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jeudi 10 septembre 2009

Khamenei: pas si puissant?

J'ai énormément de boulot en ce moment, donc le temps me manque pour blogger. Je prends quelques minutes pour parler de cette interview, certes courte, mais curieuse, de Mahmud Tehrani, qui n'est autre que le neveu de l'Ayatollah Khamenei. Il a donné une interview à Radio Farda, qui est la branche de RFE/RL en farsi. Ses propos sont étonnants et je ne sais pas trop quel crédit lui accorder.

Il affirme que l'opposition est de plus en plus forte. Pour le constater, il suffit de voir le nombre de gens qui en parlent ouvertement et cela date des élections.

Plus intéressant, il estime que l'Ayatollah Khamenei n'a pas tant de poids que cela dans la situation. Selon lui, soit Khamenei "est à la botte de Mahmoud Ahmadinejad, l'Ayatollah Mesbah Yazdi (le mentor d'Ahmadinejad) et des Gardes Révolutionnaires, soit il est complice des crimes". Pour lui, Khamenei est sur la défensive et doit se plier aux exigences des dits protagonistes, car c'est entre leurs mains qu'est concentré le pouvoir, et aller à leur encontre l'affaiblirait considérablement.

Tout commentaire ou éclaircissement est le bienvenu.

lundi 27 juillet 2009

Un bon informé sur l'Iran

Georges Malbrunot du Figaro donne la parole à un businessman iranien qu'il décrit comme "généralement bien informé". Le post est intéressant, car il présente une vision moins pessimiste de la situation. Deux indices laissent entrevoir le fait que Mahmoud Ahmadinejad ne serait pas si fermé. En effet, la nomination d'Ali Akbar Salehi à la tête de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique est une surprise. Il a participé avec Javier Solana au protocole additionnel du TNP en 2003 pour contraindre l'Iran à accepter un contrôle renforcé de ses installations. Il a représenté l'Iran auprès de l'Organisation de la confédération islamique et est bien apprécié des pays arabes.

Il en va de même de Esfandiar Rahim Mashaie, en tant que premier vice-président. C'est lui qui a déclaré être "un ami des Israéliens et des Américains", ce qui avait déclenché le courroux des conservateurs.

Comme l'affirme cet observateur iranien, "Ces deux nominations montrent le désir d’Ahmadinejad de sortir de la crise en essayant d’ouvrir un peu le jeu politique. Il sait qu’il n’a pas le choix. Le pouvoir n’ignore pas que les prochaines sanctions internationales contre l’essence feront mal à l’Iran. Ce sera une pression pour négocier".

samedi 13 juin 2009

Ahmadinejad réélu : surprenant ?

Je me suis mis tardivement à suivre les élections iraniennes. J'ai pris le train en route et à ma grande surprise, j'ai découvert d'innombrables reportages montrant à quel point Mir Hossein Mousavi générait un enthousiasme inattendu en Iran. Les sondages, mêmes les plus secrets, avançaient que Mousavi allait l'emporter, mettant fin à une présidence contestée, celle de Mahmoud Ahmadinejad.

J'avais envie d'y croire. L'Iran mérite mieux que son président actuel. J'avais envie de croire à un changement, mais j'ai appris à beaucoup me méfier de la presse en temps d'élection ou de soulèvements populaires dans des pays fermés. Lorsque j'étais au Caire l'année dernière, j'y étais au moment des émeutes de la faim. Je lisais la presse occidentale, qui donnait l'impression que l'étincelle pour faire exploser le régime était enfin arrivée. Une journée de grève nationale qui avait débouché sur des émeutes violentes à Mahalla el-Kobra, au nord du Caire. Facebook avait été le sujet de nombreux articles, tant une ferveur anti-Moubarak y avait pris son essor. Ce n'est pas du tout ce que je voyais sur le terrain. En étant sur place, on se rend compte de plusieurs choses : ceux qui parlent aux journalistes ne reflètent pas forcément - voire rarement - l'avis général de la population ; ceux qui écrivent des articles, Occidentaux ou locaux, sont souvent biaisés (qui ne le serait pas ?) en faveur d'un autre régime progressiste, ce qui bon an mal an se reflète dans leurs articles.

