Le cabinet des ministres a publié son premier communiqué officiel depuis la prise de position d'Essam Sharaf à la tête du gouvernement.
Retenons quelques points importants :
1. Selon le communiqué, la police a une mission essentielle à la stabilité du pays et doit reprendre complètement le travail. Les citoyens doivent coopérer avec elle. C'est une tautologie, mais peut-on espérer que la police soit mieux perçue simplement parce qu'il y a un nouveau gouvernement ? Comme je l'ai déjà souligné, sans réforme en profondeur de la police, il semble très peu probable que la population lui fasse confiance et croit qu'elle ait son intérêt à cœur. D'ailleurs, l'une des branches de la police, les services de sécurité, est mise sous pression depuis plusieurs jours et les activistes en demandent son démantèlement, la considérant comme la personnification des abus du régime d'Hosni Moubarak.
2. Le communiqué met en avant à plusieurs reprises le rôle de la justice s'agissant d'actes de vandalisme sur les bâtiments publics, de répression, de la liberté de culte. On sent qu'il y a une volonté de promouvoir le judiciaire comme garant du nouveau régime. C'est déjà le cas dans les amendements proposés. Le gouvernement joue sur la position d'indépendance que les juges sont censés arborer, sur la tradition arabe de garantir un système judiciaire fort et sur le fait que le système judiciaire était une moquerie sous Moubarak. Cette responsabilité n'est-elle pas toutefois démesurée ?
3. A plusieurs reprises, le communiqué en appelle à la fin des grèves, des manifestations et autres rassemblements publics qui entravent le bon fonctionnement de l'économie et le rétablissement de la stabilité dans le pays. On se souvient que le conseil suprême des forces armées en avait fait autant, sans succès. Hier encore, un sit-in se tenait place Tahrir et une mobilisation est en train de prendre de l'ampleur pour une grande marche vendredi pour dénoncer les violences sectaires.
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jeudi 10 mars 2011
jeudi 3 mars 2011
Deux réflexions sur la réforme de la police en Egypte
Hier, je publiais un post sur la réforme de la police en Egypte. Je viens de voir qu'Andrew Exum sur Abu Muqawama en avait fait de même et également Jason Fritz sur Ink Spot. Les deux posts sont à lire ainsi que les commentaires très pertinents. Ce serait tellement bien si en France on pouvait aussi avoir des officiers, ou anciens officiers, qui pourraient intervenir en commentaires...
mercredi 2 mars 2011
La réforme du secteur de la police en Egypte
On fait grand cas aujourd'hui des réformes politiques et économiques nécessaires en Egypte, mais trop peu de la réforme du secteur de la police. Le Washington Post a consacré un article très pertinent sur l'absence totale de confiance que les Egyptiens ont pour les forces de sécurité. Une confiance perdue bien avant les révoltes des dernières semaines, mais un sentiment renforcé par les centaines de morts et de blessés.
Que ce soit dans les pays en phase de reconstruction après une guerre ou dans les phases post-autoritaires, un des secteurs fondamentaux à réformer est la police. En effet, elle est souvent accusée d'être corrompue, d'avoir participé à des actes violant les droits de l'homme, bafouant les libertés individuelles, d'avoir agi brutalement sans raison, d'avoir maintenu un régime de peur pour protéger le pouvoir en place, de ne pas être l'incarnation du pilier de la justice. Elle n'a jamais bénéficié du respect qui pourrait incomber à sa fonction. Toutes ces pratiques sont devenues inhérentes au fonctionnement de ces forces de sécurité et il ne suffit pas d'un changement politique pour en altérer les pratiques. D'une manière totale, la police fait partie du régime. Ainsi, si l'on veut changer de régime, faut-il également lancer une importante et complexe réforme de ce secteur.
Plusieurs aspects sont essentiels dans ce processus :
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