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dimanche 1 février 2009

Le premier coup de force d'Obama sur al Arabiya

La semaine dernière, Barack Obama a donné sa première interview télé officielle à la chaîne régionale saoudienne Al Arabiya. Marc Lynch, qui blogge désormais pour Foreign Policy, a probablement la meilleure analyse sur le sujet :

"Cela signale l'importance du Moyen Orient pour le nouveau Président, son engagement à s'engager sur la paix arabo-israélienne, son authentique et nouvelle approche avec le monde musulman et sa reconnaissance de l'importance d'une réelle diplomatie publique", écrit Lynch. Il est vrai que le geste est d'un symbolisme incroyable. En plus, il ne faut pas attendre des décisions complexes ou des évènements malheureux pour que de le Président américain se présente sur une chaîne arabe. C'est ce qui est arrivé à plusieurs reprises sous l'administration Bush. Par contre, à l'instar de l'ancien Président, Obama a choisi Al Arabiya plutôt qu'Al Jazira. Plusieurs hypothèses pour cela :
- la chaîne est saoudienne, donc c'est un geste de bonne volonté de la part de Washington à l'égard de Riyad.
- Al Jazira est plus radical dans son propos. Lynch souligne toutefois qu'Obama devra relever le défi.

Lynch voit également un signe clair à Al Hurra, la chaîne en arabe financée par le Congrès américain. Dans le cadre de recherches sur la chaîne, je suis souvent tombé sur les avis de Lynch à son encontre. Il a souvent critiqué Al Hurra - et parfois a reconnu quelques progrès - mais là, il le dit : l'interview d'Obama sur Al Arabiya marque au fer rouge l'échec d'Al Hurra.

Dans un second post, Lynch continue son analyse. Il continue de saluer le geste, mais reconnait que certains problèmes sont déjà présents :
* Si George Mitchell veut entendre de nouvelles idées, il faudrait qu'il aille au-delà des arrêts autorisés, surtout que le monde arabe est très divisé sur le sujet israélo-palestinien comme l'ont montré les différents sommets arabes à ce sujet.
* La politique israélienne est peu encourageante, dans le sens où Benjamin Netanyahu pointe toujours en tête, alors même qu'il n'est pas le meilleur espoir pour la paix.
* Hillary Clinton a fait des remarques sur le droit d'Israël à se défendre qui sont venus contraster l'entretien d'Obama. A moins qu'ils essaient de jouer au good cop-bad cop.
* Pas un mot dans l'entretien sur l'Irak et les réformes démocratiques dans la région.

***UPDATE***

Robert Satloff, directeur de WINEP et animateur d'une émission sur Al Hurra, est déçu par le choix d'al Arabiya. "C'est regrettable qu'Obama n'ait pas donné sa première interview aux téléspectateurs arabes sur al-Hurra", écrit-il. "L'avantage comparatif d'al-Hurra sur le marché télévisuel arabe devrait être que c'est la chaîne à regarder pour tout apprendre sur les Etats-Unis, ses politiques, sa société et sa culture ; ce point ne peut être atteint que si le Président, la Maison Blanche et l'administration emploient de grands moyens dans le cadre de cette mission." Et de conclure en affirmant qu'il serait "triste si l'interview d'al Arabiya signalait un désintérêt similaire [à celui de Bush] pour le succès d'al Hurra de la part de la nouvelle administration".
 

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