Donc, en lisant l'actualité sur l'Iran, je me demandais si vraiment il y avait un tel élan, si Mousavi était une sorte de "Barack Obama d'Iran". Les résultats officiels indiquent que non. Je suis persuadé qu'il y a eu des fraudes, des malversations et autres pendant ce vote, que l'écart significatif entre les deux candidats n'est pas aussi important. Ahmadinejad a reçu 62,6% des voix contre 33,5% pour Mousavi. Quid des deux autres candidats ? Robert Dreyfus peut bien se promener dans les rues de Téhéran à la recherche de supporters du président iranien et s'étonner de ne pas en trouver, mais, l'Iran n'est pas que Téhéran et c'est souvent ce que semblent oublier les médias.

dimanche 22 mars 2009

Un horizon peu ensoleillé sur la présidentielle iranienne

Je viens de tomber sur un post que Meir Javedenfar a écrit sur le blog The Compass de Real Clear World à propos des élections iraniennes. Il citait un sondage réalisé en Iran sur les candidats en lice. Il faut noter que ce sondage date d'avant l'annonce du retrait de Mohammad Khatami :

Si les élections se tenaient demain, pour qui voteriez-vous ?

46.5% Ahmadinejad
33.5% Khatami
4.2% Ghalibaf (l'actuel maire de Téhéran) - il s'est depuis rallié à Karroubi
1.9% Ayatollah Karroubi (l'ancien président du Majles)
1.7% Mousavi

La même question a été posée aux habitants de Téhéran :

36.1% Ahmadinejad
34.7% Khatami
12.8% Ghalibaf
2.1% Mousavi
1.2% Karroubi

Javedenfar, qui écrit sur le blog Middle East Analyst, explique que la décision de Khatami de se retirer est surtout liée à sa position très controversée chez les conservateurs. En effet, quand il était en poste, il n'a jamais pu mettre en place ses réformes, car elles étaient toutes bloquées par les conservateurs. De plus, il n'entretient pas une excellente relation avec l'Ayatollah Khamenei.

Au contraire de Mousavi. Lorsqu'il était Premier ministre pendant la guerre Iran-Irak, le président n'était autre que Khamenei (NB: pourquoi n'entend-on jamais parler du Premier ministre iranien ? Pour la simple raison que ce poste a été aboli en 1989). De plus, comme je l'avais déjà dit, Mousavi a plus d'attrait pour les conservateurs que Khatami. Javedenfar estime que les conservateurs inquiets de l'évolution d'Ahmadinejad se retourneront plus vers Mousavi que Khatami.

Il y a quelques jours, Bernard Guetta sur France Inter consacrait sa chronique matinale au retrait de Khatami et notait un phénomène très important. Khatami tranche avec Ahmadinejad, il est controversé chez les conservateurs et donc très populaire chez les jeunes et les urbains en froid avec le pouvoir. Guetta explique que la stratégie d'union prônée par Khatami est un leurre, car plutôt que Mousavi, personnage moins controversé, c'est l'abstention qui récupèrera le plus de voix. Il rappelle à juste titre que c'est ainsi qu'Ahmadinejad s'était fait élire en 2005. On se souvient que le taux de participation avait été de 48% au second tour contre 63% au premier tour.

lundi 2 février 2009

Vers le "grand bargain" en Iran?

C'est ce qu'on appelle un buzz diplomatique. Les nouvelles ne cessent de s'accumuler en faveur d'un dialogue direct entre les Etats-Unis et l'Iran. La nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a affirmé que la nouvelle administration envisageait une "diplomatie directe" avec l'Iran. Cela ne constitue pas une remarque exceptionnelle, car c'est la position qu'Obama et Rice tenaient pendant la campagne présidentielle. Rice était alors le principal conseiller en politique étrangère du candidat démocrate. Néanmoins, le rappel de cet engagement est significative.

