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mardi 10 novembre 2009

Enfin un gouvernement au Liban, (mis à jour)

C'est fait. Le Liban a un gouvernement. Pour ceux qui n'ont pas suivi l'épique scénario de quatre mois et demi sans gouvernement, lire les posts ici, ici, ici, ici et ici.

Le gouvernement est constitué de trente ministres. La majorité menée par le Premier ministre Saad Hariri récupère 15 sièges, l'opposition constituée du Courant patriotique libre (parti de Michel Aoun), du Hezbollah et d'Amal bénéficie de 10 sièges et cinq sièges, dont l'Intérieur et la Défense, sont attribués à des proches du Président Michel Sleiman. En d'autres termes, l'opposition n'a pas suffisamment de sièges pour imposer un veto ou provoquer la démission du gouvernement le cas échéant.

Selon l'article 69 de la constitution libanaise, si le gouvernement "perd" plus d'un tiers des membres, il est considéré comme démissionnaire. De même, l'article 65 indique qu'il faut une approbation des deux tiers du gouvernement sur "les questions fondamentales", telles que la révision de la Constitution, la guerre et la paix, le budget général de l'Etat et la dissolution de la Chambre des députés.

En d'autres termes, le bloc du Président libanais jouera le rôle d'arbitre.

Cela pourrait enfin mettre fin à plus de quatre mois de crise gouvernementale. Pourrait, parce que ce n'est pas encore finalisé. En effet, le parti al-Kataeb menace de se retirer du gouvernement, car son leader Amine Gemayel n'est pas satisfait d'avoir obtenu le ministère des Affaires sociales ; il souhaitait l'Education. Un autre déçu : Michel Pharaon, parlementaire de la majorité et ministre d'Etat sans véritable portefeuille, voulait l'Information (tenu par la majorité).

On devrait en savoir plus d'ici la fin de la journée. Plus d'informations à venir...

La citation du jour va à Elias Muhanna, auteur du blog Qifa Nabki, qui interrogé par le Times déclare que

[q]uand la Syrie et les Saoudiens dirigeaient le Liban, la flexibilité du système était un atout, parce que cela leur permettait de dessiner le pouvoir politique selon leurs besoins. Mais, maintenant que le Liban est plus ou moins en charge de sa propre destinée, cette flexibilité est devenue une charge.

***MISE A JOUR***

Le gouvernement est formé! Après avoir rencontré Saad Hariri, Michel Pharaon a décidé de participer au gouvernement. Il aura fallu l'intervention et du Premier ministre et du Président Sleimane pour s'assurer la participation du parti al-Kataeb, mais ils en font également partie. La photo officielle a été dévoilée.


jeudi 17 septembre 2009

Le Liban: même pas une blague

Après un nouveau vote pour désigner le prochain Premier ministre libanais, le Parlement a de nouveau désigné Saad Hariri, qui a échoué une première fois dans sa mission de former un gouvernement. Il a remporté le soutien de tous les partisans de la Coalition du 14 mars, alors que l'opposition s'est abstenue de nommer un candidat et de voter pour Hariri.

Rien n'a changé dans le paysage politique depuis la semaine dernière. Les demandes et les oppositions sont toujours les mêmes. Il semble toutefois que ce soit encore plus difficile cette fois, car le soutien à Hariri s'est affaibli par rapport à sa première nomination. Il avait obtenu 86 voix contre 73 cette fois-ci. Comme l'indique le titre de Tayyar, un site d'infos libanais, "Hariri est un premier ministre désigné par un seul parti". Autant dire que la partie est très loin d'être terminée.

mercredi 16 septembre 2009

Au Liban: bis repetita?

Saad Hariri a jeté l'éponge et le Liban n'a toujours pas de gouvernement. Le leader de la Coalition du 14 mars n'a pas réussi à former un gouvernement en raison d'une opposition farouche. Qifa Nabki pense qu'Hariri aurait du renoncer il y a un mois, parce que depuis les élections du 7 juin, cette aventure est une farce. Bref, on semble reparti pour un long lumbago politique qui pourrait ressembler aux 18 mois de vacance présidentielle, qui avait pris fin en mai 2008 avec la nomination du Général Sleimane. The Daily Star déplore toutes les chicaneries des politiques libanais qui semblent plus intéresser par les gué-guerres que par l'intérêt du pays.

Dans un registre lié, mais quelque peu distinct du contexte purement électoral, je recommande chaudement la lecture d'un excellent article publié sur le site de Foreign Affairs de Mohamad Bazzi sur l'importance du Hezbollah sur la politique intérieure et internationale du Liban.

vendredi 31 juillet 2009

Vers un gouvernement au Liban...

