jeudi 27 août 2009

Que signifie construire des forces de sécurité?

Dans le cadre d'une étude pour The Institute for the Study of War, le Général James Dubik se penche sur le phénomène de formation des forces de sécurité (armée et police) locales en temps de guerre et dans un contexte de contre-insurrection (COIN). Il étudie tout particulièrement les pratiques américaines en Irak, pays qu'il connait bien puisqu'il a dirigé en 2007 et 2008 le MNSTC-I, commandement chargé de cette tache.

L'objectif de son étude est triple.
*Dans un premier temps, il décortique le fonctionnement du MNSTC-I pendant son commandement. A ma connaissance, on trouve difficilement plus détaillé.

*Dans un second temps, il cherche à inscrire son analyse dans un débat plus large sur la formation des forces de sécurité d'un pays en guerre par une armée extérieure. Il part du postulat que les prochains conflits se dérouleront dans des Etats faillis où l'appareil de sécurité est inexistant. Le modèle irakien - où les forces de sécurité n'étaient pas en ruines, mais les fameux ordres de Paul Bremer les ont faites imploser - doit servir pour mieux appréhender les prochains cas.

* Dans un dernier temps, il veut faire comprendre aux décideurs politiques et au public en général que la formation des forces de sécurité d'un pays va au-delà du simple entraînement des hommes. En d'autres termes, il balaie de la main le discours sans fondement à ses yeux qu'une fois l'entraînement des forces de sécurité terminé, il est possible de se retirer du pays. La principale raison étant qu'un long travail doit être effectué sur le secteur de sécurité, ce qu'on appelle communément la SSR (Security Sector Reform), pour pérenniser les efforts réalisés auprès du personnel.

L'étude est intéressante, parce qu'elle permet de bien comprendre les enjeux réels. J'aime bien notamment ses réflexions sur le débat "qualité vs quantité", à savoir s'il faut privilégier la qualité des hommes formés ou la quantité. Lors de son passage au commandement, il a favorisé le principe de "suffisance", c'est-à-dire de trouver le nombre adéquat de personnel entraîné pour répondre aux défis de COIN dans un délai bref.

Sa logique est la bonne quant à la dimension importante de la SSR dans la mission de formation des forces de sécurité, mais son discours est politiquement difficile à vendre. Sur le long terme, il est évidemment plus pertinent de ne pas laisser les troupes aux mains d'un système qui n'est pas réformé et ne se plie pas à certains critères essentiels pour éviter les débordements et les excès.

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