lundi 2 février 2009

Vers le "grand bargain" en Iran? (suite)

En échos, le New York Times et sa version européenne International Herald Tribune ont publié hier une tribune chacun d'observateurs plutôt sceptiques des éventuels pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran.

Dans le Times, Stephen Rademaker, ancien assistant du Secrétaire d'Etat pour le contrôle des armes et la non-prolifération, évoque plusieurs craintes. Il y a fort à parier que l'auteur soit un Républicain, ayant travaillé à un haut poste au Département d'Etat sous George Bush. Rademaker s'inquiète des risques de prolifération nucléaire au Moyen Orient. Son souci, écrit-il, est de savoir ce qui se passerait si l'Iran refusait de négocier, parce qu'il n'envisage pas que Téhéran plonge à bras le corps sur une initiative américaine. Jusqu'où les Etats-Unis seraient-ils prêts à faire des compromis ? Selon lui, on en arriverait probablement à : plus de programme nucléaire à but militaire et autorisation de l'enrichissement de l'uranium, mais uniquement si l'effort est géré par un consortium de multinationales. Une proposition formulée notamment par le populaire diplomate Thomas Pickering. Le problème serait alors que d'autres pays de la région pourraient demander le même traitement, notamment l'Egypte et l'Arabie Saoudite. Une spirale dangereuse, donc!

Dans le IHT, Sir Malcolm Rifkind, ancien Ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous John Major, est moins pessimiste, mais reste prudent. "Il faut être deux pour danser le tango", prévient-il. Il prend l'exemple du dégel des relations entre les Etats-Unis et la Libye, en expliquant que Mouammar Kadhafi avait tout intérêt à renouer des contacts avec Washington, car il était très isolé, ce qui n'est pas le cas de l'Iran. Autre volet sur lequel Rifkind est prudent : les Iraniens peuvent accepter de discuter tout en faisant trainer les négociations et en poursuivant leur programme nucléaire.

Il fait part de plusieurs options. Tout d'abord, les Etats-Unis devraient clairement indiquer à Téhéran que l'accord américain de négocier sans précondition fonctionne dans les deux sens, c'est-à-dire que l'Iran ne doit pas espérer que les Etats-Unis mettent un terme aux sanctions simplement sur l'accord de négociations directes. Les Américains devraient signifier également qu'ils ne cherchent pas à déstabiliser le régime. Pour Rifkind, les Iraniens poursuivent leur programme en partie à cause d'un sentiment d'insécurité lié à l'antagonisme américain (théorie très discutable). Enfin, plus les pourparlers seront fructueux, plus il sera envisageable pour Téhéran de suspendre son programme sans avoir l'impression d'avoir trop perdu la face, ce qui serait le cas à l'heure actuelle.

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