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jeudi 16 juillet 2009

Hillary Clinton sur l'Iran (mis à jour)

Hillary Clinton a délivré un discours très remarqué au Council on Foreign Relations. Voici ce qu'elle avait à dire sur l'Iran :



Ce discours intervient à un moment où certains se posaient la question à savoir si elle n'était pas dans l'ombre de Barack Obama sans pouvoir trouver sa place. Sur l'émission Morning Joe, plusieurs analystes et Richard Haass, président du CFR, discutent à ce sujet. Ils oublient à mon goût quelques points, mais ils font quelques remarques intéressantes.



Certes, elle s'est blessée, ce qui l'a probablement affaiblie dans son rôle. Il est vrai également que n'importe quel Secrétaire d'Etat serait mis au second plan avec Barack Obama si peu de temps après le début de sa présidence. En même temps, comme le disait Haass, il est difficile pour Clinton de faire sa place dans le champ de la scène internationale. Il aurait pu aller plus loin encore. En termes de politique étrangère, outre la Maison Blanche, où siègent Barack Obama et le vieux routard de la politique étrangère Joe Biden, Clinton a adopté une approche assez similaire à son mari, celle de l'envoi d'émissaires. Il y en a un bon paquet pour tous les dossiers les plus chauds, ce qui de fait réduit le rôle de Clinton. C'est peut-être à ce niveau que se joue aussi son manque d'influence. On verra dans les prochains mois si c'était juste sa blessure et son opération qui l'ont contraint de s'écarter quelques temps.

***UPDATE***

Laura Rozen de The Cable a pu discuter des rumeurs de manque d'influence avec Clinton avant son départ pour l'Asie. Sans grande surprise, elle rejette ses allégations. Elle estime qu'il y a tellement de dossiers qu'elle peut se permettre de déléguer certaines missions. La phrase qui résume son état d'esprit est qu'elle est plus "a work horse than a show horse". En d'autres termes, elle préfère s'adonner à la tache en restant plus ou moins dans l'ombre que de se montrer continuellement et de ne pas travailler.

samedi 24 janvier 2009

Premiers propos de George Mitchell sur sa mission au Moyen Orient

Hillary Clinton a présenté hier les émissaires spéciaux dépêchés pour gérer les dossiers liés au Moyen Orient et ceux qui se concentreront sur le Pakistan. Comme je l'ai dit, c'est George Mitchell qui s'occupera du Moyen Orient et Richard Holbrooke hérite du guêpier pakistanais.

Dans son bref discours, Mitchell a répété peu ou prou ce qu'il avait dit à Jérusalem. Aucun conflit n'est sans solution, car tout conflit est créé par les hommes et peut être terminé par des hommes. Voici cependant le passage central de son intervention :
Il y a bien sûr de nombreuses raisons pour être sceptiques quant à la perspective de succès. Le conflit dure depuis tellement longtemps et a eu des effets tellement destructeurs que beaucoup ont été amenés à penser qu'il est inchangeable et inévitable. Mais, le Président et la Secrétaire d'Etat n'y croient pas. Ils croient, et je suis d'accord avec eux, que la poursuite de la paix est tellement importante qu'elle requiert un effort maximum de notre part, peu importe les difficultés, peu importe les revers. La clé est un engagement mutuel des parties et une active participation du gouvernement des Etats-Unis menée par le Président et la Secrétaire d'Etat, avec le soutien et la contribution de nombreux autres gouvernements et institutions qui veulent nous aider.

Cela vient contraster avec la politique de George Bush qui estimait que ce n'était pas à Washington de trop s'investir dans ce dossier et que l'important était de modérer plutôt que d'activer. Il est difficile de savoir quelle technique privilégiée. D'un côté, on a des différents accords de paix et tentatives d'accords qui n'auraient probablement jamais vu le jour sans la participation américaine, comme les Accords de Camp David en 1978, ceux ratés de 2000 et le Wye River Memorandum de 1998. D'un autre côté, on a l'accord le plus significatif entre Palestiniens et Israéliens signés à Oslo en 1993 où les Etats-Unis n'ont eu aucun rôle si ce n'est de lui donner une crédibilité en étant formalisé à la Maison Blanche, mais les négociations s'étaient tenues en secret en Norvège.

vendredi 16 janvier 2009

Hillary Clinton donne les orientations de la diplomatie américaine

Je viens de lire le discours qu'Hillary Clinton a délivré mardi devant la commission des Affaires Etrangères du Sénat. Quelques petits passages à noter :

Tout d'abord, nous devons assurer la sécurité de notre peuple, de notre nation et de nos alliés. Deuxièmement, nous devons promouvoir croissance économique et partage de la prospérité chez nous comme à l'étranger. Enfin, nous devons renforcer la position de leadership global de l'Amérique - en s'assurant que nous restons une force positive dans le monde, que ce soit en travaillant à préserver la santé de la planète ou en accroissant la dignité et les opportunités pour des peuples en marge dont les progrès et la prospérité nous seront bénéfiques.

