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samedi 24 janvier 2009

Premiers propos de George Mitchell sur sa mission au Moyen Orient

Hillary Clinton a présenté hier les émissaires spéciaux dépêchés pour gérer les dossiers liés au Moyen Orient et ceux qui se concentreront sur le Pakistan. Comme je l'ai dit, c'est George Mitchell qui s'occupera du Moyen Orient et Richard Holbrooke hérite du guêpier pakistanais.

Dans son bref discours, Mitchell a répété peu ou prou ce qu'il avait dit à Jérusalem. Aucun conflit n'est sans solution, car tout conflit est créé par les hommes et peut être terminé par des hommes. Voici cependant le passage central de son intervention :
Il y a bien sûr de nombreuses raisons pour être sceptiques quant à la perspective de succès. Le conflit dure depuis tellement longtemps et a eu des effets tellement destructeurs que beaucoup ont été amenés à penser qu'il est inchangeable et inévitable. Mais, le Président et la Secrétaire d'Etat n'y croient pas. Ils croient, et je suis d'accord avec eux, que la poursuite de la paix est tellement importante qu'elle requiert un effort maximum de notre part, peu importe les difficultés, peu importe les revers. La clé est un engagement mutuel des parties et une active participation du gouvernement des Etats-Unis menée par le Président et la Secrétaire d'Etat, avec le soutien et la contribution de nombreux autres gouvernements et institutions qui veulent nous aider.

Cela vient contraster avec la politique de George Bush qui estimait que ce n'était pas à Washington de trop s'investir dans ce dossier et que l'important était de modérer plutôt que d'activer. Il est difficile de savoir quelle technique privilégiée. D'un côté, on a des différents accords de paix et tentatives d'accords qui n'auraient probablement jamais vu le jour sans la participation américaine, comme les Accords de Camp David en 1978, ceux ratés de 2000 et le Wye River Memorandum de 1998. D'un autre côté, on a l'accord le plus significatif entre Palestiniens et Israéliens signés à Oslo en 1993 où les Etats-Unis n'ont eu aucun rôle si ce n'est de lui donner une crédibilité en étant formalisé à la Maison Blanche, mais les négociations s'étaient tenues en secret en Norvège.

jeudi 22 janvier 2009

Obama nomme George Mitchell comme émissaire pour le Moyen Orient

Barack Obama a décidé de nommer George Mitchell au poste d'émissaire spécial pour le Moyen Orient. Mitchell est surtout connu pour deux faits majeurs. Il a été émissaire spécial pour les Etats-Unis pour la résolution du conflit en Irlande du Nord qui aboutira à un accord de paix en 1988 et il était à la tête de la commission en charge d'expliquer les raisons de l'explosion de l'Intifada fin 2000. Autrement, je ne connais pas grand chose de ses positions sur le Moyen Orient et le dossier israélo-palestinien plus particulièrement. Dans le rapport Mitchell, la commission appelait à la fin des violences du côté palestinien et l'arrêt de la colonisation (settlement) du côté israélien.

Mitchell était à Jérusalem en conférence dans un centre de recherche le mois dernier, rapporte le Jerusalem Post. Selon Martin Kramer sur un blog du quotidien, Mitchell était venu en repérage pour collecter autant d'informations que possible pour combler ses trous de connaissance de la période 2000-2008.

Le JPost cite une passage marquant - bien que très banal - que Mitchell a prononcé lors d'une interview avec le quotidien au moment de son passage à Jérusalem :
Je comprends que les populations du Moyen Orient sont découragés. Je comprends vos sentiments. Mais de mon expérience en Irlande du Nord, je partage le sentiment que qu'il n'y a pas de conflit qui ne peut se finir. Les conflits sont créés par des êtres humains, et sont finis par des êtres humains. Cela peut prendre du temps, mais avec un leadership engagé, actif et fort, cela peut se dérouler au Moyen Orient.

Un détail attire l'oeil dans l'article. Un représentant du gouvernement israélien estime que l'arrivée de Mitchell correlée à celle de James Jones à la Sécurité Nationale sont problématiques pour Israël. Jones avait fait part de son agacement à voir les Israéliens incapables de démanteler les postes de contrôle illégaux.

Selon cette même source israélienne, Obama a peut-être favorisé un non-Juif à ce poste pour faire preuve d'équilibre. L'entourage d'Obama sur le Moyen Orient est servi en Juifs américains avec Dennis Ross, Martin Indyk et Daniel Kurtzer. Cette interprétation est plausible.
 

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