Autre buzz : la lettre à Khamenei. La rumeur se fait insistante. Il semblerait que l'administration Obama envisage d'envoyer une lettre au guide suprême iranien l'Ayatollah Ali Khamenei. L'objectif de cette missive serait de rompre le gel des relations diplomatiques entre les deux pays. Plusieurs brouillons auraient été rédigés. Apparemment, la lettre est en cours d'écriture depuis l'élection d'Obama début novembre en réponse à la lettre de félicitation de Mahmoud Ahmadinejad. Je veux bien être un peu crédule parfois, mais, je ne pense pas que la lettre du président iranien ait grand chose à voir dans toute cette histoire. Obama a toujours fait montre de sa volonté de renouer des contacts avec Téhéran. La lettre sera-t-elle vraiment envoyée ? A voir et surtout son contenu. Assiste-t-on à un changement majeur dans la politique américaine à l'égard de l'Iran ? Au fameux "grand bargain" prôné par les Leverett ?

Et le dernier buzz concerne les rencontres irano-américaines sponsorisées par Pugwash. Pugwash est une fondation de scientifiques qui travaillent sur la lutte contre la prolifération. Plusieurs rencontres ont été réalisées en 2008 avec des Américains et des Iraniens. Côté américain, Bill Perry, ancien secrétaire de la Défense sous Clinton, était présent. Il n'y avait personne de l'équipe Obama, mais des personnes présentes se sont entretenues avec la Maison Blanche par la suite.

J'en discutais avec une amie à Washington, bien introduite sur l'Iran. Elle me disait qu'il y a pas mal de choses à mettre en place avant de trop s'avancer. La première étant que plusieurs postes n'ont toujours pas été attribués, notamment l'assistant de la Secrétaire d'Etat pour le Proche Orient, ni celui ou celle qui travaillera spécifiquement sur l'Iran. Elle espère un "grand bargain", mais ne pense pas que cela se fasse immédiatement.

L'autre question est de savoir comment les Iraniens réagiraient à une ouverture américaine. Sur le blog du Moyen Orient du TIME, Scott MacLeod a écrit un post il y a quelques jours à ce sujet. Ahmadinejad a réitéré vertement que les politiques américaines étaient néfastes dans la région. Trois raisons à cela qui peuvent très bien correspondre à de possibles réticences de la part de l'Iran à renouer un dialogue avec Washington :
* Plusieurs dirigeants iraniens ne savent pas comment se comporter face à l'élection d'Obama. Une victoire de John McCain leur aurait facilité la tache.
* Ahmadinejad doit être dur si des négociations devaient s'ouvrir avec les Etats-Unis. Le principe étant de paraître intransigeant en entamant des négociations pour impressionner son interlocuteur de prime abord.
* Ahmadinejad se présente pour les élections présidentielles en juin. Les Iraniens les plus conservateurs verraient d'un très mauvais œil qu'Ahmadinejad soit conciliant avec Washington.

Les deux dernières raisons sont plus spécifiques au président iranien. La première peut vraiment s'appliquer à l'élite dirigeante. Une possible ambivalence peut naître de la position encore floue du leadership iranien.

Je rajouterai deux conditions avant que des progrès ne soient envisageables :
* Il faut attendre que l'administration Obama ait bien réparti les taches sur l'Iran. J'ai l'impression que tout le monde veut/va/pourrait traiter le dossier. Les angles d'approche ne sont pas toujours les mêmes, mais il faudra une personne pour coordonner l'effort global, ce qui n'est pour le moment pas vraiment le cas. Il semble que Susan Rice remplisse ce rôle. Pour le moment? de manière permanente? Donc pas d'émissaire spécial?
* Je doute que les Iraniens ne se lancent dans un changement d'attitude à l'égard des Etats-Unis avant les élections de juin prochain. Certes, le guide suprême demeure le point focal de la vie politique iranienne quant on en vient à la politique étrangère, mais les relations avec Washington peuvent avoir des répercussions en interne.

dimanche 26 octobre 2008

En Iran, Khamenei tire les ficelles

Ayatollah Ali Khamenei

Akbar Ganji le rappelle dans un article publié dans le nouveau numéro de Foreign Affairs, Mahmoud Ahmadinejad n'est pas l'épicentre du pouvoir iranien. Cet opposant au régime articule sa pensée autour de l'Ayatollah Ali Khamenei, parce que c'est lui le véritable preneur de décisions. L'article que l'on retrouve dans la revue est une traduction du farsi d'un article écrit en février, mais sa pertinence demeure tout à fait saillante (Foreign Affairs ne l'aurait pas publié autrement).