(...)
Aujourd'hui, en 2009, la leçon primordiale des vingt dernières années est que nous devons combattre les menaces et saisir les opportunités pour notre interdépendance. Et pour être efficace dans cette tache, nous devons construire un monde avec plus de partenaires et moins d'adversaires. L'Amérique ne peut résoudre seule les problèmes les plus urgents, et le monde ne peut les résoudre sans l'Amérique.

(...)
Je crois que le leadership américain a été voulu, mais l'est toujours. Nous devons utiliser ce que l'on appelle le "smart power". (...) Avec le "smart power", la diplomacy sera à l'avant-garde de notre politique étrangère.

(...)
Nous devons également utiliser les Nations Unies et d'autres institutions internationales dès que c'est approprié et possible. Aussi bien les Présidents démocrates que républicains ont compris depuis des décennies que ces institutions, quand elles fonctionnent bien, améliorent notre influence. Et quand elles ne fonctionnent pas bien - dans les cas du Darfour et de la farce sur l'élection du Soudan dans l'ancienne Commission des Droits de l'Homme de l'ONU par exemple - nous devons travailler avec des amis qui partagent les mêmes idées pour s'assurer que ces institutions reflètent les valeurs qui motivaient leur création."

(...)
Trop souvent, nous voyons les maladies qui nous empestent plus que les possibilités qui nous font face. Nous voyons les menaces qui doivent être gérées ; les mauvais points qui doivent être corrigés ; les conflits qui doivent être calmés. Mais, pas les partenariats qui peuvent être promus ; les droits qui peuvent être renforcés ; les innovations qui peuvent être encouragées ; les peuples à qui l'on peut donner des pouvoirs. Après tout, c'est la réelle possibilité de progrès - de cette vie meilleure, libérée de la peur, de l'envie et de la discorde - qui offre notre plus message le plus captivant au reste du monde.

(...)
J'aimerais prendre un moment pour souligner l'importance d'une approche du bas vers le haut (bottom-up approach) pour assurer que l'Amérique reste une force positive dans le monde. Le Président-élu et moi croyons forcement en cela.

Sur le Moyen Orient plus spécifiquement :
Nous devons activement poursuivre une stratégie au Moyen Orient qui adresse les besoins sécuritaires d'Israël et des aspirations légitimes politiquement et économiquement des Palestiniens ; qui défie efficacement l'Iran pour en finir avec son programme nucléaire d'armement et son soutien à la terreur (terror) et persuadé l'Iran et la Syrie d'abandonner leur comportement dangereux et de devenir des acteurs régionaux constructifs ; quie renforce nos relations avec l'Egypte, la Jordanie, l'Arabie Saoudite et d'autres pays arabes, ainsi qu'avec la Turquie, et avec nos partenaires dans le Golfe pour les impliquer dans l'établissement d'une paix durable dans la région.

Aussi inextricables les problèmes du Moyen Orient peuvent paraître - et beaucoup de Présidents, dont mon mari, ont passé des années à essayer de trouver une résolution - nous ne pouvons abandonner la paix. Le Président-élu et moi comprenons et comprenons profondément le désir d'Israël à se défendre dans les circonstances actuelles et de se libérer des tirs de roquettes du Hamas.Cependant, nous sommes conscients des coûts tragiques et humanitaires des conflits au Moyen Orient, et sommes endoloris par la souffrance des civils palestiniens et israéliens. Cela ne doit que renforcer notre détermination à trouver un accord de paix juste et durable qui apporte une vraie sécurité à Israël, des relations normalisées et positives avec ses voisins, et l'indépendance, le progrès économique et la sécurité aux Palestiniens dans leur propre Etat. Nous exercerons tous les efforts possibles pour soutenir le travail des Israéliens et des Palestiniens qui recherchent ce résultat. Il est critique non seulement aux parties concernées mais à nos intérêts profonds de saper les forces aliénantes et l'extrémisme violent à travers le monde.
 

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