Il semblerait que le Liban se dirige vers un nouveau gouvernement. Le futur nouveau Premier ministre Saad Hariri, de la coalition victorieuse du 14 mars, a annoncé qu'un accord avait été trouvé pour la répartition des ministères entre la coalition du 14 mars et l'opposition emmenée par le Hezbollah. Fait notable, le Président Michel Sleimane jouera un rôle important. Ainsi, la majorité nommera 15 ministres, l'opposition 10 et le Président 5, dont, selon certains, les ministres de la Défense et de l'Intérieur. La question reste maintenant de savoir comment les différents portefeuilles vont être distribués, car peu sont connus pour le moment.

Au sein de la majorité, la coalition du 14 mars est satisfaite de cet accord. Dans l'opposition, les partis chiites Hezbollah et Amal sont également optimistes. Même Hassan Nasrallah a déclaré que le processus était en bonne voie.

Mais, il y a aussi des déçus. Le général Aoun, qui s'était allié avec le Hezbollah, n'aurait pas été consulté sur la formule du 15-10-5. De plus, il veut qu'un de ses proches bénéficie du poste de ministre des Télécommunications, ce qui ne semble pas fait. Autre désillusion pour lui, il semblerait qu'il ne bénéficiera pas du choix de six portefeuilles qu'il espérait. En effet, dans l'opposition, les 10 portefeuilles devraient être répartis ainsi : 3 pour le Amal, 2 pour le Hezbollah, 5 pour le bloc Changement et Réforme, dont 3 pour le Courant Patriotique Libre du général Aoun.

lundi 8 juin 2009

Un nouveau départ au Liban?

"Ouf" doivent penser beaucoup de chancelleries occidentales. La coalition menée par le Hezbollah, malgré un avantage dans les sondages, a perdu les élections au Liban. Cela évite l'interminable question de savoir si on légitime les résultats ou pas. Toutefois, il faut se garder de voir une victoire de la coalition soutenue par l'Occident et l'Arabie Saoudite, celle du 14 mars avec à sa tête notamment Saad Hariri et Walid Jumblatt, contre la coalition soutenue par la Syrie et l'Iran, celle du Hezbollah et du Chrétien Michel Aoun. Certes, il sera intéressant de voir la réaction des uns et des autres à cette élection, mais évitons d'aller chercher si loin et focalisons nous sur le local.

La coalition du 14 mars remporte une petite victoire. Elle a pris un siège de plus qu'aux précédentes élections, atteignant les 71 postes contre 57 à la coalition menée par le Hezbollah. Le facteur déterminant aura été le vote chrétien, comme l'explique Sami Moubayed dans Asia Times. Selon les Accords de Taëf de 1989, le Parlement libanais se divise de la façon suivante : 27 sièges pour les Sunnites, 27 sièges pour les Chiites, 34 sièges pour les Chrétiens maronites, et les 40 autres sont partagés entre Druzes, Orthodoxes et Alawites. Autrement dit, 64 sièges sont pour les Musulmans et 64 sont pour les non-Musulmans. Tous les sièges sunnites ont été remportés par la coalition menée par Saad Hariri, tandis que le Hezbollah a remporté tous les sièges chiites. Chez les Chrétiens, Aoun avait fait le pari de s'aligner avec le parti chiite pour atterrir dans la coalition gouvernementale, mais les Chrétiens se sont plus alignés avec la coalition du 14 mars, ce qui explique l'écart final.

Les spéculations vont bon train pour tenter d'expliquer la victoire de la coalition du 14 mars. Robert Satloff propose une idée un peu tarabiscotée je trouve de penser que le discours de Joe Biden le 22 mai a joué un rôle important. A l'occasion de sa visite surprise, le vice-président américain a affirmé que l'aide américaine pouvait être révisée en fonction de la composition du gouvernement et des politiques qu'il promeut. Cela me parait un peu exagéré de penser que cette intervention a joué un facteur décisif.

En tout cas, cela ne sort pas le Liban d'affaire. Composer un gouvernement de coalition va s'avérer une mission tortueuse. Certes, Michel Aoun reconnait sa défaite tout autant que le Hezbollah. Saad Hariri joue la politique de la main tendue. Pour autant, il faudra commencer par nommer un nouveau Premier ministre. Les rumeurs font état que les deux principaux prétendants sont Hariri et un ancien Premier ministre Najib Mikati. Hariri n'a quasiment aucune chance de passer, car le Hezbollah ne l'acceptera jamais. Mikati, quant à lui, est assez accepté des deux camps.

Ensuite, la route sera longue pour que se crée un gouvernement. Espérons que le Liban ne replonge pas dans une nouvelle crise politique. Le premier pas positif aura été l'acceptation par les vaincus de la victoire du camp adverse, alors même que les fraudes semblent avoir été nombreuses.
 

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