L'objectif de Ganji est de mettre à mal l'idée trop répandue que si Ahmadinejad était amené à perdre les élections présidentielles en 2009, l'Iran s'orienterait dans une nouvelle direction. "Malgré toute l'attention qu'il reçoit, Ahmadinejad ne fait même pas partie des 100 plus grands dirigeants iraniens de ces trente dernières années", écrit Ganji. "Khamenei soutient Ahmadinejad considérablement plus que n'importe lequel de ses prédécesseurs, mais Ahmadinejad est aussi puissant qu'il est dévoué à Khamenei et qu'il parvient à mettre en oeuvre ses objectifs." L'auteur rappelle de plus que Khatami, que beaucoup d'analystes voyaient comme un réformateur, avait été impuissant à changer le pays parce que, selon les termes de Khatami, le président n'était guère plus qu'un "serviteur".

L'autorité de Khamenei est plénipotentiaire. Il est "le chef d'Etat, le commandat en chef des armées et le plus haut dignitaire religieux" ; il a la main mise sur toutes les institutions politiques, économiques, sociales, culturelles et religieuses du pays. Donc, Ahmadinejad se trouverait bien en peine de contredire le guide suprême. Pour Ganji, la situation iranienne est une forme de sultanisme au sens wébérien du terme, c'est-à-dire que l'autorité est laissée à la seule discrétion du dirigeant, qui étend son pouvoir en utilisant les différentes institutions.

Il est vrai, reconnaît l'auteur, que l'Iran d'aujourd'hui n'est plus l'Iran de 1980, mais toutes les évolutions sont bien encadrées pour éviter tout écart malheureux.

Une des principales et véritablement importantes évolutions depuis la Révolution de 1979 se trouve chez les gardiens de la Révolution. Sous la tutelle de Khamenei, qui était le représentant de l'Ayatollah Khomeini au ministère de la Défense dans le gouvernement de transition en 1979, ils ont gagné en pouvoir et ont voix au chapitre quand on parle de politique en Iran. Ahmadinejad a confirmé cette inflexion, plusieurs de ces ministres en sont issus.

Pour comprendre la politique nucléaire et étrangère de l'Iran, Akbar Ganji insiste de nouveau sur la prééminence de Khamenei. En politique étrangère, l'opposition entre Téhéran et Washington n'est pas nouvelle et Khamenei ne fait que poursuivre la ligne iranienne, tandis que le résident du Bureau oval en fait autant de son côté. Mais, les portes ne sont pas fermées. Quand chacun trouvera son avantage - reste à le définir - des négociations se tiendront. De même, les ambitions américaines et iraniennes s'opposent au Moyen Orient. Washington veut être une force importante et vient donc en opposition frontale avec les ambitions de Téhéran d'être la plus grande puissance de la région.

Sur la politique nucléaire, c'est encore plus évident. En 2004, l'Iran a suspendu son enrichissement sur ordre de Khamenei, mais l'auteur s'appuie sur des discours publics du guide suprême affirmant que c'était un acte que l'Iran s'emploiera à ne jamais réitérer, car cela n'a servi à rien et allait à l'encontre du droit iranien à obtenir le nucléaire. Ahmadinejad, comme ses prédécesseurs mais encore plus distinctement, ne fait qu'appliquer la politique du guide suprême.

Peu d'évolutions sont à envisager, si Khamenei reste "le sultan" qu'il est en Iran. Des réformes ne se feront que quand les réformateurs auront trouvé suffisamment de latitude au sein du système pour en modifier certains aspects. Il est important également, souligne l'auteur, que les Etats-Unis changent de politique : démanteler le programme nucléaire iranien et maintenir la sécurité d'Israël ne vont pas dans le sens des promoteurs de la démocratie et des droits de l'homme en Iran. "Ces propos et plus généralement la politique iranienne de l'administration Bush n'ont fait que renforcer le pouvoir du Sultan Khamenei et rendre la transition iranienne vers la démocratie encore plus difficile."

vendredi 1 août 2008

Légers signaux encourageants d'Ahmadinejad



Mahmoud Ahmadinejad sur la télévision américaine, ce n’est pas exceptionnel. Cela est déjà arrivé. Mais, Ahmadinejad interviewé à Téhéran, dans les jardins de son palais présidentiel par un présentateur de télévision américain, cela n’était jamais arrivé. Après un premier entretien en 2006, Brian Williams, le présentateur vedette du JT de NBC, a récidivé cette fois dans la capitale iranienne.

