Dans une étude publiée par le Strategic Studies Institute, Antulio J. Echevarria II décortique le "paradoxe de préparation" (preparation paradox) et en analyse ses faiblesses. Ce paradoxe est ici appliqué aux Etats-Unis. Il consiste à affirmer que la supériorité conventionnelle américaine invite ses ennemis à favoriser une approche de guerre irrégulière. L'argument se fonde sur l'idée que la préparation actuelle à un type de conflits est source de vulnérabilités.
Echevarria est d'avis que ce paradoxe part de deux suppositions erronées. La première est que les adversaires américains peuvent être rassemblés au sein d'un seul groupe identifiable, ce qui est faux. La seconde est que les adversaires des Etats-Unis peuvent s'adapter et se transformer plus facilement. Ainsi identifie-t-il deux types d'adversaires : les acteurs armés non-étatiques (insurgés, groupes terroristes etc.) et les Etats. Dans cette logique, il apparaît évident que nous n'avons pas à faire à des adversaires de même catégorie, de même force ni de même envergure. Leurs approches du combat sont différentes et leurs moyens encore plus.
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lundi 18 octobre 2010
samedi 20 février 2010
Un conflit israélo-hezbollo-libano-syrien en 2010 ?
Le Secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a déclaré que "si une nouvelle attaque ou agression était en préparation, [les Israéliens] ne s'en sortiraient pas facilement". Et de continuer, "nous avons tiré les leçons de 2006 et la position arabe est d'être aux côtés du Liban". Quel est l'intérêt de cette intervention ?
Remettons tout d'abord la citation dans son contexte. Amr Moussa a tenu ses propos après sa rencontre avec Ali Shami, le ministre libanais des Affaires étrangères. Plusieurs commentateurs réfléchissent à l'éventualité d'un conflit entre Israël et le Liban en 2010. De plus, plusieurs hommes politiques israéliens ont laissé entendre qu'un conflit contre le Hezbollah aurait des répercussions sur le Liban et la Syrie. Cette dernière aurait en plus fourni au groupe libanais des missiles M-600 d'une portée de 250km, qui viennent se rajouter aux missiles anti-navires SS-N-26 et au système de défense aérienne SA-2 que Damas aurait déjà fourni. Et pour faciliter le tout, un "problème" de traduction a mené à des remarques particulièrement belliqueuses, notamment de la part d'Hassan Nasrallah.
Remettons tout d'abord la citation dans son contexte. Amr Moussa a tenu ses propos après sa rencontre avec Ali Shami, le ministre libanais des Affaires étrangères. Plusieurs commentateurs réfléchissent à l'éventualité d'un conflit entre Israël et le Liban en 2010. De plus, plusieurs hommes politiques israéliens ont laissé entendre qu'un conflit contre le Hezbollah aurait des répercussions sur le Liban et la Syrie. Cette dernière aurait en plus fourni au groupe libanais des missiles M-600 d'une portée de 250km, qui viennent se rajouter aux missiles anti-navires SS-N-26 et au système de défense aérienne SA-2 que Damas aurait déjà fourni. Et pour faciliter le tout, un "problème" de traduction a mené à des remarques particulièrement belliqueuses, notamment de la part d'Hassan Nasrallah.
jeudi 9 octobre 2008
La dangereuse doctrine Dahiyah pour rappeler la puissance israélienne
"'Nous utiliserons une force disproportionnée contre chaque village d'où des tirs proviennent en direction d'Israël et nous causerons d'immenses dégâts et destructions. De notre point de vue, ce sont des bases militaires', a-t-il affirmé. 'Ce n'est pas une suggestion. C'est un plan qui a déjà été autorisé.'"
Ces propos ont été rapportés dans un article du quotidien israélien Haaretz. Ils émanent du commandant israélien Gadi Eisenkot. Dans un entretien à une autre publication Yediot Ahronoth, ce dernier a publiquement présenté la "doctrine Dahiyah", du nom d'une banlieue de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbollah, contre laquelle Israël s'est attaquée pendant la guerre de l'été 2006.
Plus préoccupant encore, Eisenkot affirme ne pas pouvoir accepter une nouvelle défaite dans le cas d'un conflit contre la milice chiite. Pour se faire, l'armée israélienne s'attaquerait non plus seulement au Hezbollah, mais au Liban lui-même. Le commandant israélien considère que le pays de Cèdres est complice des actions de la milice chiite en la laissant agir sur son sol.
L'état d'esprit est vindicatif. Dans une étude à paraître pour le centre de recherche israélien INSS, l'ancien général "[Giora] Eiland recommande une action préemptive : qu'Israël lance un message clair au gouvernement libanais, le plus tôt possible, en disant que dans la prochaine guerre, l'armée libanaise sera détruite tout comme les infrastructures civiles", rapporte Haaretz.
Clairement, ce genre d'actions serait catastrophique pour l'image d'Israël. Ce type d'entretien est déjà horriblement dangereux. Mais, il faut le mettre dans le contexte d'une stratégie de communication :
* l'entretien a été donné dans un quotidien très populaire et pas une obscure publication militaire.
