jeudi 29 juillet 2010

Prudence plutôt que précipitation pour des négociations directes entre Israël et l'Autorité palestinienne

Aaron David Miller, chercheur au Wilson International Center for Scholar, est devenu la figure de proue des sceptiques de l'évolution actuelle du processus de paix depuis son article coup de poing dans Foreign Policy il y a quelques mois. Dans un nouvel article pour ce magazine, il appelle Barack Obama à la prudence en ce qui concerne des négociations directes entre Israël et l'Autorité palestinienne. Son analyse intervient dans un contexte où la Ligue Arabe discute aujourd'hui d'éventuelles rencontres entre l'Autorité palestinienne et Israël. 
Il rappelle que si des négociations directes sont souvent nécessaires, elles ne sont nullement une condition suffisante. Le dossier israélo-palestinien montre que l'engagement fort d'un tiers parti est crucial à la réussite et au maintien d'un accord. Il cite plusieurs exemples où des discussions directes n'ont même pas eu lieu, comme les accords de désengagement après la guerre du Kippour, l'accord israélo-égyptien en 1979 ou la conférence de Madrid en 1991.

Certes, certains dossiers exigent des rencontres, notamment sur le statut de Jérusalem ou celui des frontières, mais autrement une diplomatie active d'un tiers parti, en l'occurrence les Etats-Unis, suffit. Le seul exemple d'accord durable entre une partie israélienne et arabe est l'accord de paix de 1994 entre Israël et la Jordanie, mais comme le rappelle justement l'auteur, les relations entre les deux pays étaient déjà très avancées et il n'y a jamais eu le même degré d'inimitié entre les deux pays qu'entre Israël et la Syrie par exemple. On peut penser à Oslo en 1993, mais le processus a été balayé en quelques mois, selon Aaron Miller, en raison de l'absence d'un tiers parti pour endosser le rôle de médiateur. Pas faux.

L'auteur remarque que des discussions entre Israéliens et Palestiniens doivent permettre d'exposer plus de clarté sur les différents dossiers, mais de la clarté sans perspective d'accord peut être contreproductif et révéler encore un peu plus l'écart grandissant entre Israéliens et Palestiniens. A raison, il souligne qu'il n'y a pas de leader fort dans la région pour faire respecter un accord, donc estimer qu'il y a de quoi espérer est un peu prématuré.   

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