ida ? McCary explique que les Irakiens ont souvent tendance à prêter allégeance à plusieurs groupes et que tous ces groupes avaient décidé de s'unir contre Al Qa'ida. Ainsi, l'organisation radicale se retrouvait isolée, car entre un groupe importé et sa tribu, un Irakien fera le choix du local. Ainsi analyse McCary, les Américains n'auraient jamais pu lancer leur programme sans l'appui unanime des chefs de tribu.

dimanche 27 juillet 2008

Les relations Sunnites-Chiites en Arabie Saoudite et leur implication pour les Musulmans

Dans une tribune publiée sur le site du centre de recherche Middle East Institute, Reza Zia-Ebrahimi estime que l'évolution des relations entre Sunnites et Chiites en Arabie Saoudite est déterminante à l'échelle de la communauté musulmane. En effet, selon lui, la prééminence des Saoudiens dans le monde sunnite pose le royaume comme le facteur dirigeant des tendances.

Zia-Ebrahumi, citoyen suisse et iranien, donc probablement chiite, considère que l'idée du "croissant chiite" est dénuée de sens, mais qu'elle indique une résurgence de tensions entre les deux communautés religieuses. Il est d'autant plus important que l'Arabie Saoudite change sa politique vis-à-vis de sa minorité chiite que le régime abrite les deux lieux les plus saints de l'islam et qu'il est des principaux financiers de mosquées sunnites dans le monde et transporteur de sentiments anti-chiites. La minorité chiite représente environ 10% de la population saoudienne et se concentre principalement à l'est, près des ressources pétrolières. Les relations entre le pouvoir sunnite, les acteurs domestiques influents sunnites et la minorité chiite ont souvent été tendues. Selon un rapport de l'International Crisis Group publié en 2005 sur les Chiites en Arabie Saoudite, la situation actuelle est inquiétante, mais pas irradiante. "Alors que les tensions sectaires sont potentiellement au plus haut depuis 1979 (au moment de la révolution en Iran ndlr), les risques aujourd'hui d'une confrontation sectaire violente semblent minces", indique le Crisis Group.

Zia-Ebrahumi écrit que le temps est venu que les Saoudiens montrent la voie du changement. Deux raisons à cela : 1. la guerre civile en Irak et l'influence régionale grandissante du Hezbollah ont ranimé des ambitions chiites laissées sous silence depuis le 11 septembre et l'union trans-communautaire contre la menace d'Al Qaïda dans le royaume. 2. le roi Abdallah emprunte la voie du dialogue inter-religieux. Une grande conférence, organisée par le royaume, s'est tenue en juillet à Madrid. L'auteur prend cette initiative comme un premier pas, mais nuance en affirmant "que la légitimité et la crédibilité de l'action du roi, dans une large mesure, dépend de l'état des relations Sunnites-Chiites au sein du royaume". Selon lui, l'avènement de ce dialogue inter-communautaire va forcer la question chiite à s'inviter au cœur des débats en Arabie et ce même si elle est très impopulaire dans l'ulama imprégnée d'idéologie wahabbite, fortement anti-chiite.
 

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