* l'entretien a été fait on the record et sans anonymat.
Il faut donc voir une stratégie officielle de montrer que l'armée israélienne a retrouvé sa fierté et se tient prête à intervenir et à déployer le maximum de ses forces si nécessité fait loi (du moins aériennes). Tsahal a perdu beaucoup de son prestige depuis 2006. Rappelons que c'est la première fois que l'armée israélienne n'écrase pas son adversaire. Elle estime donc nécessaire de rappeler que c'est la force militaire la plus puissante du Moyen Orient.
Stratégie de communication, certes, mais propos pas moins dangereux, car on parle de guerre brutale et impitoyable. En 2006, les Américains ont fait pression sur les Israéliens pour épargner les victimes civiles et les infrastructures. Il n'est pas certain que l'administration américaine puisse faire grand chose si un nouveau conflit venait à éclater.
Comme le souligne un post sur l'excellent blog Abu Muqawama, le raisonnement israélien est erroné :
* en préconisant une attaque aérienne, les chances de dommages collatéraux sont importantes, ce qui forgerait encore plus une image négative et belliqueuse d'Israël dans l'opinion internationale. A défaut d'être prête à s'engager dans des attaques terrestres, l'armée israélienne opte pour le plan le moins risqué.
* la "doctrine Dahiyah" insinue que la population fuierait en masse les zones ciblées et cela pousserait l'ennemi à faire des compromis. L'auteur du post voit deux impairs à cette idée : tout d'abord le fait que le Hezbollah ne se préoccupe absolument pas de la souffrance des populations aux alentours, ni de ce qu'elles pensent ; ensuite, que les non-Chiites n'ont quasiment aucun moyen de pression sur le Hezbollah.
Une chose est certaine : une guerre ne ferait qu'aggraver la situation.
Ces propos ont été rapportés dans un article du quotidien israélien Haaretz. Ils émanent du commandant israélien Gadi Eisenkot. Dans un entretien à une autre publication Yediot Ahronoth, ce dernier a publiquement présenté la "doctrine Dahiyah", du nom d'une banlieue de Beyrouth, considérée comme un bastion du Hezbollah, contre laquelle Israël s'est attaquée pendant la guerre de l'été 2006.
Plus préoccupant encore, Eisenkot affirme ne pas pouvoir accepter une nouvelle défaite dans le cas d'un conflit contre la milice chiite. Pour se faire, l'armée israélienne s'attaquerait non plus seulement au Hezbollah, mais au Liban lui-même. Le commandant israélien considère que le pays de Cèdres est complice des actions de la milice chiite en la laissant agir sur son sol.
L'état d'esprit est vindicatif. Dans une étude à paraître pour le centre de recherche israélien INSS, l'ancien général "[Giora] Eiland recommande une action préemptive : qu'Israël lance un message clair au gouvernement libanais, le plus tôt possible, en disant que dans la prochaine guerre, l'armée libanaise sera détruite tout comme les infrastructures civiles", rapporte Haaretz.
Clairement, ce genre d'actions serait catastrophique pour l'image d'Israël. Ce type d'entretien est déjà horriblement dangereux. Mais, il faut le mettre dans le contexte d'une stratégie de communication :
* l'entretien a été donné dans un quotidien très populaire et pas une obscure publication militaire.
* l'entretien a été fait on the record et sans anonymat.
Il faut donc voir une stratégie officielle de montrer que l'armée israélienne a retrouvé sa fierté et se tient prête à intervenir et à déployer le maximum de ses forces si nécessité fait loi (du moins aériennes). Tsahal a perdu beaucoup de son prestige depuis 2006. Rappelons que c'est la première fois que l'armée israélienne n'écrase pas son adversaire. Elle estime donc nécessaire de rappeler que c'est la force militaire la plus puissante du Moyen Orient.
Stratégie de communication, certes, mais propos pas moins dangereux, car on parle de guerre brutale et impitoyable. En 2006, les Américains ont fait pression sur les Israéliens pour épargner les victimes civiles et les infrastructures. Il n'est pas certain que l'administration américaine puisse faire grand chose si un nouveau conflit venait à éclater.
Comme le souligne un post sur l'excellent blog Abu Muqawama, le raisonnement israélien est erroné :
* en préconisant une attaque aérienne, les chances de dommages collatéraux sont importantes, ce qui forgerait encore plus une image négative et belliqueuse d'Israël dans l'opinion internationale. A défaut d'être prête à s'engager dans des attaques terrestres, l'armée israélienne opte pour le plan le moins risqué.
* la "doctrine Dahiyah" insinue que la population fuierait en masse les zones ciblées et cela pousserait l'ennemi à faire des compromis. L'auteur du post voit deux impairs à cette idée : tout d'abord le fait que le Hezbollah ne se préoccupe absolument pas de la souffrance des populations aux alentours, ni de ce qu'elles pensent ; ensuite, que les non-Chiites n'ont quasiment aucun moyen de pression sur le Hezbollah.
Une chose est certaine : une guerre ne ferait qu'aggraver la situation.
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