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mardi 30 septembre 2008

Retour de la Russie au Moyen Orient ?

Le débat sur le retour de la Russie comme force d'influence au Moyen Orient a repris de l'activité depuis la guerre avec la Géorgie et le soutien massif et ostentatoire apporté par le président syrien Bachar al-Assad à l'action russe. Mai Yamani, chercheuse au Royal Institute for International Affairs à Londres, a publié une tribune dans le Guardian considérant que "l'ancien protecteur des pays arabes de la Guerre froide était de retour".

Elle voit plusieurs tendances pour justifier sa position : la couverture médiatique dans les médias arabes d'une "nouvelle guerre froide", le fait que les pays arabes n'ont jamais cessé d'être approvisionné par les Russes en armes, l'accueil chaleureux des radicaux islamistes à un renforcement du rôle russe pour contrebalancer la présence américaine, "oubliant de convenance la suppression brutale des Tchétchènes musulmans par les Russes dans les années 1990".

Yamani croit voir un inversement de la situation des années 1950, où les Etats-Unis encourageaient l'islam en opposition au communisme. La porte d'entrée au Moyen Orient passerait par l'Iran pour l'auteur. "La Russie voit sa relation avec l'Iran comme un moyen d'utiliser son influence diplomatique sur l'étendue du Moyen Orient, où les Etats-Unis ont cherché (avec succès) à marginaliser le Kremlin depuis la fin de la Guerre froide", écrit-elle.

Deux raisons de douter de la pertinence des intérêts russes à long terme :
* un Iran nucléaire aux portes de Moscou n'a rien de très avantageux.
* encourager la radicalisation chez les Musulmans de la région ne peut qu'encourager la croissante population russe musulmane a en faire autant.

Dans un post très intéressant sur Middle East Strategy At Harvard, Robert Freedman, professeur à la Baltimore Hebrew University, revient sur les relations entre la Russie et plusieurs pays du Moyen Orient depuis la Guerre froide. Walter Laqueur estime pour sa part qu'il n'ait pas certain qu'il y ait un consensus russe sur une volonté de déstabiliser les positions américaines dans la région. Il n'en reste pas moins qu'il y a une forte tendance dans les milieux russes à percevoir les Etats-Unis comme le responsable direct de la chute de l'URSS.

En réponse au post de Laqueur, Mark Waltz argumente l'idée que les intentions expansionnistes ne seraient pas très bien perçues par les pays de la région, notamment deux groupes :
* l'Iran et la Turquie : leur passé de confrontations avec la Russie fait certes partie de l'histoire, mais d'une histoire encore vive, qui pourrait l'être encore plus si le Kremlin affirmait une volonté sinon expansionniste du moins trop agressive dans la région.
* les islamistes radicaux : si Yamani estime que le massacre des Tchétchènes ait été délibérément passé sous silence, il y a matière à débattre. De même, l'invasion soviétique en Afghanistan en 1979 est un épisode que les Musulmans n'ont pas oublié.

vendredi 15 août 2008

Coopération turco-iranienne : "non" disent les Américains

La visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad aurait dû culminer avec la signature d'un lucratif contrat de gaz naturel entre l'Iran et la Turquie. Cela devait avoir lieu ; pourtant, les deux voisins s'en sont tenus à appeler à une coopération renouvelée entre les deux pays. Selon The Guardian, la Turquie et les Etats-Unis s'étaient mis d'accord à l'avance que rien n'allait être signé.

L'administration américaine s'était montré hostile à la visite du président iranien en Turquie, grand allié des Etats-Unis, car elle craignait que cela renforcerait la position de Téhéran sur la scène internationale. Selon l'article, la République islamique faisait un lobbying important pour que cette visite ait lieu, ce à quoi la Turquie ne pouvait continuellement résister. Après tout, les deux pays sont voisins et coopèrent sur de nombreux dossiers, notamment en matière de sécurité - ils partagent le problème kurde notamment. Mahmoud Ahmadinejad ne s'était jamais rendu en visite officielle en Turquie depuis son élection en 2005.

A en croire The Guardian, les Turcs auraient concédé aux Américains que la visite du président iranien ne donnerait lieu à aucune signature de contrat :
Les Turcs ont expliqué [aux Américains] qu'Ahmadinejad faisait pression depuis un moment pour une visite en Turquie et qu'ils ne pouvaient plus dire 'non'. Pour répondre aux réticences américaines, ils ont promis qu'ils ne signeraient aucun contrat significatif en matière d'énergie, à l'exception peut-être de quelque chose en matière d'électricité, et feraient pression sur Ahmadinejad pour qu'il accepte les offres (incentive package) du conseil de sécurité de l'ONU en échange de l'arrêt de l'enrichissement de l'uranium.


mardi 5 août 2008

Les ultra-orthodoxes sont le coeur du problème en Israël



Les colons israéliens, surtout ceux qui sont illégalement installés, doivent quitter la Cisjordanie. Personne n'en doute... sauf les ultra-orthodoxes, une micro-minorité ultra religieuse malheureusement très influente dans la politique israélienne.