Dans un contexte où les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et l’Iran semblent indiquer un léger dégel, cette interview pourrait exhiber une volonté de l’Iran de montrer à Washington qu’elle est prête à négocier, à faire avancer le débat. De plus, contrairement à la tiède prestation de David Pujadas en 2007, Brian Williams n’a pas hésité à poser des questions qui fâchent et même à insister sur certains points que le présentateur de France 2 n’avait même pas effleurés de loin.

Certes, Ahmadinejad a évité beaucoup de questions sensibles et n’a pas vraiment fait preuve d’une farouche volonté à lancer un signe clair. Le président iranien a joué de prudence et de retenu. "Aujourd’hui, nous observons un nouveau comportement des Etats-Unis et de ses représentants, juge-t-il. Ma question est celle-ci : ce comportement marque-t-il une nouvelle approche, en d’autres termes un respect mutuel pour la justice, ou cette approche est-elle une continuation de la confrontation mais déguisée ? Si c’est une continuation, les Iraniens ont le droit de se défendre et de défendre leurs intérêts, mais s’il y a un changement d’approche, nous ferons face à une nouvelle situation et la réponse du peuple iranien sera positive."

Le dirigeant iranien est ouvert aux négociations, mais n’estiment pas qu’elles soient indispensables à la prospérité du pays. "Pour continuer nos vies, nous n’avons pas besoin des services de quelques pays, si je puis m’exprimer ainsi", a-t-il déclaré, faisant référence aux Etats-Unis et aux pays européens qui appliquent des sanctions via le Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que des sanctions financières. Il est apparu confiant et certain de la puissance et des capacités de son pays à étendre son influence et à résister aux pressions internationales.

Ahmadinejad ne considère pas que l’Iran soit en tort, ni qu’elle doive se travestir pour répondre à de quelconques exigences de la communauté internationale. Au contraire, ce sont ces pays qui doivent montrer qu’ils sont prêts à dialoguer.

Sur le dossier nucléaire, le président a été clair. "Nous ne voulons pas construire une bombe", a-t-il avancé. Et d’ajouter, "les bombes nucléaires sont du XXe siècle. Nous vivons dans un nouveau siècle", développant un argument selon lequel il ne recherche que l’énergie nucléaire, la clé de voûte de ce programme et qu’il faut arrêter de rapprocher le nucléaire civil et le nucléaire militaire comme deux éléments intrinsèquement liés, appelant même tous les pays du monde à investir dans cette technologie.

Il y a deux semaines, une conférence se tenait à Genève entre les Européens et les Iraniens sur le dossier nucléaire. Conférence à laquelle les Etats-Unis ont exceptionnellement participé. Suite à cette réunion, une possibilité d’installer une section économique américaine à Téhéran avait fait surface. Ce à quoi Ahmadinejad a répondu, "il existe déjà une section économique à Téhéran. C’est l’ambassade de Suisse qui s’en occupe". Les Etats-Unis ont officiellement rompu leurs relations diplomatiques avec l’Iran en 1979. Le dernier contact officiel entre deux hauts représentants de deux gouvernements remontent à 2004 lors d’un sommet international sur l’Irak.

Si les propos du président iranien ont pu laisser espérer une amélioration du courant entre Téhéran et Washington, cela n’a pas empêché le dirigeant sans cravate de critiquer fermement les puissances occidentales dans un discours devant le mouvement de non-alignés, le lendemain de l’interview, mardi, dans la capitale iranienne. "Les grandes puissances tombent. Elles en arrivent au terme de leur pouvoir, et le monde est au bord d’une nouvelle ère prometteuse (…) Les puissances riches continuent d’exercer une influence démesurée en déterminant la nature et la direction des relations internationales, dont les relations économiques et financières, ainsi que les lois régissant ces relations, lois qui sont souvent au détriment des pays en développement."

 

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