Dans ce reportage publié sur le site du quotidien The Guardian, colons et militaires sont montrés comme profondément violents à l'égard des Palestiniens. Si je partage l'avis sur les colons, notamment les plus religieux, l'armée a fait énormément de travail sur elle-même pour améliorer son attitude vis-à-vis des Palestiniens, car il est vrai qu'à une certaine époque, pas si lointaine, les actes de barbaries de l'armée contre les Palestiniens étaient nombreuses. Plusieurs études ont été réalisés à ce sujet. La violence militaire existe toujours, mais, elle s'est réduite autant par changement de stratégie politique que par publication des agissements de l'armée par des ONG ou des civils.

vendredi 1 août 2008

Olmert n'a plus rien à perdre...autant qu'il fasse quelque chose

En novembre dernier, à Annapolis, Palestiniens et Israéliens envisageaient de trouver un accord d'ici à la fin de la présidence de George Bush début 2009. Déjà bien compromis par de nombreux obstacles émanant des deux partis - et forcément du Hamas aussi -, le processus d'Annapolis ne semble plus que de belles promesses après l'annonce de la démission prochaine d'Ehoud Olmert, le premier ministre israélien.

Avec Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité palestinienne, la chaîne du dialogue est continuellement entretenue, les deux hommes se rencontrent régulièrement et entretiennent une relation très amicale. S'ils avaient plus de pouvoir au sein de leur territoire respectif, leur bonne entente pourrait laisser envisager un horizon clément pour un accord de paix. Olmert n'a jamais su se dépatouiller d'une frêle coalition gouvernementale devant incessamment assouvir les ambitions contre-productives pour le processus de paix du parti ultra orthodoxe Shas. Abbas est officiellement le président de toute la Palestine, mais n'a aucun contrôle sur Gaza, aux mains du Hamas, et n'a qu'un contrôle relatif de la Cisjordanie, où les forces israéliennes sont omniprésentes et assurent la sécurité du territoire. Donc, rien de bien reluisant, à moins que...

Dans une tribune accordée au Guardian, Rachel Shabi suggère qu'Olmert, n'ayant plus rien à perdre, est en très bonne posture pour réaliser quelque chose. Pour elle, ce serait d'ailleurs très pertinent que le premier ministre actuel se précipite dans cette voie. En effet, l'alternative ne promet rien d'ensoleillé. La moins mauvaise alternative serait Tzipi Livni, ministre des Affaires étrangères et chef des négociations avec les Palestiniens, mais il semblerait qu'elle ne perçoive pas suffisamment l'urgence de la situation. Le ministre du Transport Shaul Mofaz serait une catastrophe. Il est trop radical. Au Likud, on connaît la réputation de Benjamin Netanyahu.

Son analyse s'inspire du discours d'Olmert affirmant que "tant que je serai au pouvoir, je ne relâcherai pas les efforts de poursuivre les négociations entre nous et nos voisins pour remporter un succès rempli d'espoir". Un article du quotidien Haaretz venait confirmer ces propos ajoutant que les Palestiniens allaient continuer avec le premier ministre, car les négociations ne sont pas définies par une personne, mais par un processus ; autrement dit avec ou sans Olmert, les pourparlers se poursuivent.

Le scénario idéal serait qu'Olmert reste au pouvoir jusqu'aux élections en mars 2009, ce qui lui laisserait le temps de conclure un accord ; accord qui ne pourrait pas voir le jour dans le cas d'un scrutin anticipé. Il faut également que Palestiniens et Syriens jettent tous leurs efforts dans cette hypothétique entreprise. "C'est une petite fenêtre branlante trouée de balles, mais dans quelques mois, elle pourrait être remplacée par un mur de béton impénétrable", prévient la chroniqueuse.

Elle fait une rapide comparaison avec Ehoud Barak qui s'était retrouvé dans la même situation en 2000. Les accords de Camp David n'avaient toutefois pas abouti. Aujourd'hui encore, chacun se rejette la responsabilité de l'échec. L'analogie vaut l'analyse. Fin de mandat pour les leaders israélien et américain. Incapacité à peser sur tout le peuple palestinien - et surtout les différents groupes armés - pour le leader palestinien, à l'époque Yasser Arafat. La grosse différence, c'est que l'on ne peut absolument pas taxer Abbas de double discours ; il veut la paix, mais il n'a juste pas les moyens de ses ambitions.

dimanche 29 juin 2008

Le Moyen Orient en dessins


Le quotidien britannique The Guardian s'associe au British Council pour présenter une exposition de dessins humoristiques publiés dans la presse arabe ces dernières années. Le quotidien a mis en ligne une sélection qui présage d'un humour sarcastique bien trempé. A regarder et pour les Londoniens à visiter.
 

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